CHAPITRE IV. — INFLUENCE DES ORIGINES ETHNIQUES i
l"" Les divorces sont relativement fréquents; â"" les séparations fréquentes aussi; 3** quoique les séparations y soient relativement fréquentes, on y recourt moins souvent qu'au divorce (contrairement à ce qui se fait dans les provinces flamandes, y compris Anvers).
Le Luxembourg, qui est wallon aussi, compte peu de divorces, avons-nous dit, mais il compte beaucoup de séparations, en sorte qu'additionnant les deux modes de rupture de la famille (coL c) on arrive à celte régie bien simple :
Toutes les provinces flamandes (les deux grandes villes mises à part) comptent très peu de divorces et de séparations.
Toutes les provinces wallonnes en comptent davantage.
Cette séparation entre Français et Wallons se fait du premier coup d'œil à la lecture de la colonne c.
Est-ce à la différence ethnique qu'il faut attribuer ces différences de chiffres? Assurément, mais il faut remarquer que la foi catholique est beaucoup plus vive dans les provinces flamandes que dans les provinces wallonnes : les élections politiques et le nombre des religieux le démontrent surabondamment. C'est même à l'influence de la religion catholique qu'il faut attribuer que Ton recoure plus souvent dans ces provinces à l'incommode et intolérable séparation de corps plutôt que de demander le divorce. (Nous avons vu la même, bizarrerie dans les provinces catholiques des Pays-Bas.)
Ainsi il peut se faire que les idées religieuses contribuent à diminuer le nombre des divorces dans les provinces flamandes. Resterait à savoir si la race n'est pas pour beaucoup dans cet état de mysticisme religieux où sont plongées les Flandres. Mon père (1) a montré combien elles diffèrent du reste du royaume, tant au point de vue physique qu'au point de vue cérébral. La comparaison, il faut le dire, n'est pas à leur avantage.
§ 20. — Etude de la France. — Passons à l'examen de la France.
On répète partout que dans les pays de race germanique, dont le sang est plus froid que le nôtre (??), les querelles conjugales sont forcément plus rares que chez nous, et que le divorce n'y peut pas entraîner d'inconvénient grave ; mais que dans notre race le sang est bouillant et l'esprit inconstant, et qu'une barrière infranchissable est nécessaire à notre papillonne.
1. Art. Belgique dans le Dict, enc. des sciencei médicalest Voyez encore Une lecture à V Académie royoie de médecine de Belgique, BraxeUes, 1877.
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Or, veuillez me dire, impartial lecteur, qui est plus infianmable, dans noùre propre pays, du Provençal ou du Normand? du Gascon on du Champenois?
C*est rbonmie du Midi, n'est-il pas vrai? Je ne pense même pas qu'il 86 croie injurié si je Faccuse d*avoir un grain d'inconstance et de fantaisie dans Tesprit.
Cest donc chez eoi que les emportements entre ^ouix devraient être les plus nombreux, si le raisonnement que je viens de rappeler ^lus haut avait le sens commun.
Or, voyez combien les inductions de Tesprit sont aisément trompeuses quand elles s'appliquent aui problèmes compleifies des sciences sociales.
Après avoir cherché à deviner ce qui éMi se passer, considérons ce qm se passe en effet :
Un regard jeté sur la carte construite par M. Yvemès pour l'excellent OQvrage qu'il vient de publier : la Justice en France de 1836 â 1880 (ouvrage qu'on attribue généralement à M. Humbert, parce que ce ministre a eu le mérite d'en autoriser la publication et la peine de le signer), montre qu'en effet la différence la plus tranchée existe sous le rapport de la fréquence des séparations de corps entre le nord de ta France et le Midi.
On peut, pour fixer les idées, indiquer le cours curviligne de la Loire comme séparant les deux régions :
Au sud de la Loire, très peu de séparations (environ 1 à 5 séparations de corps pour 1,000 mariages). Trois départements font seuls exception, et encore cette exception n'est-elle qu'apparente, car ce sont le Rhône (à cause de Lyon), les Bouches- du-Rhône (à cause de Marseille) et la Gironde (& cause de Bordeaux). Les grandes villes, en effet, — nous le démontrerons plus loin, — comptent toujours, et en tout état de choses, infiniment plus de séparations de corps que le reste de la population.
Sur les bords de la Loire et au nord de ce fleuve, au contraire, les séparations sont très nombreuses. Deux régions très nettement limitées font seules exception : ce sont la Bretagne et les deux départements du nord : le Nord et le Pas-de-Calais. Il est visible qu'ici nous avons affaire à une influence de race.
Cette différence est extrêmement remarquable et il convient d'y insister. Les chiffres qui ont servi à construire cette carte remarquable sont restés inédits. Le tableau suivant, qui les contient, prouvera au lecteur que nous n'avons en nea exagéré leur signification* Pour