CHAPITRE IV. — INFLUENCE DES OUIGINES ETHNIQUES
primé par une commission nommée en 1880 pour perfectionner un peu notre imparfait dénombrement.
En Belgique, ce recensement des langues parlées est au contraire très soigné. De plus, la carte des couleurs de cheveux dressée par M. Van der Kindere montre que les différences linguistiques répondent dans ce pays à des diOerences de race. Commençx)ns donc par la Belgique. Voici la proportion des divorces dans les différentes provinces de ce royaume. Pour mieux marquer la constance de nos chiffres, nous indiquons plusieurs périodes successives. La proportion des divorces a augmenté unifonnément dans toute l'étendue du royaume, mais leur répartition sur le territoire 'n*a Jpâs Vilrié ; les provinces qui en comptaient le plus en 1840 sont encore celles qui en comptent le plus en 1880 :
Tableau XIV.
Sur i,000 mariages^ combien de divorces dans les provineei belges (i) f
^""(185^?''^^ 1841-50. . tâSl-W. 1801-70.
Anvers 97 0.5 0.8 0.9
Brabant 67 2.2 3.8 4.8
Flandre occidentale . . • • 94 0.1 0.25 0.3
Flandre orientale 98 0.3 0.5 0.6
Hainaut 3 0.25 0,5 1.0
Liège 5 2.0 2.0 3.2
Limbourg ••...•.. 95 0.25 0.15 0.2
Luxembourg 0.3 » 0.2 0.4
Namur ^0^5 OA 0.6 1.5
Belgique 57.0 0.77 1.18 1.80
Le tableau qui précède prouve que la fréquence du divorce en Belgique augmente depuis quarante ans (fait général à toula TEurope) et que les différentes provinces du'royaume contribuent toutes à cet accroissement.
On voit aussi par ce tableau que (le Brabant qui contient la grande ville de Bruxelles mis à pari) le divorce est rare dans toutes les provinces flamandes et un peu plus fréquent dans les trois provinces v^allonnes de Hainaut, Liège et Namur. Le Luxembourg, qjaoique wallon, présente peu de divorces, mais nous verrons que cette exception n'est qu'apparente.
Ce tableau, en effet, au point de vue de la répartition de la fré-
1. D*après les chiffres de VAnnwtire statistique de Belgique,
quence du divorce entre les différentes provinces, n'est pas suiïi-
saniment démonstratif parce qu'il n'y est question que des divorces.
Dans le tableau suivant, au contraire, les séparations ont été comptées
à part :
Tableau XV (4).
Belgique (1866-75). — Pour 1,000 mariages :
Combien Combien
de divorces de séparalions Total,
prononcés ? prononcées 1
Col. a. Col. b. Col. e.
Anvers 1.1 1.9 2.6
Brabant 5.4 1.0 6.5
Flandre occidentale • ... 0.3 0.9 1.2
Flandre orientale 0.9 1.0 1.9
Hainaut 1.7 0.9 2.6
Liège 4.6 2.7 7.3
Limbourg 0.1 0.4 0.5
Luxembourg 0.4 1.7 2.1
Namur J^5 2^^9 5.4
Belgique 2.3 1.36 3.6
Commençons par mettre hors de cause le Brabant et Anvers. Si ces deux provinces ont beaucoup de divorces, c'est simplement parce qu'elles contiennent Bruxelles et Anvers. Or nous montrerons dans le chapitre suivant que les divorces sont toujours et en tout étal de cause infiniment plus nombreux dans les grandes villes que dans le reste de la population. '
Considérons les trois autres provinces flamandes,, à sayoir : les deux Flandres et le Limbourg, et comparons leurs chiffres par exemple à la moyenne belge correspondante. Trois conclusions résultent de cette comparaison :
1"^ Les divorces sont très rares dans les provinces flamandes ; 2^ les séparations sont rares aussi; 3^ les séparations, quoique rares, y sont plus fréquentes que les divorces.
Considérons, au contraire, les provinces wallonnes du Hainaut, de Liège et de Namur, nous voyons que dans toutes trois :
1. Les chiffres donnés dans ce tableau sont calculés d*après ceux qu*a rassemblés M. Jules Robyns.
La proportion des divorces indiquée pour chaque province est plus élevée qu*en 1861-70, parce que leur fréquence en Belgique a fort augmenté. D'ailleurs je ne puis donner les chiQres de ce tableau que comme tiès voisins de la vérité, mais non comme parfaitement exacts, car plusieurs des chiffres de M. Bobyns diffèrent, je ne sais pourquoi, de ceux de VAnnuavrt atatUliquc de Belgique, La différence d'ailleurs n'est pas grande.