‹ Étude démographique du divorce et de la séparation de corps dans lesChapitre 38 sur 112 · CHAPITRE Vï. — DE l'ACCROISSEMENT t>ES DIVORCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vï. — DE l'ACCROISSEMENT t>ES DIVORCES

— VoJci en effet les chiffres tels que je les trouve datid h fustiùe tn France de 1826 à 1880, de M. Yvernès :

Je me hftte de dire qu'il ne faut pas comparer les èbtffrefi de 1846-50 à ceux de 1851-55. L'aocroissemeût entre ces déut période e^ Àssèz considérable, il est vrai, et il serait ftivorablé fi fiia tbèSre. Mate la vérité est que la loi sur Tassistance judiciaire est la pfibeipàle tâuse de cette augmentation subite. Cette loi bienfaisante h perMte, ftuHout à Paris, à une foule de malheureuses femmes de faire briser par le juge un joug intolérable ou même dangereux pour leur vie, AùtA letar pauvreté ne leur permettait pas de se défaire auparavant.

Cette loi a donc eu pour effet d'augmenter beaucoup le nombre des séparations judiciaires; mais cela ne veut pas dire qu'elle ait multiplié les querelles conjugales ; seulement elle leur a permis de recevoir une solution judiciaire qui assure les droits de l'époux offensé.

Il faut donc distinguer deux séries dans les chiffres que je viens de citer : avant 1853, après 1852. Or, avant comme après, on voit le nombre des séparations grandir d'année en année (1).

Ainsi le nombre des séparations de corps augmente en France loeiiniie ailleurs.

Il augmentait avant la loi sur Tassisfance judiciaire : il n'eât doUC pas juste d'attribuer, comme on le fait souvent, cet accroissemeni h cette loi bienfaisante.

§ 26. — Les séparations de corps en France augmentent de nombre plus vile que les divorces à V étranger. — J'ajoute qu'elles augmentent plus vite que ne le font les divorces dans un grand nombre de pays.

Je mets sous les yeux du lecteur le mouvement des divorces pendant quarante et cinquante ans en Suéde, en Belgique, dans les Pays-Bas et enfin dans un pays où les divorces sont exceptionnellement nombreux, en Saxe.

J'y joins quelques renseignements concernant la Hesse et Bade pendant quinze ou vingt ans.

Eh bien ! dans aucun d'entre eux (sauf en Belgique) je ne vois leur nombre grandir avec la môme rapidité que celui des séparations eu France. Même il est resté stationnaire en Suède pendant trente ans. Eu Saxe, il y a mieux : il a décru pendant vingt ans, depuis 1855 jusqu'en

1. La diminution apparente de 1871-75 est due uniquement (voyez tableaa XlIII) à Tannée 1871, où l*on ne songeait guère — et pour cause — à se séparer^ «t ifent la statistique est d'aiUeurs suspecte.

i875. Ce n'est que dans ces dernières années que ces deux pays se sont soumis à la loi générale.

Il n'est donc pas vrai de dire que fatalement le divorce appelle le divorce. L'augmentation de la fréquence des divorces et des séparations ne s'est généralisée que dans ces dernières années. Il y a fort longtemps que la France y est soumise.

D^ailleurs, voici les chiffres ; je les emprunte pour la plupart aux publications suisses où M. Kummer a fait une comparaison internationale très soignée. Le lecteur jugera lui-même de l'exactitude de nos conclusions :

Tableau XX.

Pour i,ÛOO mariages j combien de divorces prononcés (les séparations de corps non comprises) f 7

{^oy. notre diagramme aux Annexes,

Bade.

Saxe royale.

Hesse.

Belgique'.

Payi-Bas.

SoMe.

Ne considérons ces chiffres que depuis l'introduction de l'assistance judiciaire en France, c'est-à-dire depuis 1851. La comparaison internationale sera ainsi plus rationnelle ; elle sera en outre plus facile si nous présentons les mêmes chiffres sous la forme suivante :

t. Bade. — Poar la période 1876-79 seulement.

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