‹ Étude démographique du divorce et de la séparation de corps dans lesChapitre 39 sur 112 · CHAPITRE VI. — DE l'aCCROISSKMBNT DBS DIVORCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DE l'aCCROISSKMBNT DBS DIVORCES

Tableau XXI.

La fréquence des divorces en 1851-1855 étant 100, qu'est-elle devenue pendant

les périodes suwantes f

France (séparatiODS).

Saxe royale (diTorces).

Belgiqne (dîTorces).

Pays-Bas

(divorces).

Snède (divorces)

Ainsi, on le voit, la proportion des séparations de corps en France n'a jamais cessé de s'accroître régulièrement ; on peut même fixer à 25 pour 100 par période quinquennale son taux d'accroissement. Cela est constant et régulier. En somme, la fréquence des querelles judiciaires en France a plus que doublé depuis trente ans.

Dans aucun autre pays (sauf en Belgique) nous ne voyons cet accroissement progressif, régulier et pour ainsi dire fatal. En Hollande, en Suède, le nombre des divorces restait stationnaire jusqu'en 1870 ; en Saxe (pays oii ce nombre est d'ailleurs très élevé), il diminuait. Ce n'est que depuis dix ans que ces pays sont entrés dans la voie commune.

La France est donc après la Belgique (et encore la Belgique n'a pris le pas que depuis dix ans) le pays où les brouilles judiciaires augmentent le plus rapidement.

Ainsi le fait que la loi admet le divorce n'est pour rien dans l'augmentation des querelles qui se traduisent devant le juge. Cette augmentation se constate en France autant et plus que dans les pays où le divorce est admis.

§ S7. — Augmentation particulièrement rapide depuis dix am dans tous les pays de l'Europe. — Il semble que, depuis dix ans, je ne sais quel souffle de discorde ait passé sur l'Europe. Les querelles conjugales sont devenues plus fréquentes qu^ jamais. Elles augmen-taient déjà naguère presque partout, mais depuis dix ans elles se multiplient plus que jamais. La France participe à ce mouvement (malgré Tabsence du divorce) absolument comme les autres nations, et plus encore que la plupart d'entre elles.

Les chiffres qui précédent suffisent à le prouver, si on les consi* dére avec attention. Pour faciliter la tâche du lecteur, nous les présenterons sous la forme suivante, qui €st parlaitement logique et n'altère en rien leur valeur :

Tableau XXII.

La fréquence des divorces étant 100, à un moment donnée que devient-elle pendatU la période suivante {qui est la période indiquée) (1)?

Badt. Saxe royale* Hesse. Belgique. Pays-Bai. SoMe.

18ai-35 • . , .

l(fô

iSBI*.*^ «...

Un regard jeté sur ce tableau suffit pour prouver que dans les six pays que j'y étudie (sauf peut-être dans les Pays-Bas) Tciccroissement du nombre des divorces n'a jamais été aussi considérable que depuis 1871. Le grand-duché de Bade et la Belgique sont particulièrement remarquables sous ce rapport.

Si nous considérons en France les séparations de corps, nous voyons que leur fréquence, qui croissait régulièrement et tout doucsment depuis longtemps, a pris subitement une allure extraordînairenent rapide :

1. Citons un exemple pour rendre cette rubrique plus claire: la fréquence dès divorces en Suède a été, pendant la période 1866-70, ég^ale à 5.0 divorces pour 1,000 mariages (voyez notre tableau KX). Réduisons ce chi£fre à 100. Notre tableau indique que pendant la période suivante (1871-76) il est devenu 116 (car 5.0 : 100 : : 5.8 : 116), c'est-àdire <me le taux d'accroissement quinquennal a été de 16 pour 100.

Sn d'attirés termes, lorsque le nombîie indiqué est supérieur à 100, c'est que le nombre é^s divorces a augmenté depuis la période quinquennale précédente. — Lorsque le nombre indiqué est au contraire inférieur à 100, c*est que le nombre des divorces a ditftlfitté 4e^i8 hi période qninquenntle précédente.

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