CHAPITRE XXI. — AGE DES ÉPOUX QUI DEMANDENT LE DIVORCE
On voit que Tâge a une influence très notable sur la fréquence des divorces. En règle générale, la tendance au divorce est d'aulant plus grande que les époux appartiennent à un groupe d'âge moins avancé.
Cependant il ne faudrait pas (rop généraliser cette règle. Remarquons en effet que les groupes d'âges sont de dix ans, ce qui est fort long. Nous ne savons pas si les jeunes hommes de 20 ou 22 ans divorcent plus que ceux de 28 ou 29 ans, et rien ne nous permet de le présumer.
Les jeunes femmes de moins de 20 ans, en effet (quoique douées d'une tendance au divorce considérable et inattendue), divorcent moins que celles de 20 & 29 ans. Il semble donc que cette tendance au divorce atteigne entre 20 et 30 ans — à un âge que nous ne pouvons déterminer — un maximum ; puis qu'elle aille en décroissant, avec une certaine lenteur.
Car les individus de 30 à 40 ans, cela est à remarquer, divorcent presque aussi volontiers que ceux de 20 à 30 ans. Sans doute leur coefficient de divorce est un peu plus faible, mais peu s'en faut.
C'est à partir de 40 ans que la tendance au divorce va en diminuant rapidement, tant pour les hommes que pour les femmes.
§ 88. — Influence de la durée antérieure du mariage sur la fréquence du divorce, mise en rapport avec l'influence de Vâge des époux. — Il y a en apparence une certaine contradiction entre les deux chapitres qu^précèdent. Dans l'un, je prouve que les mariages deviennent surtout sujets au divorce lorsqu'ils ont duré un certain temps. Dans l'autre, je montre {au moyen des mêmes chiffres suisses) que le divorce parait plus fréquent dans le jeune âge que plus tard. Or, lorsqu'un homme est marié avant 30 ans, il est rare que ce mariage soit de date bien ancienne. Comment donc se peut-il que les deux règles soient vraies simultanément? Il est probable que sous ces deux règles s'en cache une autre plus générale et plus nette encore.
Les publications suisses s'efforcent de donner la clef du problème.
Elles nous donnent en effet l'âge des époux divorcés et simultanément la durée antérieure de leur mariage.
Le renseignement serait très important s'il était éclairé par le recensement. Malheureusement il ne l'est pas, et reste stérile.
Voici pourtant les cbiilres pour l'année 1880, dont les documents paraissent tout particulièrement dignes de confiance :
iH
éT00B DBMOOHAPHIQilB DU DiVORCÈ
Tabuuu LXX.
Stisife (1880). ^Nombres absolfu.
Age on tpovx au 1010117 ^P|^
00 DlVOltCl. ."
MaH âgé de moins de 20 ans.
— de20à29a]]s 7
— dedOiaOans..»». Q
— de40à49«]£ 10
— de&0à59ans 2
— di 60 ans et plus.. « 1
— d*âge tncoanii.. ». 1 * 1
FemaeâgéedaflMioideSOanB
— de20à29aos 9
— ded0à39ans 6
^ de 40 à 49 ans 5
— de50à69 its.4». & -^ deSOanset plus... I
— d'âfe incoimu 1
DnuftB DBS MAMACtt DKflOlU.
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Pour pouvoir mettre ces chiffres en œuvre, il faudrait que le recensement suisse adressât aux recensés cette question : « Depuis combien de temps êtes-vous marié? t Celte donnée (1), combinée avec l'âge des habitants^ nous permettrait de donner une signification aux chiffres qui précèdeiit.
Faute de Tavoir, nous devons nous borner à considérer rapidement les chiff\res absolus.
On remarquera que, parmi les hommes de 20 à 29 ans, ceux qui sont mariés depuis 3 à 5 ans sont assurément moins nombreux que ceux qui sont mariés depuis un an oU deux seulement. Et pourtant ce sont ces mariés relativement anciens qui fournissent le plus de divorces.
1. Elle est extrêmement ais^e à recueillir, et rendrait, pour le calcul de la mortalité et pour celui d« la nal alité, les plus grands services. Aussi était-ce une des trois questions supplémentaires que- je demandai {Premier Rùfpert eur le recciiseifl€n<) à introduire dans le recensement de la ville de Paris. La commission de statistique municipale avait partafé mon avis. C'est radmlnistration du ininistére qui s'y est opposée sans aucun motif connu.
CHAI^. tXn. -^ ÀOi DBS ÉPOUX A L'ÉPOQUB DB LEUR MARIAGE 185