‹ Étude démographique du divorce et de la séparation de corps dans lesChapitre 99 sur 112 · DE LA FRÉQUENCE DES DIVORCES SUIVANT L'AGE QU'AVAIENT LES ÉPOUX · texte numérisé non relu

DE LA FRÉQUENCE DES DIVORCES SUIVANT L'AGE QU'AVAIENT LES ÉPOUX

A l'Époque de leiia mariage

§ 89. — Intérêt et difficulté de cette questim. — Quand on voit de tout jeunes gens se marier à un âge où ]a loi les déclare impropres aux affaires les plus simples, ne serait-ce qu'à signer un bail ; quand on les voit commettre cet acte si grave de la vie sans aucune réflexion et sur le seul conseil de leurs parents, on se demande ce que valent de telles unions, et si elles ont des chances d'être néanmoins heureuses.

Et d'autre part, quand on voit des individus déjà âgés, ayant des habitudes invétérées, s*allier à d'autres êtres également ancrés dans leurs manies, ne dbil-on pas craindre que Ces deux époux, rivés à la même chaîne, ne s^entendent pas sur la direction qu'il convient de donner à leur vie ?

La question posée en tête de ce chapitre est donc très intéressante.

Aussi je regrette de ne pouvoir l'approfondir autant qu'elle le mérite, et d'être oblige, faute de documents, de la traiter très brièvement.

Le bureau fédéral de statistique a fait cette recherche pendant trois ans. Puis il Ta abandonnée^ et sans doute il a eu de bonnes ttiisons pour s'y déterminer.

Les chiffres qu'il a recueillis, en effet, offrent peu de constance et ne paraissent pas très exacts.

De plus, nous ne trouvons pas dans le recensement de terme de comparaison. Nous sommes donc obligé de comparer le nombre des époux divorcés qui s'étaient mariés à tel oïl tel âge au nombre des mariages actuellement contractés à cet âge. Cette méthode est évidemment vicieuse (1).

1. Je M saurais trop le redire : c*«st au nombre des dttorçâbles (c'est-à-dire eu nombre des mariés) de chiuiue catégorie qu'il faut comparer tes divorces annuels pour avoir un rapport significatif.

Le vrai rapport à calculer ici est donô «elui-ci : S^t 100,000 Mérfe $*éliint amtnfbii mariée àUlautelége (soil de âO à S9 ans) f I êCÈuêli9meta ffl»ant$^ êatnkiên ihtrcent diaque année ?

Or nous n'avons pas le nombre des vivants qui se sont autrefois mariés de 20 à 29 ans. Nous avons seulement le nombre de ceux ^ui ee marient uctneUement. Noos supposons: 1» que ce nombre est constant depuis Tingt ans environ (ce qui est à peu près vrai); 2<> que si 12,000 hommes se sont mariés de 20 à 20 ans «i un tti, et que 6,000 seulement se soient mariés de 90 à 39 ans^ cela suppoae tlue, dans la populalion vivante, le nomJbre des époux autrefois mariés de 20 à 29 ans est au nombre des époux autreMs mariés de dO à 99 ans comme 12 est à 6, ee qui est manifestement Atux.

n est évident en eflét que les gens mariés de 20 à 29 ans ont chance de passer pins de

io6 ÉTUDE DÉMOGRAPHIQUE DU DIVORCE

Aussi je ne livre les chiffres suivants que sous bénéfice d'inventaire. Ils sont relatifs à la seule année 1877, dont les chiffres m'ont paru préférables à ceux des années suivantes :

Tableau LXXI.

Suisse (1877). — Pour 1,000 mariages conclus à chaque âge, combien de

divorces d* époux autrefois maries à cet âge ?

Nombre absolu Pour 1.000 mariaget, I. — Mari. des divorces. combien de divorcei ?

Moins de 20 ans 22 78.7

De 20 à 29 ans 469 38.9

De 30 à 39 ans 169 27.7

De 40-1.1 100 29.0

Age inconnu 276 y>

n. — Fn ME.

Moins de 20 ans 90 46.1

De40-w 71 ^ 35.1

Age inconnu 276 v

Ainsi les hommes et les femmes mariés avant 20 ans auraient de fortes chances de divorce. Cette probabilité irait ensuite en diminuant jusqu'aux environ de 40 ans. Mais les gens qui se marient après 40 ans verraient se relever quelque peu la chance de divorce.

J'ai expliqué en note pourquoi ces résultats sont peu démonstratifs.

De la présence des enfants nés d'un mariage antérieur. — Il serait très intéressant de savoir si les enfants nés d'un premier lit accroissent ou diminuent la fréquence des séparations.

Nous n'en pouvons absolument rien savoir.

Les documents italiens nous fournissent pourtant un des éléments du problème avec leur conscience habituelle.

Sur 827 (1) veufs remariés qui ont rompu devant le jage leur se- 1

cond mariage pendant la période 1866-79, il y en avait 578 qui avaient eu des enfants de leur première femme (2).

Voilà qui est bien. Mais, pour savoir si ce nombre est aussi élevé

temps sous le régime du mariage que ceux qui se marient de 30 i 39 ans. Dès lors ii n'est pas étonnant que les premiers présentent un nombre de divorces plus grand proportionnellement à leurs mariages.

1. Ce nombre est trop faible, car sur 9^188 séparations il y en a 1,416 pour lesquelles on n'a pas relevé l'état civil antérieur du mari.

2. Dans le nombre, il y en avait 190 qui avaient en outre des enfants de leur seconde femme.

CHAP. XXIII. — ^ FRÉQUENCE DU DIVORCE SUIVANT l'AGB DBS ÉPOUX 157

qu'il en a Pair, il faudrait connaître le nombre des veufs qni se remarient, en distinguant ceux qui ont des enfants de leur premier lit et ceux qui n'en ont pas. Nous n'avons sur ce point absolument aucune lumière. Il nous est donc impossible de savoir si la présence des enfants dans un nouveau ménage est souvent une cause de discorde conjugale et de séparation.

Ce que je viens de dire des veufs remariés s'applique aussi aux veuves remariées. Voici les chiffres qui les concernent :

Sur 728 (1) veuves remariées qui ont rompu devant le juge leur second mariage pendant la période d866-79, 314 avaient eu des enfanls de leur premier mari (2).

Ce nombre ne peut pas être utilisé plus que le précédent.

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