Alité mortcm ccoe amicilia milii teeum. o Antidama
6. Vir conleninena l<X|uenlea falua, streuuna robore, iateger in agendc :
T. Filliim ejus fama hic cugnatum noslrum Agoraatoclem : •
A. Fædus meum, imagincm numinia mel, pro mnre fero; indicavil 9. Tcstia, qiiiid hæ regionea ci ad babilandum ibi.
10. Servi ad jannam : ecce hune interragabo, num oognitum ei ait nonien.
Cesenius, à l’exemple de Clerc, a cru que chaque vers est coupé, à l’instar de ceux des Arabes et des aulre.s peuples sémitiques, en deux hémistiches rimant entre eux. Cette malheureuse préoccupation l'a forcé à porter à la fin du huitième vers le mot 5ynni qui , dans toutes les éditions, commence le neuvième, ce qui prouve qu’elle n’est pas fondée, et cependant c'est elle qui a commandé les modifications apportée au texte, et, par conséquent, l’interprétation : le texte et le sens ont donc été torturés pour s’accommoder à cette vue préroneue. Nous aurons plusieurs fois occasion de constater ce résultat dans rriamen analytique auquel nous allons nous livrer.
V. I. — Gesenius fait remarquer avec raison que, dans la leçon de Bochart, l'attribution de la puissance verbale à la particule h: répugne à la syntaxe hébraïque. Mais, en 1a rejetant complètement , n’a-t-il pas, de soneflté, donné à la phrase on tour peu naturel et trop lâche pour le début d’une invocation? La partie latine, il e.st vrai, présente aussi ce tour indirect; mais cela prouverait qu'elle n’a été faite qu’après coup , soit par Plaute lui-méme , soit par quelque autre auteur. Ce défaut d’élan ne peut qu’être l’effet des entraves d’une traduction, et plusienrs autres considérations pourraient fortifier celle opinion. Maintes fois , dans le reste de la pièce, Hannon s’adresse aux dieux, et il ne dit jamais oro deo$; il s’écrie: Proh dit /Or, en hébreu, on trouve une inlerjerlion équivalente dans la particule n;i» ou n:n, si souvent employée au commencement des prières: w.T k:n n'd" nj», d’on autre côté, ainsi que le dit Rhenferd dans ses Rudim. gramm. harmoninr ling. orient. : •• Hcbnei he amant, reliqui vero « cognati populj illud oderunl, ac proindc ejus loco, in formatione voeum, Aleph et aliquando • tau usurpant. » Il est donc possible que le he de l’hébreu .iji» soit converti en (au , ce qui fournirait un premier exemple du mélange de l’idiome araméen avec l’idiome hébraïque. C’est ce que je pense, et je traduis en consé'qHence comme il suit :
7»«rt Bipcn OTCBret tnp;; rrurbyi traTV,; jiat Proh! dij atque deæ quorum invocal uomina locu« Ule!
On peut considérer celte leçon comme entièrement semblable au texte du précieux palimpseste
ET DE LA LA^GUE LIBVOrE. 11
de Milan , dont le vers correspondam est aiasi écrit ; VTiiaLOMiH vxi.oni’tn aiconATHiig
TITMnlM ,\BY HACOa SYTn.
Alonim est , comme le fait remarquer Seldcn *, le pluriel de c'est-à-dire iltvi, suprême, que Philon de Bybicxs écrivait E/u>ûv. Le schuliaste Sisenua dit en eflet ; • Alan, lingua punica, est Deus. •
DCPK Mtp OU en Nsp, quoique moins usité que nn; »'p, est cependant une location parfaitement hébraïque ; ainsi l'on trouve dans Jérémie, xaxiv, 13 : « •'';ï "Zt: içriji, La maison
fvi est imoçué mon nom sur elle. •
rnt.T Ctpn.T est rigoureusement équivalent à js'nr, a’-nn, que l'on trouve dans la Genèse, xxviii, 19, Cependant, comme toutes les éditions disent ou ilacom ztl ou .Wacom sith, c’est-àdire qu'elles ne font entendre, devant le dernier mot, aucun son qui fasse supposer la présence de l'article, je crois que l'on peut admettre l'exception px' C’p'Cn. comme dans cette phrase de la Genèse xxix, 7 : 'jlU C"'.T Tiï. La conformité avec le palim|weale n’en serait que plus grande encore.
V.2. — •Locus omnium diimcilliinus,» ditCesenius, • in qiio neque superiores interprétés mihi
• satisfecerunt , neque ipse niilii satisfacio. ■ Cet aveu m’a longtemps fait reculer; cependant, après de mûres rélleiinns, il m'a semblé que si l'on a Jusqu’à présent obtenu si peu de succès , c’est parce qu’on ne s’est point assez pénétré des rapports qui existent entre la (tartie punique et la contre-partie latine; ainsi , l'on a négligé le mot rili, qui se trouve dans celle-ci, cl là peutêtre s’est rencontrée la pierre d’achoppement. En remontant à l'origine de cet adverlje, on en aurait trouvé l'équivalent dans le vers punique , et aussitôt le sens se serait dégagé , il se serait manifesté avec autant de simplicité que de précision. • Kilê , dit Castel Vetro { Op. ver. crit. ),
• non s’origina da ralus, corne si credono alcuni , altriraenti ri sarebbe brieve , corne è in irrittss
• composto da tn e da ratus. E rilus significa non usanza, corne si crede, ma edilu, e dilermi-
• tia:ione precedente dalla parola di Dio o da uomo ehe abbia protesta di legarc et d'obligare gli
• allri a far cosi. E'adunque la voce greea Pr,z'v> eioè il drllo, e per eecellcnza «luel, cbe per
• essere ajiprovato de Dio, c da’ siiperiori, o dal Popolo, non si dee, ne si puo tralasciare. •
D'après celle judicieuse oliscrvation , riti , dans le second vers latin , corrcsjiondrait à la formule
qu'il est facile de lire dans le texte carthaginois, et qui équivaut elle-raémc à 'eHk, que l’on trouve dans la Bible. Le vers entier se rendrait donc de la manière suivante , en empruntant à M. Vex la transcription du second mot :
•pen on3T:’'’K sïai on oSîtj o
riioàm iter roeum complealur et obtingat rite desiderium meoni.
V. 3. — Je n’ai pu trouver le dérivé r;p"i’î qui commence ce vers dans la leçon de Boeliart , et que Gesenius a conservé en éliminant seulement le rau. Au surplus, le sens que lui donne le dernier ( serrandi i manu pnrdonum ) ne serait point exact ; car , pour ce malheureux père , il ne s’agit plus de préserver scs enfants d'un enlèvement depuis longtemps consommé. On doit •
d’ailleurs remarquer que , dans la traduction, le savant interprète a mis, comme Uochart, i mami preedonum, tandis que dans le commentaire il s’exprime ainsi : « IIoc posterius esse posait
• V7Ï1' manus prœdæ (Bocbarl), .sed deesset p ad banc scnlentiam ncccssarinm, cui accedit,
• quod in hebraismo ornalum, * 7 prerdam signifleat. Cum Bellermanno igilur scribere malo " ùsdtdi 'tVT’ dileetum meum. - Telle est, en effet, sa leçon dans la transcription hébraïque.
Cette contradiction, si je ne m’abuse, n’est point fortuite ; elle résulte de la force des eboses : le sens, aussi bien que rinlerprélation latine de Plaute, veulent qu’on parle du ra|it qui appelle Hannon à Calvdon; cette nécessité ressort du sujet avec tant de force, que, pour y satisfaire,
(I) De Ois SjiU. — Proleg , cap. It. — Sciden avait traduit ce premier ver» d’une maaim asscs rtmarquable.
lî DE LA LANGIE PHÉNICIENNE
PUate a coDwnli à une répétition , oiseuse au fond , mais indispensable pour achever le vers :
Mrs!<(|ue hic ut ^atas et mei fralris niium Reperire me sirilis: 1)1 vnslrsni Sdem!
Qu<t mibi surreptœ suni, et Tratrls ttlium.
Gesenius n’a donc pu , dans la partie en quelque sorte ostensible de sa traduction, échapper à cette exigence; il a ainsi désavoué lui-même et son texte hébraïque et son commentaire.
Cependant , au point de vne purement exégétique , sa critique de 'Xï T est évidemment juste. Il faut donc trouver une autre locution pour rendre la plirase de Plaute qua im'bi turreplir «uni; cette équivalence se trouve dans la répétition du mot Xf, à l’étal construit, répétition si familière aux idiomes orientaux et si énergique dans sa simplicité, soit qu’elle consiste à redoubler, à proprement parler, la même expression , ou à réunir des expressions scrahlaliles.
Voici donc la leçon que je propose:
™ pi VTj ’.-vu3 nsh
,\d hic rediœendas gnatas meas, pradam iniandam, et lilium fratris mei. ,
On trouve n’tp'?, ad arquirendum , dans Amos, 8 , 6 , et hS» Xï, analogue à "ïiï, prœda prada, dans Isaïe , 33, 22.