CHAPITRE VI
lOfifriplion dihéoienne; deuxième, troisième cl vingt-lroisiéroi' cilicnnef. — Cadut.
Nous sommes enlin arrivés à la dernière des trois inscriptions biiingues que, dans le premier chapitre, nous avions indiqnée.s comme devant servir de moyens de contrôle aux inierprélal'ons données dès ce point de départ aux rondements de notre démonstration. Il s'agit d'examiner si la partie |ihénicieiinc contient, ainsi que nous l’avons dit, le mol ri:"ï, «idonicnne, répondant à ÏIJtUM V de la partie grecque. Cette recherche, subordonnée à l'analyse du texte entier, nous utènera, comme dans les cas précédents, à l'éclaircissement de plusieurs autres questions qui s’y l'attachent étroitement.
Le mnnumen; dont nous parlons a été découvert à Athènes, en 1841, au nord du Pirée, dans le jardin d'Al. Conlostatli. Une copie en ayant été, en 1842, rapportée par M. Raoul-Rochette i M. Ël. Qualremère, ce savant académicien en fit, la même année, le sujet d'un mémoire publié dans le Journal des Savants. ^
Peu de temps afircs, M. de Saulcy, ayant eu communication du n" 8 de df/xcAv/ixè,
d'Alhènes dans lequel le monument est reproduit, reconnut quelques différences entre cette copie et celle de M. Êt. Quatremére, autant pour le texte phénicien que pour le texte grec. Ces différences l'engagèrent à insérer dans les Annales de l'Institut archiulogiifue (t. XV, 1" cahier, 1843) une note très intéressante dans laquelle il les fait ressortir et indique les changements qu’elles loi pa • raissent néces.'.itcr aussi bien dans la lecture proposée par M. Et. Quatremère que dans le texte public à Athèni'S.
Un court voyage fait rc<-emment dans cette noble cité l'a mis à même de constater la justes.se de ses conjectures et de prendre un estampage beaucoup plus correct. C'est d'après cet estam- |>age que nous avons fait dessiner la planche 4.
Le texte phénicien se lit ainsi :
<V totr BN ruTï 0S2CBK ra neett f:»
Su pStt Oïl -pn rf?i.oort« p Voïv
Comme l'a fait remarquer M. de Saulcy, l’espace blanc laissé sur la pierre après la vingtième lettre démontre clairement que là se termine une première phrase, et dès lors se trouve jugée la question particulière qui fait l'objet principal de ce chapitre; la phrase, en effet, ne peut se lire i|ue comme nous l'avons indiqué après MM. El. Quatremère et de Saulcy, savoir: Moi, Asepti, fille d'Asehmounschillem, sidonienne.
On sait que le pronom personnel remplit souvent en hébreu l’office du verbe être ; il en est de même ici.
rsoN est le fé-minin de dom, nom propre usité chei les Hébreux.
□SviOBN n'est pas moins net et régulier; il signifie : Aschmoun, ou Esculape (roir page 44), a rétribué, c’est-à-dire le rétribué par Aschmoun.
H est à remarquer que. dans le texte grec, les noms propres ne sont pas traduits comme ils l'étaient dans les deux premières athéniennes.
Le reste de l'inscription offre des difficultés asseï sérieuses. L'une de ces diflicullés réside dans les deux mots qui se présentent en premier lieu, ton.
s.) DE LA LANGUE JMiÊNICIENNE
CK, en construrtion analogue, a déjà été pour nous le sujet d'études critiques dans une partie du chapitre précédent ; nous avons émis l’opinion qu’on doit l'entendre dans le sens fondement, luise, colonne, j)eut-étre même autel: nous aurons à vérifier ici cette interprétation.
k:c*, dont la lecture est certaine, n’existe pas sous cette forme en héhreu. Cependant on le retrouve non moins clairement écrit sur l’une (Gesenius, table 1 1 ix) des trente-trois inscriptions ilécouvertes dans le milieu du sic'cle dernier, à Citium, la patrie de l’individu désigne sur l’épitaphe à laquelle nous avons donné le nom de deuxirine athénienne. On le déchilTrc aussi sur deux jiutres de ces mêmes inscriptions que (iesenius a retracées sur la table 12, n"' 3 et 2.3, de .son Atlas, mais dont les copies sont très défectueuses.
Nous donnons à ces inscriptions, avec Cesenius, les titres de seconde, troisième et vingt-troisième citiennes.
La seconde est conservée à Oxford, où elle a été transportée avant 1750 par le docteur Porter. Elle est gravée sur un marbre dont la surface est polie, parfaitement conservée, exempte de toute trace de lésion, e.xcepté à l’endroit qui correspond à la quatorzième lettre de la seconde ligne, où le contexte autori.se à restituer un mem.
Elle a particulièrement cela de remarquable et de très utile que les mots y sont séparés par des points. La lecture ne permet aucune hésitation ; elle donne ce résultat ;
< .ravt: . nroa . ODonayja . icNiay . ijx
nSs . nSyS. »nra . . iituo' . ’TDch
ihcnayaa . ; ;u . riTjicyntasV . w
Le début, qui comprend toute la première ligne, est analogue à celui que nous venons de voir d.ins la quatrième athénienne : Moi, Abdosir, fils <T Abdsusim, fils de Ilur, (j'ai élevé ce) cippc.
Le nom propre Abdosir s’est déjà présenté dans la première maltaise.
Abdsusim veut dire serviteur, adorateur des chevaux ; il s’agit évidemment ici de ces chevaux c msacrés dont il est parlé dans le livre II des Rois, ch. xxiii, v. 11, en ces termes : •• Josias ùta aussi les chevaux que les rois de Juda avaient donnés au Soleil, à l’entrée du temple du Seigneur.»
Nous avons vu le nom appellatif Matiebeth au commencement de la première athénienne. Le verbe dont il est l’objet est sous-entendu; rien de plus simple que de remplir cette ellipse.
La difficulté réside dans les premiers groupes de la deuxième ligne et particulièrement dans le second, qui nous a déjà arrêté dans l’explication de la quatrième athénienne, sujet principal de ce chapitre.
Barthélemy avait supposé d’ahord qu’une lettre manquait au commencement de la ligne; il lisait : ahv, paisible durant ma vie. » Une lacune, ajoutait-il, qui paraît dans le mot sui-
vant, m’empêche de l'analyser. » Plus lard (lettre à d’Oliviéri), une copie plus exacte publiée par Swinton, qui avait le marbre sous les yeux, lui fit reconnaître l’impossibilité de persister dans l'opinion qu’une lettre était effacée an commencement de la ligne. Cela ne fit que l’embarrasser davantage. Il exposa, avec beaucoup de ré.serve toutefois, plusieurs conjectures malheureuses; /linsi, pensant que les points étaient mal placés, il lut la fin de la première ligne et le commencement de la seconde de cette manière : "nz ah ns ycin:3. Fils de Heramets, fille de Lam, pendant la vie... La deuxième lettre du groupe, suivant lui, parut être on teth ou mieux un qôph, et il fit de ce groupe le nom de l’un des princes qui régnaient en Chypre à l’époque de la mort de la personne pour qui le monument était construit, riK:p'' ’*n2, pendant la vie de Joqnath. Le reste de l’inscription se lisait comme nous l’avons indiqué plus haut et se traduisait ainsi : « Je me suis reposé sur le lit (on dans le tombeau) pour la suite des siècles. (.Moi) Astarté, fille de Tham, fils d'Abdmelec, ai posé (ce monument). »
Akerblad, pour ne point nous arrêter à des versions peu dignes de fixer l’attention, Akerblad
considérait comme un phi le hoilième signe de la seconde ligne et comme un schin le sixième de la dernière ligne; il rendait ainsi le texte entier : « Ego Abedasarus, Hlius Abedsosami, filii Cbari, monumentum iili qnæ me vivente discessit a placido mco ibalamo in ælcrnuro, pusui (nempè), uxori meæ Astarti, filiæ Taami, filii Al>edmeleci. «
Gesenius fait très bien remarquer que le huitième signe de la seconde ligne ne peut être qu'un lelh, ainsi que Barthélemy l’avait vaguement enirevu; le célèbre interprète lit donc le groupe dont il s’agit de cette manière : (*)rx contuerit mecum. Quant au sixième caractère de ia dernière ligne, il en dit avec raison t « Quod Akerbladins pro pcnS legit urori metr,
non fort tertiæ litteræ figura, quæ, scapo longo muniia, manifestum est mem.... Amatii-Astoreth (serva Astartes) ea mulicr Ebdosiri uxor, •• A part ces deux différences, le reste de la version est entièrement scmblabic à celui d'Akerblad,
M. Ét. Quatremère, avec l’autorité que lui donne sa profonde connaissance de l’hébreu, oppose à la lecture des deux premiers grou|>e$ de la seconde ligne une objection fort simple, mais in-
surmontable, savoir que la lettre o, placée toute seule, ne peut désigner celui on celle qui
Mais notre illustre compatriote retombe lui-même dans les deux erreurs de Barthélemy, consistant à croire, d’une part, qu’une lettre doit être ajoutée au commencement de la seconde ligne ; d’une autre part, que le deuxième caractère du second groupe est un qôph; il lit en effet : (nsïC) îiNjp> "na taSy, J'ai élevé {ce monument' éternel de mon vivant..,.
Dans celte lecture, le tau terminai serait la formative de la 1" pers. sing. du prétérit, comme en chaldéeneten syriaque; la racine viendrait du grec ènuûv, image, et eliesignilicraife/Tinatû, formavit, par extension ttaluit. •• Et ce que je dis sur l’origine de ce verbe, ajoute le savant aca-
démicien, n’est pas une conjecture gratuite; car le langage des Syriens a admis le verbe
formé également do mot grec itxthv, et qui, ne différant du terme phénicien que par l'absence de r.x final, présente absolument le même sens que j’attribue à ce verbe. »
Gesenius, à son tour, avait d’avance ruiné cette interprétation par les deux remarques suivantes; 1® pour ce qui regarde la leçon dSv du commencement de la seconde bgne : - Barlhelemyi conjecturam a Swintone jam explosam et ab ipso Barthelcmyo jam abjectam, pro sS Icgendum esse dSc, a Wihlio nuper revocatam esse miror. In lapide enim egregiè servatu ne minimum quidem litterœ evanidæ vestigium, superest. •• 2° Quant à la détermination do second caractère du deuxième groupe, que c’est indubitaiticment un telh, ce que M. de Saulcy a depuis surabondamment démontré.
Ce qui a jeté tous les interprètes dans une Qtusse voie, dans une arène de critiques réciproques, toutes également justes, mais stériles, c’est l’oubli que les trois lettres scS peuvent être des particules ; elles se rencontrent pareillement réunies (1 Paralip., xv, 13), dans ce terme " Lorsque les particules préfixes se trouvent ainsi employées à deux et même à trois à la tête d’un mot, dit Sarchi (Gram., p 2l0), chaque servile retient sa signification particulière. » Nous avons donc pour le premier groupe ; Pour hore de la vie....
' Dans le second groupe, le tau final est bien servile, comme on l’a dit, et c’est pourquoi il ne reparaît pas dans la quatrième athénienne ni dans la troisième citienne; mais il remplace le pronom possessif féminin des Hébreux. Nous avons vu en effet, jusqu’à présent, dans tous les textes phéniciens, la caractéristique du féminin être le tau, et la quatrième athénienne nous en donne un nouvel exemple dans l’adjectif rcri*, pour
Les quatre antres signes se présentent invariablement dans les trois exemples ; on doit cependant penser qu’il n’en faut que trois pour la racine. 11 y a par conséquent une séparation à faire ; elle ne peut tomber sur Valêph, puisque nous venons de reconnaître que le suffixe est un tau ; c’est donc le iod initial ; nous en verrons bientôt la signification.
La racine est n:;:.
En hébreu, ce mot, dont l’origine est incertaine, ne signifie que panier, corbeille, sens inap-
plicable à notre texte. Mais en ehaldéen le mot correspondant est mu. Cette particalarilé non» met sur la voie en nous rappelant les fréquentes et naturelles mutations du x et du q, en liébreu même, mais surtout dans le passage de certains mots do cet idiome dans quelques langues affines. Gesenius dit à ce sujet dans son Lexique, page 8i>0 ; • x, lade. — Litterœ cognate sont a) c, quod Aramiei plerumque ponunt pro hebrmo x, cf. in ipsa Ihigoa hebræa radd. 'X3 et tta:, tnx et mn, yu et yac. •
Or nous trouvons en hébreu, suivant Siinonis (Lex., p. 8X4) : • ^:x, radix inosit. proUxU, cuilodivil, auertavil, ricondidit.... Indè.... n:x t) emtoditio, aaervalio. i) dypeui, tcuium. • ît|’est-il pas très probable que notre racine est ce dernier solistantif sous la forme syriaque dont noos avons plusieurs autres fois reconnu l’emploi dans l’idiome pliéoicien? Le tsadé est converti en lelh, le hé en aleph. Nous avons fréquemment déjà trouvé des exemples de la dernière mutation, même pour i’article. Gesenius dit (.Vunum., p. 430) : • In altph et hé iitleris nil fere memoratu dignum est, quant Pboenices subinde more Svrorum n ponere ubi iiebræi habent < 1 . • On possède eu hébreu même les synonymes n:x et ~:x, trouptau. Je suis donc convaincu que i’acception do mot dont noos eherehons la signification est conservation, protection.
Le iod préfixe ajoute l'idée de durée, de permanence, comme il le fait très souvent en pareille position : > Aueta ab initio per M et ' multum locis accipiunt si conferantur cum Praformantibus Futurorum aleph et iod. Ut enim Hebrxorum Foturum interdum eiprimit aetum continuum, ita et htec aucta continoitatem, durationcm, stabilitatem firiuamque quandam consistentiam indfcant. • (Simonis, Ononi., p. 308-309.)
Je traduis donc : Pour après la sortie de la tie, sa protection prrmanestte sur le lit de mon repos d jamais.,..
Barthélémy a fort heureusement rapproché les mots 'rn: asCïby de ce passage d’Isaïe, tvii, 2, où, en parlant des justes, il est dit : cn'yyccSy "ni:', rcquieteeni in cubilibus suis, ce que le» Septante ont entendu de la sépulture ou du tombeau et rendu par ftrcsi 4v 4tpévi| é, Tstoè, oùtcû.
A l’exemple de M. Ét. Quatremère, je joins les trois dernières lettres de la seconde ligne aux trois premières de la ligne suivante pour former le mot 'ncnS:, parce que la deuxième ligne n’est pas, comme la première, fermée par un point ; mais je ne traduis pas précisément comme le .savant orientaliste et à mon épouse, car pour justifier la copule, il faudrait précédemmeiA un autre membre de phrase que le texte or fournit pas. tels sont les mots d moi que M. Él. Quatremère a introduits de son propre chef. Je prends le caph préfixe dans la dernière des acceptions qui loi sont reconnues dans le Lexique de M. Glaire, savoir: - s...., particula præflx. comparationis, assimilalionis, accommodationis, simifiludin» et cuxvEMEim.E, > et je traduis par aiasi qv’il CONVIEMT d mon épouse, sens si naturel qo’Akerhlad, qui n’avait point trouvé l’équivalent dans le texte phénicien, l’introduit cependant dans sa traduction ; NEMrË uzori meœ....
Le texte entier me paraît donc devoir être interprété comme il suit : ■ Moi, Abdasar, fils
• d’Abdsosim, fils de Ilur, (j’ai élevé ce) monument à Amatastoret, fille de Tom, fils d’Abdmelec.
• pour lui servir, après la sortie de la vie, de protection permanente sur le lit de mon repos
• étemel, ainsi qu’il convient à mon épouse. •
La troisième cilienne , comme je l’ai déjà dit, ne noos est connue que par une copie trop inexacte pour qu’il soit prudent d’en essayer 1a traduction complète; cependant on lit distinctement an commencement : îiyxî X.
Gesenius prétend que la première figure ne doit pas être regardée comme une lettre; il est dilficilc d’admettre cette répudiation quand on considère la parfaite ressemitlance de ce signe avec celui qui vient deux rangs plus loin, et qui est manifestement un tsadé, ainsi que Je prouve sa présence dans un groupe qui ne peut être que nyxc. Cette figure peut être mise, ou pour le pronom démonstratif rsit, ou mieux pour un sigle de jixou p'X, signe, monument, ce qui ferait signum cippi, siguum sépulcrale. On a on exemple d’un pareil emploi abréviatif do tsadé dans la légende d’un sceau qui appartient à M. BadeigtsdeLaborde, et que je reproduis sur la planches.
Sê
ET DE LA LANGUE LlBYQl’E.
a* 38 ; cette légende se lit : ^':n.x, c’est-à-dire '(T:!! iï ou "jii’, ordre ou signe, seing d'Hannon.
Les vestiges qu’on trouve easuite dans la première ligne de la troisième citienne, et l’analogie <}u'ils permettent de saisir avec la seconde, me semblent légitimer les rectifications et restitutions suivantes, dont une partie est assurément incontestable : pour, au sortir de Ut rie, irotection permanente à moi.
hn vingt-troisième citienne a été lue par Gescnius de cette manière :
DTO rovo
TC' . tn WisnxS’
Cippus inter vives viri consulis Ab- (ta\ {H>siUis pulri nico ab An-CiUa.
Il me semble évident, par le rapprochement de la quatrième athénienne, que les six premières lettres de la seconde ligne doivent se lire xitr* Va. La quatrième lettre doit être un teth semblable à celui qui se trouve au 8 ' rang de la seconde ligne sur la seconde citienne, lequel ressemble beaucoup effectivement à un uFn, si ce n’est qu’il est Iteaucoup plus allongé, l^e caractère suivant est incontestablement altéré ; je pense que c'était un nun. Enfin il est indubitable à mes yeux qu’une lettre devait remplir l’espace laissé après la seconde lettre de la troisième ligne, et les deux points qui subsistent me paraissent indiquer les extrémités des deux Irarres transversales d’un aleph. On ne peut admettre, en effet, que ces points marquent, comme les anneaux égyptiens et chinois, ainsi que l'avance Gescnius, la séparation d’un-nom propre, jiuisque notre auteur trouve à la fin un autre nom propre, Ari citla, qui n'a point cette distinction, et que d’ailteurs aucun antre e\emple ne recommande cette assertion.
Je iis donc :
□r.3 ri3 -yj >co' wS TON Ml XTI3 *
Cippus inter vives, ara proteclionis. Feci Osir patri meo, doctori Citii.
Nous retrouvons, dans l’emploi de l'aleph suffixe comme caractéristique de la f'* pers. sing. du prétérit.
NPZ est le nom de la ville de Citium, et le mot ■'n est employé pour •'In, lumière, docteur, sens qu’il a dans cette locution adoptée par Isaïe : n'U ''•'x.
En revenant maintenant à la quatrième athénienne, nous reconnaîtrons que l’analyse à la* quelle nous venons de nous livrer éclaircit complètement le passage qui noos avait arretés, et <lu’one meme explication répond à l’analogie des formules.
En effet, tr.x veut dire base, fondement, monument de protection.
*S. à moi, forme tout à fait hébraïque, postérieure probablement à celle de la seconde citienne
M. Et. Qoatrenière a contesté la correction du nom propre en avançant que, dans les noms composés phéniciens, le verbe se place toujours à la suite du nom; cette objection me semble une pétition de principe. Si c’est par analogie avec l'hébreu que le savant professeur a voulu juger, nous rappellerons le nom propre du I" liv. des Paralip., xxvi, 2 , L’ortho-
graphe S2 pour S273 s’accorde parfaitement avec la forme syriaque de
nSwatrx, suivant M. Ét. Quatremère, signifie Aschnum prosprracit.
•21 rappelle le nom chaldeeii à forme passive, *j2i;, employé par Esdras, vi, 4 , dans le sens de sériés lapidum, paries, maceria. On sait combien ce dernier mot se présente souvent sur les épitaphes latines. La racine active 121, dont se rapproche le verbe bébreu p2i, a donc voulu
K4 DE LA LANGEE PHENICIENNE
dire l•on^tn^ire ; c’est le verbe dont est le sujet, Cn le régime direct et ’S le régime indirect.
n;n est certainement phénicien ; nn ne le trouve dans la Bible que faisant partie du nom que les Jéboséens avaient donné à la vallée voisine de leur capitale, devenue depuis Jérusalem, vallée dans laquelle ils brûlaient les enfants consacrés à Moloch : D:n m' 3, C3n K'J, D:n ’jï NU, la géhenne On ne connaît point la véritable signification de ce mot. Plusieurs commentateurs, et entre autres Hiller, pensent qu’il voulait dire /adientalion, gémùtement réhimenl, et ils le rapprochent, sous ce point de vue, do verbe hébreu en;. Cette interprétation, qui s’accorde avec l’horrible destination du lieu, est aussi parfaitement en rapport avec un autre nom qu’une panie élevée de cet endroit avait reçu, savoir : nsn, (ophet, de CEn. tambours, parce qu’on couvrait du bruit de ces instruments (es gémissements des victimes. Notre texte parait propre à donner force de démonstration à celte explication^car D:n me semble ne pouvoir signifier ici que péim'r, se lamenter, être profondément attristé.
jcV-N est cette combinaison de prépositions ainsi exposée par f.escniiis. Lexique, p. 57 ; • b) conipos. pe“Sn, adeo ex. ■
Vjn, qui veut dire an propre couerir, correspond dans ce sens à n;ï:' ; on doit, par conséquent. entendre ici l’enveloppement sépulcral, la sépulture, acception qu’Abonl -Ooalid, suivant la remarque de M. de Saulcy, lui reconnaît expressément.
La guatriime athénienne doit donc, en définitive, être traduite ainsi : <• Je sois Asepté, tille •• d’Ascbmoun-Schillem, Sidonienne. Jatanbal, fils d'Aschmoon-Tsillali, m’a construit ce (onde- • ment de protection durable. Il est profondément attristé depuis cette sépulture. •
Noos avons encore ici, dans la concordance de ntiï avec £i«uvtat, dans la gualriéme inscription bilingue d’Athènes, une confirmation de la solidité des bases posées dans le premier chapitre de ce livre. C’est la dernière preuve que noos-méme nous nous étions assigné l’obligation d’administrer. Cette confirmation s’étend subsidiairement aux déductions exposées dans les autres chapitres précédents.
Nous avons par surcroît constaté dans ce chapitre :
1° La mutation do ï en ta ;
3° L’emploi do iod prosthétique pour indiquer la durée, la permanence ;
.3° L’usage do iod suffixe pour exprimer le pronom personnel et le pronom possessif de la 1" pers. sing.;
é* Le tau suffixe servant d’exposant possessif de la 3* pers. sing. fém.;
5° La signification de convenance donnée au caph préfixe;
6° L’emploi combiné des trois particules préfixes ataS, ainsi que des deux prépositions