C. Première numidifue de (reeeittui
La prrmifrt nHmidique (table 31) sc distingae :
t* P«r la forme do ehet, qui commence le mol 'pn à la première ligne; toutei les raisons que DODs avons exposées pour jaslifier la délerminalion de cette lettre dans les deux namidlques précédemment étudiées subsistent ici ; les traits que nous trouvons maintenant ne sont que la simplilicalion de ceux que nous avons vus. Gesenius avait reconnu la valeur du ehel aux trois traits de l'inscription dont nous nous occupons; comment, dans les deux autres, a-t-il pu repousser l’analogie? les rapports des trois ligures he sont-ils pas exactement les mêmes dans chaque texte? Cne très légère différence de forme doit-elle prévaloir contre l'induction puissante qui résulte de cette Menliié de connexion?
3° Par l'existence de deux mtm, au lien des deux ahph qui, sur les deux autres numidiques, s'étaient trouvés dans le groupe yitl'ïs Kîtsu'îp , ce qui rapproche davantage la formule de celle de la première mallaUe;
3* Par le groupe de caractères de moindres dimensions réunis a l'angle inférieur et gauche de l’épigraphe ; ces caractères paraissent, ainsi que l’a jugé Grsenins, ne point appartenir au texte proprement dit; le savant interprète pensait qu'ils expriment le nom du graveur et U date de Férection du monument ; il lisait à cet effet :
V 13 Vyoïn Channimal, Bis d’I-
V;3 bal
an
Nous nous bornerons à faire remarquer qu'il donne la valeur chef aux deux traits initiaux , tandis que, d'une part, cette lettre a trois traits dans le mot que Geaenius lui même a lu, l'in, à la première ligne du texte; d'une autre part, il considère ces deux traits comme un hé au commencement de la troisième ligne de sa irotstème numidigue, c’est-à-dire celle que noos venons d'étudier.
En second lieu, Gcsenius prend à tort le sixième signe du groupe pour on tamed; ce ne peut être qu’un nun; le tamed, dans le texte proprement dit et même dans le groupe dont il est question, s'élève davantage au dessus de la ligne , et il a l'extrémité supérieure penebée à droite ; la forme en est constante et bien distincte. Noos verrons au surplus, en analysant le texte, quelle malheureuse prédilection notre auteur a pour le tamed.
Il fait do caractère suivant les deux lettres )3; nous savons que , si la figure est fidèlement reprmntéc, c’est incontestablement un vau. Noos aurons lieu de revenir aussi sur ce point en analysant le texte.
Enfin Gescnius présume que le signe qui précède S"i, et qu'il compare à celui d'une inscription trouvée à ('jtium et dont noos parlerons ultérieurement, représente \a pour ,n:w ou n;tJ , oniièe, et que les autres signes, dont il ne reste que les vestiges, étaient des chiffres. L'examen détaillé de cette question nous mènerait trop loin et noos détournerait trop de l'objet essentiel de ce chapitre; nous le reprendrons en temps opportun. En ce moment, nous avons hâte de revenir au point capital, et, à cet effet, nous terminons ce qui concerne le groupe accessoire, en disant qu’il nous semble devoir être tran.scril ainsi ; h'jz'j l pc;’'3. Le vau intermédiaire porte a penser qu’il
ET DE LA LANGUE LlBYQl E.
s'agit de deux individos, dont l'on peut-^tre a gravé le bas-relief, l’aolre l'inscription. Je traduis donc ; Bamamm et Obal. Le premier nom est composé de et de p'CJ, sans doute pour comme on trouve dans la Genèse et les Paralipomènes “v:; pour 17 ;, et il signifie Fil» de dilicti; le second est probablement nne contraction de S7ii27-
La manière dont Gesenios lit le texte principal de l'inscription est l'exemple le plus frappant de l'inconsistance qoe ce savant apportait quelquefois dans la détermination des lettres, la preuve irrécusable que, pour loi, le sens n'était point subordonné à l'appréciation méibodique de la valeur des caractères, mais celle-ci, au contraire, asservie aux capricieuses exigences d'une explication préconçue et arbitraire. Voici en effet son interprétation :
SC® 'p '3 pn Ss3 psi4 dVs xisoS pK Vs303n rhp t3 Vsstso J3 D’Veî(s)o rs SssT’Pcp jruüso
Domino Baali i^lari, reei æterno, qui exaudivit prec^ HicenibalU(llietnpsaiis) domini regni ætarni poputi liassylorum, Dlii Magsibalis (Hicipsæ), Blii Masinis«æ. fitii Mcxolbalis (Mezetuli).
Noos voyons que ;
1* Il donne au 3' caractère de la seconde ligne la valeur tau, .sans que cette attribution soit basée sur aucun exemple démonstratif; puis, dans tous les autres cas où la même figure se représente, il la considère comme on mem; d’on autre côté, il reconnait au tau nne autre forme aux n~ 17 de la seconde ligne, 2 de la ligne suivante, 5 et 12 de la dernière.
3° Il regarde le signe qui se reproduit aux 0 °' 13 de la seconde ligne, 12 de la troisième, 1 et 11 de la dernière, comme on lamed dans le premier cas, un iod dans le second et le dernier, un mem dans le troisième ; en même temps il assigne trois autres formes au lamed, savoir : celle des n" 1 et 2 de la première ligne, 2 et 10 de la seconde, celle de l’avant-dernier n" de la même ligne et du 5' de la ligne suivante, celle de l'avant -dernier caractère de la troisième ligne, et du dernier de la quatrième. D’une autre part, à la ligure identique à celle de l’avant-dernier n* de la seconde ligne et do 5' de la ligne suivante, il donne la puissance du daleth au n* 3 de la première ligne, celle du beik aux n” S, même ligne, 8 seconde ligne, 8 et 13 troisième ligne, 7 et 13 dernière ligne, enfin celle du iod an n" 6 de la troisième ligne; à la figure identique à celle de l’avantdernier caractère de la troisième ligne et do dernier de la quatrième , il reconnaît une seconde valeur, celle du nun, dans toutes les antres positions.
3* Il fait, sans aucune jostiOcation et contre l’aotorite de tons les faits, un schin du quatrième signe de la troisième ligne, tandis qoe la même ligure a la valeur de l’ofepA an n° 2 de la première ligne, et qu'il prêle deux autres formes au sehin à l’antépénoltiémc caractère de la première ligne et au 1 1* de la troisième. Ce dernier, qui se représente au 10* rang de la dernière ligne, est alors pris pour on hadi.
4° Enfin, il considère comme une ligature des deux lettres p la dernière figure de la troisième ligne, à laquelle noos avons reconnu une valeur propre, celle du vau, dans plusieurs autres circonstances.
Après ces remarques, qui ébranlent la traduction dans scs fondements, il serait oiseux de discuter celle-ci. Gescoius semble avoir mallieureusement cédé à l’ambitieuse préoccupation d’attacher un intérêt historique aux inscriptions phéniciennes.
Pour noos, exempts de tout parti pris et ne nous appuyant que sur nos déductions antérieures, nous nous attacherons exclusivement aux déterminations alphabétiques dont une analyse rigooreoae nous a précédemment démontré la justesse ; noos lirons donc ;
iratpjD pn Sp3 putH
“3T5;n3D P 3 kSp 3 t33330'?p
1 iP3’ïo P m VL n ns
psm.’D P Ttn ï>
Kidélei à la ré^ervp que nous nous sommes déjà imposée , nous nous abstiendrons de prononcer sur la valeur de plusieurs carartères do commencemeot des deux dernières lignes, parce que, lie l’aveu de Gesenius, ceux de la troisième ligne sont brisés et ellacés jusqu'au mot p, et que quelques-uns de ceux qui y correspondent dans la quatrième ligne paraissent aussi un peu altérés.
Nous n’avons pour le moment à expliquer que les noms propres que notre lecture admet.
Le premier, Bdalabbai, peut s’entendre ou d’une manière absolue, Bdatpire, correspondant à Jupiter, ou dans un sens spécial et signiCant celui dont Baal «si le père; il a pour analogue dans la Bible au'H.s (oui lieu» pater est, Simonis, Gesenius, etc.).
Le second peut se décomposer eu Pnîi:, celui qui frappe le> hauteure. Les Phéniciens,
en 8U|)primani, comme nous l’avons vu jusqu’ici, le eau quiescent, devaient écrire le dernier mot p-S'l’; le second otn qui figure sur l’inscription serait donc un nouvel exemple de l'addition de cette lettre-
Le troisième et le dernier nom propre ont la même origine et la même signification ; Gesenius, qui lit le dernier S"2T"r2, en se trompant, comme nous l'avons dit, sur In valeur de la lettre finale, explique le premier composant n'3r2, que nous retrouvons sous la forme 'ïï dans l’autre nom, par le verbe syriaque Ni*5, vofuit, patent fuil; on peut donc traduire ; fart dont la touffranee ; mais il serait peut-être plus juste de s’en tenir au verbe hébreu Pi", tihausil, humorem exj reuil, et de dire : épuitemrnl par la misère.
U. Quatrième numidifue de Geteniut.
La quatrième numidique (table 33) offre d’abord cela de remarquable que la partie formulaire est rejetée à la dernière ligne et la compose en entier ; nous la transcrivons ainsi : ^'cn
Ici point de capA ni d’oin après ■j'^n ; cette suppression aurait dû éclairer Gesenius; nous allons voir qu’elle l'a, au contraire, amené à donner une nouvelle preuve de l'irrésolution de scs jugements .sur ce point. Voici en effet sa version ;
pja nwa tran 'ÿ Satvi!
' î'r.To TOï nM*? rts H'n':3n ’v p ‘tra
nov n‘7p pas p» ftaa Vé'3'7
Imago Scheôtballs servi tui justi, spcctati in ocxilis
Baalis, filii servi lui lliempsalis, domini regni jKipuli M.issylnrum,
(consecrata) Baali solari domino, qui oxaudivil voces p»|iuli.
.Ainsi il rend de nouveau par les trois linéaments qui suivent SraV- Vlais ces trois linéaments sont suivis eux-mêmes des deux lettres que nous avons vues les accompagner invariablement sur chacune des numidiques examinées jusqu'à présent, cl que Gesenius. d.ins les deux autres cas où il traduit les trois linéaments par avait réunies au eaph, qui venait alors après elles pour former le sultsianlif ”^•3, en considérant d'ailleurs à tort la seconde comme un lanud. Mais voici que le caph fiiil défaut, et avec lui toute possibilité de lire Gesenius profite d’une légère modification dans le tracé de la seconde figure, savoir du crochet ajouté au côté droit de l'extrémité supérieure, pour supi>oser qu'il y a un daleth intermédiaire formé sans doute par ce crochet, bien qu’il ne le dise pas explicitcmeiit, puis il fait du premier signe un aleph, du dernier un nun, et il lit pM.
A la vérité, la première lettre est munie aussi, à son extrémité supérieure droite, d’une apparence de crochet <|ue l’on peut regarder comme on vestige de l’oreille qui distingue Valepk. O-
n’cst point ee qui a déterminé Geaenius, puisqu'il n'a jusqu'à présent tenu aurun compte de cet appendice. Mais pour noos, qui en avons plusieurs fois reconnu le caractère distinctif et qui voulons procéder avec rigueur, cette particularité n’est pas indifférente. Or, nous ferons remarquer combien, par .son exiguïté, ce trait est peu comparable a celui qui garnit le véritable aUpk: mais, dans celle exiguîlé même, noos le croyons ou une altération produite par le temps, ou une illusion du copiste. En effet, nous voyons un trait semblable, évidemment accidentel, sur l'avantdernicrc lettre de la même ligne, qui ne peut être qu'un caph, comme nons espérons le prouver un peu plus bas, et qui, par conséquent , ne doit point avoir le trait ajouté à .sa branche latérale.
La connexion des deux lettres en question conserve donc toute la force que lui donne la comparaison avec les points correspondants des nomidiques analogues ; il est impossible de leur dénier une valeur identique dans les unes comme dans les autres, savoir celle dn metn et do nun, et, dans ces ras, on ne trouve de lecture commune qu’en les unissant aux trois traits précédents pour faire l’adjectif ^"rt.
Poursuivons.
Gesenius considère encore comme un lau la croix auriculi'c qui soit S-V-C et que nous savons ne pouvoir être qu’on aU/ih.
Ponr toute personne dépouillée de prévention, les quatre caractères qui suivent sont incontestablement semblables à ceux qui occupent la même place relative, c'est-à-dire qui marchent après dans la seconde et la Iroisiimt nwmïdïfues. La connexion est surabondamment
prouvée par le changement concordant des aleph en mem dans la première inscription de la même classe. Cette identité de corrélation, jointe à celle des formes, ne peut laisser aucun doute sur l’équivalence alphabétique. Or, dans les trois premières numidiqoes, Gesenius avait fait, des deux premiers traits, on chet. A la vérité, cette détermination n’était appuyée sur aucun fait démonstratif; elle était purement arbitraire, de circonstance, et d’autant moins acceptable que, d’une part, sur les mêmes monuments, l’auteur les traduisait, dans quelques autres posiiion.s, par p, et que, d'une autre part, sur la première numidiçue, il affectait, et cette fois avec raison, trois traits à la composition du chel dans le mot pn de la première ligne. Mais noos ne nous attachons ici qu’au fait en lui-même, l'attribution de la valeur chel aux deux traits dont il s’agit. Le caractère qui soit le cuph, qu’il eût ou non un appendiee, était qualifié mem, et, comme le passage se trouvait au milieu de l’inscription, on pouvait, en joignant ces éléments à quelques lettres voisines, former les noms propres {des noms historiques) S73tiro:n, EacamibaJii (üiempialit) dans la seconde numïdique, nr-:n, Biemalho, dans la Iroùirme, enfin VvsCbrt, Bicembal (encore Biempsal), dans la première. Mais dans l’inscription dont noos nous occupons, les caractères que Gesenius avait lus jusqu’alors aan, et qu'il avait fait entrer comme éléments communs dans ces noms, sont rejetés à la fin de l’épigraphe, en sorte que, faute d’autres lettres, il est impossible de compléter un nom propre en conservant la même épellation. Dans cette extrémité, Gesenius, qui n’est jamais lié par les faits antécédents, n'hésite pas à briser les analogies, à méconnaitre l'identité des figures, à dédaigner les inductions de la connexité, à interpréter, en un mot, différemment des éléments matériellement semblables. Il ne considère donc plus les deux premiers traits comme on chef; il les investit de la puissance de ral'n; il fait un mem do caractère suivant, puis un <au du dernier, et il a ainsi, pour terminer sa phrase, le mot itcr, qu'il rend par peuple, mais qui n’est point hébreu.
Bien qu’il ne fasse point connaître les motifs de son opinion sur la valeur des deux premiers traits, ou doit penser qu’il a imputé à l’action du temps ou à la négligence dn sculpteur la double ouverture que leurs extrémités parallèles laissent entre elles. Mais il en fait de même à l’égard des 10' et If figures, pois des 18' et 19* de la seconde ligne. Or, en huit autres endroits de l'inscription, et là particulièrement ou l’existence d’un utn est indubitable, cette lettre se montre parfaitement formée, complètement arrondie et fermée. Cette circonstance exclurait toute pos«i-
..t DE LA LANGUE PHtMCIENNE
liililé d’accuser la nrglif^ce du graveur, ei, d’un autre ci\lé, la rcclilude de plusieurs de ces traits erapéelierait de croire à leur Intlesion primitive pour produire un cercle fermé que le temps ensuite aurait précisément échaneré de la même manière, en supposant que d’ailleurs, pour le dernier des trois cas, l'analogie avec les autres épigraphes de la même classe ne s'oppusât point alHtolumeni à l'une et à l'autre de ces opinions.
Pour faire un mtm de l'avanl-demier caractère, (iesenius a dû considérer comme régulier, et réellement inliércnl à la lettre, le petit trait placé au milieu de la branche latérale dont nous avons déjà parlé. Dans celte livpothèse, la figore ressemble ctfeetivement au mem que nous avons déterminé dans les autres classes d'inscriptions, par e.xemple dans les carlbaginoises j mais, dans ces inscriptions, le mrm conserve toujours celte figure. Dans les épigraphes numitliques, au contraire, noos ne la voyons nulle autre part. Le mem a constamment uns autre forme, celle que nous avons reconnue en parlant des médaillés citées à la page .f5; c’est Tun des caractères de cette classe de monuments ; celui même dont en ce moment nous noos occupons particulièrement en fournit la preuve en quatre endroits. D'on autre cdlé, l’analogie avec le groupe correspondant des autres nomidiques qui ont passé sous nos yeoa prouve que le trait dont il s’agit n’est qu'accidentel et que la lettre, dans ce cas comme dans les précédents, doit être un caph.
Quant au dernier signe, nous n’avons plus besoin de répéter que c’est un aUph; noos ferons srulemenl observer que Gesenius. qui le regarde en ce point comme un tau, donne à la même figure la valeur légitime de Valejih au IS* rang de la secoride ligne, et celle du mem dans les trois autres points de la même ligne, où elle reparaît, tandis que. dans la première et la dernière ligne, il transporte la puissance do mem sur la croix privée du crochet. On voit donc que ce crochet, dont nous avons si bien constaté le rAle, n’a pour lui aucune signification.
Le reste de la lecture de Gesenius n’est pas moins abondant en sujets de critique.
Ainsi il regarde comme des sekin, !• les 2', 5' et 16' signes de la première ligne ; 2” le 13' de la même ligne et le 24* de la ligne suivante; 3° le 10* de la dernière ligne. Dans chacune de ces catégories la figure est différente. La valeur do sehtn n’est prouvée que pour le caractère de la dernière catégorie qui entre dans la composition du groupe vtM? commun aux numidiques analogues. Les autres diffèrent trop de celui-ci pour qu’on leur suppose la même valeur.
Celui de la première catégorie, comme nous l’avons déjà dit en traitant de la première numi- Hique, est un Isadi.
Celui de la deuxième catégorie a, dans l’inscription même dont il s'agit des analogues auxquels Gesenius dispense des valeurs encore différentes; il en fait :
Un Run aux numéros 7 de la première ligne et 9 de la dernière;
Un mem au n* 17 de la seconde, bien qu'il ait déjà attribué cette valeur à la croix garnie et non garnie d'un crochet ;
Un <a« au n° 7 de la première ligne, en même temps qu’il accorde la même signification aux signes dissemblables tracés aux n*' 9 et 22 de la seconde ligne;
Un lamed enfin an n* 1 6 de la deuxième ligne, ce qui ne l’empêche pas de donner la même détermination à trots autres figures, savoir aux n*> 3 de la première ligne et 12 de la seconde, au n* 26 de celle-ci, anx n*' 3 de la même ligne, 1 , 4 et 1 4 de la dernière.
Parmi ces diverses épellations, celle do rur seule revient au caractère de notre première catégorie ; la légitimité de cette lecture est démontrée par la présence do caractère en question dans le groupe ]nn de la dernière ligne.
Le mem n’est formé que par la croix sans crochet.
Quant aux figures diverses considérées comme antant d’expressions do fau, il faut d’abord en retrancher celle que nous avons positivement déclaré être on oirpA. La forme placée an n* 22 de la seconde ligne a seule reçu la détermination du (au dans la première numidique, et seule aussi elle ne peut avoir que cette attribution. Or sa présence, avec cette signification indubitable et
ET DE LA LANGUE LlBYyUE. .Vi
Dnk|a(. «unit pour bire prnsrr que b même articulation, dans le même texte, n's poiDl été rendue par d'autres figure
Le signe n° 9 de la seconde ligne n'a d'ailleurs d'analogue que dans celui qui se trouve à la tête de la légende de la variante de mi'daille représentée sur la table de Gesenius 43 xxi, lettre A, et à b lin de b légende de la variante II. Mais Gesenius dit : • In épigraphe delineanda, propter
• eximiam litteramm parvitatem, facilis erat error. Quam ob causant leriin paullulum dubiaest,
• iiobisqua, qui nullum numi exemplum vidimus, ex varia trium exemplorum scriptura contextus - conslituendos est. • On voit donc que, dans b légende dont il s'agit, la forme de cet élément n'est point sûre ; aussi Gesenius ne l'admet point dans sa restitution, et, au surplus, il donne au earactère qui oerope b place du premier de ces deux signes, non b valeur du tau, mais celle du ée(A; c'est le caractère suivant qui reçoit l'attribution du (nu. Le dernier présente, dans la variante A, b foriiie do luu carthaginois, et c'est celle que Gesenius a adoptée ; c'est aussi celle dont se rapproche la lettre tcnninalc de la variante B. Il est donc probable que cette figure est inexactement tracée sur celles des médailles dont noos venons de parler. Il en est de même, je n'bésite pas à le croire, sur l'inscription lapidaire. En effet, si le dessin était fidèle, l'analogie voudrait réellement que ce fût un tau. Or nous avons vu cette fonction remplie, à n'en pas douter, par le signe 32 de b seconde ligne, lequel, noos le répétons, ne peut avoir d'autre rdle; il n'est donc pas supposable qu'on ait , à une distance de quelques lettres , donné b même fonction à une ligure toute différente, et qui n'existe d’ailleurs nulle antre part; il est lieaucoup plus vraisemblable que les deux traits bicraox sont accidenteU, comme celui qui altère b branche transversale du cap/i gravé à la demÜTe ligne.
A l'égard du (au que b transcription de Gesenius suppose à b seconde ligne pour constituer le mot nous n'avons pu découvrir à quel signe de l'épigraphe, à tort ou à raison, il pourrait correspondre.
Pour ce qui concerne le lamtd, noos n'avons qu'à répéter ce que nous avons dit déjà maintes fois ; noos ne regardons comme tel que le caractère qui s’élève au-dessus de b ligne en s’inclinant à droite, celui que noos trouvons là où b présence du lamed est indubitable, celui enfin qui o'a que cette attribution, tandis que les autres formes auxquelles Gesenius concède b même valeur .sont employées anssi pour rendre d'autres articulations.
Ces nombreuses critiques, dont b justesse nous semble frappante, rendent absolument inadmissible b leçon de Gesenius. Noos ajouterons qu’il regarde comme on élut b flgurcqui se présente ici pour b première, et malheureusement pour l’unique fois, au n° 18 de la première ligne et an 6* rang de la seconde. Pour noos, qui faisons on ehet des trois traits placés après le mot à b dernière ligne, nous ne pouvons, dans le même texte, reconnaître un second et si différent signe de b même articulation. Le défaut de terme de comparaison et d'analogie nous met dans l'impossibilité d'assigner une valeur à cette nouvelle forme.
Cette circonstance, jointe à l’incertitude que noos conservons sur b correction do dessin de plusieurs autres caractères, nous avertit de ne pas nous engager témérairement dans b transcription et l’interprétation d'un texte qui a présenté tant d'écueils an savant orientaliste de Halle. L'incertitude que nous exprimons provient de b présence évidemment vicieuse du petit trait ajouté au eaph de b dernière ligne, et de b probabilité do même défaut pour les deux traits figu rés sur les cAtés du caractère qui occupe le 9* rang dans b seconde ligne, lequel caractère, à cause de cette addition, a été pris pour un (au par Gesenius, et, sans elle, serait assurément un nua. Il est possible que de pareils accidents altèrent plusieurs autres signes, et dés lors on est inévitablement exposé à des erreurs. Ainsi on semblable petit trait, tracé au cAté gauche do 24' caractère de b seconde ligne, a fait lire un scAiii à Gesenius, et si, comme nous sommes fortement porté à le croire, cette particularité est fortuite, il ne s'agit encore que d'un nun.
Retenu par ces difiicoltés, et noos souvenant du prudent avertissement de Barthélemy, nous éviterons de transcrire les deux premières lignes de b quatrième numidique ; le leeteuT pourra
DE LA LANGl E PH EN ff. IF.NNE
hciloment lui-méme déterminer les caractères dont la valeur n’rst sujette à aucune rontestation Nous noos en tiendrons à l'interprétation de ta dernière ligne que nous avons donnée en débutant, laquelle heoreosement est la partie qui se rattache au sujet dominant de ce chapitre, savoir, la Tormule commune qui lie la classe d'inscriptions dont nous nous occupons.
E. Piliémr numidiijue.
La dixième numidigue (pl. 1 1), courte et mutilée, se transcrit sans difficulté comme il suit , excepte la 7* lettre de la seconde ligne, qui, en partie effacée, peut être prise pour un tchin ou pour un vau, suivant qu’on suppose que c’est sur la branche latérale ou sur la branche descendante que l'altération a porté :
orcta pn Vïn n*'”
1 ? D’?'l (t'7pK S
Ce fragment, qui contient la partie formulaire commune aux inscriptions nnmidiques. carthaginoises et à la maltaise, précédemment étudiées, en diffère par la modification qu'a subie le groupe K'= 7 t?:, substitué à et par la suppression du groupe Il est en outre remar-
quable par la présence d'un daleth complet dans le mot yiK de la première ligne.
F. Orniéme et douzième numidiguet.
Ces deux épigraphes (pl. 12 et 13) doivent être réunies à cause de leur étroite analogie, qui aide puissamment à l'interprétatinn. La première est l’une de celles qui ont été rapportées de Ghcima par M. de Lamare, et qui sont déposées au musée do Louvre; l'autre a été découverte dans la même localité ; elle est reléguée dans le musée de Narbonne. La première, que j’ai seule vue, aide à déchiffrer la seconde. L’une et l'autre se lisent donc ainsi :
-J33 P pi'sSs 'Vm cxntt ne tob !<V9ret SS
If
' ns tï sD'iaa ss.’3i3 sSp ,*is rs
La ons snie, dans les mots pn Sï3 pN*?, offre complets, non-seulement le daleih du premier
(I) L« dfrnipr r:irarlère de celle ligne e»l un de ctii* que M. de Saulry, d'après sa nouvelle nanirre de voir» considéré comme un hé; ii iranKcrit en conséquence et traduit laM'CQiide moiué de la deuxième ligne en ques* lion el la dernière ligne comme H «uii :
n tneto .....
nVip rw ncytn ctt
• , çttia felèCfvt rfferM
êficrt/ktim, et exauéh'ii focem meum.
J’ai déjà, dans le Journ. oatoi., cahier de février réfuté celte Tersion en ce qui concerne, entre autrrs point», la valeor de l'alehp sufGxe; je me horatmiâ faire
observer ici qu’on ne lui donne aucune Niguificaiiuu û la Ün de Nous vcrroni bicni«»i, en outre» que M. de
Saulcy, dans uoautre cas, regarde le même suffixe comme rexpnsaat du duel. Ouaot au caraetére qui donne particulicrement lieu à celle noie, on st* cou vaincra, par l’exa* mm comparalif des textes analogue» que Je cite, que Itparallélixme exige que ce sou un chet, ainsi que Je l’ai loujou» penbé. Le irait de gauche» dans l’iniicriptioa dont il s^agli «U ce moment, aura éic usé p.Hr le temps ou confondu avc-c le bord de renciidrement Un autre fait rend d'aillour» mucceptablo rittUrpréiaUoo de H- de Saulry ; c'est que. sur une épigraphe dont il sera bieniM parlé, le root CX nVxiatcMit point; le chef esl Iminédialeruent suivi du scAfn, f^n% atejfh inîermcdiaire.
tprmc, comme U dixiime numidiqut, mais aassi le Utk da nom de Baal ; cette correction, qne nous avons invoquée précédemment, justifie péremptoirement, nons devons le rappeler, la lecture des groopes, dégradés dans la forme, qoi occopent la place correspondante dans les quatre premières nnmidiqnes.
La douuéme offre, dans ce passage, deux modilicalions très importantes; l'une, la mutation de l'ofepk de liH én aün ; l'autre la suppression du rhel initial de l'épithète pn.
La matâtioo de l'alrph en a(n n'est pas rare en hébreu ; elle est fréquente en samaritain ; l'exemple qoe nous avons sons les yeux n’a donc rien d'extraordinaire. Noos devons cependant y attacher de rimporlance parce qu’il prouve la prédilection des habitants de la contrée pour la dernière aspirée dont l’intervention insolite dans d'autres circonstances se trouve par là expliquée.
Quant à l'apbérèsc du chef initial de jcn, Tanalogie de connexion ne peut laisser aucun doute sur sa réalité ; d'ailleurs, dans toute autre hypothèse, il serait impossible de trouver un sens au passage dont il s'agit.
Dans la onùcme numidifue, l'adjerlif est suivi d'on groupe qoe M. de Saolcy ' a fort heureusement lu nstr et rendu par louange, en sorte qoe ta ligne entièredoii se traduire ainsi ; louange au eeigneur Baal Haman!
n:c, louer, rilibrer, était en effet souvent appliqué à l'expression des hommages religieux, et l’on trouve particulièrement dans Daniel, iv, 34 : • n'CW "jSlîV . . . nitSC, rendant louange au roi det rieur. •
La douzième numidique, malgré une différence en apparence fort grande, doit présenter le même mot;en effet, noos verrons bientôt qoe, pottr le reste do canevas, les deux textes ont entre eux une ressemblance absolue; cette ressemblance entraîne nécessairement celle de la partie du même canevas à laquelle nous sommes arrêtés ; celte loi de parallélisme est du plus grand secours ; elle offre la règle la plus solide à la lecture et à l'inlerprélation.
Or, nons trouvons effeclivement le srhin et le belK qoi forment les deux premières radicales de ; ils sont à la vérité séparés par un oin , mais c'est l’otn épenthétique dont nous avons déjà plusieurs fois parlé et dont l'intercalation est ici d’autant moins étonnante qoe cette aspirée aussi est substituée à fatepk dans le mot ix; ; il ne reste donc à trouver qoe la troisième radicale, le rhrt; si nous remarquons que la copie qoe noos avons est très imparfaite, noos n'hésiterons pas à penser qne ce sont les jambages contournés de cette lettre, tels que les présentent les épigraphes de cette classe, qui ont été mal reproduits sous la forme d'un aleph et d’une partie du ment.
Les deux inscriptions diffèrent de ce point jusqu'à la T* lettre de la seconde ligne pour la onzième numidique, et jusqu’à la 15* lettre de la même ligne pour la douzième; elles recouvrent ensuite jusqu'à la fin leur identité.
.Sur la douzième numidique ce passage est caractérisé par le mot js, qui le divise en deux parties égales; ce mot indique qu'il s’agit d'une filiation et qoe les deux groopes qu’il sépare sont des noms propres. Il en doit être de même sur la onzième numidique, à la différence près qu’ici le passage, beaucoup plus court, ne contient pas le mot intermédiaire]!, qu’il n’y a, par conséquent, qu'un nom composé de six lettres, comme chacun de ceux de la douzième numidique.
r.e nom, sur la onzième numidique, présente, pour seconde lettre, une figure nouvelle qui réparait plusieurs fuis dans le même texte et dans la douzième numidique; l'analogie porte à l’assimiler s celle, peu différente, qoi exprime le vau dans les autres numidiques. D’après oette détermination, le nom propre est ntyava pour Boumtàna (en lui exaodition). La muta-
tion do M en ale/ih est assez fréquente en hébreu : • n commulator cum K, * dit Gesenios dans
(t:> .voue. ans. de l lnuaut arektol., tome Xril, p. M-«T.
son LfxieoH, p. 361 ; • oniverse hæ liiieris (x ,n ,y), ntpote pronaneitlione sfbi admodom vieion, sœpissime inwr se pennatatiB sanl (Md., p. I). •
Dans la douiUme numidiqut, le second nom propre, c'est-à-dire celai do père, composé des 9‘, 10*, 11*. 12', 13* et 11' leilres de ia seconde ligne, se lit facilement p'H 72 .Aa{i<àon (Bàal a donné), nom que l’on trouve sur les décrets de patronage et de clientèle réciproque de quelques villes de rAfrlqoc romaine avec d'aulres cités de l'empire'. Le premier nom a pour élément initisl une figure qui offre quelque ressemblance avec celle que nous venons de considérer comme une variante du rau; mais, aven cette valeur, on ne peut donner aucune signification an nom propre ; je pense qu’à la place de cette figure, dont la similitude avec le tau serait d'ailleurs incomplète, on doit rétablir un mem, ce qui donne itzïsh”, Mtlcdmm (roi d’un grand peuple, a? et ) augmentatif, ou de m/me origine gue le peuple, le ^ équivalant à la terminaison ]i).
Le reste des deux inscriptions, comme nous l'avons déjà dit, est absolument identique; elles paraissent différer ; 1* par la li" lettre de la seconde ligne sur la onzième numidifue et la à* lettre de la troisième ligne sur la douzième inscription; 3° par la 1" lettre de la dernière ligne sur la première des deux épigraphes, et le huitième signe de la troisième ligne sur l’autre monument.
Mais, pour le premier cas, il est fa'cilc de reconnaitre, dans le caractère de la douùéme numidigtu, les vestiges de celui de la onzième; il est évident qu’on doit suppléer le jambage de droite, omis par le copiste ou effacé par le temps.
Pour le second cas, vu la similitude complète du reste des deux textes, il est incontestable que les deux figures dont il s’agit en particoiier doivent aussi être semblables, ür, sur la onzième numidifue, celle dont nous avons une copie rigoureusemenl exacte, c'est manifestement un eUepk; il en doit être de même sur l’autre exemplaire, car il est question ici d’un texte formulaire, puisque nons en trouvons les traces fort saisissables sur un tromème exemplaire, la Iretxtème numi- Âfue (pl. 14), qui se lit ainsi :
p ppS Domino Baali (Ha)œani ians!
■pVaa TcyTaWt Abdosir, in regn-
ttt(rvt) av K O princeps regins.
Dès iors nous lisons sur les onzième et douzième numidiyues; xSiprtN Ncvun trurmiff KsSca.
naSiaa est mis pour naVea, par la mutation du hé en alepk, comme nous l’avons déjà remarqué dans un exemple qui s’est présenté plus haut ; ce groupe, en raison du belh préfixe, signifie dans le royaume.
Nous verrons tout à l’heure (neuvième numidique) la finale convertie en ekef, ce qui, bien que plus rarement, se rencontre aussi en hébreu. Ex. : naa ,naa.
aw, chef.
iPNnN est le groupe sur lequel repose toute la difficulté de ce passage. En le prenant tel que nous venons de le transcrire, tel que nous le voyons effectivement sur les deux monuments, on
(1) Foy. te mém. du prof. Conatanzo nazarra, intitulé tu ua aeereto di patronalo, etc. Torino, tipogr. regia, I8J0, ia-S", avec 3 planches.
l*) h« parallélianie veut que le dernier mol de celle ligne anit nslT; crpeodanl l'iDtervalle eii.lant entre 2111 et la ligne qui forme l'encadrement ne laisse paa de place pour une autre lettre, et d'uu autre côté, le aeceud de cea deux caracièrea, ou le beiti, corrvapond bieu aucoph qui tennioe la ligne Buivante- On doit donc penser qu’il y a apocope do eàet, eomwe apbércae de la même leUrv «Un»
le mot précédent i le langage de la contrée et de l'époque paraît avoir répugné à cette aspiration.
En aoui-entendant le eM, on pourrait lire xmtï ntPVny, DomiiMtm. .. laudavi ÀOdailr, et ce setait une preuve de la valeur de rotrpA auittze. Cette leçon aurait d'autant plus de vraiaembUnce qu’il n’y a aucun autre eiemple de l'orthographe mais le parallélivms
engage h arrêter de prérérence le aens à la première ligne; 333M cat analogue aux varlantea tt 13X7 que l’on verra plus loin.
ET DE LA LANfiUE LIBYQUE.
ne poamit l'eipliquer qa'en le déconipoeaDt de celle façon : «m hm. Frire du Feu, on Foyer du Feu; VN HK IV aigninerait alors Chef, frire du Feu (sacré), on Chef du foyer du Feu, ce qui impliquerait une digniié sacerdolale. Ni l’une ni l'autre de ces versions ne répugnerait cerlainemeni au génie hébraïque. Dans la première, en effet, on se rappellerait que la racine nN, dans le sens primitif frère, est susceptible d'une grande extension ; on pourrait la prendre ici soit dans le sens de l'union des prêtres préposés à l'entretien du feu sacré, soit dans le sens de leur minislère même. On trouve, 1 Parai ipomènes, iv, 3, le nom propre ’SinN, Accola oqua. Dans la seconde version, l'expression aurait une grande analogie avec celle d’Isaïe, xLiii, 27 : vp "iV, Lu chefe du eanctuaire, c’est-à-dire : Lee prtlree.
Mais ce groupe se trouve réduit à la forme vriN sur un quatrième exemplaire que nous avons dqà mentionné sous le titre de neiirtéaie numidique et que noos présentons sur la planche 10 ; il se transcrit ainsi :
(n)3pv P Vii3 ni’V
vfBt n® foSca
(K)DyvSia D /I P (k)Vmp nN
Il est probable que sur l'exemplaire de la planche 14, vu le peu d’espace existant entre iv et le scàiR qui soit, le mot était aussi écrit vhn.
Cette dernière leçon porte à croire que, dans les deux premiers cas, l’a/apà n’a été employé qne comme nuiter leclionie, et que la forme essentielle est vnN.
Or, cette racine n'existe point, à proprement parler, en liébreut on ne la troo^e qu’en composition dans des noms propres ou des titres persans, tels que vi'ilVnK ou ciVriK, Aeeuirue, O’iîTTVr.N, lalrapet, □''linVnN, mulets. C'est en conséquence à la langue persane qu’on en a fait remonter l'origine et emprunté l’explication ; on l’a longtemps interprété par le mot aKnesn, signifiant prix, valeur, supériorité. Ce sens s’appliquerait bien au passage de nos inscriptions, qui pourrait se rendre par chef supérieur. vriN parait se retrouver dans le thème de K'hshaydtkiya que M. Rawlinson lit, avec le sens roi, sur l'inscription cunéiforme de Behistun (voy. Journal de la Sociiti asiatique de Londres, vol. X, part. 1), et, en comparant la qualification entière K'hshayathiya uraiarka, roi[ grand, donnée, sur ce monument, à Darius, avec le nom hébreu VllivnN, Assuérus, on reconnaît qu’il y a identité, sauf quelques modifications orthographiques de peu d'importance ; vtik correspond à K’bshàya(thiyaj et vv^t a wazarka. vriK est donc réellement d’origine persane, un titre de dignité, et par conséquent CHN IV signifie prince royal.
Mais comment justifier l'usage d’un mol persan dans l'Afrique occidentale? Ce ne pourrait être que par le passage de Salluste, où il est dit que des Perses ont occupé la Numidie avant l’arrivée des Phéniciens, passage au sujet duquel Barbié du Bocage a fait cette remarque dans le Dictionnaire giographique-critique qu'il a mis à la suite de la traduction de Mollevant, en 1813 : • L’abbé Mignot prétend qne, dans ce passage que Salluste a tiré des mémoires de Hiempsal, roi de Numidie, cet auteur a nomme à ton les Perses à la place des Pbéréséens, qui étaient des peuples plus voisins des Phéniciens, parce que les Perses, dit il, étaient trop éloignés pour prendre part à l'expédition de l’Hercule phénicien. Mais il serait possible cependant qu’il n’y eût point d’erreur, car plusieurs auteurs s'accordent adiré que differentes nations de l'Afrique tiraient leur origine des Perses, dont elles conservaient quelques usages. • Divers monuments paraissent devoir confirmer celte opinion.
Ainsi certaines médailles d'Adrumète et de Lix portent au droit une tète virile couverte de la tiare, qui, dès les temps les plus reculés, servait d'ornement distinctif aux princes et aux sacrificateurs persans ', Cependant, comme l’usage de cette coiffure avait été emprunté par d'autres
(1) roy. Falbf et Liadberg, aanoacr, etc,, p. 19 et 30.
eo
DE LA LANGl E l'HÉMCIENSE
peuples, par nxpmple par Ica Hébreux et les Romains, pour leurs grands préires et leurs ponlifes, il sérail possible que la transmission n'en eût pas élé faite directement des Perses aux habitants de l’Afrique oeridenlale. Mais il est une preuve peut-être péremptoire; c'est l'existence d'une médaille que possède la Bibliutbèque royale et que Mionnel décrit ainsi, t. VI, p. 697 ; • Griffon mâle déchirant un rerf à gauche, RPX BOGV. Griffon femelle, marchant à gauche, les ailes éployées et recnquillées ; au-dessus le mihir. ■ Le type du droit est absolument semblable à celui qui orne le revers d’une médaille ciliclenne frappée sous la domination persane, décrite par Ge.senius, page 286 de son Momtmenla et représentée sur la planche 37. lettre R, du même ouvrage. Il serait bien difficile d’attribuer au hasard la reprotluciion de ce type tout sptcial. D’ailleurs le mihir, ou mieux peut-être le ferver, est bien un emblème persan. On le voit aussi sur deux autres médailles de Cilicie (Gesenius. table 36, lettre C, et table 37, lettre M). Enfin, dans l'état actuel des choses, ne Irouve-I on pas une preuve, en quelque sorte survivante, dans ce fait que les Berbères, les aborigènes, ont dans leur alphabet le jé, le gué et le tcAin persans? On ne peut donc se refuser à recoonailre les effets d’une iniluenee persane, à quelque époque qu’on la fasse remonter, et si celle influence a élé assez profonde pour se révéler sur les types monétaires, elle a pu laisser aussi des traces dans le langage. Ainsi se trouverait expliqué le mot tSHN . Sa présence sur nos monuments numidiques donnerait à ceiix-ri un très grand inierèt historique. La leçon cttriN < onfirmerait cette pensée, car l’intercalation de faltph, comme maiir hetioHÙ, tendrait à prouver qu’il s’agissait d’un mot dont fl était nécessaire de fixer la prononciation, d’un mot étranger.
Notre interprétation se trouve heureusement corroborée et le sens de cnK 'S? précisé par une autre inscription trouvée récemment à Ghelma par mon ami le docteur Eugène Grellois, qui m’en a envoyé un moule en piètre (coy. pl. 15). Nous lui donnons le nom de qualorzicmt numiiiqur.
Ce précieux texte se lit ainsi :
P Vfa
aScaDJcra psp « OCS.1N Q-rs tt Spooaa
Domina flaali (lla)inani donum.
Oous lapidis secuiidorum, iu rega- 0 principum regiorum :
quia immundi *, roaWiclio.
I.a correspondance des mots c:c;3, O'C et DCsrmesi indiquée par le mem suffixe, marque du pluriel. Il faut donc que D:trt2 ait, pour le sens aussi, on rapport avec les deux autres mots, c’està-dire avec l’expression Princes royaux. Or rttcs, formé de ,l;t 2 , veut précisément dire : second dans le royaume, • qui secondum locum occupai; » exemples : n^c:, le second du roi
ill, xxvin. 7); •::«'> ."iric 'an VmiTT ittïcr nV •; "hn
'tetsS "'.an • El (JonatbasJ dit à lui : Ne crains point ; car la main de Saül . mon père, ne l'atteindra pas, et certainement tu régneras sur Israël, et moi je serai ton second. -
Ce titre pourrait fort bien s’allier avec une tradition persane, et, sous ce point de vue, correspondre plus inlimemenl encore à cnn; car on trouve dans Kstlier aussi (ch. x. v. 3) celte phrase : “HsS .itCa •fNVI Comment Marduehée te Juif devint le second du
roi Astuérus.
Enfin, l'histoire de la Numidie prouve qu'en effet celte dignité exisuit dans la tnonarebie de itelle contrée, car c'elaii la position de Desaleès auprès de Gala, et c’est à cette position que Tite- Live ^D. III, lib. ix) fait allusion dans ces termes de la promesse de Merelule à Lacumac : > Fulu- - rum eodem honore quo apud Galam Desalccs quondam fuisse!. »
(I) l.rctict. pour la premirrv partie surtout de cette 2) 2*2tC cai pour -NCtZ, t-nmme dans ce ras du !«-iigurei uinplt'xr. dniiéirc rapprocipv dr rrlilidc laofnpf- vit., xi. fS ; nrCw-, ut pottuft allia, qiir J. Hjxt-prl VuatnVmr numidtque. trouvée daua h méiiH- localitc. ' rararuirtsc ainsi : ■ N, rtieo. •
Les cirnw O'C élsient donc let lieulenanu du royâume. Il pirait que Ghcimt »^té la résidenoi' panirolière de ce$ princes, et qu'iU y avaient on cimetière réservé , dont l'inscription qui nous occupe semble avoir garni l’entrée et garanti la consécration.
Cette épigraphe, outre le point spécial qui a fixé sur elle notre attention, présente quelques autres particularités fort dignes de remarque, mais sur lesquelles, en passant, nous devons glisser rapidement .
Ainsi, d’abord, le dernier mot de la première ligne nous explique la liaison qui existe eu hébreu entre nc: et mc:; il prouve que celui-ci est une contraction du nipb. de l’antre, et que le dérivé riKC:, don, oblation, monument, est mis pour nKC'i3:, ce que les Massorètes ont indiqué par le dagesh. dont ils ont renforcé le trhin.
Le sens onus lapidit donné à pK p trouvera sa justification dans l’un des chapitres suivants, où nous verrons une série d'épitaphes contenir cette formule on une formule analogue.
Revenant aux omiime et douiième numidiquei, nous ferons observer que le reste de leur contexte rentre dans le canevas commun aux inscriptions passées en revue dans ce chapitre ; il se rapproche de la quatrième numidique par le rejet de cette partie à la fin de l’épigraphe, de la dixième par la forme du groupe nCVC; il se distingue de toutes par la substitution do mu qui précède ce groupe au caph, par la forme du groupe et par la suppression de m:':.
Nous allons enfin aborder l'explication générale de ce canevas formulaire.
Pour en rendre l’analy.se plus facile, il convient de remettre sous les yeux du lecteur, rapprochées et dégagées des additions propres à chaque inscription, les diverses variantes que nous avons successivement reconnues.
Ces variantes sont :
1 * — 1 " maltaise D:"a.t oSp vovii •'t; tr« . . pisH
î* — l",î«,3*,4*,5*,‘l2'etl4"carthaginoises rts tru V
30 — xo numidique D3’'2 oSp yccrys . . jt»*?
4 « — 2* et 3’ nnmidiques N312 nhp l’DWrs . . JUt*?
5» — 4' numidique (t:i3 itSp 72 s? ... S
6 » — ir numidique h*7? n 27»3 . . pi«S
7* — 12“ et 1.3' nomidiques nSip ru S
8 * — 10 * numidique «Sup nn «cvchïî (tyS
Les groupes qui sont invariables, qui doivent, par conséquent, être considérés comme radicaux et attirer en premier lieu l’attention, sont :
I* lUtirK, qui parait seul sur les sept carthaginoises ;
î“ Sp et 3° ■,■'3; ce qui prouve que ces deux groupes, quoique rapprochés sur la première mallaite et les quatre premières nomidiques, sont cependant distincts, c'est que le second ne se montre plus dans les dixiéme, ornième et dousiéme numidiquei;
4" 720 , qui se présente dans les cinq premiers exemples, et particulièrement dans le cinquième, doit être aussi la racine si fréquemment employée sons cette forme en hébreu, car si l’aui final est remplacé, dans trois cas, par un aleph qui ne peut indiquer qu’une inOexion, puisqu’il n’existe pas dans les antres, cet oln n’est cependant point réellement supprimé ; il n’est qu’avancé pour éviter, par l'interposition dn mm, le choc des deux aspirées ; c’est une métathèse euphonique analogue h celle que subit en hébreu le n caractéristique de la forme verbale Sl’Dn.i lorsque la première radicale est une des aifllantes u’ y 0 , par exemple Hsrttsn pour Sciffnn.
5* Enfin l’analyse nous apprendra si nn, qui précède ou kSkp dans les trois derniers exemples, est la particule préfixe ou un substantif.
Noos allons examiner chacun de ces points dans l’ordre suivant lequel nous les avor.s indiqués.
offre évidemment un sens particulier, puisqu’il existe seul sur les carthaginoises. On est
d’»ccord poar dkiser le groope en ce» deux racine» ; m3 CK, le» leales que l'on puisae (ormer. Le sens de la seconde ne peu! tin que rouer ou teeu; il y a aussi unaniinile sur ce point, mai» le» opinions ne sont pai encore fixee» sur la sifçnificaiioo de la première racine. Je ne ferai pas l'historique complet des lectures ni des inierprétalions qui ont été successivement proposées depuis Barthélemy jusqu'A nos jours; .M. Liiidberg, dans un ouvrage déjà cité, ne laisse à cet égard rien à désirer.
Depuis que la lecture de ce mot a été exactement arrêtée par la reclilication que le chanoine Bayer apporta à la transcription de Barthélemy, deux opinions principales sont en litispendance : elles consistent à prendre le mot CK, l'une pour O’K, l'autre pour IBK.
I>rs partisans de la première opinion varient eux-mémes sur l’interpréiatiao ; les uns, parmi lesquels se trouvent Bayer et M. Lindberg, pensent que ce mot doit être rendu par chacun, çuùque, tingulariter. Celte version s’applique très bien à la première mallaiie où *nj, en le prenant pour un verbe, a deux sujets ; ainsi M. Lindberg traduit : • Domino nosiro, llerculi, deo lulelari • Tyri, quirgue rovil, servus tous Dionysius, et frater meus Sarapion, ambo lilii Sarapionis Qlii oDionysii... »
Mais l'application fait défaut pour les carthaginoises, où il n'y a qu'un sujet ; ainsi l’on ne pourrait dire : Domina Tam'It,.. qvuque vuvit Àbdmeiearihiu. Cette observation péremptoire a fait penser à Gesenius qu’on doit entendre bk dans le sens B'x, homme, vir, et il rend le groupe Ti: BK parcir ro/i ou eir torens. Nous avons Vu en effet bk pour B'k, rir, dans la première athénienne ('ps BK , rir ciliue). Quelques lexicographes, et entre autres Simonis, pensent qu’on doit donner le même sens à BK dans deux passagesdela Bible, savoir: Il Sam., xiv, 19, cl Mich., vi, 10.
L’abbé Arri* a fait à celle version un reproche opposé à celui qu’avait encouru la traduction de Bayer et de M. Lindberg ; il a fait remarquer qu’elle ne peut convenir à la première mallaiie, où l’action se rapporte à deux individus qui entraînent le pluriel dans I» reste du contexte.
Eclairé de son cùté par un exemple décisif que ne connaissaient point encore les autres auteurs, savoir la qualoniénu earihaginoiie '(pl. 8), qui venait d’étre rapportée des environs de Tunis par M. Falbe, et où le sujet est une femme, .M. Él. Qualremère > a définitivement renversé cette explication ; reprenant et rectifiant une leçon qui consistait à unir, comme l’avait fait Barthélemy, l'afeph aux deux lettres précixleutes, pour faire k'>s, Tqra, Tyr, et à considérer le scàùi cuinaie le sigle si fréquent du pronom relatif ^Bx, le savant académicien soutient que bk représente ce pronom relatif 'BK, et il traduit les deux mol» '13 bk par hoe quod roril. Le singulier du verbe, même lorsqu'il y a deux sujets, comme dans la première nwfiaùe, est de règle quand, ce qui est aussi l'usage commun, ce verbe précède les sujets. La forme masculine, dans la quaiortiime numidique, ne peut pas davanlage susciter une objection sérieuse, car on trouve souvent en hébreu des verbe» ma<iculins en concordance avec de» noms féminins.
Au surplus, dans l'opinion dont il s'agit, il serait plus simple de considérer ibk comme pronom démonstratif et de dire hoc toril ; Gesenius fait en effet, dans son Lexique, page 3, cette
déclaration : - Eienim 'BH pariter atque reliqua pronomina relativa, antiquitus vim
demonstralivam habuisse videntur. •
Mais, pour le cas dont nous noos occupons , cet illustre hébraisant fait, dans son Monumenta, page 97, la réflexion suivante : • Neque bk polest relativom esse pro ibk. Quit enim credat Reich, con.vona dura et aspera, abjects, k, mollissimam litleram adenque vocali carrntem^ servatam esse7» L'objection est assurément très paissante ; aussi ne renconlre-l-on jamais cette forme en hébreu, et, dans une inscription phénicienne que nous étudierons ultérieurement, la bi-
(t) Srri avait approché du but en prenant Bk pour ilBM, lacriflce, oblotion. Maiv ceUc interprétation ne peut s’appliquer à la formule analogue que préaente une autre tsKrlpiloo que nous exatnlncrosa biealêt, ta qua-
trième athénienne- Conaultea toutéfoia le mrm. d’Arri, irrm. detta reate Aead. dette leienie dt Torino, acné II, 1. 1, p. 361.
(X,; Joum, dei Savanti, oci. 1U6, p. 6M.
lingue de Tuggn, oà te IroaTe évidemment ane ebrévUtion de ivm, c’eet le lehin, comme en*hébreu, qui remplit cet office.
Nous n'admettous donc point non pliu celte troisième opinion.
On pourrait regarder OM comme mis pour le verbe impersonnel s?’ ; c’est ainsi, en effet, que les hébraïsants modernes (voÿ. Sarebi, Cramai., p. 291 ; Cesenius, Lrx., p. 102) entendent les deux exemples de .Samuel et de Miehée, que noos avons rites on peu plus haut; on aurait alors : est volum terri lui, ou et! votum Atdmelfarlhi, etc.
Mais celle leçon ne pent s’appliquer à un antre cas présenté par lafualriéme athénieniu, qni doit faire le sujet principal do chapitre suivant.
Il fant donc reconrlr à nne autre interprétation.
Kn rapprochant, sous ce point de rue, celles des inscriptions dont noos nona occupons qui conliennent le mol en, de plnsienrs antres dont les contextes présentent des formnles identiqnes 00 analognes, sauf ce mot, on reronnait, en tenant compte des connexions, qu'il y est remplacé par des termes qui se rapportent tons au monument.
Ainsi il est nne autre épigraphe trouvée à Malte, que Cesenius (eoy. sa table 8 m) appelle la troùiéme mallaite, dont je me sais abstenu de faire mention avec celles qni font la matière de ce chapitre, parce que la copie que l'on en possède est trop défectnense ponr se prêter à l’applicatioa de la méthode rigoureuse que je me suis imposée. Cependant il s’y trouve une partie dont la lecture est sûre ; c'est celle qui est composée des deux dernières lettres de la 3* ligne, puis de la 4* et de la $' ligne. Or, en rectifiant un peu la pénultième et l'antépénultième lettres de la S* ligne , comme nous l’expliquerons plus tard, cette lecture donne ; 2CB3 j'en 'wa'l.
Il est, si je ne m’abuse, impossible de nier le parallélisme de celte formule avec celle dont noos noos occupoas, et il est évident que, dans ce parallélisme, le mot jSM, qui signifie pierre, correspond à ''t: cm; que ces deux expressions par conséquent sont équivalentes.
On trouve la même correspondance avec le mot Bip, lieu contaeré, dans une inscription qni a été récemment envoyée de Constantine k la Société asiatique de Paris par M. le capitaine d’artillerie Boissonnet, et que noos nommerons tingl-lroitième numidiçue (roy. planche 24); elle se traduit en partie comme il suit :
“Tpn VïaS [HtS Ilomino Baali sacr-
iSoVnVJDfOB um. . . Nabel-Melek.
Pour expliquer le sens de monument, que ces rapprochements me semblent irrésistiblement attribuer an mot rn, il faut le considérer comme signifiant ou aulel, par extension du sens primitif feu, ou fondemenli, bâte, colonne.
Datis le premier cas, on prendait le contenu pour le contenant, la partie principale, essentielle pour le tout. C’était en effet le feu qui caractérisait l'anlel, k tel point qu'on a cherché dans cette circonstance l’étymologie do mot latin ara : • Dicta est nonnuHis quasi ardea, ab ardendo, vel quasi ura, ab urendo, propter ignés videlicet sacrifleiorum. - {Thet. erud. leholatt.) Celte acception du mot bn ne serait pas plus extraordinaire que celle que nous donnons au mot feu, en remployant comme synonyme tantût de ckeminée (cette maison a tant de feux), tantût d’kakifation (on compte tant de feux dans ce village). Mais il y a mieux ; les Latins noos fournissent nne imitation directe dans une antique inscription citée par Jacques Spon {Mite. erud. aniiq. Preef), où le mot ignit est mis en effet pour ara; la voici ;
P. V»i.r.Rics Poet.ICOLA ir.ssn CsHei llAnTII Dtri VATRI rt PnoSESPise roNsecasvi umosçi'E Dm rATm n PaosEansa pso LISERTATV. PUPIU
RoHAtit reci.
Une métonymie semblable peut donc tris légitimement «voir été employée par les Phéniciens, qni, par la locution ri: tfK, auraient entendu aulel, monument votif, ou miens, comme nous le verrons bientôt, monument de séparation, monument consacré.
Dans le second cas. c'est-à-dire celui où l’on considérerait cm comme signiHant fondements, base, colonne, on tirerait ce mot, par défection, sinon plutôt par retour à la forme primitive, de .itPN, loulenfr, n’WN, soutien, colonne, on de tffcu, affermir, fonder, établir; fonde-
ments, colonne, termes qui ont évidemment une origine commune, laquelle semble avoir été ce mol isn lui-méme; on le trouve en effet avec l'ac,cepiion fondements en chaldéen et en arabe (roy. Glaire, Lex. rhatd., 1843, page 6U7). Nous reviendrons sur ce point lorsque nous aurons éclairci le reste de la formule.
S~ paraît au premier abord être mis pour Vp , roùf. Cette leçon semble d'autant plus probable qu'il est toujours précédé de S'Ctï, voulant dire primitivement entendre : d’où résulte entendre la roix, loeolion souvent employée dans bi Bible et signifiant, suivant les circonstances, exaucer on ofcéer.
Ici on l'a rendue par exaucer; ainsi, dans la première maltaise, on traduit : ....npVsH...
ahp TSït:. A Melqart , parce qu'il a entendu, exaucé leur prière ce qui s’accommode
bien an conteste, puisqu’il s’agit de deux individus.
Le caph préposé à TCV, comme il l'est souvent dans la Bible, et suivi dans les quatre premières numidiques d’un atn, sur lequel nous reviendrons tout à l’heure, remplit l'un de «es offices les plus ordinaires, celui de l’acception après que, parce que.
Le mem, suffixe de Sp, y représente, comme il le fait régulièrement en hébreu à la suite d’un nom singulier on d’un verbe, le pronom de la troisième personne plurielle; dans la leçon que nous exposons, ce serait le pronom possessif.
On remarque en effet que ce suffixe revient dans la gnalriéine numidique, où il est aussi question de deux personnes, tandis qu’il disparait dans tous les autres cas où le sujet est unique.
Dans cette dernière circonstance, le mem est constamment remplacé par un aleph. Cet alepb joue donc, à l’egard des sujets singuliers, le même rôle que le mem à l’égard des sujets pluriels, savoir celui de pronom. C’est en grande partie pour n’avoir pas osé tirer celle logique conséquence, parce qu’elle s’écarte des données de la grammaire hébraïque actuelle, que Gesenius s’est fourvoyé, comme nous avons prouvé qu’il l’a fait au sujet de celte lettre. J’ai, au contraire, netlement posé le principe en 1843, et dès lors il m’a été facile de ramener les variantes de la formule à une explication commune.
M. de .Saulcy a adopté cette première vue dans un mémoire lu, en 1844, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres ; mais il en fait second, virement une application un peu différente de la mienne; considérant, ainsi que presque tous ses prédécesseurs sérieux, le mem suflixedeSp dans la première maltaise comme l’exposant do pronom possessif, il a dù suivre la même opinion à l'égard de Valepb qui le remplace dans les numidiques, à l'exception de la quatrième. Il traduit donc, dans les trois premières, «hp rscïs par : Lorsqu'il eut entendu ma prière..,. Il donne la même interprétation de nHp tfCVCê dans la onxîénie, et de N^^p rx NCït?: dans la douzième et la Irnsiéme. Il insiste particulièrement, pour soutenir cette leçon, sur la présence dans les deux dernières épigraphes de rut, qu’il regarde comme la préposition, signe du rapport objectif, et faisant par conséquent un nom de t(S'p ; en second lien, sur l’existence du ro« dans ce dernier mot, ce qui semble en constater l’ideniité avec la racine S'p, voir.
Mais, en nous bnniant d’abord à la partie de la formule dont il s’agit exciusivemenl en ce moment, des objections sérieuses se présentent.
On a vu jusqu’ici le eau quiescent constamment éliminé des mots qui auraient dû le contenir comme radicale ordinaire; ne serait-il pas étonnant de le trouver correctement respecté sur une ioscription gravée en Numidie, et, comme nous le verrons plu.s lard, à une si basse époque? Il n’y
ET ÜE LA LA NOTE LIBYQl'E. (ir.
a pniiii là toutefois, nous le reconnaissons , un motif absolu d'entendre !:■ présence de cette lettre d’une autre manière; mais cette observation se trouvera corroborée par celle que nous ferons ultérieurement sur le même sujet.
On ne tient aucun compte de Valeph, qui, dans les onzième, douzième et treizième numidiquet, termine aussi le mot nctvs; on le considère simplement comme une mutation de l'ai/i, et l'on ne traduit pas moins : Parce qu'ii, a entendu. Mais nous avons au contraire signalé déjà, à plusieurs reprises, la prédilection des habitants de cette contrée pour Caïn; nous voyons cette lettre, même dans une des inscriptions que nous venons de citer, substituée à Valeph radical du mot est-il donc croyable qu’ils loi aient préféré Valeph dans le cas dont il s’agit, et cela à cdté de deux autres mots où Valeph, dans une |K>sition semblable, joue on râle grammatical important? Il y aurait à la fois contradiction et confusion : il faut trouver, dans les trois cas, le même office à Valeph final. C’est ce que noos espérons faire lorsque noos aurons analysé les autres points.
■{•'3. Cette racine , qu'on regarde unanimement comme celle qui signifie Bénir, est constamment suivie d’un suffixe concordant avec celui qui accompagne le mot précédent Sp. Dans la première maltaise, az ''2 a en outre un préfixe qui ne reparaît dans aucune des autres épigraphes où la tacine est employée. Ce préfixe est formé par une figure qui existe aussi à la seconde ligne de la même inscription, après les lettres pki ; on la prend généralement pour un toi, et, d’une part, on traduit ’rmi par et mon frire, ou arec mon /rére;d’one autre part, on considère comme on optatif à la troisième personne singulière et suivi do pronom en régime. Dans cette manière de voir, l’inscription entière est rendue comme il suit :
•• A notre seigneur, à Melqart, protecteur de Tyr, ceci a voué ton serviteur Abdosir avec mon « frère Osirshamar, l’un et l’autre fils d’Osirshamar, fils d’.\bdosir. Qu’après avoir entendu leur « voix , il les bénisse ! ••
Dans la pensée des partisans de cette version, ton urviteur^ se rapporte à Melqart, à
qui cependant, au commencement de l’inscription, la parole n’est pas adressée directement; d’un antre cdté, après avoir mis A iiO!i frire, c’est-à-dire employé la première personne, on se sert de la troisième pour le pronom qui suit Sp et « Quæ com ita sint, dit à ce sujet l’abbé Arri *,
■ magnopere dubitandom est scriptorem Phceniciom, et eum otique ratione præditum, incredi- « bili de persona in personam transite ac mntatione , post longum studium erumpere tandem
• potuisse in bæc verba : Domino nostro Melcarto.... vir vovens (hoc vovit) servus tuus com
« fratre meo... obi audierit vocem eorum benedicat eis. » Comme il est impossible de lire autrement que TON je pense que le pronom s’adressait, non pas à Melqart, mais au
lecteur de l’épigraphe, comme on en a de nombreux exemples dans les inscriptions latines : Leelor... Viator... Hospee... Tu qui legit... Qui legis titulum, etc. De cette manière on fait disparaître une partie de l’incohérence avouée par Gesenius loi-même; mais il en reste assez encore pour rendre en ce point la leçon invraisemblable.
D’ailleurs la phrase n’est plus à l’optatif, elle est au passé dans les cinq nomidiqoes, où cependant se trouve , comme Ici , étroitement joint à Sp ; aussi emploie-t-on alors ces tours :
• Parce qu’après avoir entendu ma voix il m’a béni (2* et 3' numid.); parce qu’après avoir en-
• tendu leur voix, il les a bénis (1" numid.); entendant ma voix, il m’a béni (4* numtd.). »
Une pareille différence n’est guère probable lorsqu’il y a une si grande ressemblance matérielle; il est plus présumable que le mode est identique. A cet effet, il faut que le préfixe ajouté à Dsis dans la première maltaite soit tel qu’il poisse, comme le caph préposé à Sp, être supprimé sans que le sens soit modifié.
Une considération d’un autre ordre s’ajoute ans précédentes pour écarter la leçon dont il s’agit.
(1) Voy. mëm. cit. p .SCO. — La venion d’Arri, qui pa- la prttcnte, ne l’est plus lorsqu'on la compare aux niiinirail beaucoup plus aecrpiable au point de vue isolé où il diques analogues.
D’aprè» cette leçon, les moiinments en qoeition seraient votifs et eaprinieraient , l*un , la prtmiêrr maltaûe, nne invocation, ies antres des actions de grâces.
Cette atiriliution ne s’accorde ni avec le caractère des liens on les pierres ont été trouvées, ni avec la conlignration des monuments et les symboles qui y sont gravés.
.Sur le premier point, aucun avis ne peut prévaloir contre ceini des témoins oculaires, contre les impressions reçues sur les lieux mêmes, au milieu de toutes les circonstances qui se rattachent mmédiatement à la destination des monuments. Or, Humbert, qni a rapporté les cinq premières cartliaginoises, appelle eippe» tépulrraux les monuments auxquels ces inscriptions appartenaient ; M. Kalbe, à qoi nous devons la quatorzième carthaginoise et la onsieme numidique, a la ferme conviction que c’est dans des cimetières qu'il les a recueillies.
Quant à la configuration des pierres, voici ce que M. Reuvens dit des carthaginoises dans son Periculum ad cipp. Burnhertianos. page t-3 : • Et primum quidrm haud indigna animadversioiir •I v’idetur ipsa lapidum forma qoa deceptus rnecnm Humbertios sepulcralia esse monumenta con- «jecerat. Cippi ejusmodi homi crecti, fastigiati, mediocri altitudine, apud Gnecos defhnctorum « imagines anaglyphas aut epitaphia referre soient. Memorabile est sepulcrum à Dodwello deple- « tum, recens apertum, ad cujus caput illiu.smodi stabat cippus (hic tamen snprme planns) ; at
• vern abondant fastigiatis Muséum Veronense, Oxoniense, Lugdono-Batavnm. Nihilominus vo-
• tivos esse nostros lapides, certe duos (et de reliquis idem .sentiendum videtor) docuit Hama-
• kems. Nobis qoidem nollom nunc soccnrrit exemplum inscriptionis votivs graecE romanæve in
• cippo fastigiato, bumi defixo, exarai.x : coi inscriptionnm generi aras, bases imagiaum voüva- « rum, aut marmorcas laminas parieti alicui inxdiiicatas polios attribuiase videntur. Qoa in ob- « servatione si non fallimur, rudior mos esse Psnomm videbitor. • L’opinion de Humbert et de M. Reuvens n’ayant été ébranlée que par la traduction d'Hamaker, et cette traduction étant insoutenable, les oliservations précédentes subsistent dans toute leur force j guidé par elles, on doit cfaerclier une interprétation qoi convienne à des épitaphes.
Les arguments de M. Reuvens s’appliquent parfaitement aux pierres nnmidiques. Il n’en est pas de même des deux monuments sur lesquels la première mailaiee est gravée ; leur forme s'éloigne de celle des stèles cartbaginoisea et numidiqoes, mais elle n'est pas inconciliable avec l'ensemble d’un mausolée; on connaît, sous la roénse Corme, d'autres monuments évidemment sépulcraux. Ceux de Malte sont considérés, depuis quelque temps, comme des candélabres ; il ne reste aucun indice de celte destination, qni ne leur était point assignée du temps de Barthélemy ; mais, en l’admettant, pourquoi n'y verrait-oo pas les supports des lampes funéraires? Les lampes ne sontelles pas un accessoire presque constant des tombeaux antiques? Rien ne s'oppose donc à ce que le double monument de Malte, que l’analogie de formule rend soUdaire, sous le rapport de la de^- , tination.dc ceux auxquels noos l'avons associé dans ce chapitre, ne partage la conséquence des motib présentés pour faire considérer comme sépulcraux ceux de Carthage ou de Numidie.
Nous trouvons sur ceux de Carthage qn symbole qoi donne on nouveau poids à celte opinioD, c’est la main levée et étendue dont plusieurs sont ornés. Mongei a prouvé que, sur les monuments grecs et latins, où fréquemment on le rencontre, ce signe exprime nne imprécation, une invocation aux dieux vengeurs ou infernaux ; il ne peut avoir que le méase usage sur les pierres phéniciennes; il y correspond, par conséquent, aux formules latines analogues à celle-ci : • Quisquis • banc aram læserit, habeat Mânes iralos! » Cayhia {Ree. d'Ant ,t. VI, pi. 65,0* 2 ; et fiotictdu eabisui de la Biblioihéque du roi, p. 31 ) représente une inscription latine inconiestablemenl tumnlaire, à laquelle est jointe une main étendue, qu’il signale comme un emblème d’imprécation.
M. Ét. Quatremère, dans un article publié dans le Journal aeiatique de 1828, prétend que ce signe, sur les monuments de Humbert, retrace l'expression si fréquente chei les écrivains hébreux ; étendre set maitu vert Dieu, pour dire : lut demander ta protection, implorer ton appui. Cependant, d'après la traduction des défenseurs de l'opinion que je combats, il s’agit, sur cet
rpigraphra, non (l'invoeatiun, de demande de proloclion, mais d'actions de grâces pour un bien- Cail obtenu, pour un fait consoaiaié : • J'ai élevé ce monument à Bâal, parce qu'après avoir entendu ma voU, il m’a béni. «Que signifierait donc là la main levée? A la vérité, dans la première maltaüe, on traduit ainsi : ubi audierit corem eorum, benedical eù. Mais ici, précisément, il n’y a point de main levée en signe d'imploration.
En dlant, à la page 29, le |>assage de Samuel (llv. Il, cli. xviii, v. tS) où il est question du tombeau qu'Absalom se fit construire, noos avons omis la fin do verset ; elle a ici trop d'importance pour que nous ne la rapportions pas ; la voici : • ni.T al'n ly c“Sc2« "T* .^S tnp'l, et on l'appelle encore aujourd’hui la ilvix d'Absalom. » D'où vient ce nom de main donné à une stèle sépulcrale, sinon de la présence d'une main gravée, comme sur les pierres dont noos parlons, et de la signification tellement caractéristique de cet emblème, qu’on l’identifiait avec le monument lui-méme?
On peut donc être, à priori, porté à considérer les monuments dont nous noos occupons oomnte funéraires; s’il en est .linsi, les inscriptions qui y sont gravées doivent répondre à cette présomption ; c’est ce dont nous sommes convaincu et ce que nous allons essayer de prouver.
Le texte biblique présente fréquemment, rapprochés et associés, les mots et Sbp, qui signifient 6énir et maudire. Ce rapprochement n’explique-t-il pas celui que nous remarquons entre Sp et -py sur nos épigraphes?
Bénir et maudire! Ces deux mots résument, en quelque sorte, toute la Bible. Ce livre admirable, en e0et, n'est que le développement, l'application successive de cette promesse faite à Abraham : > Je bénirai ceux qui te bénissent, et ceux qui te maudissent je les maudirai,
■UtK "Vlian (Gen. XII, 3). • Dans le Deutéronome (cb. xi, v. 26), Moïse, après avoir
longuemeni exposé les bienfaits ou les châtiments qui attendent les Israélites, suivant qu’ils observeront fidèlement ou transgresseront la lui de Dieu, leur dit : • Vous voyez que je vous offre
• aujourd'iiui la bénédiction et U malédiction; .tSVpt ruia ai'.i '::n .ini. • Et plus
loin ;cb. XXX, v. 19), averti de sa fin prochaine et parlant toujours au nom de Dieu, dont la gloire resplendit sur son visage, il leur fait de nouveau et solennellement le même tableau, puis il ajoute encore : •• J'en prends à témoin le ciel et la terre; ce que je vous propose aujourd'hui, c’est
• la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction : yinnnul ctitcn-rn avrt n:a "myn
• nSSpm D 13 .T •y’tsS 'nrw ntc,T; a''nrt. » Enfin, après l'installation dans la terre promise, Josué,
le héros de cette conquête, réunit tout le peuple d'israél; il en range la moitié près do mont Garizim, l'autre moitié près du mont tiébal, selon que Moise l'avait ordonné, et, en présence de l’arche d'alliance du Seigneur portée par les prêtres, de chaque edté de laquelle se tenaient debout les anciens, les officiers et les juges, il lit toutes les paroles de la Loi sur la bénédiction et la malédiction : n^Spni ,^3•^a.^ .itw.i ’iafhîTK g^p (viii, 9).
Ainsi la bénédiction et la malédiction étaient en même temps le levier et l’arme de la religion. La consécration, par conséqtient, consistait à attacher des bénédictions ou des malédictions au respect ou à la profanation de l’objet que l'on voulait séparer de l'usage commun, et ces promesses et ces menaces étaient résumées par les deux mots sacramentels que nous voyons revenir dans les passages précédemment cités. Il n'est donc pas étonnant qu'on ait eu recours à cette puissance mystérieuse pour protéger l’asile des tombeaux; de là l’emploi des termes Hp et ^ta. Au surplus, le sens est péremptoirejuent démontré par la variante explicite de la quatoniéme itumidique.
Il s'agit d’expliquer les lettres serviles qui sont annexées aux racines Sp et ^a.
Ces serviles sont, on se le rappelle, les suffixes □ dans la première maUaite et la quatrième mumidique, et g dans les autres numidiquee, le préfixe .*l dans la première maUaite.
Les suffixes sont ajoutés à S; et à -]’'a , et, lorsque ces deux racines sont employées , elles sont toujours suivies du même suffixe.
0* DE I.A LANGUE PnÈNICIENNE
Le prélixe ne précède que
D'après loul ce qui a elé exposé ci-dessos , les suflixes doivent être des adformantes verbales. Les contextes de la première mallai/e et de la futitriéme Humidiçue veulent que le trum, qui ligure alors, exprime la troisième personne plurielle du prétérit , et le parallélisme exige, par suite, que l'aUph des autres nuinidiques soit l’exposant du même temps, au singulier.
Cette opinion, nous l'avons déjà dit, heurte la grammaire hébraïque actuelle, qui donne 1 pour la première de ees formatives. Mais, quelle que soit la parenté que nnus ayons reconnue entre la langue phénicienne et la langue hébraïque, l’analogie ne peut pas aller jusqu'à l'identité absolue. Gesenius lui-méntc, dans ses Eludes paléographiques sur récriture phénicienne et puni- >/ue, I83é, la qualifie de dialecte de la langue hcbraii|oe; l'illustre de üacy a émis en 18(7, dans le /ournaf des Saivmts, le soupçon que le langage des Phéniciens, et celui de leurs colonies, devait s'éloigner plus qu’on ne le croit communément de la langue hébraïque. Ce qu’il y a de plus probable sur ce point, c'est que la langue phénicienne était dans le même ras que les autres langues sémitiques, qui ont entre elles de grandes analogies, mais aussi des dilTérences caractéristiques, Or, la diversité des formatives verbales est précisément un des traits de dissemblance qui séparent ces langues. Le phénicien a donc pu avoir aussi scs formatives propres. ’
Mais, même sons ce rapport, il est possible que la séparation ne soit pas aussi réelle qu’elle le parait ; il est possible que la forme conservée par les Phéniciens ait été, même chez les Hébreux, l’inflexion primitive, le type grammatical. Cette opinion me semble reposer sur les plus grandes probabilités.
Il est généralement admis par les bébraïsants que les lettres ou syllabes qui caractérisent les personnes des verbes ne sont, comme M. Cellérier fils le dit dans sa grammaire, que des pronoms mutilés, modinés. dont le sens doit se joindre au sens du radical. Or, avant d’être ainsi tronqués, les pronoms ont dû être employés complets; avant que ces formes altérées vinssent compliquer le langage, des formes plus simples, les formes primitives, ont dû être usitées. Aussi les préformante.«, comme les adformantes, dit encore M. Cellérier, paraissent présenter des traces d'anciennes formes pronominales antérieures à la dernière organisation de la langue. Ces anciennes formes se retrouvent, si nous ne nous abusons point, dans la langue phénicienne, qui a conservé d'autres vestiges de la simplicité primitive.
Bonifazio Finetti dit, dans son Trallalo délia lingua ebraica e sue affini (Venise, I75ti);
• Crederei anche che dessa lingua fosse stata nel suo principio piû simplice nclle sue inflessioni.
• Verisimilmente, tutte le radici saranno State monosillabe e indeclinabili ; distinguendosi ne’ verbi le persone, e 1 numeri co’ soli pronomi aggiunti, e i tempi con qualche particella separata :
- corne anclie al giorno d'oggi s’usa in alcune lingue, spezialmente delle piû orientaii. £ certo qualora io rifletto alla maniera con coi gli Ebrei nel preterito distinguono la prima e seconda persona dalla terza, cb'è la medesima Radice o Tema del verbo, mi parc quasi cosa chiara, che
• forse per la celerità del parlare, si abbia délia radice e del pronomc fatta una voce sois. M’immagino dunque. che da’ primi Progenitori si dicesse (per esempio) in terza persona, pakad,
■ ch’ è la radice e .significa tisilô (e forse pkad, como prononziano i Caldei e Siri, facendo ogoi
• radice monosillaba) in seconda persona pkad alha, e nclla prima, pkad ani (ani e alha sono i
• pronomini délia prima e seconda persona, cioè, ïo, tu), c che poi congiongendo, e io parte eli- <• dendo i detli pronomini, siasi formata la regolar desineoza del verbo nelle due accennale per-
• sone pekadli, ho visilato, pekadlha, hai visitato. Cosi nel plurale, da pkad anu e pkad alhem
• (anu significa noi e athem coi), siensi, per mezzo di congiungimento ed elisione, formate le in-
• flessioni pekadnu, abbiamo noi risitalo, e pekadlem, avele visilato. Il medesimo puô esser av-
• venuto negii altri tempi. »
Finetti s’est arrêté à la troisième personne plurielle, parce qu'en effet l'adlormanle 1 n’a aucun rapport avec le pronom personnel correspondant en, et qu’il n’a pu, par conséquent, saisir les traces de la mutation. Mais cette disparate même prouve que la désinence actuelle n’est point bi
ET DE LA LANGEE LIBYQCE. 6'J
forme primitive, puieqa'on ne peot la faire remonter au pronom, et il e«t d'autant plue probable que cette inflexion n’existait pas dans la langue phénicienne, qu’en général le trnu y était rarement emplové. Pour que le mode de formation de la troisième personne du pluriel fût en harnnv nie avec celui des antres personnes, il aurait fallu qu’on dit c.TtpE ; pois, par abréviation, mpi.
Or, c’est précisément la règle que j'applique aux mots c:i3 D^p. Il s’est conservé, du reste, dans le texte biblique lui-même, des vestiges évidents de cette ancienne forme, puisque ce pronom isolé s’y trouve souvent mis pour la troisième personne plurielle du verbe être.
Quant à radformante de la première personne singulière du prétérit, il est évident que (», qui la eonstilue aujourd'hui, n’a pu le faire primitivement, puisque cette syllabe n’a point de rapport avec le pronom correspondant ; il n’a pu surtout le faire en phénicien, où l’usage du iod était fort rare, et où le pronom dont il s’agit était, non pas ani ni nnoili, comme en hébreu, mais antk, ainsi que nous l'avons vu dans le Pamtlui de Plaute et que noos en trouverons ultérieurement de nouvelles preuves dans trois des inscriptions qu’il nous reste à analyser, h'aleph, au contraire, peut très bien représenter ce pronom, et l’on est d’autant plus autorisé à croire qu’il a été employé à ce titre comme suffixe, au prétérit, que préfixe il remplit le même rûlc au futur; le procédé, dans sa simplicité originaire, a dû être unique, sauf la position qui suffisait pour indiquer lantdt la tendance en avant, tantAt le regard en arrière. Au moment même où, pour la première fois, j'èmettais cette opinion, M. Lethierry-Barrois écrivait, dans un ouvrage compose eu dehors de toute préoccupation relative a l’étude de la langue phénicienne, ces paroles qui viennent directement à l’appui de ma leçon ; « L'hébreu reconnaît trois temps ; le futur, le présent, le passé.
Le futur, npç h, je tùUerai: le présent ; infinitif xpE (pgd). visiter, xpB, visite, et le participe présent xpE, visitant; le passé KXpE, j'ai visité; participe passé xipE, visité. • Puis il ajoute en t note : • Le futur étant ^eptt, le passé devrait être t)4sp, puisque le pronom suit le verbe pour marquer le prétérit. » {Racines hébraigues, Paris, 1842.)
On voit que c'est précisément le cas de toxs ttSp-
Ainsi, s’il est vrai que mon interprétation viole la lettre actuelle de la grammaire hébraïque, il ne me parait pas moins certain qu’elle en possède l’esprit et qu’elle représente, suivant la plus grande probabilité, la forme qui a dû exister primitivement.
Cette forme a donc pu se maintenir dans le phénicien.
En conséquence, je n’hésite pas à traduire comme il suit : d:xe ~^p, ont maudit, ont béni; N3X3 K'jp.y'flt maudit, j'ai béni.
Le pr^xe qui précède dans la première maltaiu doit être tel qu'il puisse être éliminé, comme il l’est en effet dans les autres cas, sans que le sens soit modifié. Nous avons vu que le Î 0 <f, qu’on y lit généralement aujourd'hui, ne remplit pas cette condition. C’est ce qui m’a porlé a considérer comme un hé la figure qui le forme, ce que je crois avoir prouvé ne pas répugner aux analogies graphiques. Ce préfixe exprime ici la disjonction conditionnelle ou, ou bien, ainsi que le ferait on, dont il est souvent l’équivalent. La malédiction ou la bénédiction était en effet prononcée conditionnellement, suivant qu’on aurait profané ou respecté le tombeau, et, comme cette distinction était dans l’essence des choses, qu’elle était inhérente à la proposition, il en résulte qu’on a pu en supprimer le signe grammatical, la particule disjonctive, sans changer le sens.
Et telle est même la réciprocité des deux termes, qu'un seul d’entre eux peot sons- entendre l’autre et impliquer le sens alternatif. Voilà pourquoi qxs, qui veut dire originairement bénir, peut signifier aussi maudire, exécrer; de là vient qu’en certaines circonstances, et particulièrement dans nos trois dernières numidiques, l’une des deux expressions est seule employée, savoir N^p ou MSxp,/ai maudit. Dans notre culte, c’est bénir qui est usité : • Sacris scriptoribus non raro bmsdimrs est factis precibns aliquid eonsecrare, sanctifieare, qoemadmodum Græci suo LûÀoystv pro ’Ayi^iiciv uti soient • (Thés. erud. scholast.). La préférence donnée à l’on ou à l’autre terme représente une différence profonde dans l’économie religieuse, mais philologiquement elle n’a aucune importance; c’est toujours consacrer un objet, tantAt en fulminant des malédiction.s
-0 DE LA LANGIE PHENICIENNE
contre In profanateurs et en sous-entendant les bénédictions qui font l'allernatiTe nécessaire, tantAI en énonçant la formole par le procédé opposé.
Les deux dernières onmidicjues présentent une variante orthographique qui appelle notre aticntioD sur la forme de la racine Sp.
Bien que, dans l’acception maudirr, la Bible n'nnpioie jamais SSp à l'état défectif, il ne s’ensnit pas qu'il ne puisse l'étre régulièrement comme les autres verbes géminés, comme il l'est en effet lorsqu'il signifie viliptnder, qui a une alGnilé évidente avec maudire. A bien considérer les clioses, ce mot défectif est un contre-sens; la véritable racine, dans les verbes de cette espèce, est la forme bilitlère; c'est pour en augmenter l’énergie que tanifll on la répète en entier ^pSp, d'autres fuis on double srulemcni la seconde radicale. Par conséquent, on ne saurait nier que la forme simple et primitive, ou, si on le veut absolument, la forme défective Sp, ait pu, cher ies Phéniciens. signilier maudire, et, par l'extension expliquée on peu plus haut, consacrer. Au surplus la forme redoublante a pu au.ssi être emplayée ; il est probable en effet que le rau qui ligure dans les deux dernières numidiques remplace l'un des lamed radicaux; c'est cet office spécial et important qui l'a fait conserver. Un peut regarder en effet comme une règle generale pour les verbes géminés ia propriété de changer la seconde radicale en rau. An milieu d'un très grand nombre d'exemples, je ne choisirai que les suivanis : SVt ,Vt ;SVï: ,h'S ;SSd ,Sib. Cette explication trouve un appui dans la variante Hup de la neutiéme numidique, car c'est aussi une propriété, moins commune toutefois, des verbes géminés de changer la seconde radicale en aUph; ainsi ; '’z ,o '3 ,.t;e tac ,D'"'
On voit que le sens que nous donnons aux racines “■'3 et Vp s’accorde parfaitement avec celui de la main ievée et étendue, qu’ii en est la confirmation.
Nous allons essayer de prouver que la signiHcation du mot •j'CV est aussi en harmonie avec celle de l'ensctnble de la formule.
Les individus qui élevaient des mnnuraenls funéraires à leurs parents, à leurs amis ou à leurs proteeieurs, étaient dirigés par l'un ou l’autre des deux motifs suivants : tantôt ils agissaient d'après leur propre mouvement ; tantôt ils obéissaient à la volonté du défunt, expressément énoncée de vive voix ou par testament. Chacune de ces circonstances était soigneusement indiquée sur les épilaphes latines. Ainsi, à la première rorrespondait cette lormule si fréquente : Libenê, libenler feeit, pmuit. etc.; la seconde s'exprimait par l'une de ces locations non moins ' ommones : Ex tvluntaie, ex praceplo, ex teitameiilo, tecundum roéuiilalrm lestamenlo ngnificatam, leilamrnio luii /t> ri, poni jutâit.
L’usage de régler par commandement (’ï) .sa sépulture existait aussi chei les Hébreux. On voit en effet, dans la Genèse, que Jacob, retiré en Egypte et près de mourir, fit solennellement protnetlre, par lermetil. à son lils Jo.seph de l’enterrer dans son sépulcre su pays de Canaan, et que celui-ci, à son tour, dit à ses frères, lorsqu’il sentit sa fin approcher : « 'l'ran.sportez mes ot avec V ous hors de ce lieu, et promeliex-h-moi par serment. «
D'après ces faits, on est légitimement porté à penser que les choses se passaient de même chez les Plieniciens; et, dans ce cas, il n'est pas difficile de trouver le sens du mot :T3t0. Voulant dire au propre entendre, écouler, il signifie aussi par extension obéir, exécuter, oasxgci; il équivaut exactement, sous ce double rapport, aux verbes latins audio, auectUto, qui sont souvent employés dans la dernière aeeeption, notamment par Plaute (dicta imperio tum audieiu, amphitr.) C'ett uans ce sens qu'il figure dans la formule dont il s'agit : 7CC3, par conséquent, signifiant littéralement sccundum audire, peut se rendre |iar prout audilum, ob obttquium; il répond à la locution ex prtretpio des épitaphes latines.
dé la quatrième numidique se traduit par obèietanl. C’est, quoique dans le sens opposé, une forme semblalile au parlicipe libens des épitaphes latines.
u-yc destmiiéme et douzième numidiquet demande quelques expLcations particulières. Nous connaissons maintenaiil la valeur de Valeph terminal, qui représente Ici, comme dans les cas
précédents, la formative de la première personne singniière da prétérit; noos avons aussi donné le motif de la transi>osition de l’afn. Il reste à interpréter la sobstitotion du vau préfixe au caph qui occupe cette position, non-seulement dans la première maltaise et les quatre preniiéres numidiçues, mais aussi dans la dixième numidiçue, où le reste du groupe est kcvc, comme dans les deux dernières. Il suffit de rappeler ce rapport pour amener, en vertu des règles du parallélisme, la conclusion que le vau, dans cette circonstance, équivaut au caph; et en effet il peut avoir cette valeur. Gesenins dit dans son Lexique, page 290, en parlant de cette lettre : •> 4) ante senteotias causales ut nam.... quia, - et il cite pour exemple ce passage du psaume V : •• Continue jubilant, “-P'i, quia protegis eos. » Nous traduirons donc de la dixième numidique,
et des deux antres, par : Ainsi que j’ai entendu; ainsi qu’il m'a été ordonné.
Enfin, des différentes explications que noos venons de donner, il résulte que nM, qui, dans les onxième et douzième numidiques, précède nSip, c’est-à-dire un verbe, ne peut être la particule objective; c'est donc le substantif voulant dire signe, monument. Dans cette acception générale, l'application convient parfaitement au contexte de nos inscriptions ; mais elle loi convient bien mieux encore dans le sens sptV.ial attribué à ce nom par MM. Glaire et Franck dans leur traduction du Pentateuque, page 27 , savoir : marque d'une chose dont on est convenu, signe de convention, soit que ce sens .s’applique à l’emblème figuré par la main levée et étendue, soit qu’il réponde à 7 CV.
Ce nom, dans les deux épigraphes où il est employé, remplace 1 x 3 vtu de là première maltaise. On voit en effet que cette dernière expression ne convient pas moins au sens général du contexte, qu’on rende r.\* par ara ou par fundamenlum, basis; ara, en effet, est très souvent employé comme synonyme de eippe sépulcral sur les épitaphes latines; èasû n’est guère moins usité, ni moins bien approprié. Nous trouverons plus loin, dans une autre épitaphe, le mot pN, qui a la même signification, et cette circonstance, après réflexion, me semble donner plus de poids à la dernière interprétation, qui a en outre l'avantage de s'appuyer sur une valeur existant réellement, comme nous l’avons dit, en chaldéen.
xx:, qui, suivant le Lexique de M. Glaire, signifie au propre observer, accomplir, remplir une promesse, pourrait fort bien être pris dans cette acception, et il se rapporterait à y'zxa aus.si directement que nu; xx: xBu se rendrait alors par bâtis, columna promissionis. Mais il est préférable de donner à X 7 : le sens primitif contenu dans scs affines xx:, xs:, séparer (d’où ensuite consacrer), garder, protéger, expressions dans lesquelles rentre, par la signification étymologique, le verbe latin sepelire; on peut donc dire : Basis separatioms, consecrationis, et, .sous le point de vue spécial dont il s’agit, sepuilurœ.
En définitive, de la longue analyse à laquelle nous avons soumis les inscriptions dont il est particulièrement parlé dans ce chapitre, il me semble résulter :
1 ° Que notre interprétation est naturelle, vraisemblable;
2° Qu’elle donne de l’unité au contexte de chaque épigraphe en particulier ;
3° Qu’elle rétablit entre tontes, et c’est ce qui en fait à mes yeux la principale force, la conformité de sens que le parallélisme graphique fait présumer.
Afin de faciliter l'appréciation de ces avantages, je vais mettre sous les yeux des lecteurs la série de ces inscriptions, en adoptant, pour la traduction, le latin, parce qu’il permet de reproduire plus exactement les inversions des textes. J’omettrai toutefois la quatrième carthaginoise, qui n’est qu’un fragment insignifiant.
1® Première maltaise.
Tt3 CK Xy nxpS. 0‘7 î3XkS xQcxos nrtKi XDtnny fiay yCC3 XCKXDy 13 X2CXCK (3 (C
D3*»xn oSp
Domino noslro Melcarlho, domino Tyri, basim sopulturæ Sorvus tuus Abdosir o( frater Osirshamar, ulerqnc filius O.'^irsliamar, filii Alxlosiri, ex præcopto, maledi xenint aut benedixerunt. ( i. e. consccrâruni).
|t* Onquième carthaginoise.
Dominé Taniti et do> mino nosiro domino Baoli Maman'.
Ba5Î!i ^pultunp Abdmelkar- i
ti sufetis fiUi Larti, filii Hannæ.
rortftoÿinm'#»*.
Dominæ Tanili et domino noitro hero Baaii Uamani. Basis aepuUora* Gadastarti:^ scribæ, filii Abiimelkari?-.
4* S*reonde carthaginoise.
-'rpaS rinS ratS Domina' Taniti el rtomino |On Vy’aS pnh J nostro licro Baali Hatnani.
*OBtn3P T» CK Basis sopuUurai Alxlaiir- J3 mncïTa fa J onia Olü Bodaalanis, filii (DVtTDv AbdasmonU.
5® Premirrr earf/iOÿmoi.*e.
"1*7 PkS ((SpaVi ranS nriV) Dominsp Taniti et domino nosiro hero BarnpSo^y Tta OK pn (Vp) ali Hamani. Basis sepuUur» Abdmelkarti, SyS'ÎTjJ \2 • .on (^3) filii Mam... filii Abdbaalis.
6" Douzième carthaginoise.
vaVi nanS raiS pn Vy-ah pkS fr .ipVtnay tu ck -ScTa P üocn n tcnp.np
3* Troisième
-Si todS naaS 'aS pK^ jS»
-■Q CK pnSy r-wcv"i: a ipSaaav p laan
]3n SaS PkS J noslm tiero Bali Ilamani , n c S v K TU CK Basis sppalturæ EIsili.
7® (?uolor:irme carthaginoise .
-aSi ronS naaS T Sva^ pwS ]Sy -ancK Ti: ck p Da naS
DominîP Taniti et domino nostro bcro Baali Ilamani. Basis sepuUuræ Bshctma- Icatæ filial
8* Second*' nunùdique.
vocya^anSya^-iKS P KXy'x Kaaa KSp ■P yaryO p Svaaaa
Domino Baali Hamani ei praicepto maiedixi benodixi Sinâna filins Barkibalis, filii Uogæ, filii. . .
ET DE LA LANGl E LIBVQIE.
TJ
î»® rroMi^im- mimiitiq»e.
-ÿD ]Tn ^;-3 C Î013 »''p ;’2T NO . . .N . . .yn V -0 . .0
Domino D^dli Uaraani ex priece|Tto mateJixi
1(>® Premkri’ numu/ir/ue ^
yjoyo^onVra ^tkV OT;n3o P 3 n':;'3 d 3^3 o^rp 1 ■|y3’xo P . . .N . .ny ;v3r.’i-op . . . .v>
Domino Baali Hanuini ex prnecepi»
maledixcruni tionodixerunt Baalabb.i' Mokauramoti. . . . niii MeUlbonLs, ei filii
11* (Juairwme numidûfu^.
S73V Baali Hamani obâequcn^ maledixi beiiHixi. 12* Dixième
'cvnrs i^n V*.’3 \iià
. . . .t . üpi «Sp K N
Domino Baali llamani, $icat aurli> TÎ, maledixi et
1A« Onriewie numidi^tie.
030 ]0n Sf3 PN*?
■ntl 30 toSo3 ttriJ3i3 kVip rw ttoyoi c
Domino Baali Hamani tau»!
Bomâna io re^no priaceps rcgi- Uâ, sicul audivi, bignam maledixi.
(1) M. de Saulcy, à raison de ea oouveUc opinion sur le hé punique de la basse époque. Douvellr opiiMuit qui a déjà fait le sujet de deux note», considère comme un exemple de ce ht la réunion des deux traits qui précèdent immédia temenl les six dernières lettres de ta seconde ligne; il lit en coriséquence 1a deuxième moitié de cette ligne: ont ordonné tous deux cct
Ugnts . .. Il rail de un duel prétérit semblable à
celui di^ Arabes. Bien qu'il n’adminUtre surun autre exemple de cette forme, je ne penserais pas, en ronsidérant l'a^isertion d'une manière iscdéct qu'on ddl la repousser: mais, dans une des notes auxquelles j'al fait tout à riieure allusion, j'ai (ait remarquer que Valfph suf&xe a
dépi un outre rôle grammatical. Je ne puis cn>ire à cette confuMoii. O'uu outre côté U. de Saulcy traduit la partie qui ptécédi’, «avoir DI*’3 oSp 7DC3, par cette phrasi ; • Pés qu'il eut entendu leur voix, H lee bénit. » Pourquoi le duel ne se rctrouve-t-il pas ici? Enfin M. de &ulc; n'a tenu aucun compte du petit trait placé devant ceux qu'il investit de Ia puissance du hé, petit trait qui est certainement une lettre aussi, un beih, selon ma transcription Cette troisième citation faite à l’appui de la nouvelle détermination ne me parait donc pas plut convaiDcaole que les deux outres que nous avons déjà examinées®
1 i* DoM:ir;n6 numidiqu*.
nr;r i
-33 ir'V;3 P pv3‘»
'VT» vntt fai
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kVt, ;
Domino Baoli (li«)mani lauat Mpllnmon lilius BalUonis, in ro> ::no prince|»ÿ regitiâ» sicut auüivi, .«ignum ma!e<1ixi.
13® rrrtzîrntr
-Z'-73 T7 . - .3;tK •i*nN •'r X
Domino Baali (i]a)ma!)i lau«!
tn reg-
no princops rogiu$.
Il»* Sfuviéme numidiqu*'.
ras P H'3 ;T«’'7 CTO -IC ra ^33 K3;~H-3I3 . . .Ip K*7Mp AS
Dominu Vaali (lla)niani laïul In regno prinn-ps regioa
airul prj'audivû
Signum maleclixi.
Deux objections Rcricuscs pourraieni fire opposées à ce système tTinterpretation ; il importe ■le les prévenir.
L'une, rationnelle, s'appuierait sur la singularité de l’absence du nom du défunt sur plusieurs de ces épitaphes, tandis qu’on le lit sur celles de Carthage et sur d’autres dont nous parlerons ultérieurement.
L’autre, philologique, consisterait dans l'opposition de l'interprétation donnée par Gesenius à la fin de la trouiime maltaise, dont nous avons déjà dit quelques mots a la page G3. Le savant professeur a en eiïet proposé, pour les quatre dernières lettres de la 5' ligne et pour la dernière licne, cette leçon, qui a été généralement adoptée :
"3”3 . . yuum oxaudivissot
*^31 ^3 omnia verba raoa.
Cette leçon, par une analogie presque irrésistible, démontrerait que, dans tous les autres cas, ‘•p, correspondant a ’131, doit réellement être entendu dans le sens de parole.
Sur le premier point, nous ferons observer que les anciens Hébreux paraissent n’avoir pas inscrit le nom des morts sur les sépulcres; telle est l'opinion de Martin Geier, qui dit à ce sujet (De Ebreeor. /ucfu, page 171): • Supersuni epilaphia, tanquam honoris supremi perennisque inemoriîc monumenta. Hæc in populo Dei insuper hau ! fuis.se habita docet patriarch,T: Jacob! factum (f/’en., xxxv, 20), statuam erigentis super Itachclis sepulcro, ut insignis matron.%- hujus végéta semper, ctiam apoJ posteros, servarctur mcnioria, conspeclo ad sepultura; locum tam nobili cippo. « Aussi Josias, arrivant a helhnel et frappé par la vue de l’an des sépulcres qui étaient sur la montagne, demaiida-t-il : « Quel est le tombeau que je vois? »
Ce n’était point une empreinte superficielle de leur nom sur des pierres mortes, c’était une tra-
ET DE LA LANf.l E LrBYQlE.
Jilioii vivante üana la personne (le leurs (ils que les Hêlireux tenaient à laisser* ; aussi l'enfant mâle prenait-il ce nom de lit, mémorial, que nous avons vu donné au tombeau. Ce sentiment, inculqué par une politique profonde, se traduisait d’une manière non moins remarquable dan.s ('institution du lévirat.
Ce ne fut que parce qu’il n’avait point de fils pour perpétuer sa mémoire qu’Absalom donna son nom au cippe qu’il se lit lui-même construire.
L'usage de ne point nommer le mort sur une épitaphe pouvait donc avoir existé aussi chez les Phéniciens et s'être transmis jusqu'à l'époque à laquelle nus inscriptions appartiennent. Le soin contraire était d'ailleurs généralement superflu lorsque l'épiiapbe indiquait que c’était par ordre que le monument avait été élevé, car cet ordre n'émanait le plus .souvent que d'un père, et, dans ce cas, la filiation de celui qui laisait élever le tombeau, toujours rapportée sur l’épigraphe, faisait elle-même connaître le nom du défunt.
L’omission, du reste, n'était point universelle, puisque nous voyons d'autres épitaphes où elle n’a point lieu, de même que, parmi les épitaphes de Bolghari dont Klaproth a donné la traduction dan.s le A'out'eau Journal atiatiqut, tome VllI, page 483 et suiv. et qui portent presque toutes :
• Ceci est la tombe de » il en est deux ainsi conçues ; - La puissamtc est à Dieu, le très
haut, le très puissant. L’an de l'arrivée de l'oppression. — Lui est le vivant qui ne meurt pas. Certes, quant à l'heure du dernier jugement, il n’y a point de doute en elle, et Dieu ressu.scitera ceux qui sont dans les tombes. • Ainsi, eumme on le voit, aucune indication, même indirecte, de la personne à qui le tombeau avait étéconsarré.
De même encore, et avec plus d’analogie peut-être, parmi les inscriptions lyciennes que Saint- Martin a analysées dans le Journal det Sarantt, avril 1831, il en est une, la quatrième, que ce pénétrant interprète propose, avec la plus grande vraisemblance, de rendre en ces termes :
• .Anateia a fait ce tombeau pour son cher père, et sa femme et ses enfants. •
(juant à l'argument qu’on pourrait tirer de la (roisiéme maltaise, nous avons déjà fait remari(uer (|ue cette inscription a été copié-e d'une manière évidemment très inexacte ; on ne peut domt baser sur elle aucune démonstration. Cependant, en y regardant attcolivement, on trouvera que. même dans l'état où Cesenius nous la présente, la leçon de l'illustre interprète n’est pas admissible, et l’apparence est pluuH favorable que contraire à notre manière de voir. En effet, Gesenius tran.scrit la dernière ligne comme il suit : itlt S: ; il fait, par conséquent, un caph de la première lettre; mais le capK sc trouve deux autres fois sur la pierre, savoir, à la fin de la première ligne et au troisième rang de la cinquième (vsttts); or, dans chacune de ces positions,
il a, avec la lettre qu’on veut lui assimiler, une dilféreoce telle qu’on ne peut pas même admettre la dégradation, puisque, dans les deux cas où la présence du capk est incontestable, le triangle qui entre dans la coinpositiou de la figure a sa base à gauche, et que, dans l’autre caractère, c’est le .sommet qui occupe cette position; la direction est inverse.
D'un autre côté, en prenant ce caractère tel qu'il est dessiné, on ne peut en taire, ainsi que du troisième de la même ligne, qu'un daleth ou plutôt un resh; mais cette épellation ne donne aucun sens : il faut donc que l’un de ces deux caractères, ou les deux à la fois, soient modifiés, ce qui ne répugne pas quand on volt l'altération qu’ont subie sur la même copie le mem (figures 4'. t” ligne; l”, 3' ligne, et 5*, avant-dernière ligne) et le tehin (figures 4% 2" ligne, et 4', 5" ligne). En ne modifiant que l'un des deux, quel qu'il soit, dans les limites de l’analogie, un n'arrive encore à aucun résultat. Les deux doivent donc être recliliés. La première indication qui se présente à cet effet, c’est de ramener ce groupe à l’identité de ceiui qui suitïCCs, ou ses modi-
(I DC Senau, nomen {vid. Arcan-, p. 314) i. e- per Lycurgus nomiiia deruuctoruoi «vpuleru addi iHuit. quvm nomaii et memorta pateraa propagaPitur, eoll. niai i-sm-iii in prætio cæai aut puerpera- in paru rxtlFui., XIV, 7 ; 1 Sam., xxiv, 71; Il Sam., xiv, 7; Zvpli , stinrloi. — Ctir. Bruauiga. cniup aiiliq grec., p. 320. III. 19, 20 — Slinonis, Onama»!. p. 2U7.
76 UE LA LVNGI E PHÉMCIENNE
licalions sur les autre» inscriplions; ce doit donc flrc c^p ou : or, le dessin se pr^le merveilleusement àladcruiére reclification ; enelTet. il est très simple de faire de la première figure ^ celle-ci , qui esiste, avec la valeur qdph, sur une autre inscription de Malle (deuxième mallaùe de Gesenius, ligne t, lelire *J). Pour former de la troisième un alepk semblable à celui qu'on rencontre plusieurs fois dans le texte dont nous nous occupons, il n'y a qu’à prolonger un peu les lignes île cette façon Assurément ces modifications sont bien moins considérables que celles que nécessitent, comme nous l'avons dit, le mem et le srèm; elles sont autorisées par le résultat, c'est-à-dire par le retour à l’analogie formulaire.
Pour que ce retour soit complet, il faut qu’on puisse lire en.»uile n;':. Or nous avons déjà, de l’aveu de Gesenius, le belh cl le reeh; la ligure qui vient après eux est très vraisemblablement le vestige du triangle, à base dirigée à gauebe. qui entre dans la composition du eaph: cette assimilation est beaucoup plus probable que celle avec le iod, qui ne se trouverait point en concordance avec, la personne du verbe que Gesenius lit en tète de l'inscription. Valeph terminal n’a pas été reproduit, de même que plusieurs lettres, contrairement à l'opinion du professeur de Halle, qui n'admettait que deux omissions, manquent sur une autre inscription de Malle offrant la plus grande analogie avec celle-ci et représentée, sous le titre de (jualriéme maUaùe, sur la table 8 iv deGe.scnius.
Ainsi avec la réserve que commande, je le répète, le mauvais étal des copies, je traduirai la troisième maltaise comme il suit :
Cippu.< Mciki-
bal»
aS . . -:3
Ba-
K jrnVv’
uli Hamani ta-
pid^maCX pra*cepU),
Maledixi, benedix-
Un pourrait mettre ïaleph suffixe de n:-; à la fin de la sixième ligne, et clore là l'épigraplic. A la vérité cette ligne aurait sept lettres, tandis que les autres n’en ont que six, et. d’un autre côté, le sujet de la proposition ne serait |ioint indiqué; mais il n’y aurait rien d’extraordinaire à ce que la dernière ligne possédât une lettre de plus que les précédentes, ni à ce que le nom du fils de Mclkibal fût resté sous-entendu, par cela même que le nom du père était exceptionnellement énoncé. Cependant l’examen comparatif de la i/uatriéme mallaise qui. malgré son état de mutilation, a une analogie si frappante avec celle-ci et qui a été découverte au même endroit, donne lieu de penser qu’il y avait une septième ligne dont la première lettre, par conséquent, devait ftre l’aleph suffixe de K:'t3, et les cinq autres les éléments du nom du fils de Mclkibal.
Gesenius prétend que, sur la (jualriéme maltaise, il n’y a aucune omission, si ce n’est, au commencement de la troi.sièmc ligne, celle de deux lettres qui devaient faire partie d’un nom ethnique. On ne comprend pas une pareille assertion ; on ne trouve sur aucun monument phénicien une disposition de lettres semblable à celle qui existerait ici. Il est facile de reconnaitre, dans les quatre dernières figures de la troisième ligne, qu’il faut restituer ainsi le mol
pois. B la ligne suivante, le mot px ; or il y a justement, au commencement de celte ligne, la place nécessaire pour l’épithète '|t:n écrite entre ces deux roots sur la froitième maltaise.
Cette identité admise, on doit supposer que le re.sle des deux textes était semblable aussi. Or, à partir de il y a trop d’espace pour ne contenir que Kl''; sSp VCtri, dont la première lettre devait se trouver à la fin de la quatrième ligne, éélte partie formulaire devait donc rire suivie de quelques autres caractères qui constituaient le nom propre, sujet des verbes xn;
ft. par oonM-quent, il on devait être do même sur la linisirme mallaise: mais, je le reconnais, ce n'est i|u'une présomption, il n’y a point nco.ossiié rifîourouscà ce qu'il en soit ainsi.
La partie décliifi’rable et intelligible de la quatrième maltaise se lit de cette manière :
3ÏJ wwX n::s ^• 3^7 . . .
. px . . .
(’.ippiis Malkimniüi'is. . . .
. . . . Raali . . . lapidem. . .
La détermination du beth de la première ligne, malgré l'exiguïté du jambage descendant, est justifiée par la valeur incontestable de la figure identique qui commence le mot *{S - dans la troisième ligne; cette exiguïté résulte, sans aucun doute, de l’action du temps ou de la négligence du copiste.
Ces deux dernières inscriptions sont remarquables par les nouvelles variantes de caph. de mem et de schin qu'elles nous offrent.
La valeur du caph est déterminée, à la lin de la première ligne, par la force du rantexte qui ne permet de lire que et, à la cinquième ligne, avant vexs, par la correspondance de cette ligure avec celle dont la puissance est constatée sur la première mallaise.
Celle du schin est prouvée par le parallélisme de la variante M de la légende d’une médaille représentée sur la table 38 ix de l’atlas de Gesenius, légende qui se lit ainsi : rc~~ ntp, ville neuve, et par l’entière ressemblanec de la ligure dont il s'agit avec le schin de la légende asmonéenne rapportée à la page 21.
Ï4i valeur du mem, dont le dessin le plus correct se trouve au deuxième rang de la seconde ligne, sur la quatrième maltaise, cette valeur, disons-nous, e.st indiquée par fidentité de rapport de la figure qui l’exprime et de celle du schin que nous venons de constater avec le rapport des deux mômes caractères sur la première et la deuxième athéniennes W 'y. Cette ligure
ressemble au samech de la première maltaise el des carthaginoises; aussi Gesenius lui a-t-il donné cette valeur au deuxième rang de la seconde ligne sur la quatrième mallaise. Mais le mem a évidemment cette forme dans d'autres points, et il me paraît plus convenable de n'assigne: qu’une puissance à une figure répétée sur la même inscription.
Enfin nous ne devons pas laisser inaperçu le petit crochet ajouté, de droite à gauche, à l’extrémité supérieure de Vakph qui termine la quatrième ligne, crochet qui ne parait point sur les autres aleph des deux inscriptions dont il s’agit ; il me .semble indiquer que celte lettre se lie a celles qui commencent la ligne suivante, comme nous l’avons vu en effet dans la traduction.
11 résulte donc de l’ensemble des recherches comprises dans ce chapitre :
1° Que le nom de Tyr se trouve écrit dans la première maltaise comme nous l’avions indiqué à notre point départ ;
2" Que noos avons achevé l’alphabet par la détermination des lettres teth, samech et phé :
3" Que nous avons en outre constaté des variantes pour les lettres suivantes ; Aleph, beth, daleth, hè, chef, caph, mem, resh, schin;
4" Que le caractère de ces variantes .s’est montré plus tranché, suivant que les monuments avaient été gravés dans certaines contrées ;
5" Que V aleph permute avec l’aïn, le hè ou Valeph liual avec le chet;
6" Qu'un oïn est souvent ajouté, dans certaines contrées, à titre de mater leclionis;
7" Qu'il Y a quelquefois aphérèse du chet, et, dans le nom de Baal, suppression de faïn;
' 8" Que l’adformante verbale de la !«• pers. sing. du prétérit est aleph, et celle do la 3* pers. pi. masc. mem;
cr DE LA L ANGLE LlBVyi E.