‹ Étude démonstrative de la langue phénicienne et de la langue libyqueChapitre 26 sur 66 · nn · texte numérisé non relu

nn

La barre perpendiculaire, placée à gauche des exemples A, B, C, est souvent répétée plusieurs fols ; le nombre peut s’élever jusqu’à neuf. La simplicité et la position de ce signe, qui occupe toujours cette extrémité lorsqu’il est indiqué, annoncent qu'il représente l'unîlé.

Cette unîlé pouvant être marquée isolément jusqu’à neuf, il en résulte que le tiret horizontal qui précède doit valoir le nombre immédiatement supérieur, c’est-à-dire dix.

Les dizaines peuvent être tracées plusieurs fois séparément, comme sur tes exemplaires B (» 23), E {— 24) de la table 35 lil de Gescnius. Toutefois on n’a trouvé aucun cas où ta somme dépassât trente.

Or, puisqu’on peut y ajouter les neuf unités, il .semblerait que la figure antécédente, ou doit compter 40. Mais cette ligure aussi peut être répétée plusieurs fois; elle Test quatre fois sur l’exemplaire B de U table 36 vi de Gesenios; le premier de ces groupes donnerait 120, le second 160. Ce mode, où 100 n’aurait pas de note particulière, serait trop en dehors des sj-slèmes de numération connus. En procédant par dizaines, au contrait^, comme dans le premier degré, et en faisant 20 du signe dont il s’agit, on a 80 pour l'exemplaire B, celui où l’on trouve la répétition la plus élevée, et, en ajoutant la dizaine et les neuf unités qui suivent, on arrive régulièrement à lOO.

Ce dernier nombre doit être formé par le groupe |*| ou ses variantes exposées aux exemples A 2 et 3, car ces éléments sont toujours réunis; ils constituent un tout inséparable.

Sur l’exemplaire A, table 35 v, lOO est exprimé alphabétiquement par itKC, pour .iks qui a en effet cette signification ; les exemplaires 5 et 12 de la planche xxix de Mionnet présentent les abréviations MC et o.

Le nombre 100, écrit en chiffres ou en lettres, est souvent précédé des figures h'* {Ki, B 1 , 2, 3), dont la seconde rappelle la lettre tout l’autre nous est encore inconnue. L’analogie la plus plansiblc qu’on loi puisse assigner est celle de ta variante du scàt'n qui se trouve dans la première alàènieniie. Cette forme se montre d’ailleurs sur plusieurs inscriptions, telles que celles reproduites sur les tables 19, 29, 30, SI, 32 et 33 de Gesenios, inscriptions qui diflèrent des textes examinés jusqu’ici par le tracé particulier de qoelqoes-ons des caractères dont elles sont composées.

Excepté la seconde, nous n'essaierons pas de traduire ces épigraphes. L’une, en effet, celle de la table 19, tirée d’un marbre découvert près .d’Eryx en Sicile, on ne sait quand ni par qui, et depuis longtemps disparue, présente évidemment des inexactitudes aussi énormes qu’irréparables ; on ne s'exercerait que sur une trame imaginaire.

8fi DE LA LANGUE PHÉNICIENNE

Lc 3 autres, dont l’une est fort courte et dont les deux dernières sont composées des fragments divisés sur lis tables 81, 32 et 33, les autres, disons-nous, écrites sur papyrus, sont tellement troit(|U( es que toutes les lignes sont iiiaclievées et qu’il est impossible de former un sens suivi.

La seconde de ces inscriptions, au contraire, est non-seulement complète, mais encore accoiypagnee d'un tableau en bas-relief où le sens se trouve très probablement reproduit en action; elle est, en quelque sorte, bilingue.

Rarihélemy, à qui appartient l’honneur de l’avoir traduite, en parle comme il soit : (Mém. de l'Acad. des inscripl., t. Ll\, in-12) » Ce bas-relief, exécuté sur une pierre dont la longueur est d'environ un pied six pouces et la largeur d’un pied huit lignes, possédé d’abord par M. Kigord, de Marseille, ensuite par M. de .Mazaugues, président au p.-irlcment d’Aix, est aujourd'hui conservé dans la bibliothèque de M. l'évéque de Carpentras.

« L’inscription est assez bien conservée, à l’exception de quelques lettres dont on aperçoit néanmoins les vestiges, et du dernier mot, dont on voit encore le commencenient. »

Itarthélemy s’était abstenu de restituer cette dernière partie; il n’avait même donné pour l’interprétation de la dernière ligne qu’une note conjecturale. L'abbé Land a récemment complété la transcription, et Gesenius a essaye d’achever la traduction. J'adopterai le coinpléinent de lecture proposé par le savant abbé Lanci; quant à la version partielle que Gesenius ne présente luimême qu’avec réserve, en reconnaissant toute la difliciilté qu’offre le pas.soge ([u'elle concerne, je me permettrai de ne point l'admettre et d'en hasarder une autre à la place.

Au premier aspect, un reconnaît que cette inscription, dans les quatre lignes qui la compo.sent, ne contient aucune lettre à tête ronde et fermée, telles que sont sur les autres le belh, le daleth, le resh, l’afn,' mais il est des ligures qui, à part et la, ont une grande ressemblance avec les caractères dont il s’agit, par exemple la première figure de l’épigraphe avec le belh, la quatrième figure de la seconde ligne avec faïn; on a pensé, et l’explication a justifié cette conjecture, que ces figures possMeni la puissance des caractères que nous venons de nommer; dès lors le daleth et le resh doivent suivre la même analogie, et, en effet, le contexte jirouve que la seconde figure de la première ligne est un resh et que la quatorzième de la seconde ligne, qui a une branche descendante un peu plus longue, est un daleth.

Ces signes pourraient être confondus avec le cuph; mais on voit celle ilernière lettre au quatrième rang de la première ligne et au douzième de la troisième ligne ; elle .se distingue par une plus grande longueur encore du jauibage vertical et par la courbe du trait appendiculaire, tandis que, sur le daleth cl le resh, ce trait est plié à angle droit.

Nous verrons la particularité de l’ouverture du belh, du daleth, de foin et du resh se représenter sur plusieurs des médailles attribuées à la Cilicie; dans ce cas, le raph a une forme encore plus tranchée. Nous ne manquerons pas de la signaler.

•• L’inscription de Carpentras, dit Barthélemy, présente quelques lettres dont la valeur, ignorée jusqu'à présent, ne pouvait être fixée que par des combinaisons dont je supprime le détail. ••

Telles sont :

1" Les 3*, 15% 22<^, 27*, 39'. ü0«, â3‘, 71", 79*, 89', 91», 95», 98^, 107*, llO*, 114', 1 19*,

qu’il a considérées comme des iod;

2' Les ô*, 30*, OS*, 7C*, 77', 96*, 102», 115*, 1 17*, auxquelles il a assigné la valeur du hé.'

3” Les 8*, 20% 23*, 28', 31», 38', 42', 51', 55', 5C', 66», 84», qu’il a traitées comme des aleph ;

4® Les 13», 19», ICI*, 112', dans lesquelles il a vu le chet;

5” La 21», qu'il a reconnue pour un zaini

6® Enfin les 40', 54% 120', semblables à la figure dont nous cherchons la valeur, que nous avons rapprochée du schin et à laquelle Barthélemy donne en effet celle puissance.

Nous allons voir ces déterminations, fruits d’une sagacité assurément fort remarquable, justifiées I ar l’interprétation.

Yoici la transcription rl la iradncUon :

nn^K *t stmnrt "inn ma «an nana nsn ma« «S w -riTi mav «S mKa orn p npra 'TDi« OTp P nn n2"ia oip

■ohv nnS rpon pat 'na on nnVi nn

Binio soit Thcbe, lillc de Tahoui, pr^pos^ aux oblations faites à Osiris dieu. Elle n'a «)ti avec colère contre personne , et des parolee mordant autrui, elle n'en a point proféré. Pure devant Osiris, elle a été bénie devant Osiris; elle a été honorée, et sa beauté s'est conservée parfaite jnsqn’à préaent . rl son inlolliî!ence s'est confiée à on avenir de paix.

Cette explic.viiun cadre parfaitement avec lentjet du baa-relief; ce sujet est en effet évidemment égyptien; on voit dans le compartiment inférieor une femme étendue sur le lit de morts entre les mains des embaumeurs ; puis, dans Fantre partie, la même personne paraît, dans l'amenllii, devant Osiris, et lui offre des présents, scènes souvent peintes d'une manière semblable sur les monuments de l'Égypte et décrites dans les légendes funéraires.

L’analyse linguistique n’est pas moins convaincante.

NSn correspond à p;k bimrdicla lu (Buth, ni. 10). Thébi est un nom égyptien • venant probablrment de Tpi ou Tbi, le ciel, la dietie du ciel.

TV": est le féminin eonatruil de 13, filt, en syriaque et en ohaldéen.

^'rin est formé do verbe hébreu et rhaldéen .Tirt, «m, Pah. vn, avec le (•« prosthétique qui entre .souvent dans la composition des noms propres.

Barthélemy dit judicieusement, à l’occasion de ce mol ; • Je ne le trouve nulle part, mais sa racine doit servir à le faire connaître. ,in :'2 signifie en hébreu prisent, offrande: c’est le nom que les Juifs donnaient autrefois aux offrandes qu'ils faisaient soir et matin et qu'ils ont conservé aux prièrrs qui remplacent ces offrandes. De rtruc, les Phéniciens ont fait, suivant les apparences, Nn:ï:r. qui, dans leur langue, devait être un nom de dignité et désigner la personne chargée de |tareilles offrandes. • Le fau augmentatif indique en effet rhaliitude, la mniinuilé, et ici, en ce sens, la profession. La substitution de l’alepk au hi final est une forme chaMr.iqne.

tt ne peut être qu’une variante de l'article génitif n en chaldéen, par suite d'une mutation fréquente entre les deux dentales.

n.iSk ’IDIN. Gesenios rapproche de cette loeution le cnSu n'm de la Bible, et Beer le Vw Hiou IdftÇoÀou d'une inscription palmyréenne, le Touro -n npoiomoï i'os Weou d'une inscription gréco-persane.

n3r «S CN3 2 Ï 1 Gesenius a très bien interprété ce passage, cgi signifie en chaldéen. comme le faisait obserEer Barthélemy, le plaindre, murmurer, et, ajooie Gesenius, iire querelleur, ilre en eolire; de là les noms dérivés humeur querelleuse, colire, qui conviennent à notre texte. 13Ï, avec un régime indirect pK-cédé de 3 et signifiant agir curer» quelqu'un, surtout en mauvaise part, est une tournure analogue à celles-ci usitées cher les Hébreux 3 .3 nrr ; on

trouve dans Jérémie, xii, 13 : • Malheur à celui qui 0:n 137' in;"'- maltraitera injustement son prochain.' • Le tau final, que la concordance nous fait retrouver un peu plus loin dans T\"Zv. est la terminaison féminine de la 3' peut. sing.

'xe:i présente une sérieuse difficulté; la racine, en effet, n'exlste ni en hébreu, ni en chai déen; mais on trouve dans le dernier idiome yip, qui se lit dans deux passages de Daniel où il s'agit d'accusation malveillaqte, cruelle ; Buxlorf et Simonis le rendent par dilraclion, ealomni ' , la fréquence de la mutation du qdpk en caph autorise pleinement à confondre les deux mots. ).e sens priniilif est couper, déchirer, mordbe; de là vient qoe^np signifie aussi morceau, associai ion d'idées que nous retrouvons dans notre location française : emporter ta piiee, l 'I^p Ssx, po'^r

accuser, médire, calomnier cruellement. La phrase de notre épigraphe pourrait donc fort bien se tourner ainsi : Elle n'a déchiré personne par ses paroles.

Le reste, jusqu’au second mot de la dernière ligne, n’a pas besoin d’explication, sauf le féminin ’tn; cette forme, comme le fait remarquer Gesenius, se montre dans ’*n, I Sam., xxv, 25, et dans Ps. xlv, 1.

'ny on nnS*. Ici commence une dissidence avec Gesenius. Ce savant auteur lit, avec Beer, nnSs, colens, cultrix; mais il déclare formellement que le mot suivant, ainsi qu’il le lit, ’nyc;, n’est point sémitique; il pense que l’atn a été transposé par l’inattention ou l’ignorance du graveur, et qu’on doit rétablir 'ncy:, ce qui donnerait deliciœ meœ, cultrix delirinrum mearum. i. e. Osiridis, apostrophe qu’il suppose adressée à Thébé par son père, qui prend alors la parole à la première personne.

Je préfère lire avec Barthélemy nnV.. et sa beauté, sa verdeur, la fraîcheur de sa jeunesse, expression qu’on trouve, dans la Bible, appliquée à un pareil éloge envers Moïse, Deut., xxxiv, 7; pour compléter le sens, je fais une supposition qui me paraît plus concordante avec l’ensemble de l’inscription, savoir, que la première lettre du mot suivant est un tau dont le trait rectiligne s’est en partie effacé, comme se sont effacés quelques traits du mem qui commence la seconde ligne et du qôph qui ouvre la troisième. Au moyen de cette restitution fort simple, le sens devient très naturel.

dSw M*cn Le sens de cette phrase me parait déterminé par le mot rrrn que les lexiques rendent par : Elle a fini, elle s'est réfugiée, elle s'est confiée, elle a espéré. On lit dans les Prov. XIV, 32 : p'is non, le juste est plein de confiance à l'heure de sa mort. C’est le commentaire de notre passage. est une forme de futur employée fiar Daniel, à laquelle correspond rigoureusement notre expression à venir, avenir; le sens est donc coufoimc au proverbe avoir foi, se réfugier avec confiance dans un avenir de paix. Par conséquent doit être le sujet de la proposition, et il n’y a aucun doute qu’il ne soit employé pour intelligence ; nous verrons souvent tomber le hé final des racines qui le possèdent en hébreu.

Ainsi, comme nous l’avons annoncé, l’interprétation justifie la leçon que nous avons adoptée, et particulièrement la détermination que nous avons donnée au caractère semblable à celui qui commence la formule numérale ; ce caractère est bien un schin, comme l’ont pensé Barthélemy et Svvinton.

On a dû remarquer les nombreux chaldaîsmes qui distinguent l’inscription de Carpentras, au point qu’on pourrait la considérer comme entièrement chaldaîqne si elle ne se rattachait à l’bébreu par le mut et par la terminaison féminine en . 1 , terminaison à son tour d’autant plus notable que, partout ailleurs, les monuments phéniciens noos montrent un tau comme marque suffixe de ce genre. Ce caractère particulier ne détruit pas l’assimilation que nous avons établie entre le schin de cette inscription et le signe de même forme que l’on trouve souvent au commencement des dates phéniciennes.

Barthélemy avait pensé que le groupe ncf, qui résulte de l'union de cette lettre an tau qui la suit sur la plupart des formules numérales, était une contraction de r:tv, année, contraction analogue à celle qui de n: 2 , fille, a produit ni. Il aurait pu ajouter l’exemple du nom de nombre féminin D'ntï employé pour c'p;w. La conjecture s’est trouvée depuis matériellement confirmée par une médaille du musée royal de Copenhague, sur laquelle M. Lindberg a lu en toutes lettres n:c (vog. pag. 85, A, i). Il est inutile d'ajouter que, lorsqu’on ne rencontre qu’un schin, c’est encore un sigle do même mot, comme sur plu>icurs monnaies asmonéennes. Sur un exemplaire du cabinet du roi, médailles d’Aradus, 856, on lit : ntrs, en Fan (20).

Ainsi la formule numérale A, présentée comme type à la page 85, doit se rendre par : l'an 100 -4- 20 -4- 10 -4- 1 = Tan 1 31 .

M. Lindberg explique la valeur des signes supérieurs à l’unité en en rapprochant la forme de celles des lettres qui, prises numéralement, ont la même puissance. Ainsi la dizaine — , qui, dans

quciqan eu, offre celle varianle , lai parait dériver de celte forme du itjtf la vingtaine de celle du eaph X, y, la centaine du gôph

Quoi qu'il en soit, an fond, de la Juatease de cea rapprochementa, le dernier seul nous suggérera quelques remarques.

M. Lindberg fait abstraction du Irait vertical placé à droite. En effet, on trouve des variantes ainsi tracées ; |o||, |o|||. I.es lignes de droite sont cvideinment. dans re cas, des multiplicateurs; par conséquent, lorsque la ligne est unique. elle ne fait point partie du chiffre proprement dit; elle en indique seulement la paissance la plus simple ; le chiffre ne consiste réellement que dans le signe auquel M. Lindberg le réduit.

Quant à l'origine de la ligure, on peut, à l’appui de l'opinion du savant Danois, citer la variante L des médailles de Juba II, table 43 xxi de Gesenius. I.es variantes D à K portent pour légende deux mots que Gesenius transcrit fort bien ainsi : VC'47 ap*:, ville du toieil. La légende de l’exemplaire L loi parait devoir être lue et interprétée ainsi : 'C ri37'2 = ai oSj “hc n:VO,

empire du roi éternel, élevé. serait mis pour n:V-, comme, dans un autre ras que nous

verrons plus loin, pour Le roi éternel, élevé, serait Itaal. Mais noos savons que la dernière lettre du premier groupe ne peut pas être un tau; c’est un num, comme an commencement du groupe, comme au début et a la tin du groupe suivant. L’interprétation, par cela seul, e.vt inadmissible. D'un autre cOté, aucune version n’est possible en conservant à chacune des deux ligures intermédiaires de l’un et l’autre groupe une valeur propre. Je pense donc que ees deux ligures ont été séparées à tort par le graveur, qui n’était (teut-être point phénicitm, et qu’elles doivent être réunies pour former un gdph semblable à relui de rcsemplairc G ; de cette manière, nous retrouvons le mot ap*:dcs autres monnaies de la même classe. A la vérité, nous avons, non plus eais npa, mais opa ops ; si cette particularité n’est point le résultat d’une erreur facile à concevoir, elle a dù avoir pour but de dire ; le lieu, la ville par excellence. Une pareille répétition, au surplus, se montre sur une médaille d'Enna, dont nous parlerons plus tard.

Ainsi le qôph aurait éprouvé une modification analogue à celle que M. Lindberg suppose dans le signe du nombre cent.

Les exemples C et D (page 8S) nous offrent des signes numéraux de formes difTérenles de celles des chiffres précédemment déterminés. Noos n’avons aucune donnée pour fixer avec certitude la valeur de ces signes. Cependant l’explication de Gesenius réunit asseï de probabilités pour qu’on l'adopte. Selon lui, le cercle de l’exemple C emprunté aux médailles d’Aco serait, comme la forme autorise à le croire, l’uin initial du mot □"C7, t'inpf, de même que, dans l'exemple B 3, cent est exprimé par le mem initial du mot ntt”. Le demi-cercle qui suit sur l’exemple C 2, et qui reparaît sur les exemples D, serait la moitié du nombre noté par le cercle entier, savoir dix.

Les signes H fl A des exemples D (voy. table 39 xiii de Gesenius) sont d'autres variantes du chiffre vingt. Cette valeur est évidente pour le premier, qui, sur la médaille D, table 36 vi, se trouve placé entre les vingtaines et la dizaine ; il ne peut pas faire le nombre intermédiaire, car, mnsi que le demande Gesenius, comment croire que, n’ayant pas de chiffre particulier pour cmç. les Phénidens en auraient formé un pour rendre quinze? Enfin, solvant l’illustre paléographe, fl serait une altération de ce même signe H ; A une altération du signe

Plusieurs médailles pourvues d’une date portent l’un ou l'autre de ces deux groupes p ,rz ; des variantes du même type ont tantôt l’un, tantôt fautre de ces mots.

Ainsi Pellerin, dans le tome|II de son recueil, pl. 80, a représenté des médailles dont la légende se lit dans un cas : .njtza'l DKS nts p r'S, et dans l’autre : ïWPi D'tCO rz me. Barthélemy, qui a fort exactement In le premier groupe, et non moins exactement attribué le type à Maratlius, ville importante de la côte phénicienne, presque en face de l’ile d’Aradus, ne se prononce pas .sur la signification du groupe suivant; il dit seulement : • Le beth qui vient après ce num •

(Marath) doit se joindre peut-être avec le (au qui est de l'autre côté, aux pieds de la figure, pour '

désigner le mois où l’on frappa la médaille; mais, loin d’étendre cette conjecture, j’observerai

que .sur plasienrs médailles de Marathas le beth est figuré comme on mn phénicien (voy. Jovm. des Sçarans, août 1760, méd. IV) ; si celte différence ne vient pas de l’artiste, on pourra lire Marthah (pn'ai au lieu de Marath. •

La ressenililance avtK: l’aln, dans le cas donl il s'agit, n’est pas asser complète pour permeltre la confusion ; le cercle présente à droite une dépression qui mainlient le caractère du hrth.

inéifailles dessinées sur la pl. eux du Itecueil de l’i llerin. n“ 12 et 13, offrent chacune, dans le champ à gaudic , un niem suivi d’un monugranmie inexpliqué, au-dessous un belh; puis en bas, près des extrémités de deux cornes d’abondance, du’eûlé droit un beth auquel se rattache à gauche, dans l’exemplaire 12, un nun, dans l’exemplaire 13 un tau-, le beth de ce dernier exemplaire est inexactement reproduit par Pellcrin; un exemplaire que je possède ne laisse aucun doute sur cette valeur; le beth y a manifestement la ineme forme que celui de l’exemplaire 12. F.nfin dans le ehamp à droite est une date. On a par eonsequent , dans un ess : zi D D'va'N p; dans l’autre : a'T"c o'ïaiN nuTS nir r: : ?

L’hypothèse de llariheleniy que les groupes p et rc peuvent désigner des mois n'est pas soutenable.

Ccfiendanl il est bien évident que ces groupes se rattachent à la date; on les rencontre aussi sur les médailles de Maralhus. (liée, de Pellerin, pl. Lxxx, t,“ 62, 63.)

Or, nous les trouvons fréquemment dans l'hébreu en tête de dates, savoir lorsqu’il s’agit de désigner l'âge d’une personne; ainsi, Genèse, v. 33 ; ."UB? rlxt: C:;ri p rt: ; ihid., xvii, 17:

n;w D'ïirn ns.T ntc.

L’analogie serait complète, indubitable si, dans nos formules, au lieu de villes il s'agissait de persoiftiages . Eh bien ! n'est -ce pas un des caractère.s les plus snillanis du style bililiquc que la personnification pre.sque constante des villes’/ Ne retrouvons-nous pas cette personnification .sur les médailles phéniciennes où nous lisons les qualifications tantôt de mire, d;“ï 'ï (t'oy.

page 31), tantôt de sœur, (pour nntt) n:.'i ps (coÿ. plus loin, liv. III, eh. ii)? L'emploi

de cette locution, empruntée à un idiotisme usité pour indiquer l’àgc d’un homme ou d’une femme, est donc une conséqiicnee naturelle , presque rigoureu.se de celte personnification . lorsqu’il s’agit de désigner l’âge d’une ville.

Mais imurquoi .se sert -on tantôt du masculin p, tantôt du féminin n;? C'est que la personnification revêtait cncelivcment l’un et l’autre de ces genres. Il n’est pas r,ire de trouver dans la Bible des villes figurées sous l’image d’un homme , bleu que la forme féminine soit plus souvent adopléc. De même, en phénicien, nous rencontrons, sur les monnaies de Gadir , tanlôl le masculin Sï: , tantôt le féminin pour dire la cité. C’est le premier de ces mots qu’il faut sous-entendre lorsqu’on iroove p, le second lorsqn’nn lit n.

^ous avons vu dans quelques-unes des formules numérales examinées précédemment des lettres substituées aux chiffres. Ce procédé, commun à la plupart des langues anciennes, va se montrer exclusivement employé dans quelques inscriptions lapidaires. Dansd’aulres, les nombres sont rendus psr leurs noms entiers. Dans une enfin, le nombre est exprime en partie par nn nom appellatif, en p.irlie par une lettre remplissant le rôle de chiffre.

La connaissanec de ce fait rend clairs et naturels des textes qui ont longlcm|>s exercé en pure perte la sagacité de savants orientalistes.

Dans la première classe se range la liellc inscription décrite par Gesenius . sons le nom de seconde maltaise («oy. la table 7 de son Alfas). Elle s été découverte à BIn Isa ou Bin Ghisa, dans nie de Malle, en 1761, dans une caverne sépulcrale. Elle est maintenant eonservée » la Bibliollièqüe royale de Paris, encastrée , au milieu d’inscriptions greeqoe.s rt latines, dans l’une des parois du vestibule ouvert au pied de l’e.scalicr qui conduit à ta salle de lecture. Elle est malbeureusemenl muliléc; mais les copies qui ont été prises cl publiées lorsqu'elle était encore entière pcrmeticnt de la compléter avec une entière confiance.

La décoavertc de cette inscription a été annoncée par Berthéicmy dans une courte lettre adressée, le 17 nov. 1761, aux auteurs du Journal de* Sçavans, et publiée le mois suivam dans ce recueil.

Incertain sur la fîdélité des copies qu’il avait reçues et retenu par la réserve dniit il s'éiail fait un principe, l'illustre académicien ne voulut point hasarder d’esplication : il se contenta de donner, au moyen d’un alphabet particulier , une transcription qui a été adoptée par Swinton , puis par plusieurs autres interprètes, et , en dentier lieu, par Gesenius. sauf la 9* lettre de la seconde ligne, que Barthélemy a prise pour un iod, Swinton pour un soin. Tychsen pour un phé , Drummond pour un rau, dont M. Êl. Quatreinère n’a pas tenu compte, et qui ne peut être qu’un aïn ou un rau. Les leçons de Drummond et de M. Él. Quatreinère diffèrent aussi de celle de Barthélemy par la valeur qu’ils attribuent à la I.V lettre de la première ligne . Barthélemy la regardant comme un ghimel, Drummond comme un beth, et M. Lt. Quatreinère comme un phi. Le dernier professe d’ailleurs plusieurs autres divergences que nous. signalerons tout à l’heure.

On trouve dans Gesenius l’exposé et la critique îles interprétations qui avaient été essayées avant lui par Swinton , Tychsen , Kopp et Drummond ; il serait superflu de refaire ce travail ; nous ne nous attacherons qu’aux versions proposées parce savant auteur et, apres lui, par M. Ét. Quatremère.

Gesenius avait d'-'i^ard traduit ainsi :

m nin rçj ■ain ntn ox .yr:

p Si;

Conclave domds teternæ, sepulcrum. Dcposilus est piirus in hoc clauslro. Spirilus rem'issionis mater ignominitc. Ilanni — bal, Hlius Rarmcicci.

M. Él. Quatremère , dans une analyse publiée en 1838 dans le Journal des Savants , a rejetc celte traduction après s’être demande : • Kst-ce bien ce qu’on doit s'attendre à trouver sur un mo- « numcnt de ce genre? Des réflexions philosophiques peuvent-elles avoir place dans des inscrip- « lions qui, comme je l’ai déjà fait observer , ne contiennent que des légendes funéraires ou « votives? Si je ne me trompe , le sens de l’inscription diffère lieaucoup de celui qu’a cru pou-, • voir adopter le docte écrivain. Je lis de celte manière :

Spw top oSy nn Tin m* ’nSs 3»ï3 3TI m;3 OKI no iSmaCi?) P Sy

Conclave doiiiûs æternæ, sepulcrum fabricalum, monumontuin nuruum mcarum Jadhe — med et Ëm-bosi;liet. Anni — bal, fdius Ebcd-Moluch.

D'abord l'épithctc fabricalum parait bien oiseuse; mais des motifs plus péremptoires s’opposent à l’adoption de celte lecture ; en effet, la seconde lettre de la deuxième ligne ne peut être un tsadé; c'est bien certainement un qôph: noos en appelons à toutes nus précédentes analyses. Ln second lieu, en lisant au début de l’épigraphe Ttn, où le daleth, par sa brièveté, est bien distinct du resA qui le suit, il est im|fos8ible de prendre pour des daleth, et pour autre chose que des resh. l'avant-dernier caractère de la seconde ligne, le deuxième de la troisième ligne et le cinquième de la dernière ligne. Enfin, comme nous l'avons déjà fait observer, le petit trait (racé après la huitième lettre de la seconde ligne, et qui existe distinctement sur le monument original*, a été négligé.

(lyCetleomiiision provient sais doute de ce queM. Qua- n'avoir point vu le monument original dont noua avona tremèrr, qui ne parle que d’une empreinte en plâtre du précédemment indiqué la-poaitlon dans le vestibule même cabinet dea antiques de la Bibliothèque du Roi et d’une de celte bibliothèque, copie qui ae trouve dans le même établiaaemeni, parait

9i DE LA LANGUE PHÉNICIENNE

Assarément des rcilexions philosophi(jue.s peuvent avoir place dans des inscriptions sépulcrales, et c’est d'bne inscription de ce genre qu’il s’agit ; mais, dans la version de Geseoias, c’est le fond de la réflexion qui ne parait pas se lier au contexte.

Au surplus, Gesenius a lui-méroe reconnu ce vice; on lit, en effet, dans l’Appendice IV de son grand ouvrage : - In cxplicatione melitensis 2 I. c. proposita duo milii ipsi semper displicue- •4 ront ; unum, qu(Mi nimis tnultæ et nimis brèves sententiæ in tàm brevi monumento minime « inter se cohærenies stalueremnr ; alterum, quôd duæ administrantur sententiæ sépulcrales in <4 quibus maxime altéra (rtra CK *1‘'C n*', spiritus remimomt mater ignominiœ) molesta ernt, •4 quippè quæ inter laudes viri et nomen ejus intcrjecta esset. Quæ dùm repuio, non possuro non 44 aliam suadere illonim verborum explicalionem pczc KE'C rv', spiritus mansuetus sine dede- 4. core. Eamdem formulain k 2*'C m in laodibus sepuiti habes etiam in Carlb. XI, lin. 4. •

Cette dernière remarque fait tomber une partie du reproebe que l'abbé Arri {Memorie délia reale accademia delle scienxe di Torino, 1839) a adressé à Gesenius dans ces termes: » .Scd ab 44 sententia se abstinuisset vir docti.ssimus, si in inlerprriatinne lituli XI carlbaginensis eadem 44 omnino verba ibi clare distinclequc scripla reperiri recognovissel quæ in titulo roelitensi 44 arcKpOtYjx« Hannibali illi in deliciis esse putabat. >

Voici l'interprétation que Gesenius a donnée de cette inscription cartbaginoisc îi laquelle il renvoie (t'oy. sa table 47), et qui est en effet très importante :

navo

miT,:4*ya3î;S pphciay P Svaüatr p n O K9ao m c 'jZ Spa pK ne?

nm»p I

Cippus Alxl-Astarlo, filio Abd-Mclcartlii, fîlii Sufetbalis.

Ilave, anima placida, (|uam fulcivil dominiis Daal, proloxil Astarlc.

Il est facile de reconnaître que Gesenius est resté en deçà de la réalité en limitant la similitude •aux mots k 5*'C nt ; la lettre qui les précède a évidemment la plus grande ressemblance avec celle qui occupe la même place sur la seconde maltaise, et l’on peut présumer qu’un autre caractère pareil et un vau intermédiaire existaient au commencement de la ligne, qui est on peu écbancrée en ce point. D’un autre côté, après les mots kE’^c m viennent les lettres rtrc que l’on ne peut pas ne pas rapprocher de celles-ci tiCEC , qui figurent sur la seeonde maltaise, en sorte que, sauf le beth en plus dans le dernier groupe, on a, de part et d'autre, la même formule, comme on le voit par le parallèle ci-après ;

Seconde maltaise

Onzième carthaginoise. ... ivs OKflnîSmmn

Arri, qui a fait la même comparaison, pense qu’on doit suppléer le beth, soit à la fin de la cinquième ligne, soit au commencement de la ligne suivante, et, malgré cette supposition, il ajoute : 44 Proindèque desperandum de plena ac perfecta hujus tituli interpretatione. 4,

La plénitude des deux lignes dont il s'agit ne laisse aucune place pour l’addition proposée : l’absence du beth est certainement primitive.

Cette circonstance, loin d’augmenter la difficulté, est au contraire on trait de lumière qui fournit le moyen péremptoire de la résoudre ; il faut trouver, pour les deux textes, une formule commune (|ui se prête à l'élimination de ce signe. Pour cela, il suffit de le considérer comme numéral. Nous y sommes portés par la lecture do groupe que nous trouvons de part et d'autre à la lin de la formule, et que nous avons vu un peu plus haut employé pour signifier année au emu-

ET DE LA LANGUE LIByQUE.

mencement de plosiears dates monétaires; nous devons lui areorder ici la même acception, et dés lors ce nom appelle un nombre; si le beth fait partie de ce nombre, il ne doit pas être seul, puisqu'il disparaît de l'inscription cartba;;lnoise; il est précédé d'un mem que nous avons déclaré être un 8%le représentant pkc, cenl, dont il est l'initiale, comme c en latin ; Gesenius dit à ce sujet ; > Scribendi cumpendiis quæ § 37, p, recensita sunt, adde ts et nc pro nttC, centum. > Le 6el/i, (le son cAié, a la valeur correspondante à son rang alphabétique, c'est-à-dire ti, comme on l'a vu sur l'cscinple emprunté aux médailles asmonéennos que nous avons rapporté au commencement de ce chapitre.

Nous avons donc, dans la lecondt maltaûe, cext-oeux aks, et dans la onz ime rarthaginmte, cekt ans.

Puisqu’il s'agit d'épitaphes, ces chilTres doivent indubitablement avoir trait à l'âge des individus désignés dans les textes à l'epoque de leur mort; par conséquent le commencement delà formule doit rendre cette idée; c’est en effet ce que l'on trouve en lisant .sE"'ï: m .Tin.

Cette lecture denianile des explications préalables au sujet du mot nw, qui correspond, sur la seconde maltaise, aux 8% 9* et 10’ caractères de la seconde ligne. Les huitième et dixième rappellent ce que nous avons déjà dit d'une figure analogue à la page 39. Ils pourraient être pris pour des iod; mais avec cette détermination il est absolument impossible, nous ne craignons pas de le dire, d’arriver à une interprétation; M. Kt. Quatremère, qui l'a tenté, a été obligé, comme nous l’avons vu, de négliger te trait intermediaire, et, malgré cela, sa version n'est pas encore admissible. En faisant, au contraire, des bé pour les considérations exposées dans l'un des chapitres précédents, on trouve un sens facile et naturel. Le trait intermédiaire n’a point d'analogue dans la forme d'écriture a laquelle appartient l'épigraphe de Malte. Le contexte permet de le prendre indifféremment pour un iod ou pour on roii; mais l'cxemplairede Carthage prouveqoe c’est on eau; les traits mutilés qui existent à cet endroit doivent en effet se décomposer et se restituer ainsi : ^ '5V, ce qui donne un rau comparable à celui que l’on reconnaît au commencement du fragment dessiné à cdlé sur la table de Gesenius.

ri' .Tri correspond à cette locution d'Isaie, xxxviii, 16 : vrt'ri '"ri, la vie de mon âme. Gesenins fait en effet très bien ressortir, dans une note de la page 274 de son Lexigue. la commune origine et la sigoiOcation, au fond identi(|ue, des mots .Tri ,n'n et Tri ,.Tri ; il considère, page 27 1 , la forme riiri comme primitive; c’est par conséquent celle qui convient le mieux au phénicien.

NB'n est le participe pihel de NE', dont l’une des significations est rendre, nEaiTTEas. On trouve NE'C employé dans le sens de remiilens par Jérémie, xxxviii, 4 : '0;n ’T tn ns'C Niri, ipte remitlesu (remùsas faeiesu) manus virorum '.

Ainsi la traduction de la formule entière serait ;

Pour la seconde nuiKaûe, vitam spibitus (vel ANin.E) remittexs (qui nEiiisiT) en Aitmo;

Pour la onzième carthaginoise, vita* semrrtJS oui iiEnisiT c adho.

On va voir que la teneur de chaque inscription s’accorde parfaitement avec cette interprétation partielle.

Voici l’explication que je propose pour l'inscription maltaise :

Sv£u i3p ohv ru Ttn m rrirt nV33 npu 3Ï1 n» 30 NSriO q'70ri3 P ‘tp

(!' Morphée, qai plonge menibret 4nns un rrliche* mrnl nuque) on a aouveot comparé celui de la mon, tire râideuimenlaoD nom du participe dont noua parlumt; il R’y a, eu quelque aorte» qu’uoe Uanacriptiou littérale»

Tcnetraledomus ætcntæ» sepulcrum remunerati.

iustificutus 05l in coosummaltono» vitam spirilus qui remUit cii anno» llannibalp Filiuâ Barmeleci.

L'emploi de ce mol au aujet du trépu d’un Juate Implique donc fort à propoa une aaaociatioa d'idée aTec l’image de s’endormir dans le calne.

DE I.A LANGliE l’HÉMCIENNF.

I l jimir la cartliâ^inoisp ;

rar;

.■n.’irTTiayS -ip^aaav P Si'aoac P n 3 xma m mrt oaSya pu ro

«Sp NP?

Cipyii.'

AlKljxtarti, lllio Abilmelcar- Ihi. fîlij Sufplbalia.

viUm spirilii-; qui rpn>i<<il i' anno. Baaini Balmupt feci malediii.

»,)uelqiies mois soni nécessaires encore pour achever la jiislineation de ces leçons.

Ainsi, dans la seconde tnallaisr, • les premiers mots, dil M. Él. Quatremére, ne peuveni présenter aucune difficullé réelle; ils ont été lus et expliqués d’une manière uniforme par tous les inlerpreles. nn, qui est écrit ici bien dislinrtement, se trouve plusieurs fois dans le texte hébreu de ta Bible avec, le sens de rubirulum, conclave, penetralc. Dans le livre des Proverbes, vu, 27, on lit 7113 '•'irt, les retraites de la mort. L’expression domus atema, appliquée au tombeau, rappelle naiurellcnient un passage de Diodore de Sicile où cet historien assure que les Égjfptiens désignaient les maisons sous le nom d'hàlellerie et appelaient le tondntau la demeure éternelle de l'homme '. ■

S>'£; "Cp. sepulcrum remunerati. S’il est vrai qucSïE signifie au propre travail, ourrai/e, il est souvent aussi employé, par métonymie, pour salaire, récompense. Ainsi dans Job, vu, 2, on lit : iSïE rTp’ comme le mercenaire attend son salaire; et dans Jérémie, xxii, 13 :

- Malheur d relut...', qui maltraitera injustement son prochain, 'S jn’ «H l'j’JE’’, et ne lui donnera pas son salaire t ■ Aussi l'une des acceptions du verbe est-elle facere (exercere) justitiam (Gesenius, Lexique, page 833 d.). Le passif peut donc être mis pour : être traité avec justice, être récompensé. Mous allons voir la raison de ce sens.

nS:3 ~‘pi,justi/icatus est ù< ronsummatione, in fine. Gesenius, tout en traduisant np; parpurus, ne dissimule pas (p. 101) que, pour que la forme adjeciive fût congruante avec l’analogie hébraïque, airtsi que Fabriey l’avait aussi déjà fait remarquer, il faudrait que la troisième lettre fût un ia«t et non un hé; en effet, ,Ap; est le verbe justificatus est, Justus declaratut e.si ; je suis donc resté dans la règle en ehoisis.sant le dernier sens.

Ainsi répilaphc dont noos noos occupons renferme trois membres trorrélatifs qui forment, par leur réunion, un tout régulier et se prêtent les uns aux autres un mutuel appui. Il s’agit du tom- Iteau d’un homme rémunéré; relie rémunération a consiste dans une vieilb-sse consommée, prolongée au delà de cent ans ; celte longévité a été en même temps le prix et la preuve de sa vertu.

Il résulte d'un assez grand nombre de passages de ^l’Ancien Testament que, dans l’opinion des Hébreux, la vieillesse était une récompense promise par Dieu à la pratique de ses commandements. Dans la Genèse, xv, l.S , Dieu dit à Abraham pour lui exprimer son eonienlement : • Tu descm~ dras au tombeau dans. une vieillesse avancée et heureuse. •• Chacun a présent à la mémoire ce précepte du Décalogue, le seul qui contienne particuliérement la prome.'se d’une récompense ;

- Honore ton père et ta mère afin que tes jours sfiieïil prolongés sur la terre, que l’Éternel, ton Dieu, te donne. • L'un des interlocuteurs de .lob, Elipbas, lui dit, v, 26 : • Si lu supportes avec résignation les maux dont Dieu te frappe, tu descendras vieux dans la tombe, - et le texte sacré emploie ici presque la même expression que celle de notre pierre ; nap I 7 k nSsa (t'on ; Gesenius dit en effet. Lexique, p. 181 ; « nHî... equidem non dubito quin idem notel quod l^S3, perfectus, consummutus est. - Dieu pr >met aussi la longi vilé à Salomon pour prix de son obéissance.

(I) Biblivlh. hùt., lib. I, ca^. u, tonit I, page tSl, ed. Bibout

ET DE LA LANGEE LIBYQL'E.

I R., III, 14. Ptr contre, U brièveté de la vie est souvent aiiDoocée comme le châtiment du péché; ainsi, Dien, irrité contre le grand prêtre Héli, qui a iaissé ses deux i'iis marcher dans l'impiété, iui dit : >11 n'y aura plus de vieillard dans ta maison... • II Sani., xxx, Z3.

La vieillesse était donc, connue je l'ai dit, une rémunération divine, et parlant un témoignage de pureté; ainsi s'expliquent, dans leur parfaite harmonie, les diver.se.s parties de l’épilaphedu centenaire Hannibal.

J. Spon rapporte, à la fin de ses Miicetl. erud. aniiq., une insrri|ition trouvée à Rome qui semble un commentaire fait tout exprès pour celle que nous analysons ; la voici' :

MOSVMENTVM . ABSOLVl .SVMI’TV . ET IMPEN.-<A . MEA ARICA . TELL VS . VT . DET . IIOSPITH M . ÜSSIBVS OVOD . OMNES . OPTANT . SED . FELIEF-S . IMPETRANT NAMOVE . yVIl) . EGREGIVM . QVIDVE . CVPIENÜVM . PtST . MAÜIS OVAM . LIBERTATIS . VBI . TV . LVCEM . ACCEPERIS FE.'vSAE . SENECTAE . -SPIRITVM . IBI . DEPONERE QVOO . INNOr.ENTIS . ARGVMESTVM . EST . MAXIMVM

Quant à la oniiVme earthaginuite, il ne me reste à justifier que la proposition : JiS";

uSp Ncy.

Le second composant de Raintago, bien qu'il ne puisse être expliqué en hébreu, rappelle nu nom célèbre à Carthage ; il me seml)ie dériver du chaldéen, et celte opinion s'appuie sur l'existence, à une très petite distance de Carthage, d’une ville dont le nom, rv^;5 r*:3 (Siéra venerrn, Kefi n'a pu être emprunté qu’au culte babylonien. Cesenins forme le sulHUantif (30, don oo bouclirr, en supposant un nun au commencement de la dernière ligne, mais alors celle ligne aurait son point de départ sur la mènw verticale que les cinq précédcnlei ; or, les traces qui restent lic la première ligne indiquent qu'elle ne consistait qu’en un petit nuinbre de lettres dont la place correspomlait au milieu des autres lignes ; tout annonce que, par symétrie, la dernière ligne avait été disposée de l.i même manière, et celte conséquence paraît si nécessaire que Grsenius n’a pu s'y soustraire dans la transcription ; il a mis la dernière ligne en retraite comme ta première, ce qui ne peut .s'accorder avec sa supposition.*

• La restitution de ,sHp est assurément moins forcée que celle de Gesenius, qui convertit an u/cpA et an qôfih parfaitement formés en tau et en reih. Le trait ajouté au lamed doit en être séparé pour figurer un alrpb, qu’il n’esl pas étonnant de voir en partie confondu avec la lettre antécédente sur une copie si défectueuse.

.Ainsi le contexte des deux épigraphes s'accommode complètement aux leçons que nous avons adoplées.et, |>ar conséquent, à raltribution d’une fonction numérale aux deux lettres pour lesquelles nous l'avons proposée.

Nous en trouvons de nouveaux exemples sur trois des inscriptions de Cilium dont il a été bit mention aux pages 2 et 80; nous voulons parler de celles qui sont reproduites sur la table 12 de Cesenios. n*'*4, 7 et 8.

La fumiule à laquelle nous voulons faire allusion a pour signes les trois dernières lettres de chacune de ces épigraphes. L'analogie qui doit faire rapprocher les groupes qui en résultent est frappante. Deux des lettres qui les composent restent idemiques, savoir : l'une un chel, l’autre un tehm; la troisième est varlshie; c'est, dans le premier exemple, on daUtk; dans le second.

(l> Ittinsda, qui reproduit cette épigraphe, ajoute : • Maznriiius h<K cpigramuia di-formaïuni batiel, rorrectiuv Orcteru», .Sponiua boc modo «laeripôl, additque

immortalî Scaiigero viaum fuiiae fu'tum veteria alieujua et elegamU poeUscomiri > Carm. cl- anu lapid , vol. Il,

un beth; dans le troisième, un mtm. Des dcnx lettres invariables, l'nne, le chet, occupe toujours la tète du groupe ; l'autre est tantAt précédée, tantAt suivie de la lettre variable.

Ces groupes doivent certainement, comme dans le cas précédent, représenter une formule commune, modinéc par la lettre variable. Le chet est le sigle de rt'n, il a vécu : le ickin celui de n;r ou ne, année, comme il l’est sur quelques monnaies asmonéennes ; le caractère variable par conséquent est un chiffre, savoir : t = 4. ; = 2, c =* lO, ou, si on le prend pour l'initiale de rnu. = 100.

Quant ans variations de position respective du chiffre et du $rhin, elles s’expliquent par cette seule remarque que, dans les exemples de la Bible que nous avons cités page 90, r:C se trouve à la fin de la phrase, et que ce mot ou ses abréviations se présentent au début, au contraire, sur les médailles soit hébraïques, soit phéniciennes.

Msiheurcusement les copies de ces in.scriptions sont si défectueuses que l’on ne peut traduire que celle qui occupe le quatrième rang sur la table de tlesenius ; elle se rend ainsi ; Théora, fcclave de Melkiten, pnner. Klle a vécu quatre ant.

Les recueils d'inscriptions latines fournissent deux épitaphes à peu près semblables, et, coïncidence remarquable, il s'agit d'esclaves aussi dans chacun de ces cas.

IVCTODVS LtVIAE DRVSl OAESARtS F. (illYPIlt ET VITALIS

IN QVARTVM SVRtïENS COMPREN.SVS DEt’RlMOR AXNVSI CVM POSSEN MATRI DVLCIS ET ESSE PATRI Es. Mu.'. Véron., p. t7o, i.

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