CHAPITRE VII
Cyrénaïque: — Cyrme.
M. F. Fresuel a récemment publié un cachet trouvé à Cyrène sur lequel sont gravèea deoi lignes qu’il regarde comme de l’ancien hébreu et que M. de .Saulcy, dan-s la Reçue arcAéo/oÿique. S'' année, 1'* partie, a traduilra comme punique*. Le rapport que nous avons piusieurs fois signalé entre la plupart des lettres phéniciennes et les lettres correspondantes de l'ancien alphabet des Hébreu* espliquc cette divergence sur laquelle nous reviendrons.
Celle gemme est de jais oriental très dur et de forme elliptique; les lettres en sont fort nettes (roy. pl. 2, n° 8). L’inscription consiste en deux lignes, dans le sens du grand diamètre, et séparées par deux traits parallèles. La première ligne contient si* caractères; la deuxième cinq.
L'explication donnée par M. de .Saulcy ne lais.se rien à désirer: nous lui emprunterons ce que nous avons à en dire.
Les caractères, de formes et de valeurs parfaitement déterminées, se lisent sans hésitation :
A Abdialih,
3r* (3 fils de Ja.sidi.
De ces deux noms propres, le premier est formé de *33, dont nous connaissons si bien la signilication, et de rr, venant de nirt, il cil; le sens complet est donc : Serrilmr du Virant, du Ficani par exceltmce, del'Èltmtl. Nous disons souvent encore ; le Dieu ticani.
Le second nom propre, que M. de Saulcy dit signifier habitation, demeure, et de l’emploi isolé duquel il déclare ne connaître aucun exemple, me semble n’èire autre chose que le nom altff' que l’on trouve dans les Nombres, xxvi, !4, et dans Esdras, x, 29 ; on le traduit par « eonrertens. Nous avons maintes fois signalé l’o.sage des Phéniciens d’éliminer le cou quiescent, si tant est que Ton ne doive pas plutôt considérer l'intercalation de cette lettre comme une addition des Hébreux.
Au point de vue graphique, l’inscription a cela de remarquable qoe l’ain est triangulaire, exemple qu'on ne retrouve, mais moins prononcé, que dans la première athénienne. En secun l lieu, le ichin a une forme peu commune, qoe nous retrouverons particulièrement sur quelques marbres de Malle et de la Sardaigne.
Ce sont ces particularités, ainsi que le nom de la divinité Jahh, et probablement le lieu où la gemme a été trouvée, qui ont poné M. Fresnel à considérer l’inscription comme hébraïque. Ces motifs ont derlainement de la force; cependant, pour la forme graphique, noos venons de voir qu'elle n'est pas complètement étrangère aux monuments phéniciens ; quant an nom de la divinité, on ne le trouve jamais rendu, dans fAncicn Teslament, par l'orthographe n', c’est -à dire avec on ehet. Il noos parait donc y avoir sujet de rester dans le doute.