‹ Étude démonstrative de la langue phénicienne et de la langue libyqueChapitre 38 sur 66 · Biempial II ; médailles avec légendes puniques · texte numérisé non relu

Biempial II ; médailles avec légendes puniques

Juba I" ; médailles avec légendes latines et puniques ; médailles avec légendes puniques ;

Juba II; médaille avec légende latine et punique frappée à Simithu.

De ces médailles, nous ne connaissons que celles des villes de Cirla, de Lambesa, et celles des deux rois Juba. Nous y ajouterons une médaille de la ville de Tipata ou Tiffech.

t’ne seule inscription corre.spond à l’anc des villes citées dans cette énumération ; c’est celle de Cirta ou Conslantine ( ringl-troitiime numidique ) dont il a été parlé à la page 63.

Des vingt -deux autres inscriptions numidiques étudiées dans le livre précédent , chapitres v et VII, cinq ont été trouvées entre Tucca lerebenthina, aujourd'hui Sfagrava, Yacca ou Bedja, et Sicca ventrea ou Ktf; ce sont les première, teconde, Iroitiéme, huitième et dixième.

La première a été trouvée en 1833, par sir Grenviile Temple, dans une chétive habitation du bourg de Maghrava, non loin de l’emplacement de l’ancienne Tucca lerebenthina ; elie orne le musée de la Société asiatique de Londres.

La teconde, découverte un peu avant 1837, a été envoyée à Copenhague parScheel, secrétaire du consulat de Danemarck ; elle est conservée dans le musée de cette ville.

La Iroitiéme, un peu plus grossière que la précédente, a été trouvée vers la Gn de 1823 et achetée par Humbert pour le musée de Leyde, où elle est déposée.

La huitième a été découverte en 1837 par Read à Challik, qui parait une dépendance du bourg de Maghrava.

La dixième, enfin, a été trouvée le 26 avril 1838 par .M. Falbe à Makhter. Elle est au musée de Copenhague.

La quatrième a dù être découverte dans la même région. Elle faisait autrefois partie de la collection deTulin, consul anglais à Tunis; elle a été achetée en 1828 par le roi des Pays-Bas, et placée dans le musée de Leyde.

Quatre autres, savoir la oniiéme, la douzième, la qualortiime et la cinpt-unième, ont été déterrées à Ghelma, autrefois Calama, l’une de nos plus importantes stations de l’Algérie : ia onzième, en 1836, par M. le capitaine d’état-major Delcambre ; la douzième et la cinpt-URième en 1815 par M. de Lamare, chef d’escadron d’artillerie; enfin la quatorzième en 1816 par mon ami le docteur Grellois. La onzième est reléguée dans le musée de Narbonne ; la douzième et la tinplunième viennent d'étre apportées au musée algérien fondé récemment au Louvre ; la quatorzième est entre les mains de M. Grellois.

La cinquième, la aùzième et la septième, à en juger par les analogies graphiques et formulaires, proviennent très probablement de la même contrée ; mais on ne sait de quel point précisément. La cinquième a été vue par Gesenius enfouie dans l’un des caveaux du musée de Londres, an milieu d’autres inscriptions de la collection Sloane ; elle est gravée avec soin sur un marbre blanc très dur et fort bien poli. La sixième et la septième, rapportées, il y a une dizaine d’années, de Tunis, par un marchand juif, ont été acquises par le musée Bourbon, à Naples.

Les neuf dernières , savoir les neuvième, treizième, quinzième, teizième, dix-teplièmt, dixhuitième, dix-neuvième, vingtième et vingt-deuxième, font partie de la précieuse collection rapportée de Hanschlr-aîu-Nechma par M. de Lamare.

Ces diverses inscriptions se distinguent d’une manière toute particulière, comme on l'a indique dans le deuxième livre , par les modifications considérables qu'ont éprouvées certaines lettres ,

ET DE LA LANGLE LIBYQLE. lâï

modilicalions propres à toute In Libye, moins le territoire de Carthage, à l'Kspagne béiique et aux iles adjacentes à l’une et à l’autre de ces contrées. Ces changements portent sur Valeph, le belh, le daleth, le vau, le chel, le mem, le nun et le resh. Ce sont, sans aucun doute, des dégradations, mais qui ne se sont pas introduites sans mcihode. Ainsi l'aUph et le tium, comparables à one croix de Saint-André, ont entre eux une grande rcssemblanre ; il est cependant toujours facile de les distinguer, ainsi que Barthélemy, tout en se trompant sur ta valeur absolue des caractères, l’avait déjà remarqué dans sa lettre au marquis Ulivieri, page 41 ; Valeph est constammcht signalé par un ou deux petits traits dont on a soin de surmonter les ligues qui se croisent, un lorsque le mem n’en a point, deux lorsque celui-ci en a un. Le belh, le daleth et le resh, en se réduisant successivement à one ligne plus ou moins courbe, puis à un simple trait droit, conser. vent les rapports de configuration qui les rapprochent dans l’alphaliet normal. Le nun maintient aussi son analogie avec \elamed; mais la confusion est évitée par la précaution presque constante de faire monter celui-ci au-dessus de la ligne et descendre l’autre au-dessous, di.sposition «xirrélaiive à ce qui existe dans l'alphabet normal. Le vau, pour qu’on le distingue du caph, a la tige courbée à droite. Aucune des modifications auxquelles nous venons de faire allusion n’est aussi remarquable (|ue celles do chet depuis sa réduction à trois traits verticaux un peu concaves à gauche, réduction reconnue par Gesenius, jusqu’aux contours bizarres qu’il présente dans plusieurs autres cas et dont la détermination noos appartient.

Les formes précitées, toutefois, ne sont pas, à l’exception peut-être du vau, constamment employées sur les monuments phéniciens que nous rapportons à la Numidie ; les figures normales^ surtout celles du belh, du daleth et du resh, s'y trouvent aussi. La présence relative ou prédominante de l'un ou de l’autre système indique l’àge relatif des monuments, en considérant, bien entendu, comme les moins anciens ceux dont les caractères s’éloignent le plus de l’alphabet commun.

Le resh, je |>ersiste à le croire et je compte en donner de nouvelles preuves dans ce chapitre, se montre assez souvent sous une autre forme, celle de la même lettre de l'siphabet loiuain, mah^ tournée en sens inverse. On doit se rappeler que cette forme existe aussi sur les médailles tyriennes de In plus basse époque.

Enfin le sehin subit aussi une métamorphose ; c’est probablement la plus ancienne, car on en surprend le début sur la tjuaiorùême carthaginoise.

Mais les inscriptions numidiques ont un caractère tout à fait spécial dans certains canevas formulaires qui leur sont propres ; nous avons signalé, en effet, dans le livre précédent, les analogies qui les lient sous ce rapport et à la fois les séparent dans l’ordre suivant : 1'*, 2*, 3”, 4*, — 10®, — 23*, —9®, 11®, 12®, 13®, 14®, — 5®, 6®, 7®, 8®, 15®, 16®, 17®, I8®, t9®,2ü®. 2f, 22«.

Chacune de ces familles se distingue en même temps par une physionomie graphique particulière.

Outre les monuments que nous avons été jusqu’à présent amenés à analyser, la Numidie en a fourni plusieurs autres qu’il nous reste à étudier, savoir : une médaille de Tipasa; trois inscriptions trouvées à Ghelma : deux en écriture phénicienne, l’autre en caractères romains ; une inscription découverte à Hanschir-aïn -Nechma; une médaille de Constantine ; plusieurs de Lambesa, de Juba 1'' et de Juba 11.

il existe enfin une inscription bilingue, phénicienne et libyque, trouvée, ainsi que nous l’avons dit dès le commencement de cet ouvrage, k- Tucca. Afin de traiter en particulier de la langue libyque, nous remettons, comme nous l’avons annoncé, à en parler dans le dernier chapitre de ce livre. Nous mentionnerons alors les fragments d'inscriptions libyques découverts aux environs de Tucca, à Hanschir Makhier, à Tiffech et à Hansebir-aîn-Nechma.

DE LA lANGlE PHÉNICIENNE

S I. Tipata.

J’illribue à Tipaiw la médaille inédite dont la lé^cende est représentée sur la ptanclie 2, n* tO. Elle fait partie de ma eolleclion, mais j'en i^ore l’orittine; elle est en brome cl porte au droit une tête d’Hercole coiffée de la peau de lion : au revers un éléphant marchant à droite.

Les quatre premiers caractères de la légende, qui est en exergue auKlessous de l’éléphant, se lisent sans hésitation inça.

Ces caractères sont suivis d’un point et d’un trait verlic,')l; ce point et ce trait peuvent coniti. tuer on Uadè, comme dans la devxitmr athénienne, la seconde ritienne, etc., ou le point peut être on signe orthographique et le trait une marque numérale. La seconde supposition me parait la plus probable, parce qu’elle permet de former, avec les quatre lettres transcrites ci^deasus, le nom Tipahara, Tiphara ou Tijiaca, qui correspond assez bien au nom latin Tipa$a et an nom arabe Tif^eek. En prenant le point et le trait vertical pour un Itadé, on aurait y:nç3, Tipar$a ou Tiphaeia, qui ne manqueraient pas non plus d’analogie

^ 11. (iheltma.

.l’ai trouvé en 1837, à Ghelina, le fragment d'inscription reproduit, en grandeur naturelle, sur la planche 25, sous le titre de vingl-qualrihnr numidique. Il a été depuis transporté à la Bibliuihèque royale. -C'est un grès rougeâtre. L’inscription est gravée en traits grêles et superficiels

Ce fragment, sauf quelques caractères altérés, se transcrit ainsi :

RTPS îïft Hva .Vu {seigneur) Baal Hatnaii . . .

KO P BU de

cvin?J

La con&guration du chet, analogue d’ailleurs à celle de plusieurs numidiques déjà étudiées, est la plus extraordinaire qui se soit encore présentée à notre examen.

Le lamed qui termine le nom de Baal nous offre aussi l'unique exemple du pnilongement de celle lettre au-dessous de la ligne; toutefois la présence et la direction du crochet dont son extrémité supérieure est munie empêchent sûrement de la confondre soit avec le nun, qui n’a point d'appendice analogue, soit avec le <au dont le crochet, comme on le voit dans la même ligne, forme un angle plus aigu.

On est autorise à supposer que pk, qui suit l'adjcrtif '{■zn, veut dire iignum, motiumenlum ; il correspondrait alors à tgxp.i de la vingt-lroijiémt numidiqvt, et il fournirait ainsi un nouvel argument en faveur de l’acception que j’ai attribuée, d'une part, au même mot dans les otixiémr et dousiémf numidiquti; d’une autre part, su groupe tru qui lui est parallèle dans les earthaginoiieê de Humbert. Mais l'impossibilité, vu la mutilation de la pierre, de traduire le contexte' entier, s’oppose à toute conclusion arrêtée

L’autre inscription de Ghelma à légende phénicienne, ou tn'ngf-cinfuiéme numidiqtu, représentée planche 2Ü, a été trouvée en t8<5 par le docteur Crellois, qui m'en a envoyé d'abord une copie, puis un moule en plâtre sur lequel la planche a été calquée avec beaucoup d'evactitude.

Cette inscription est gravée sur une stèle à deux compartiments latéraux et destinée, par con- .séquent, à recevoir deux épitaphes ; le coin|>artiment de droite est seul rcm)ili.

La première ligne offre, après les deux premières lettres, une figure <{ai semble formée par la réunion de deux iod; mai.s quel sens aurait cette leçon? A part cette difficulté, l'rpigraphe se tniiscrit facilement, et je pen.«e que l’on en peut proposer l'explication suivante :

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