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Celle inierprélalion reposerait sur le jeudel'aïn dont nous avons plusieurs fois signalé des exemples constants. Ainsi, au commencement de l’épigraphe, nous croyons voir des traces qui rappellent le mot hébreu rixl, élnalion, colonnr, etc.; la quatrième ligne nous parait remplie par un mot répondant à celui-ci nx’ï::, fardeau. Peut-être dans l’un et l'autre de ces cas, où le iod d’ailleurs serait substitue au rot», Irouvera-t-on forcée notre tentative d'application des faits analogues précédemment démontrés ; nous laissons à de plus habiles à décider. Quoi qu'il en soit, nou.s avons déjà rencontré xV?, dans le même sens que celui que nous lui donnons ici, sur la vinglimieme numidi^ue, dont le nom propre x'nVyn présente, en outre, une forme orthographique comparable à x'ï’wï: Quant ans noms propres, le premier serait Timpératif apocopé de .ni", comme on le trouve dans le l’s. Lxt, 8. avec la signification préparer, constituer; le second équivaudrait au nom latin Linus, le troisième n’a pas besoin d'explication ; le dernier serait composé de rn, rompre, réprimer, arrêter, et de sa. racine primitive de xpxiv:. balai, souvent pris au fignré.
Avant d'abandonner les inscriptions de Chelma écrites en caractères phéniciens, nous devons revenir sur la catégorie des 9', 1 1', 12*, 13' et 14' numidiquee pour donner, d'après des réilexions qui nous sont survenues depuis l’impression du ehapilre V, une nouvelle explication du mot n:Sc qui se trouve sur chacune d’elles précédé de la préposition a. Celle nouvelle explication confirme davaniage encore notre lecture.
Nous avons traduit ce mot dans le sens général royaume ; nous pensons maintenant que c’est le nom propre de la ville.
Toutes les inscriptions dont il s'agit ont été exclusivement trouvées à Ghelma; aucune de eelles qui ont été déterrées à Hanschir-aïn-Neclima, distant d'environ quatre kilomètres .seulement, loprésente ce mot xaVca Or Ghelma, comme nous l’avons dit, se nommait en latin Calama. Ce nom me parait être AD A J AM lu à rebours, c’est à-dire de gauche à droite, par les Romains, habitués à ce mode de lecture, en sorte qu’au lieu de In regno, il faut dire /n Malaca seu Calama. On voit de quel poids ce nouveau sens pèse en faveur de l'ensemble de notre interprétation ; il importe donc de chercher une preuve démonstrative. Nous croyons l’avoir trouvée dus une inversion tout à fait semblable qui s’était introduite dans l'ancienne nomenclature de la géographie mauritanienne.
Les géographes sont embarrassés au sujet de deux noms de rivière cités dans les auteurs qui ont décrit les Mauritanies, savoir la lUulurha nu Molorhaih et la Chylémalh. Le docteur Shaw, dans le tome 1*' de ses Voyages, p. 14 et suiv., dit à cet égard ; > On peut demander si la Malra est une rivière différente de la Uulucha. de la Moloctialk et de la Chylématk dont parlent les anciens, ou si ce n'est qu’une seule et mi''me livirre sous différents noms... Il faut de nécessité que lailfwIucAu, la Afofocàulh et la Chylémalh soionlis même rivière. • M. Pélissier, dans son Mémoire sur la géographie ancienne de l’Afrique, Esplor. scient, de l'Algérie, tome V, p. 313, s’exprime à son tour de celte manière : • Ainsi le Chylémath reste indéterminé; peut-être l'étymologie du mot cclaircirait-elle la chose, mais noos n'avons pu la trouver. • Cette étymologie est simplement le mot Mulucha lu en sens rétrograde, comme celui de notre ville de Malaca devenu Calama ; de là aussi l’origine du nom d’une autre ville de Calama, assise auprès de la rivière en question. Les mutations des voyelles n'impliquent aucune difficulté, puisque ces voyelles ne sont point écrites dans le nom phénicien.
Noos arrivons maintenam à la dernière inscription de Ghelma gravée, avons-noos dit, en caractères latins.
J'ai remis en 1837, entre les mains de M. Duvivier, alors colonel et commandant supèrieorde la station, un petit monument qui depuis a été apporté au musée algérien par M. de Lamare; en voici la description. C'est un bloc de marbre blanc ayant à peu près 0'",75 de hauteur, O^gSO de largeur et 0"',1S d'épai.sseur ; sur l'une des faces est représenté en relief un personnage au visage jeune, plein et gracieux ; il est vêtu de la robe punique ; il tient de la main droite une grappe de raisin, de ia gauche une corne d'abondance -, sur son épaule droite repose, la tète penchée, on oiseau Je rivage ; à ses pieds et à gauehe est couehé un lion. Au-dessous, sur une surface parallélogrammalique qui n'offre aucune autre trace de lettres, se lit l'inscription suivante ;
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RI
Celte épigraphe est indubilablement intacte, et, je le répète, le reste do ehamp est parfaitement uni. Cependant ces lettres, bien que romaines, ne donnent aucuu sens dans la langue latine ; on est donc en droit de penser qu’elles expriment un autre idiome. Or, comme ce n'est point non plus te gree, on est conduit à supposer que c’est du phénicien; et, en effet, loi seul fournit une interprétation qui répond très bien aux attributs du personnage. Le tiret qui sépare l'o des lettres suivantes indique, à n'en pas douter, qu'il s’agit d'une particule liée an mot suivant. Tuba est littéralement rtaiB, bonté; ri peut flre, littéralement aussi, irrigation, d'où vient n's, abondance, ce que représenterait effectivement le relief. L’ensemble exprimerait donc : " .ai'iî" mn, le bienfait de l’irrigation, l'imaje de la fertilité produite par l'irrigation.
Ce serait la, si je ne me trompe, l’unique exemple d’une inscription phénicienne écrite en lettres latines, et, quoique la remarque soit peu importante, je ne crois pas tout à fait inutile de faire observer que, par un reste d'habitude caractéristique, c’est à droite de l’aire que la gravure a eu lieu.
La vallée de Ghelma, où ce petit monument a été trouvé, est arrosée par la Seyliouse. Or cette rivière était anciennement nommée Rubrieatue, qu’avec tant de raison Gesenius (page H8 de son grand ouvrage), d’après Hamaker {Uiicell., p. 271) a traduit par •■', Flurius benedictus, • le cours d’eau, le ru béni, fertilisant. " Qui ne serait frappé de la concordanee de cette dénomination avec notre légende ? Gesenius donne lui-méme l'explication de la transformation de ru en ri ; « n scriptum est pro "s irrigalio, à .mt irrijot-if. Cf. quod indc contractum est ’i. >
Cest, je n’en doute pas. de notre épigraphe que dérive le nom de la Seyhouee. En effet, comme nous l'avons déjà fait remarquer en on autre endroit, les indigènes ont l'habitude de convertir la dentale en sifflante; ils ont donc pu prononcer Suéa au lieu de Tuba, et les Latins ont dit Tubut ou Subue. Ceci n’est pas une vaine supposition; la nomenclature de la géographie ancienne prouve que c’est une réalité. Ptolémée (4, I) désigne sous le nom de Rueibit, une
ville de la Mauritanie Tingitane à laquelle Pol\be(S4) et Pline (4,1) donnent le nom de Rutubit. C’est la même expression que sur notre épigraphe, mais renversée, ra'a ru Tuba ou ru Suba, fleuve de fertilité, fleuve ferlilitant. Il y avait aussi dans la Mauritanie Tingitane on fleuve et une ville portant le nom de üubur; c'est encore la même qualification que sur notre marbre, savoir, Subu-r pour Tubu r,
A côté de Calama (Glielma) se trouvait Tyèr/is, renommé pour ses eaux thermales, Tibililana aquir; or, en se rappelant la fréquente mutation de l’r en l, ne peut on pas voir dans ce nom notre Tuba ri?
N'<M-ce pu *usù celte expreuion qu'on retrouve iutecte üanx le nom d'un Qeuvedoni, malgré sa célébrité historique, l'étymoloqie était jusqu'à présent restée si obscure, dans le nom du Tibre, Tj/ierù, en grec Hùdpir, dont les eaux limoneuses ft'condaient les plaines qu'elles Ira versaient'/
Enfin le nom du fleuve et de la ville de 5y6aru, en Lneanic, ne trouve-t-il pas son étymologie dans l'explication que nuus avons donnée de notre courte inscription? Le nom de Copia, substitué plus tard par les Romains à celui de Sj/tari», ne prouve-t-il pas la justesse de cette explication ? Ainsi que le rapporte Menlelle dans sa Géoyrapkù claitiyue et élénuntaire (Paris. Germain Mathiot, 1813), partie ancienne, pages 569 et 5T0, quelques savants ont présumé que cette ville, qui avait, à une époque très reculée, des médailles d'argent témoignant d'une opulence fort antique, avait été fondée par des Orientaux. Cette opinion justifie donc la recherchi* de l'origine du nom dans une langue orientale, et le nom latin, la fertilité de la contrée, tout s'accorde à appuyer l'étymologie que nous proposons.
Quelques- unes des anciennes médailles citées ci-dessos portent pour légende T YBAPI ; en admettant ici aussi la mutation du T en S, ce nom équivaut à Tubari. Or la supposition de cette mutation acquiert on grand degré de vraisemblance par les variantes d'orthographe du nom de l’un des personnages de cette cité dont l'histoire a conservé le souvenir, savoir, Thamyrù ou Asamyru, l'un des députés envoyés à Delphes par les Sybarites pour consulter l'oracle sur la dorée de leur bonheur Cet adoucissement euphonique allait bien a la mollesse de leurs mmurs.
Maiocchi, inspiré par la signification du nom romain, avait |)CDsé que le nom primitif de la ville, Sybarit, et celui de la cité qui fut plus lard reconstruite sur ses ruines, Hwpiov, devaient pareillement exprimer la fécondité du sol abondant en récoltes, et c'était aussi dan.s les langues sémitiques qu'il était allé chercher cette synonymie ; ainsi, selon ce savant, Syharii venait de xsc, l/ber, et Thurium, dont les médailles ont pour type une vache, emblème de la fertilité, de •'•p. taureau en chaldéen. Mais il me semble plo.« juste de penser que est une conirar.iion du
primitif HiCafi avec une terminai.son grecque, et cela confirme l'opinion que j’ai prérédemmeni émise sur la mutation de la consonne initiale. On sait en effet qu'en Laconie, par exemple, le et se changeait souvent en vé, vü pour vè, tü Hu,.
le nom de Sybarit ou Thurium, rendu en latin par copia, confirme donc d’une manière toute IMirlicolière rinierprétatlon de la curieuse inscription de Ghelma.
5 III. Hanschir-ain-Nechma.
Il ne reste à examiner, des monuments de cette localité, que l'épigraphe suivante, dont la decouverte est dues M. deLamare,etqoenoos nommerons ti'npt- sixième numiifif«e(t>oy. pi. 266i's).
Sëa P Sya’? DominoBaatifec-
Pd P Sp tt i malodicens Mes, filiu* Aiir.
Cette épigraphe se rapporte, pour la trame formulaire, à la première maltaiie et à la première catégorie des numidiques. Il est inutile de revenir sur les explications dont les variantes de cette trame ont été déjà l’objet. Nous devons toutefois faire remarquer que ce contexte apporte un dernier argument en faveur de notre thèse, puisque évidemment ici le mot Vp ne signifie point r»ix, prière, ce sens ne pouvant d'aucune façon se lier au contexte.
§ IV. Constanline.
On connaissait depuis asset longtemps et l'on ailributit a Julw II des médailles en hronxe,
(1) To^ ilém. de VAcad. des intenpt-, I. Xltl. p 207.
r:,, -i )yC- ogi
ItK LA LANGl E l'HÈMClENNE
grand module, presenlani sur le droit on profil liarbo et lauré dirigé à gaochr, sur le revers un l’heval galopant à gauche ; sur ce revers el sous le ventre do quadrupède existe une légende phénicienne, variable suivant les exemplaires. Ainsi tanldt. comme sur bi planche 2. n“ 1 1, ce sont un memet un mph; lantdl, comme sur le n° 13 de la meme planche, un aleph et un lamed. Ces différences font .supposer que les monnaies ne se rapportent pas à la même ville ; mais on ne savait quelle attribution particulière leur donner, lorsqu'on lg<2 on découvrit à Constantine un très grand nombre de pièces en plomb de la première espèce, c’est à-dire de celle qui est caractérisée par -j' 2 . O fut une révélation ; on pensa que ces types appartenaient à Cirta ou Constantine.
Mais, dans ce cas, comment expliquer la légende?
Voici comment je l’ai tenté.
Kn supposant, comme on doit le penser, que la légende a trait au nom de la ville, c’est le capk seul qui peut correspondre à Cirla; il en serait l’inilialc. Le tnetn préfixe jouerait le même rdle que sur les médailles de Cadix, de Sexti et de Lix ; il indiquerait l'origine.
Comment le caph peut-il être l'initiale de Cirla dans l’orthographe phénicienne ? le nom latin a toujours été considéré comme représentant Cabtba, rifle, capitale ; • Cirta vel Cirtha, ut habet - Mêla, dit S. Bochart (Chan. L. i„ c. 24), punicè NP'p, Carlha. id e.st civilas. Vooem à Ptenis
• acceplam Numidæ delorseronl. - • Cirfo, répète en dernier lieu Gesenius, caput Mauritanise,
• mp, urfcf. • Or, dans celle étymologie, le nom commence par un qôph.
Cette assertion n’étant basée sur aucun document, elle ne peut prévaloir contre un témoignage monumental. Or, le début par un capk fournit une autre étymologie qui convient très bien à Constantine. Nous la découvrons sans peine dans la racine ni:, couper, tailler, qui a servi à former les noms Cerelhœi, Crelkim, que l’on rencontre fréquemment dans l'Écritore sainte, dit Bochart, et Crela, file de Crète, ainsi appelée, selon Hiller, du mot phénicien nni:,ahsci»a. On voit de suite avec quelle justesse cette dénomination s’applique à C.onstantine, située, comme on le sait, sur un rocher coupé, taillé à pic. Cest ainsi que nous trouvons, dans la nomenclature de notre géographie moderne, Pierrt-cite, Hoeke-laiUée, qui. sous des termes équivalents, reproduisent la même image ; c’est ainsi encore qo’Excideuil se nommait en latin Excitum [voy. F.-K - L. Sickler, Bandb. tUr AU. geogr.,i, 93).
Il me semble donc très vraisemblable qu’en effet cette médaille appariicnl à Cirta.
Quant à celle dont la légende est Hm, nous en reparlerons dans le chapitre relatif à la Mauritanie, et, en particulier, au paragraphe concernant loi.
On remarquera que le mem, sur les pièces de la première classe, Valeph. ainsi que le Umed sur celles de la seconde, sont conformes au type normal, et que les caractères cités en dernier lieu, particulièrement, sont tracés très correctement. On reconnaît à ces signes le goût d'un prince élevé à Rome el d’un esprit cultivé.
^ V. Lambeta.
MM. Falbe et Liodberg sont les premiers auteurs qui mentionnent des médailles do Lambeta; noos avons appris de la bouche de M. Falbc que ces médailles sont celles que Gesenius représente table 43 X.UI 1 sous la rubrique vacca teu raga.
On lit, sur les exemplaires A, C. D, etc,, 'p:S, el sur l’exemplaire B, tpi Oï ’paS.
De vives controverses se sont élevées, dès le temps de Bartliclemy, sur la lecture el l inierprétation de ces légendes.
Barthélemy lisait la première, ainsi que le premier groupe de la seconde, cpah, à Bocckui, et la dernière partie de celle-ci ''pa.'i ou ipa.*, ne décidant pas si ce groupe indiquait la filiation de Uocchus ou une épithète, ou le nom de la femme de ce roi.
fl> F«bri«*v adoptf^ dçrniér^ Irçon, aio<>i que cHIe du preoiier groupe; il rend 1» Ir^fodr eniièré p?r BooUi rtÿUantit*in*i-