CHAPITRE IV
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Si, arrivé au terme de cet ouvrage, on veut bien reporter un regard sur l’ensemble, il paraîtra, je l’espère do moins, que la plupart des interprétations proposées sont en h.xrmonic avec la destination des monuments. Cet accord tend puissamment à prouver la vraisemblance de ces interprétations, et en même temps, ce qui est plus important, la justesse des déterminations alphabétiques auxquelles nous noua sommes arrêtés; il y a appui réciproque entre ces deux résultats. Quelques interprétations cependant ne sont que conjecturales ; mais, dans presque tous ees cas. ce n’est pas la valeur des lettres qui fait doute, c’est leur jeu, leur combinaison, et ce sont, par conséquent, de ces difficultés auxquelles n’échappent pas toujours les textes bipidaires des langues anbques les mieux connues.
Une seconde déduction à tirer des interprétations que noos avons données, c’est que les traditions historiques relatives aux analogies et aux affinités de la langue phénicienne, traditions que noos avons exposées dans notre premier chapitre, se trouvent pleinement confirmées. En effet, nous avons constaté les rapports les plus nombreux, une similitude presque complète avec la langue hébraïque ; les différences que noos avons remarquées ont trouvé leur explication le plus souvent dans la langue araméenne, et quelquefois dans la langue égyptienne. Il y a d’ailleurs avec ce dernier idiome des analogies communes à la langue hébraïque et surtout à la langue araméenne qui achèvent de justifier la déclaration de saint JérOme sur ce point.
La langue libyque nous fournit pareillement l'occasion de reconnaître la vérité d’une asser-
ET DE LA LANGI E UBVQUE.
lion d’Hérodote, Ut. Il, ch. xlii, savoir que celte langue, ou, ce qui revient au même, celle des Ammoniens participait de Fidiomc des Kgyptiens. Nous avons vu que la langue berbère, dont nous croyons avoir prouvé ndentilé avec l'ancien libyen, conserve des traces manifestes de cette participation.
Les textes phéniciens que noos avons analysés n'ont pas seulement fourni la preuve de la parenté étroite de cette langue avec celle des Hébreux ; ils ont même, dans plusieurs cas, éclairci la signification de cert;iins mots de cette dernière langue, ou de certaines formes verbales qui ne s'y sont conservées qu'exeeptionnellement.
Outre le rapprochement linguistique, noos avons pu remarquer, outre les Phéniciens et les Hébreux, une grande conformité, non pas assurément de dogmes religieux, mais de pratiques de culte, de traits de mœurs et de maximes de condoite ; ces maximes respirent toutes des principes auxquels noos ne pouvons encore qu’applaudir.
En dehors de ces rapports, l'étude des monuments phéniciens, si noos les avons bien compris, a révélé quelques faits historiques et géographiques dignes peut-être de quelque intérêt, tels que l’origine réellement phénicienne des rois de l’Égypte nommés Byc$ns, les vestiges d'inQuence persane en Afrique, le véritable nom phénicien de Ghelma, lequel exclut celui de Sutiiul qui, nonobstant l'invraisemblance, conservait encore des partisans’.
N’eat-ce pas enfin on grand fait historique aussi à célébrer que l'exhumation même de tous ces monuments sur la circonférence de la Méditerranée, sur la plupart des Des qui en hérissent la surface, et jusque sur les bords de l'océan Atlantique? Certes en achevant ce vaste périple, qui laisse encore en dehors bien des régions anciennement occupées et fréquentées par les Phéniciens, noos pouvons, en pleine justice, répéter notre épigraphe ; • Ce sont ces hommes puissants qui avaient acquis, dès les temps les plus reculés, un si grand renom! ■
Parmi les lieux divers sur lesquels nous nous sommes arrêtés pour lire les restes épars de la langue de ce peuple entreprenant, dùjecti membra poeta, il en est un surtout qui doit particulièrement fixer notre attention et par le grand nombre de monuments qu’on y a déjà découverts, et par la probabilité qu'il en fournirait d’autres très importants peut-être à une habile exploration, et par l’intérêt que noos avons à recueillir les titres d’illustration d’une contrée passée sous notre domination; nous voulons parler de l’Afrique française. Et ce ne sont pas seulement les monuments de la langue des Phéniciens qu'il importerait de rechercher avec activité, avec suite, avec méthode, de recueillir, de réunir et de conserver; ce sont aussi et plus particulièrement encore les débris de la langue libyque, presque entièrement à reconstituer et si digne d’exciter le lèle des savants à raison du rèle qu’a joué jadis le peuple si répandu et si actif qui la parlait, à raison aussi de sa persistance parmi les descendants de ce peuple indompté qui gardent encore les sommets de l’Atlas et la nomment avec on légitime orgueil la langue des hommes libres. Si l’on continue de n’y point veiller, les progrès de la civilisation feront bientAt disparaître ces restes précieux, et c’en sera bit pour toujours des enseignements que la prévoyance trompée de l’antiquité avait paru vouloir nous léguer; c’en sera bit des traditions ethnologigoes et historiques qui vivent sous ces antiques linéaments que le temps et les bouleversements politiques avaient, comme à dessein, respectés.
Nous ne saurions donc avec trop d’instance émettre le voeu que des mesures eOleaces soient prises pour b recherche et la conservation des monuments de cette nature qui doivent être enfouis sons la surface du sol que creuseront bientAt, il bot l’espérer, dans une plus grande étendue, les fondations de nos constructions, on que remuera en divers sens le toc de la charrue. Noos croirions avoir le droit de nous féliciter si, pour notre faible part, nous réussittioos à at-
(I) J'ai eiaajé de réfuter cette opiniou daai mon Êucki voiiin de Cbelma. Je n'adiiuti pu davauUige cette déei- •ur la Jaiifiu pMntcteaae. DepuU, oo a traneportd te gnatioo et je peniite à coafoiûlre, aiui que Barbie du lOD de Suihol à BaoKhir-aia-necliiaa, amas de raines Bocage, Salhül avec Sufctula.
hK I..4 LAXGHK l'HÉMClKNNE, ETC.
tirer, par rinlérèt de l'eg rechcrehet el de ce» éludes, de nouveaux prosélyles à la cauae etvUiaatrice de noire colonisation ; aussi avons-nous été heureux de pouvoir, eu cédant à l'inspiration de notre plu.« ancienne amitié, faire pressentir notre intention finale en mettant, dès le début, cet ouvrage sous les auspices do magistrat, si digne de sa mission, entre les mains duquel se trouve placé l'instrument le plus propre à servir cette grande el belle cause.