CHAPITRE IT
Classification
Dans la majorité des cas, l’arthrite éclate au cours d'une pneumonie. Il était donc logique de baser la classification sur la relation de temps entre les deux localisations, articulaire et pulmonaire, du même agent pathogène. Et, suivant que l’arthrite débute avant, pendant ou après la pneumonie, les auteurs distinguent trois catégories :
1° Arthrites prépneumoniques ; 2° Arthrites métapneumoniques ; 3° Arthrites postpneumoniques.
Mais cette classification ne peut pas englober tous les cas, car la relation sur laquelle elle est basée est parfois difficile ou même impossible à établir d’une façon certaine, Aussi, BuzxLey est-il obligé d’ajou-
ter une quatrième catégorie : celle des cas douteux.
De plus, il est démontré que parfois l’arthrite est consécutive, non à une pneumonie, mais à une infection pneumococcique extra-pulmonaire (méningite, péricardite, endocardite, angine, otite, péritonite, cystite, etc..….).
Pour ces deux raisons, nous préférons adopter la classification suivante, proposée par MM. Prisson el BRoUSSE, qui paraît plus logique et plus complète :
1° Arthrites évoluant avant, pendant ou après une pneumonie ;
2° Arthrites évoluant sans pneumonie mais avant, pendant ou après une infection pneumococcique extra-pulmonaire ;
3° Arthrites évoluant sans aucune autre manifestation aiguë d’origine pneumococcique. Ce sont les arthrites dites primitives.
Cette dernière catégorie des arthrites primitives n'est pas admise par tous les auteurs. BULKLEY objecte que l'articulation ne peut être infectée que par voie sanguine ou lymphatique et que le germe ne peut pénétrer dans l’un ou l’autre de ces deux systèmes qu'à la faveur d’une lésion, soit de la peau, soit d’une muqueuse, créant ainsi un foyer d’infection primitif. Il considère par suite toutes les arthrites comme secondaires.
Mais cette lésion primitive existe-t-elle réellement ?
À vrai dire, on suppose qu’elle se trouve quelque part dans l'organisme mais parfois il est impossi-
ble de la constater en clinique (voir chapitre suivant). C'est pourquoi il semble logique de maintenir les arthrites primitives dans une classe à part.
Quoi qu’il en soit, les 176 cas d’arthrites pneumococciques publiées jusqu'à ce jour se répartissent ainsi :