‹ Etude des Arthrites à Pneumocoques et en particulier des Arthrites PrimitivesChapitre 13 sur 24 · NON · texte numérisé non relu

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Reste, enfin, la dernière catégorie : celle des arthrites primitives.

Ici, la porte d'entrée du germe est restée introuvable. Il est alors vraisemblable, en l'absence de tout autre foyer infectieux, de soupçonner une lésion minime d’une muqueuse, trop légère pour être découverte et passée inaperçue. Et il paraît logique d'incriminer en premier lieu les muqueuses de la bouche, des amygdales, du nasopharynx, de l'oreille moyenne. Le pneumocoque est un saprophyte banal de toutes ces cavités naturelles et il peut, à la faveur d’une érosion, passer dans la circulation.

Chez l'enfant, la source d'infection est souvent l'oreille moyenne. D’après ZEUFEr, 4o % des otites moyennes de l'enfance seraient dues au pneumocoque. |

Hrescu8EerG relate une série de 43 cas d’amygdalite maligne à pneumocoques ; 7 % de ces cas se compliquèrent d’arthrites.

Il n’a été constaté chez notre malade: aucune ulcération, aucune réaction amygdalienne ou pharyngienne mais l'examen microscopique d’un frottis de gorge a cependant décelé la présence de pneumocoques. Ce même malade avait eu, près de trois ans auparavant, une angine qui, d'après ses souvenirs, aurait été une angine pultacée. Le pneumocoque produit parfois des angines à fausses membranes, très semblables à l’angine diphtérique, et il eut été intéressant d’avoir des renseignements sur la bactériologie de cette angine. Cependant, l'intervalle

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semble trop long pour admettre une relation entre les deux processus. +

Si donc, l’on admet que toute atteinte articulaire est précédée d’une lésion pneumococcique, tous les cas d’arthrites deviennent de ce fait secondaires.

À vrai dire, il est difficile d'établir une démarcation nette entre les arthrites secondaires et les arihriles primitives. Cependant, nous estimons que l’autonomie de ces dernières doit être maintenue et que l’on doit considérer comme primitifs tous les cas dans lesquels l’observation clinique est impuissante à découvrir une lésion récente d’origine pneumococcique.

En ce qui concerne la pathogénie, il reste un dernier point à élucider : pourquoi le pneumocoque se fixe-t-il dans une articulation plutôt que dans tout autre organe ? La localisation du germe n’est pas sous la seule dépendance du hasard et l’expérimentalion a mis en lumière les raisons de ce choix. Les expériences suivantes montrent le rôle du lieu de moindre résistance :

1° AUSSET traumalise les articulations du lapin et inocule ensuite sous la peau de l’animal un pneumocoque virulent. Résultat : 7 lapins sur 9 présentent, quelques jours après, des arthrites suppurées à pneumocoques. Sur un même nombre d'animaux témoins l’inoculation du même pneumocoque, sans traumatisme préalable, provoque une infection généralisée mortelle, sans localisations articulaires.

2° ZuBEer substitue au traumatisme une injection

intra-articulaire d'essence de térébenthine et injecte à un lapin 1 cmc de crachats pneumoniques. Le lapin meurt en quarante-huit heures et l'articulation contient un exsudat à pneumocoques.

3° TOURNIER et COURMONT reproduisent une hémarthrose à pneumocoques par inoculation intraveineuse et traumatisme simultané de l'articulation.

4° Besançon et GRIFFON n’ont même pas recours au traumatisme. Ils créent simplement une infection générale en inoculant au lapin une culture atténuée par le vieillissement ou bien en vaccinant l’animal partiellement et en inoculant ensuite une forte dose de pneumocoques virulents. Dans ces conditions, les arthrites apparaissent assez tardivement.

Ces dernières expériences concordent bien avec ce fait que les microbes dont la virulence est atténuée se localisent de préférence sur les séreuses et que les manifestations articulaires des maladies infectieuses apparaissent surtout à la période de convalescence.

5° Enfin, KaspaAREKk a montré le rôle de l’innervation. Il produit une arthrite de larticulation tibio-tarsienne du lapin par inoculation intra-veineuse d’une culture de pneumocoques, après section du sciatique. Le membre non énervé reste sain.

En résumé :

1° L'infection se fait par voie sanguine ; 2° Le plus souvent l'infection part d’un foyer pul-

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monaire, quelquefois d’une localisation pneumococcique extra-pulmonaire ;

3° Dans certains cas, le foyer primitif échappe à l'observation clinique et l’arthrite est dite alors primitive ;

4° Le pneumocoque se fixe dans les lieux de moindre résistance. Le pouvoir défensif du sujet joue un rôle capital, la virulence du germe n’est que secondaire.

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