‹ Étude des Arthrites au Cours de la PuerpéralitéChapitre 52 sur 64 · III. — Coxite blennhorragique · texte numérisé non relu

III. — Coxite blennhorragique

Nous envisagerons comme dernière forme clinique une localisation particulièrement grave de l'arthrite blennhorragique puerpérale. C’est la localisation au niveau de larticulation coxo-fémorale Cette localisation avait bien été signalée autrefois par les auteurs allemands Koenig, en particulier avait insisté en 1901. Mais elle semble ignorée pendant longtemps par les auteurs français.

La femme enceinte et l’accouchée y semblent particulièrement exposées (Silberstein 1905). Sa fréquence est difficile à apprécier. Mauclaire, 1895, sur 36 cas de pyo-arthroses cite 3 cas concernant l'articulation coxofémorale. Finger cite 18 cas sur 376.

On peut observer toutes les formes cliniques arthralgies polyarthrite (cas n° 74, Langeron Delcourt) arthrite suppurée, arthrite pseudo-phlegmoneuse.

Mais il faut insister surtout sur l'extrême gravité de cette localisation, Zieber 1912 : « La hanche rarement

pes pire

«touchée l'est toujours gravement et ne guéril presque «jamais sans raccourcissement et sans ankylose ».

Les lésions étendues, la luxation de la hanche sont fréquentes. Le retentissement de l’ostéoporose sur le cotyle peut entrainer des lésions du bassin redoutables et être cause de dystocie ou déformation pelvienne.

Nous avons réuni 7 observations d’arthrites coxofémorales, au cours de la grossesse et des suites de couches.

Sur ces 7 observations, 2 sont très anciennes : l’une thèse de Dubois 1879, l’autre thèse de Georgiades 1886, donnent peu de renseignements sinon qu'il s'agissait d’arthrite aiguë polvarticulaire, mais se localisant rapidement et se terminant par une ankylose plus ou moins complète.

Les autres observations sont plus complètes au point de vue clinique, 3 appartiennent à la grossesse, 2 au post partum.

Clinique : le début est en général brutal. La douleur est intense, atroce. Koenig souligne l’atrocité de cette douleur qui est plus marquée que dans toute autre localisation articulaire.

Les signes locaux sont rapidement marqués.

La cuisse se place en abduction, flexion et rotation éxiprne:

Le gonflement est très souvent intense et marqué. Ces lésions s'étendent souvent très bas jusqu'au milieu de la cuisse.

L'æœdème et l'impotence fonctionnels restent souvent

OU

les seuls signes. Et l’on comprend dans ce cas la difficulté de faire un diagnostic avec un début de -phlébite.

Sur. les observations que nous reproduisons plus loin, dans la majorité des cas l'allure fut celle d’une forme pseudo-phlegmoneuse avant succédé à une phase de polyarthrite. Dans deux cas il semble bien quoique aucune ponction n'ait été faite qu'il s'agissait d’une arthrite avec épanchement.

Dans tous les cas l’évolution a été particulièrement rapide et le résultat grave. Dans 4 observations dont nous possédons l'examen radiographique on constate des déformations osseuses particulièrement importantes. Il s’agit dans tous les cas d’une ostéoporose aiguë qui s'étend sur le col et peut même le dépasser. Moulonguet insiste sur l’ulcération compressive du toit du cotyle. La destruction porte sur la moitié supérieure de la tête et partie correspondante du cotyle. La ligne de cintre peut être rompue.

La destruction de la tête, l'élargissement du centre sont les deux lésions les plus fréquentes.

Dans l'observation de Kiembock (n° 75 ) on constate un élargissement de la cavite cotyloïdienne dans laquelle [a tête est enfouie.

Dans l'observation de Mondor (n° 76) on constate un élargissement de la cavité acétabulaire, une destruction presque complète de la tête et une ascension trochantérienne de 4 centimètres.

Le pronostic de ces arthrites est toujours excessivement grave. Dans nos 7 observations on trouve

3 ankyloses en position vicieuse, { mort, 2 Iuxations pathologiques, 1 seule guérison sans séquelles.

Dans le cas de Hecker en observa la formation à la face interne du cotyle d’une tumeur osseuse dure, calcifiée, ayant nécessité une césarienne ultérieure.

Il faut enfin insister sur la difficulté du diagnostic dans certains cas avec les arthrites à streptocoque et surtout avec une phlébite. Nous rapportons à ce propos l'observation de Mondor (obs. n° 76) et nous rappellerons une observation de M. Ducroquet citée par Mondor où la malade fut immobilisée 6 mois avant que l’arthrite ne soit reconnue.

On voit donc la difficulté de diagnostic de la coxite et l'extrême gravité de son pronostic sur lequel on ne saurait trop attirer l’attention. È

Obs. 70 (Dupois).

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