‹ Étude des Arthrites au Cours de la PuerpéralitéChapitre 53 sur 64 · X..., 31 ans, I pare, mouleuse · texte numérisé non relu

X..., 31 ans, I pare, mouleuse

Soignée deux ans auparavant à Saint-Antoine pendant deux ans pour arthrite genou gauche, coïncidant avec des pertes jaunâtres, lacaant le linge, ankylose complète du genou à la suite.

Au septième mois de la grossesse, douleur hanche droite,

TE

avec frisson et fièvre. Immobilisation. Un mois plus tard passe dans une maternité où elle est perdue de vue.

Observation intéressante car il s'agit de rechute à l'occasion d'une grossesse.

Obs 72 (KuziGa}.

Le sujet avait 41 ans. L'affection débuta au cours d'une grossesse, s'aggrava rapidement et la malade présenta des symptômes de coxite avec élévation de température.

L'étiologie neurogène fut éliminée, car du vivant de la malade l'examen du système nerveux ne présente rien d'anormal.

Sur un cliché radiographique l’ossification du bassin paraissait régulière et normale.

Mais la tète fémorale et le cotyle semblaient anormalement sombres, le fond du cotyle est formé d'os particulièrement riche en calcaire; l'os iliaque droit porte près de la symphyse sacro-iliaque des taches sombres et irrégulières

Les lésions étaient bilatérales. Les régions acétabulaires formaient dans le pelvis deux voussures en forme de coupe de développements inégaux.

La plus grande hauteur comportait à gauche un centimètre et un peu plus à droite.

Le fond de chaque cotyle était formé d’une lame osseuse mince.

Le bord du cotyle était épais et tapissé d'ostéophytes.

La tête fémorale, participant au processus, était hypertrophiée. Les cartilages articulaires, généralement épaissis, présentaient des zones d'amincissement par usure.

Obs. 73 (HECKER).

Il s'agissait d'un bassin d’une femme de 35 ans d’allure vigoureuse, qui à 17 ans avait dû garder le lit pour une

(Cinflammation de l'articulation de la hanche droite », que la malade avait attribuée à un traumatisme.

Depuis cette époque on avait remarqué une limitation notable des mouvements, et un raccourcissement léger du membre correspondant. Vers 35 ans, elle se trouve enceinte pour la première fois. Au quatrième ou cinquième mois de sa gestalion elle fut prise de violentes douleurs dans Ja hanche droite et dut garder le lit pendant 14 jours.

Par le toucher vaginal on atteignait difficilement le col utérin non effacé, mais perméable, par suite de sa position très élevée ; par contre le doigt heurtait une tumeur dure, s0lidement fixée, insérée latéralement à droite, et diminuant très sensiblement le diamètre transversal qui ne laissait passer que deux doigts.

On fit le lendemain une césarienne corporéale, au cours de laquelle il y eut une hémorragie abondante.

Peu après apparurent les symplômes de péritonite et 14 heures après l'opération la femme décédait.

L'autopsie révéla que la tumeur osseuse était entourée d'une couche de graisse très dense et dure.

A droite, le détroit supérieur ne présentait plus la courbure-normale, la ligne innominée était redressée, le rebord du cotyle était hypertrophié et faisait une saillie de un centimètre environ.

Sur tout le pourtour du cotyle on trouva de nombreuses ostéophytes qui tapissaiert la branche montante de l'ischion et sur une certaine hauteur la face externe de l'aile iliaque ; il s’en trouvait également sur le col fémoral, traduisant là un processus inflammatoire ancien.

Dans l’excavation, insérée sur la région cotyloïdienne, on trouva une tuméfaction osseuse faisant une saillie de 7 cent. dans le bassin commençant à la innominée droite, limité en bas par le trou obturateur et englobant l'épine sciatique. Sa circonférence maxima était de quinze centimètres. Sa

surface était irrégulière, tomenteuse, et rappelait l'aspect de la face utérine d'un placenta Les diamètres furent mesurés :

Détroit supérieur conjugué droit. . ,. 12

D DIT UORATOTAE EE. ES SX ae 0 QHRAAC RANCE EN 04 EPA ME OT S DANONE LE NE NL rs DE 9,7

Au détroit moyen, le diamètre transverse ne dépassait pas 5,3.

Au détroit inférieur il était de 9,8.

Dans ce bassin deux déformations sont à noter ; l'aspect pseudo-oblique ovalaire du bassin, avec redressement de l'arc interne droit, probablement consécutif à un arrêt de développement en rapport avec le début d'un processus infectieux local : {le débnt de la coxite remontait à l'âge de 17 ans, c'està-dire à la période où s’opère la soudure de l'ilion et du pubis et où l'ossification de l'acetabulum n'est pas encore terminée).

Il y a d'autre part, la masse osseuse intrapelvienne qui probablement s’est développée ultérieurement.

Obs. 74 (LaANGERON et DEccour).

G. M..., entré à l'hôpital le 25 janvier 1927 pour douleurs articulaires, 7 mois,

Mari un an auparavant urélrilte-q0n0.

Début apparent 20 janvier : Douleurs genou droit, et épaule gauche s’exagèrent et persistent depuis ; épaule gauche, hanche gauche, genou droit.

Examen : épaule gauche, endolorissement sans phénomènes inflammatoires ; genou droit, immobilisé en flexion légère avec injection des culs-de-sac, choc rotulien net : douleurs violentes à la mobilisation ; hanche gauche, gros empâtement qui gène l'exploration de la région, pas de rougeur,

HéBERT 7

ETOB à

douleurs, mobilisation impossible; autres articulations : rien.

Leucorrhée sans dysurie.

Traitement : salicylate : 12 gr. par jour.

Semaine suivante : douleurs abandonnent épaule, se fixent au genou et à la hanche.

Péri-arthrite : æœdème, grande lèvre, sécrétions vaginales, pas de gonocoque. ,

2 février : ponction genou droit : liquide louche séro-b rulent homogène ; gonocoques rares, polynucléaires.

Vaccinothérapie : 5 ampoules vaccin au fluorure de sodium.

Etat général décline, température oscillante, numération 23.000 leucocytes, 83 polynucléaires.

27 février : autohémothérapie, douleurs articulaires se calment. |

15 mars : depuis deux mois de auto-hémothérapie guérison complète de l'arthrite de la hanche. La hanche peut être mobilisée, raccourcissement de 5 centimètres.

Accouchement à terme, enfant bien portant.

Suites de couches normales.

Fin avril : examen.

Hanche : rotation interne de la cuisse, ascension marquée du trochanter,raccourcissement de 4 em. mouvements actifs impossibles.

Radiographie : Subluxation en haut tête fémorale, décalcification du fémur et de lacétabulum, interligne irrégulier et mal dessiné.

Tète abrasée à sa partie supérieure et aplatie en galet. Le sourcil cotyloïdien extrêmement flou projette son ombre sur la tête.

Massage et mobilisation quotidienne, traction continue.

15 septembre : marche possible.

Sortie le 10 octobre ;

Etat à la sortie : déformation de la tête, cintre cervico-ob-

turateur déformé, tète et cotyle, contours nets, récalcifiés, interligne irrégulier. Mouvements sont possibles dans tous les sens, atrophie masse musculaire.

Obs. 75 (Kiexpock).

Femme, 21 ans, primipare.

Au cours grossesse, vers le 3 mois, polyarthrite aiguë fébrile, leucorrhée, cystite.

La température se maintenant autour de 40° pendant plusieurs semaines.

Atteinte successive de la hanche droite, genou et poignet gauches.

Au bout de plusieurs mois la malade peut se lever, mais présente à ce moment un raccourcissement de la jambe droite.

Accouchement à terme, enfant norinal.

Vue un an après son accouchement on note :

Hanche : raccourcissement de 3 centimètres. Masse musculaire atrophiée.

Extension limitée, ankylose presque complète en flexion légère et adduction, abduetion- presque impossible sans entrainer le bassin, grosse crépitation. Rotation impossible.

Séquelles d'arthrite du poignet et genou gauche.

Obs. 76 (M. Moxpor).

B..., janvier 1927.

Le 21 septembre 1926, malade fait chez elle un avortement de 3 mois.

22 septembre on fait un curettage.

Voulant changer de lit le 23 septembre elle pose le pied à terre et ressent une violente douleur dans la hanche gauche.

La température monte à 39 ; on ne trouve rien d'anormal à l'utérus et comme la jambe est douloureuse et un peu enflée, on dit phlébite et on immobilise.

OŒdème de la face antérieure de la cuisse, douleur persiste.

On pense en présence de la température à une seplicémie et on fait un traitement général et abcès de fixation.

L'immobilisation dure jusqu'au 15 novembre.

Vers le 20€ jour la malade accuse une douleur vive dans la région trochantérienne irradiant dans la fosse iliaque externe. ;

Au bout de 48 jours on commence le massage ; les articulations de la hanche et du genou sont raides.

Le 20 décembre le massage que Fon avait interrompu est requis et coïncide avec une élévation thermique nouvelle.

La malade est amenée à Beaujon où l’on constate :

Un raccourcissement de la cuisse de 3 centimètres ;

Une ascension du grand trochanter ; ;

Un élargissement de la racine de la cuisse non douloureuse.

Pas de cordon veineux, pas de ganglions inguinaux.

Les mouvements äe la hanche sont à peu près nuls et douloureux.

Examen organes génitaux et urinaires.

Toucher vaginal n'a rien révélé d’anormal. La malade n'accuse pas de pertes blanches abondantes sauf un peu de leucorrhée.

Pas de cystite.

Examen bactériologique des sécrétions vaginales montre des gonocoques, vérifié à un deuxième examen.

Radiographie : élargissement de la cavité acétabulaire, destruction presque complète de ja tête.

Ascension trochantérienne de 3 à 4 centimètres.

La malade sort avec luxation pathologique de la hanche et ankylose.

Page 1