‹ Etude des bases de la connaissance et de la croyanceChapitre 52 sur 104 · Taine. De l'Intelligence, t. II. p · texte numérisé non relu

Taine. De l'Intelligence, t. II. p

Taine lui-même, qui ne peut se tenir longtemps dans ses positions systématiques, parce qu'elles sont intenables à la raison humaine. De même qu'après avoir nié l'idée, comme une illusion de conscience, il en a rempli son ouvrage, de l'Intelligence, et a constamment parlé de l'idée comme si elle existait réellement, ainsi après n'avoir admis que la connaissance des faits sensibles, il en suppose et même en défend éloquemment l'interprétation idéale par une faculté supérieure aux sens et à l'expérience. Citons au hasard ses propres témoignages :

« Le lecteur, dit-il, voit maintenant comment se forment les axiomes. Non seulement l'expérience faite avec les yeux ou avec l'imagination n'est qu'un indice (pour la raison), mais encore cet indice peut manquer (par exemple, dans la construction impossible d'un myriagone, dans le prolongement également impossible de parallèles à l'infini, etc.). Sous le travail de Vœil u admet externe ou interne, il y a un sourd travail mental... liëVe"- Mais quoique la raison soit le véritable ouvrier de la de"susde conviction finale, l'indice que fournissent les sens est lasVeUnsdes très précieux. Car les témoignages de l'œil et de l'imagination devancent et confirment les conclusions de l'analyse ; nous sommes conduits à l'axiome par une suggestion préalable, et nous y sommes maintenus par une vérification ultérieure. L'évidence sensible sert d'introduction etde complément à l'évidence logique l. » Très bien îmaiseommenous voilà loindu pur mécanisme de l'association des images, et comme nous nous rapprochons de cette seconde vue idéale de l'intelligence, qui lit au dedans des données sensibles, intns légère, lanatureou formeidéale qu'elles expriment! Voilà Taine devenu Thomiste et Aristotélicien sans s'en douter!

\. Taine, De V Intelligence, II, p. 362.

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Quelques pages plus haut, le même auteur nous disait : « Si tous les triangles renferment une somme d'angles égale à deux droits, c'est que le triangle abstrait a la propriété de renfermer une somme d'angles égale à deux droits. Si tous les morceaux de fer soumis à l'humidité se rouillent, c'est que le fer pris à part, en lui-même, et soumis à l'humidité prise à part, en ellemême, possède la propriété de se rouiller. Si la loi est universelle, c'est qu'elle est abstraite ». » — Donc, conclurons-nous, dans Pinduction, l'esprit a atteint la nature même des choses. Elle atteint l'essence du triangle, et en conclut que la somme de ses trois angles est nécessairement égale à deux droits. Elle atteint la nature du fer,et constate qu'il a la propriété de se rouiller dans l'eau. L'esprit peut donc atteindre, au-delà des faits, leur essence même, ou au moins leur nature, et y trouver l'explication ou la raison d'être des faits.

C'est encore Taine qui va nous l'exposer, avec la manière brillante dont il est coutumier.

En plusieurs cas, nous dit-il, le pourquoi de la liaison de deux données dans une loi est expliqué. Le fait d'une loi a montré sa raison d'être. D'abord en voici un exemple. Exemple: (< Au XVIIe siècle, après les expériences de Galilée et de Pascal, on savait que tous les corps terrestres tendent à tomber vers la terre, et, depuis Copernic et Kepler, on comprenait que la terre et toutes les autres planètes tendent à tomber vers le soleil. Newton vint et prouva que ces deux tendances sont la même ; la gravitation est commune aux corps célestes comme aux corps terrestres, et, plus généralement, à tous les corps. A partir de ce moment, on sut pourquoi les corps terrestres tendent a tomber sur la terre, et pourquoi les

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