CHAPITRE PREMIER
ETIOLOGIE
Nous n'étudierons dans notre thèse que les lésions importantes produites par lPaction sur la peau de la chaleur sous ses diverses formes (gaz, liquides, corps solides, électricité), c’està-dire que nous nous limiterons à l'étude des brûlures cutanées étendues.
Celles-ci ne sont pas soignées partout dans les mêmes services hospitaliers. Alors qu'elles sont traitées dans presque tous les pays dans les Cliniques Chirurgicales, en Autriche et en Atlemagne elles le sont essentiellement par les dermatologues.
Les brûlures des muqueuses produites pour la plupart par des substances caustiques, relèvent le plus souvent de la thérapeutique des cliniques spécialisées correspondant à leur localisation sur des divers organes (œsophage, œil, nez, bouche).
Aux Etats-Unis, les brûlures cutanées causerit en nioyenne 6000 morts par an, dont 1/6 par suite des accidents de la circulation.
C’est dire la place importante des brûlures dans les nombreux traumatismes auxquels nous expose la vie moderne.
Les statistiques publiées à Vienne par C. Riehl jun. nous révèlent que les brûlures tiennent en temps de paix la quatrième place parmi les accidents après les automobiles, les chutes et l'alcoolisme. Leur fréquence sera certainement accrue dans de notables proportions du fait de la guerre.
Il est intéressant de constater que, dans la majorité des cas, les brûlures sont dues à des accidents de la vie ménagère. D’après Fasal sur 210 cas, 178 sont causés par des accidents de la vie domestique, 32 seulement par des accidents du travail.
Maïheureusement les victimes sont surtout les enfants audessous de 4 ans. Les brûlures se produisent chez eux souvent dans de mêmes circonstances.
Voici un cas remarquable par sa fréquence et par sa gravité. La mère est en train de faire sa lessive ou de laver son plancher.
Elle a posé sur le sol une bassine remplie d’eau bouillante. Le bébé circule autour du récipient. La mère s’éloigne un instant
et le drame survient : l’enfant tombe assis dans la bassine, La mortalité imputable à ces cas est très élevée.
Chez l'enfant, un autre mode de brûlures moins grave du point de vue vital, mais encore assez redoutable par la longue durée de ses suites, est la brûlure par cataplasmes de la région thoracique. Enfin les ménagères elles-mêmes sont souvent les propres victimes d'accidents provoqués par inadvertance ou imprudence :
Ebouillantage dans la cuisine ou à la lessiveuse (eau bouillante, huile, café); emploi de benzine dans le nettoyage des planchers, utilisation de lampes à pétrole, cuisinières à alcool et limprudence encore trop répandue : attiser le feu de la cuisinière avec du pétrole.
Certaines maladies où le système nerveux sensitif est lésé, enlèvent aux malades toutes sensations à la douleur. Ces sujets se brûlent facilement et nous connaissons, tous, les terribles accidents qui peuvent survenir dans l’épilepsie et la syringomyélie.
Si nous considérons quels sont les facteurs générateurs de brûlures étendues, nous pouvons les classer en 4 groupes :
1° Les liquides sont les agents les plus fréquents. Ils sont en cause dans 1/3 des cas. Ils produisent les échaudures et ébouillantages. L'importance de ces brûlures est accrue par les vêtements qui s’imprègnent et jouent le rôle de véritables condensateurs.
2° Les corps solides surchauffés où en ignition (métaux) produisent surtout les brûlures industrielles (fontes, plaques). En général ils agissent sur un territoire cutané restreint et provoquent essentiellement des lésions limitées et profondes.
3° Les gaz et vapeurs surchauffés de liquides volatils (essence, alcool, éther, grisou), les gaz de combat (ypérite)
agissent à la fois par leurs flammes (effet thermique) et par la réaction consécutive à lexplosion (effet mécanique de la pression). C’est le cas des brûlures par le gaz d'éclairage ou par les coups de grisou. On observe chez ces blessés une commotion qui ajoute ses effets à ceux de la brûlure proprement dite et agerave ainsi leur pronostic.
4° Enfin l'électricité donne des brûlures dun ordre particulier, par la production de températures très élevées dues à l'effet Joule, lésions que nous étudierons dans le chapitre des Formes cliniques.