‹ Etude des conceptions actuelles sur la pathogénie et le traitement de l'asthme des foinsChapitre 11 sur 19 · IV. — TRAITEMENT CURATIF MÉDICAL. — SÉROTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

IV. — TRAITEMENT CURATIF MÉDICAL. — SÉROTHÉRAPIE

Dunbar le premier, à la suite de ses recherches sur la pathogénie du rhume des foins, eut l’idée de chercher à

. réaliser une antitoxine capable de neutraliser les effets

nocifs de la protéine contenue dans le pollen. Cette substance, de nature albyminoïde, présentant les caractères des toxines mierobiennes, il était naturel d’espérer obtenir le même résultat qu'avec la toxine diphtérique ou tétanique. L'hypothèse de Dunbar, se trouva vérifiée car il réussit à

préparer un sérum actif. À son exemple, d’autres auteurs

étudièrent des sérums obtenus d’après Île même principe avec une technique un peu différente ; ainsi en France, Billard et Maltet produisirent un sérum polyvalent.

Pour obtenir des résultats positifs de ‘la méthode sérothérapique 1l faut user de procédés sûrs qui, au cours du traitement, témoigneront de la marche progressive de l’immunisation. Ils sexont absolument indispensables dans le traitement par la vaccination dont nous parlerons plus loin. | !

Les deux procédés . utilisés sont: l’ophtalmo-réaction préconisée par Dunbar, et la euti-réactron.

Pour pratiquer l’ophtalmo-réaction 1l suffit de déposer sur la conjective de la paupière inférieure, une“ certaine quantité de pollen; cinq minutes après on observe de l’hypérémie conjonctivale, de l’ædème de la paupière, du larmoiement et de la photophobie. Ces symptômes, souvent très accusés si l’immunisation n’est pas complète, persistent pendant quelques lieures,

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La cuti-réaction est &'::: !’2hmique aussi simple; on met en contact, avec une légère scarification faite à l’avantbras, une solution de pollen reconnu toxique. Après une demi-heure si la réaction est positive, on observe un soulèvement blanchâtre ou un élément d’urticaire qui doit mesurer .au moins un demi-centimètre de diamètre. Ce procédé, moins sensible que le premier, est aussi moins pénible pour le malade.

Ces deux réactions permettent, en outre, de reconnaître avec certitude quel est le pollen qui cause, chez un individu, les accidents d’anaphylaxie et, par suite, l'asthme des foins.

Sérum de Dunbar. — Ta méthode employée pour obtenir ce sérum anti-toxique, rappelle celle qui est employée par Roux depuis 1894 pour préparer le sérum anti-diphtérique. Dunbar prépare deux sortes de sérums : l’un avec l’extrait de pollens de graminées qui sera utilisé contre l’asthme des foins ; l’autre avec celui d’armoise et de solidage qui servira à lutter contre le catarrhe d'automne, forme qui sévit surtout en Amérique.

Le pollen choisi est dissout dans le sérum sanguin de l’espèce animale employée (de préférence le cheval). Le tout est filtré sur bougie Chamberland pour séparer les résidus cellulosiques du liquide toxique à injecter. Les injections de toxines sont faites à doses croissantes. La formation de l’anti-toxine commencerait dès les premières semaiïnes: ce n'est cependant qu'au bout de 3 mois et demi à 4 mois que l’animall a un-sérum suffisamment anti-toxique.

Le sang est recueilli par ponction de la jugulaire ; on le laisse coëguler pour permettre la séparation du sérum. Ce sérum, qui a reçu le nom de Pollantine, est fourni sous deux formes, l’une liquide, de conservation difficile; Pautre solide, le sérum ayant-été desséché dans le vide à basse température, puis pulvérisé et mélangé à du lactose.”

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La pollantine liquide s’emploïe par instillation de quelques gouttes dans les yeux. La pollantine solide est déposée en parcelles de la grosseur d’un grain de millet soit sur le bord libre de la paupière inférieure, soit dans le cul-de-sac lacrymail. |

Les résultats thérapeutiques obtenus sont intéressants. Cependant ils varient un peu suivant les auteurs: ainsi le dépouillement de statistiques portant sur plusieurs années montrent que les succès complets vont de 33 à 60 p. 100; les suacès partiels de 20 à 30 p. 100, les insuccès de 41 à 10

.100. Malheureusement on relève environ 10 à 15 cas d'aggravation. |

Les détracteurs de la méthode ont voulu, en particulier

Wolf-Eisner, mettre le fait sur le compte de la pollantine elle-même. Mais on saït que, parmi les personnes atteintes de fièvre des foins et d'asthme, il s’en trouve un assez grand nombre qui réagissent assez fortement à l'introduetions, dans leur organisme, d’un sérum étranger; en partieulier de cheval. Ainsi Gillette, à la suite de 28 cas malheureux dont 15 mortels, chez des sujets auquels on avait administré divers sérums, en particulier du sérum anti-diphtérique, à découvert dans les antécédents des crises d’asth-

me, rhume des foins ou simplement une susceptibilité par-

ticulière pour certaines odexrs.

De plus les insuecès signalés nous paraïssent dus pour la plupart au fait suivant: la pollantine est préparée à l’aide du pollen de diverses graminées, or on saït depuis déjà longtemps que le pollen de nombreuses autres plantes est la cause d’un assez grand nombre de cas d’asthme des foins. TL est donc logique de supposer que le sérum de Dunbar ne contient pas d’autitoxines spécifiques capables de neutraliser leurs effets,

Sérum-collyre de Billard et Maltet. — C'est un perfectionnement de la pollantine: en effet, ainsi que nous l’avons vu elle est d’une polyvalence beaucoup trop restreinte. Dunbar lui-même en recherchant les espèces toxiques avait surtout trouvé des graminées, mais la quantité de plantes appartenant à d’autres espèces qu'il avait aussi découvertes, chemin faisant, n'était certes pas négligeable.

Billard et Maltet, au cours de travaux minutieux, ont fait une sélection rigoureuse des pollens causant le plus habituellement, en France, des erises de rhume des foins'; aux plantes déjà signalées ils ajoutent le marronnier, la vigne, l’acacia, le lycopode.

La technique emplovée pour l'obtention du sérum, varie assez sensiblement de celle qui est suivie par Dunbar. Les animaux utilisés sont des oies ou des canards qui sont par-

ticulièrement résistants. Le liquide injecté est une émulsion

dans l'eau savonneuse des pollens choisis ; l'injection, faite dans le péritoine, est répétée tous les 15 jours ou tous les mois, suivant les réactions présentées par les animaux en préparation. Ils ne doivent être saignés qu'après 7 ou 8 mois ; encore faut-il essayer le sérum avant la saignée totale sur un sujet réactif, car le sérum de l’animal peut être inactif où même toxique. C'est là le point délicat de la méthode.

La saignée donne chez un canard 25 centimètres eubes de sérum; celui-ci est réparti dans des ampoules contenant seulement quelques gouttes, quantité d'ailleurs suffisante pour être instillée dans les deux veux. Dans Îles eas d'intensité moyenne on emploie une ampoule par jour, mais dans les cas graves 1l est nécessaire d'élever la dose.

Ce sérum ne donne que très peu d'échees, d’après les observations des auteurs: ceux qui se sont produits se-

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