IV. — THéoRtEe DU POLLEN
Ellioston, le premier, en 1830, émit l’hypothèse que le pollen ne seraït peut-être pas étranger à l'apparition du rhume des foins. L’oubli se fit d’ailleurs assez vite autour de cette théorie; remise d'actualité après um demi-siècle par Dunbar en 1892, elle est actuellement à peu près admise par tous Îles auteurs.
Les expériences réalisées par Dunbar furent effectuées dans le but de répondre à deux questions : le pollen est-il bien la eause des crises? Si oui, quel est le mcanisme de son action? |
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Une première expérience montra quel est le rôle du pollen ; elle fut faite avec celui du seigle. Des étamines de cette graminée sont isolées et mises dans un verre de montre, on les y laisse sécher pendant vingt-quatre heures. Les grains de pollen sont ainsi mis en liberté en quantité suffisante pour pratiquer l’expérience.
Six personnes furent soumises à l'introduction de ces grains dans les fosses nasales: trois avaient déjà présenté du rhume des foins, les autres n'avaient jamais, à aucun moment, manifesté de symptômes de cette affection.
Presque immédiatement les trois premières eurent des éternûments répétés, du gonflement de la fosse nasale dans laquelle le pollen avait été projeté; celle-ci ne redevint perméable que vingt à trente minutes plus tard. Les troïs personnes témoins n’eurent aucune réaction.
Les symptômes disparus, ce fut sur la conjonctive de la paupière inférieure que fut, cette fois, déposée une petite quantité de pollen. Les malades qui avaïent réagi la première fois réagirent encore au bout de cinq minutes par du picotement, de l'injection de la conjonctive, de l’æœdème de la paupière, de la photophobie; les signes de l’inflammation ne disparurent que vingt-quatre heures après. Les autres demeurèrent de nouveau ‘indemnes.
La réalité de l’action du pollen étaït ainsi prouvée d’une manière absolument certainie.
D’autres expériences furent faites pour donner encore plus de force à cette démonstration. On fit respirer, soit par la bouche, soit par le nez, du pollen à des personnes sensibles et à des personnes témoins. Toujours on constatait l'éclosion de symptômes, variables suivant le mode d'inhalation, chez les premières et absenee absolue d’accidents chez les secondes. L'intensité des crises variait suivant la quantité de pollens inhalés.