‹ Etude des divers systèmes de constructions en ciment arméChapitre 20 sur 35 · INCONVÉNIENTS DU CIMENT AKMÉ · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS DU CIMENT AKMÉ

Absence de méthode rationnelle de calcul.

Nous verrons, en traitant les méthodes employées pour le calcul des pièces en béton armé qu'elles n'ont rien de rigoureux, et que finalement en pratique on n'applique guère que des formules empiriques. Par suite de cette insuffisance de la théorie, on est tenu, pour satisfaire aux exigences de la sécurité, de se réserver une marge considérable et d'augmenter les épaisseurs des ouvrages au delà des limites nécessaires. Malgré cela, les calculs semblent parfois en défaut : des catastrophes restées assez mystérieuses, car la lumière ne se fait pas toujours à leur endroit comme il serait désirable, laissent planer sur la solidité du ciment armé des doutes préjudiciables.

Le reproche, il faut le reconnaître, ne manque pas de gravité. Mais quel est le calcul de stabilité dans lequel les hypothèses et l'empirisme ne jouent pas un rôle considérable ? Ce ne sont assurément pas les constructions métalliques, dans rétablissement desquelles on néglige systématiquement tout ce qui est flexion et torsion provoquées par les assemblages, excentricité des efforts et autres fatigues secondaires. Et pourtant on ne se fait pas faute de les appliquer. On ne voit donc pas pourquoi on renoncerait aux constructions en ciment armé, d'autant plus que leur résistance augmente à mesure que durcit le béton, tandis que diminue celle des constructions métalliques à mesure que les pièces sont envahies par la rouille.

En attendant que les méthodes de calcul aient acquis plus de rigueur, il faut continuer à donner aux ouvrages des épaisseurs considérables; l'économie y perdra assurément, mais pourtant malgré tout pourra rester assez sérieuse.

Et il est permis de penser que les catastrophes qu'on a déplorées sont dues à l'inobservation de ces mesures de sécurité, comme aussi au manque de soins dans la fabrication des ouvrages. Ceci nous amène à la seconde grande objection que l'on fait au béton armé.

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Variabilité de la résistance des bétons.

Cette variabilité, que maints essais ont mise en évidence, est certainement liée au mode d'exécution des ouvrages : on ne saurait surveiller de trop près la façon dont le béton est préparé, appliqué, pilonné, séché....

Elle dépend aussi de la nature des matériaux employés. Si on ne dispose pas de substances bien connues, il faut se livrer à des essais comparatifs pour déterminer aussi exactement que possible leur valeur par rapport à celle des matériaux bien expérimentés.

Enfin on remédiera à cette variabilité de résistance par une surépaisseur.

Les deux objections que nous venons d'examiner sont celles qu'on élève le plus légitimement contre l'emploi du ciment armé. Elles ne sont pas les seules.

On n'a pas oublié ce que nous avons dit sur l'influence néfaste des variations de température, quand les ouvrages sont exposés aux intempéries.

Une chose qu'on ne peut pas nier non plus, c'est que la mise en œuvre du béton exige des ouvriers expérimentés, parce qu'elle ne comporte pas la médiocrité. Comme les spécialistes sont encore trop rares, il faut souvent les faire venir de loin, et cela grève d'autant les constructions et surtout les réparations.

On remarquera, toutefois, que tous ces inconvénients s'atténueront peu à peu, à mesure que se répandront davantage les applications du ciment armé, et que seront mieux établies les méthodes de calcul. Avant d'exposer brièvement celles qui sont en usage, nous allons faire connaître les principaux essais sur lesquels on a pu, tant bien que mal, les étayer.

ESSAIS

Essais du laboratoire de l'École des ponts et chaussées.

1° en 1890, sur des dalles Gottancin.

Le laboratoire de l'École des ponts et chaussées a fait, en 1890, des expériences pour déterminer la résistance à la flexion et à la

ESSAIS

rupture de dalles Cottancin : une première série de plaques de l m ,lQ de longueur, mais de section et de constitution variables, ont été posées sur deux appuis distants de 1 mètre, puis chargées en leur milieu de poids progressivement croissants jusqu'à rupture complète de Tenduit au ciment ; une deuxième série de plaques de 2 m ,10 de longueur ont été posées sur deux appuis distants de 2 mètres et traitées comme les premières. Les résultats ont été consignés dans un tableau, dont nous donnons ci-dessous un extrait.

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