‹ Etude des divers systèmes de constructions en ciment arméChapitre 3 sur 35 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

On ignore qui a eu le premier l'idée de noyer une ossature métallique dans une masse de ciment. La plus ancienne application semble en revenir à des métallurgistes français, qui, pour obtenir des cloisons à la fois minces et solides, recouvraient d'une petite couche de mortier de ciment un châssis formé par l'entrecroisement de barres de fer que reliaient des attaches de treillageur. En 1855, à Paris, figurait à l'Exposition Universelle un bateau construit d'après les mêmes principes. En 1861, M. François Coignet, ayant l'intuition des emplois multiples de l'association béton et fer, montrait comment on pouvait l'utiliser pour les planchers, les digues et barrages, les voûtes surbaissées (1). Peu après, un autre Français, M. Monier, s'appliquait à la construction des tuyaux, bassins, réservoirs; ses brevets, exploités en Allemagne par « l'Actien Gesellschaft ftir Béton und Monierbau » de Berlin, et, en Autriche, par une société que dirigeait M. Wayss, ont servi de base à l'exécution d'un grand nombre de travaux, notamment de voûtes à grande portée et de plusieurs ouvrages d'une hardiesse remarquable. Aujourd'hui, le procédé Monier, dont les brevets sont tombés dans le domaine public, est très répandu; il est aussi appliqué à la construction des maisons.

Entre temps, plusieurs ingénieurs anglais e t américains, MM. Hyatt, Jackson, Bansome s'essayaient à la construction des poutres et planchers, et trouvaient dans le béton armé un moyen pratique d'assurer aux maisons cette incombustibilité, qui est si recherchée chez eux. Les systèmes Jackson et Bansome, comme celui de l'autrichien Melan et celui de la Société du métal déployé sont fort employés en Amérique. En France, MM. Chassing, Bordenave, Cottancin, Dumes-

(1) Bétons agglomérés apiriiqués à Vart de construire. E. Lacroix, Paris, 1801.

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