‹ Étude des Figures de Déshydratation à la Surface des CristauxChapitre 10 sur 39 · SULFATE DE MANGANÈSE : T · texte numérisé non relu

SULFATE DE MANGANÈSE : T

Les cristaux de sulfate de manganèse se déshydratent spontanément à l'air libre.

K. Pape à étudié sans succès la forme des figures. Généralement il ne se formé que des figures irrégulières parce, que la solution mère, qui a une consistance sirupeuse, adhère aux faces du cristal et y laisse un dépôt granuleux. Lorsque les cristaux ont été bien essuyés, les figures spontanées sont de deux sortes : des figures polygonales dérivées du cristal primitif et des figures dérivées du cristal déshydraté.

Figures polygonales dérivées du polyèdre primitif. — Sur les faces de la zone verticale, ces figures ont deux côté notablement plus longs que les autres et parallèles à l'arête verticale, et les côtés qui les terminent font des angles très variés avec les précédents. Plusieurs d’entre eux sont parallèles aux axes des zones principales qui passent par la face considérée. Sur la face terminale (011), les figures ont la forme de parallélogrammes dont les côtés sont parallèles aux deux faces (100) et (010).

La matière déshydratée n’est pas uniformement réparlie sur la figure : elle est divisée en bandes étroites équidistantes et parallèles aux côtés, en sorte que l’espace déshydraté est couvert de polygones concentriques. Chacune de ces bandes, regardée avec un plus fort grossissement, est ponctuée ou composée de sillons vermiculaires situés grossièrement dans le prolongement l’un de l’autre. La continuité optique des fragments déshydratés n’en est pas interrompue, et, comme pour le sulfate de cuivre, une mème figure contient un nombre assez petit d'individus cristallins diversement orientés.

Ces figures s’effleurissent elles-mêmes dans la suite et ne présentent plus qu’un amas blanchâtre et opaque dû sans doute à une nouvelle déshydratation. Celle circonstance, et la présence simultanée d'une deuxième sorte de figures, rend difficile l'analyse du premier sous-hydrate formé. Il est possible que ce soit l'hydrate M. 4, car des germes provenant de ces figures et semés sur un cristal 0.5 de sulfate de zinc, isopolymorphe du sulfate de manganèse, y donnent naissance à des figures elliptiques, lesquelles sont dues à la formation du cristal M. 4, comme on le verra plus loin.

Figures dérivées du polyèdre secondaire. — Ces figures se produisent plus fréquemment que les précédentes dans les

EU he mêmes circonstances, elles sont plus visibles parce qu'au lieu d’être limpides et uniformément réparties, elles pénètrent plus profondément dans le cristal et que la matière déshydralée est fine, opaque, fendillée radialement et laisse un espace vide au centre.

Leurs diamètres sont à peu près égaux dans toules les direcions. Au microscope polarisant, on aperçoit autour de la masse pulvérulente une zone étroite composée de fragments limpides, biréfringents, diversement orientés, beaucoup plus gros que les particules efflorescentes qui occupent la partie interne. Chacun de ces fragments cristallins forme un angle saillant dont les côtés sont rectilignes comme un cristal qui s’accroitrait dans la masse du cristal primitif par ses faces propres. Lorsque la déshydratation se poursuit, ces fragments se soulèvent, se déplacent, se divisent de nouveau, autrement dit, s’elfleurissent.

Les fissures larges et profondes qui divisent la masse intérieure pulvérulente jouent un rôle dans l'accroissement de la figure : leurs extrémilés sont dirigées vers les secteurs les plus saillants de la figure. Gette corrélation met en évidence le rôle de la diffusion dans la croissance des figures : l'eau dégagée par la déshydratation s’élimine plus facilement au voisinage de ces fissure; il en résulte que la croissance est plus rapide dans les parties les plus rapprochées des parois des fissures.

Figures à quatre secteurs. — Lorsqu'on expose les cristaux de sulfate de manganèse T5 à l’action de la vapeur d'alcool pendant quelques heures à la température ordinaire, on obtient des figures semblables à celles qui se produisent sur le sulfate de cuivre : elles ont la forme de parallélogrammes divisés en quatre secteurs optiquement orientés. Deux secteurs opposés par le sommet ont des orientations parallèles.

BUS et

Le phénomène est tout à fait semblable à celui qui a été décrit à propos du sulfate de cuivre.

N'ayant pu trouver directement l'état d'hydratation de ces figures, je pense néanmoins qu'elles sont formées du même hydrate que les figures analogues du sulfate de cuivre, c'està-dire de l’hydrate à 3wel d’eau.

SULFATE DE MANGANBSE : M.4.

La modification M.4 se dépose par l'évaporalion d'une solution saturée entre 30° et {oc (!), et s’effleurit lentement à l’air libre, en formant des taches blanches, opaques, grossièrement circulaires à l'œil nu, mais de contour ondulé sous un faible grossissement.

Les figures, profondément développées dans le cristal primitif, sont couvertes de fissures radiales de directions quelconques, largement ouvertes au centre et se terminant en pointe vers la périphérie. Si l’on ne considère que les grandes lignes du contour, chaque fissure est dirigée vers une région saillante, mais juste en face de l'extrémité de chaque fissure les côtés s’infléchissent cel viennent se rencontrer sous un angle rentrant, formant ainsi une petite dépression au milieu de la partie saillante plus étendue. Cette disposition nous renseigne sur le rôle important de la diffusion dans l’accroissement des figures pulvérulentes. La vitesse d'accroissement en un point dépend de la facililé avec laquelle s'élimine la vapeur d'eau dégagée par la déshydratation. fi est évident que la forme des figures ne peut manifester la symétrie du cristal que si la matière déshydratée conserve une structure homogène, comme dans le cas suivant.

(!) MaRIGNAG, Œuvres complètes, L. I.

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