SULFATE DE CUIVRE : T
Figures à quatre secteurs. — Le sulfate de cuivre a été desséché dans l'air à la température ordinaire par Blasius, qui n’a pas obtenu de figures régulières. Cependant, j'ai ohservé que les cristaux, soumis pendant plusieurs jours à l'action du dessiccateur sulfurique se recouvrent de figures qui,
surla même face, sont semblables entre elles. Ce sont des paral-
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lélogrammes ayant de ee de millimètre de longueur.
Les côtés ne sont pas très accusés ni parfaitement rectilignes, mais les diagonales sont plus nettes et plus profondément gravées, comme le montre la photographie n° 5. L'une des diagonales, la plus longue, est ordinairement plus marquée, et l’autre ne se trouve quelquefois que par tronçons, ou même n'existe pas. Dans ce dernier cas, la figure prend extérieurement la forme d'un fuseau dont l'axe est, nettement marqué.
Un examen optique sur des figures récemment sorties du dessiccateur, etimprignées d'huile, permet de distinguer quatre plages où l'orientation est uniforme. La couleur propre des cristaux de sulfate de cuivre gêne l'observation des teintes de hbiréfringence. Néanmoins, on peut voir que chacun des quatre coins de la figure possède une biréfrinsence positive suivant l'allongement de la diagonale qui y aboutit. C’est un cas analogue à celui du gypse, mais les particules cristallines déshydratées sont trop petites ee qu'on puisse distinguer leur forme.
De même que pour le gypse, la position des diagonales n’est pas absolument fixe: elle subit d’une figure à l'autre
TUE des variations de plusieurs degrés. Sur les faces de la zone verticale, la plus longue des diagonales est parallèle à l'axe de cette zone ; l’autre est inclinée dans une direction qui, sur
la face (110), està peu près parallèle à laface terminale (11 1).
Photographie n° 5, Grossissement : 130 diamétres. gra} Sulfate de cuivre.
Figures à quatre secteurs sur la face 7» de Mallard ({r110) de Groth.) A droite : figure de dissolution.
Sur les faces voisines de (110), la diagonale oblique est penchée du même côté, mais elle forme avec la diagonale principale un angle d'autant plus aigu que la face considérée fait un angle diédre plus petit avec la face (110); et, sur les faces les plus écartées de celte zone : (130) et(010),on n'obtient le plus souvent qu’un fuseau vertical. Sur les faces qui se trouvent aux extrémités de la colonne verticale, les figures
te
régulières sont plus difficiles à obtenir et les diagonales sont moins distinctes ; celles-ci se rapprochent généralement de directions paralléles aux faces (010) et (110).
Le sous-hydrate ainsi forme a 3%, d’eau. Ce chiffre a été obtenu en réhydratant le produit de l’efflorescence en présence de la solution saturée de sulfate de cuivre.
Figures polygonales. — Le sulfate de cuivre se déshydrate aussi dans l’alcool en dounant d’autres figures très régulières.
Blasius à inauguré cette méthode en laissant séjourner les cristaux pendant quelques heures dans l'alcool absolu entre 469 et 50°. Il a obtenu de belles figures anguleuses sur certaines faces ei de mauvaises sur les autres.
Photographie n° 6. Grossissement : 1,9.
Sulfate de cuivre.
Figures polygonales sur la face 77.
ju opérant dans l'alcool bouillant, j'ai obtenu des figures régulières sur toutes les faces, et transparentes au début. On peut obtenir des figures relativement grandes comme celles de la photographie n° 6 par le procédé suivant : onmet
un cristal dans un tube à essais avec de l'alcool absolu. On bouche solidement le tube et on le place dans le col d’un ballon qui contient de l’eau bouillante, ce qui permet de surveiller facilement la marche de l'opération. De petites laches blanchâtres ne tardent pas à apparaître et s’accroissent petit à petit jusqu'à atteindre quelques dixièmes de millimètre de longueur. Pour arrêter instantanément leur croissance, on plonge le tube dans l’eau froide.
Règle du polyèdre de déshydratation.— Sur les faces naturelles, les figures ainsi produites ont la forme de paralléloorammes, d'hexagones, ou généralement de polygones convexes dont la plupart des côtés sont parallèlesaux arêtes qui limitent la face où elle se produisent.
Une règle plus synthétique remplace les descriptions spéciales aux figures diverses qui peuvent se produire sur un cristal. Si l'on considère un polyèdre de déshydratation cristallographiquement semblable et orienté parallèlement au cristal primitif, chaque figure de déshydratation est semblable à l'intersection du polyèdre de déshydratation par la surface où se produit la figure, que ce soit une face naturelle, une face de cassure conchoïdale, ou une surface artificielle de forme quelconque taillée sur le cristal.
On voit que les figures seront semblables entre elles et à la face naturelle où elles prennent faissance ; mais c'est une similitude cristallographique et non géométrique, c’està-dire que cerlains côtés peuvent manquer, d’autres n’apparaitre qu'exceptionnellement et que, d'une manière générale, leurs dimensions relatives sont variables. Ce sont là des anomalies comparables à celles qui affectent les cristaux de même espèce, Dans l'ensemble, on peut dire que les côtés des figures qui sont les plus fréquents et les plus longs sont parallèles aux faces les plus fréquentes et les plus larges, et
qu'on trouve exceptionnellement, sur les angles de ces polygones, des troncatures parallèles aux faces les plus rares et les plus petites.
La matière déshydratée est limpide au début, mais elle ne tarde pas à devenir opaque sous forme d’un amas d'’efflorescence blanchâtre. Tant qu’elle reste transparente, on peut constater au microscope polarisant qu'elle n’est pas formée d'un cristal unique, mais d’un petit nombre de cristaux juxtaposés et diversement orientés; car, si l’on met d’abord le cristal primilif à l'extinction, la figure ne s'éteint pas, et de plus, si l'on tourne légèrement la préparation à droile ou à gauche, on voit certains fragments devenir plus lumineux, tandis que d'autres s’assombrissent.
Ces individus cristallins qui forment ja figure n'ont d’ailleurs pas leur forme naturelle et ils se limitent mutuellement par des lignes compliquées. Leur face supérieure est une section plane qui ne contient aucune rangée du réseau secondaire, en sorte que dans la transformation un nouveau réseau cristallin se substitue au premier, comme dans le cas du polymorphisme indirect défini par Wyrouboff (*).
La question de-savoir si la forme polygonale des figures n'est pas due aux défauts de constitution du cristal primitif sera examinée dans un résumé d'ensemble; mais en vue de cette discussion, il faut noter ici quelques détails relatifs aux défauts d'homogénéité constatés sur les cristaux de sulfate de cuivre. Les faces de la zone verticale sont généralement striées par des lignes de croissance. Sur la face (110), par exemple, elles sont parallèles à l’arûte verticale, ou légèrement obliques, et vont d’une extrémité à l’autre. Elles se suivent en échelons et chacune d'elles est reliée à la suivante par un grand nombre de lignes courbes beaucoup plus fines,
(!) Bull. Soc. Min., t. XHI, 1590.
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et Von n'y voit pas de ligne parallèle à un autre axe de zone passant par celle face. Ces défauts sont très différents des figures de déshydratation.
Afin de connaître l'état d'hydralation du produit résultant de la formation de ces figures polygonales, j'ai poussé la déshydratation jusqu'à obtenir une quantité susceptible d'être pesée en changeant l'alcool à plusieurs reprises : le sous-hydrate avait 21 d’eau.
Le sulfate de cuivre se déshydrate assez rapidement lorsqu'on chauffe les cristaux dans une étuve entre 45° et 50°. K. Pape, qui a étudié les figures ainsi produites, y à vu des ellipses dérivées d'un ellipsoïde. Maïs il avoue qu'un pelit nombre seulement sont susceptibles de mesures. M. Gaubert qui a repris cette expérience, tronve que «la plupart des figures ont un contour plutôt hexagonal qu'elliptique. L'hexagone a un angle en haut, un angle en bas et deux côtés verticaux généralement très allongés ». Les figures que j'ai obtenues dans ces conditions sont aussi très irrégulières.
Des cristaux de sulfate de cuivre, exposés quelques heures au soleil en été, se sont recouverts de deux sortes de figures, les unes petites et à peu près circulaires, les autres plus grosses et oblongues. Les premières,très nombreuses, peuvent atteindre ;! de millimètre de diamètre; elles sont formées d'une matière pulvérulente partagée par des crevasses irrégulières dues à la contraction consécutive au départ de l’eau. Leur limite, qui n'est pas très régulière quoiqu'elle se rapproche d'une circonférence, est bordée d'une zone étroite biréfringente de cristaux orientés d’une manière quelconque sur lé cristal primitif, mais encore enchassés dans celui-ci. Ces cristaux secondaires se déplacent lorsque la déshydratation se poursuit, et de leurs déplacements résulte la structure efflorescente, c'est-à-dire un amas désordonné de particules laissant entre elles des espaces vides.
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D'autres figures, beaucoup plus grosses, pouvant atteindre plusieurs millimètres de longueur, ont une forme oblongue. Elles ne sont pas assez régulières pour se prêter à des mesures précises mais elles sont très semblables entre elles sur une même face.
Sur les faces de la zone verticale, elles sont très allongées dans le sens vertical, au point d’avoir l'apparence de bandes quatre fois plus longues que larges. Sur les faces terminales les figures sont toutes allongées parallèlement à la face 21(010) et deux fois plus longues que larges. Sur toutes les faces, ces figures oblongues sont partagées eu plusieurs secteurs par des fissures diamétrales très peu marquées, rectilignes, souvent rèduites au nombre de deux, et alors leurs directions sont à peu près constantes. Ainsi, sur les faces de la zone verticale, ces deux diamètres principaux font un angle d’environ 20°, avant pour bissesctricel'arête verticale. Sur les faces terminales, ces diamètres moins réguliers ont pour bissectrice de leur angle aigu une ligne parallèle à la face 4!. Ces figures ont donc quelque analogie avec les figures à quatre secteurs obtenus au dessiccateur, mais ici la matière déshydratée reste très consistante, et je n'ai pas pu observer d'orientation optique propre à chaque secteur.