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DITHIONATES DE STRONTIUM, DE CALCIUM ET DE PLOMB

Ces cristaux se présentent sous la forme de tables hexagonales produites par l’association de plusieurs cristaux orthorhombiques ou monocliniques (1).

K. Pape, en les plaçant dans une étuve, à 53° pour le sel de plomb, à 38° pour les deux autres, obtint des figures pulvérulentes auxquelles il attribua, sans effectuer aucune mesure, la forme circulaire. Cette conclusion semblait confirmer sa théorie d’après laquelle les cristaux hexagonaux devaient se comporter vis-à-vis de la déshydratation comme des cristaux cubiques.

L. Sohncke reprit ces expériences, mesura les diamètres, et aboutit à cette conclusion que, sur les faces latérales, les figures ne sont pas des cercles. Elles sont allongées suivant l'axe principal pour le sel de plomb, et au contraire allongé-s perpendiculairement à cette direction pour les deux autres. Le rapport des axes peut varier des deux dixièmes de sa valeur. Sohncke admet que les figures s'accordent à peu près avec

() WyrouBorr, Bull. Soc. min., t. 8.

moe

un ellipsoïde de rotation allongé suivant l'axe principal pour le sel plomb, le rapport des axes étant 1 :1,1, el avec un ellipsoïde aplati pour les sels de calcium et de strontium, le rapport des axes étant 1 : 1,2.

En cherchant à reproduire ces figures, j'ai observé aussi sur les faces hexagonales des-figures assez voisines decercles, et, sur les faces latérales, des ellipses, ou des bandes parallèles à la face principale, terminées par des courbes peu nettes.

Le dithionate de strontium donne les figures les plus grandes et les meilleures. En regardant plus attentivement le contour des figures presque circulaires, on voit qu’elles sont aplaties sur trois côtés et qu’elles ont plutôt une forme intermédiaire entre un cercle et un triangle aux côtés très arrondis et aux angles très émoussés, comme le montre la photographie n° 10. Si l’on imprègne les figures pulvérulentes d'un

Photographie n° 10.

Dithionate de strontium face hexagonale p.

Figures efflorescentes en forme de triangles arrondis.

liquide inactif comme l'huile de vaseline, elles deviennent plus transparentes et montrent une structure complexe. On y distingue trois secteurs principaux, et chacun d’eux est rayé par trois ou quatre branches sombres rayonnant du centre vers les régions les plus saillantes du contour. Celui-ci apparaît plus nettement polygonal et les rayons sombres

De

aboutissent à chaque sommet. Le polygone complet à 12 côtés répartis selon la symétrie ternaire, mais certains d'entre eux ne se développent pas toujours. ( Voir le schéma n° r). En somme, le solide déshydraté ressemble à une pyramide rhomboédrique surbaissée et se classe dans le type polyédrique.

Schéma n°1.

Dithionate de strontium. Schéma d'une figure d’efflorescence sur la face hexagonale p.

Le cristal primitif est formé de plusieurs individus dont les macles se voient sur la face principale. Les figures qui se forment de chaque côté de ces lignes de macles sont disposées symétriquement. Ces figures ne se produisent pas seulement à l'étuve, mais aussi à la température ordinaire dans le dessiccateur.

Dans l’alcool bouillant, il se forme des figures pulvérulentes qui ont l’aspect de triangles ou d’hexagones bien formés; mais ce phénoméne est accompagné d’une dissolution partielle.

FERROGYANURE DE POTASSIUM : M.3.

Les cristaux de ce sel ont la forme de tables épaisses, carrées où octogonales, possédant en apparence la symétrie

AE) Le

quadratique, mais composées en réalité d'un grand nombre d'individus monocliniques maclés de deux façons, soit par rotation de 90° autour de l’axe binaire (quasi-quaternaire du réseau ), soit par hémitropie parallèle à'un axe pseudo-binaire situé dans le plan de symétrie.

K. Pape produisit des figures de déshydratation en chauffant ces cristaux et les interpréta comme étant des cercles sur les faces rectangulaires et des ellipses sur les autres taces.

En réalité, ces figures ne dérivent nullement d’un ellipsoïde d’efflorescence. Leur structure est complexe et non homogène comme le suppose la théorie de l’ellipsoïde. Leur forme n'est pas une ellipse sur les faces latérales de la pyramide pseudo-quadratique, mais une figure limitée dans sa plus grande longueur par deux lignes parallèles à la face rectangulaire et terminée à ses extémités par des lignes souvent arrondies et peu nettes, mais quelquefois rectilignes et de deux sortes. Certaines de ces lignes terminales sont parallèles au plan de symétrie principal quadratique, et alors la figure est un rectangle ; certaines autres sont parallèles aux autres faces de la pyramide pseudo-quadratique, et alors la figure est un hexagone.

Sur la table carrée, les limites des figures sont très variables et se rapprochent tantôt d'un carré à 45° des côtés de la face, tantôt d’une croix grecque àbranches très courtes, tantôt d’un octogone. Les bords sont ordinairement dentelés en certains points et ondulés sur d’autres.

Ces figures se produisent aussi à la température ordinaire à l’air libre, ou plus rapidement dans le dessiccateur.

Lorsque la tension de vapeur d’eau est réduite à 3*® de mercure, des figures superficielles apparaissent en quelques heures, et des figures profonde en deux ou trois jours.

Les figures profondes naissent en des points isolés dans la masse même du cristal, à plusieurs millimètres de la sur-

KORES

face. On peut observer en effet que le cristal est très perméable à la vapeur d’eau : en couvrant les faces latérales d’une épaisse couche de baume de Canada, on constate quel'évaporation se produit principalement par ces faces, latérales car la formation des figures profondes est très ralentie, mais que néanmoins l'évaporation est encore sensible à travers la face carrée.

La matière qui compose ces figuresestanhydre. En effet, le ferrocyanure M.3 réduit en poudre et laïssé plusieurs jours au dessiccateur, perd toute son eau; de plus, cette poudre anhydre, mise dans un vase clos de très petite dimension avec des cristaux M.3 présentant déjà des figures de déshydratation, n'’augmente pas de poids, même au bout de 8 jours, et les figures du cristal M.3 ne s'accroissent pas dans ces conditions. Les figures ne sont donc pas formées d’un hydrate intermédiaire.

Figures filiformes des cristaux simples. — Les figures superficielles paraissent au premier abord très différentes des figures internes et sont plus simples. Mais les plus simples de toutes se forment à la surface de très petits cristaux obtenus dans une solution de chromate neutre de potassium, selon la méthode indiquée par Wvyrouboff (‘) pour obtenir des cris-

Schéma n° IT.

taux non màclés. La surface carrée des cristaux élémentaires se couvre de raies parallèles entre elles, dans une direction

(1) Ann. de Chim. et de Phys., 1. xvi.

qui fait ordinairement 45° avec les côtés. Lorsqu'ils sont complètement transformés, ils se réduisent facilement en fibres parallèles à cette direction. Imprégnés d'huile de vaseline, ils deviennent translucides, se montrent biréfringents, s’éteiguent et sont positifs suivant l'allongement des fibres. De plus ils sont devenus anhydres.

L'orientation optique de la matière déshydratée peut être attribuée soit à un groupement des éléments cristallins primitifs et secondaires, soit aux lensions qui résultent de la transformation.

La direction des fibres déshydratées présente des anomalies. Plusieurs cristaux ont leurs fibres orientées à 4o° de l’un des côtés de la face carrée, au lieu de 45e.

Sur des cristaux un peu plus gros, en des régions différentes de la même face, les fibres déshydratées sont quelquefois à go° les unes des autres. Par exemple, un cristal complètement déshydraté est divisé en deux par une diagonale à la face carrée: sur l’une des moitiés du cristal les fibres sont parallèles à cette diagonale, et sur l’autre moitié, elles lui sont perpendiculaires { Voir le schéma n° IT). Ces régions différentes correspondent à des individus cristallins du sel primitif associés à 90° l’un de l’autre.

Figures superficielles à quatre secteurs. — Sur les faces carrées de clivage des gros cristaux, les premiers points attaqués par la déshydratation donnent ordinairement des figures à peine visibles et divisées en quatre secteurs.

Les bords des figures sont variables, courbes et présentent souvent des angles saillants à la limite commune de deux secteurs. Mais les diamètres sont rectilignes, et croisés à angles droits. Chaque secteur est occupé par des stries parallèles à l’un des diamètres et perpendiculaires à l’autre, dans le cas le plus simple. Alors la figure n’est pas symétrique par rapport à une droite de la figure, mais seulement par rapport

== GAS à son centre, en sorte qu'une droite normale à la face carrée et passant par le centre de la figure n’est qu'un axe de répetition tournante, comme dans le schéma n° IE, a.

Schéma n° LU.

Schéma des figures superficielles du ferrocyanure de potassium.

a, Figure à quatre secteurs. Répétition tournante autour d'un axe Af dirigé. b, Figure à quatre secteurs symétriques c, Combinaison des deux précédentes.

Dans d'autres cas, la figure est symétrique par rapport à deux droites rectangulaires. Les fibres conservent les deux mêmes orientations que dans les figures précédentes et les quatre secteurs sont séparés par deux bandes neutres croissée

AU DOS à 90° [une de l’autre et à 45° des fibres, comme dans le schéma n° [If, b. Souvent ces deux types de figures se retrou-

vent partiellement dans une même figure, comme dans le schéma n° ITE, c.

Figures internes en rosaces, — Dans l'intérieur du cristal, les figures de déshydratation isolées affectent la forme de masses lenticulaires aplaties suivant la face de clivage. Elles atteignent quelques centièmes de millimètres d'épaisseur et un millimètre de diamètre.

Eiles sont opaques, mais on parvient à les rendre translu-

Photographie n° 11 Grossissement : 10 diamètres,

Ferrocyanure de potassium, Figures de déshydratation internes vues par la face de clivage du cristal primitif, entre nicols croisés.

Les figures où l'huile n’a pas pénétré sont restées obscures. cides en faisant pénétrer de l'huile de vaseline par les clivages. Alors, si on les regarde par la face carrée, elles appa-

GAUDEFROY. D

raissent comme des rosaces formées d’un nombre variable de secteurs qui ne s’éteignent pas en même temps lorsqu'on les examine entre nicols croisés (Voir la photographie n°11).

La forme la plus souvent rencontrée est composée, comme le montre la photographie n° 12, de 8 secteurs, soit: quatre secteurs plus larges qu’on peut désigner par la lettre À, séparés par une croix noire dont chacune des quatre branches peut être désignée par B. Les secteurs À s’éteignent selov leur bissectrices ; les secteurs B ne sont pas dépourvus de biréfringence, mais ils ne s’éleignent jamais parfaitement et ne deviennent pas non plus très lumineux. Ils ont une ouverture d'environ 20°. Il n'est pas rare que le phénomène soit plus compliqué, et la figure complète possède 16 secteurs. Alors, à la disposition précédentes’ajoutent, dans chaque quadrant deux secteurs symétriques C et C', qui viennent s'intercaler entre les secteurs A et B. Ces nouveaux secteurs ont une ouverture de 18° à 20°, et leurs extinctions symétriques font un angle de 10° à 15° à droite et à gauche de l'extinction des secteurs principaux A.

Les figures sont le plus souvent incomplètes, le nombre des secteurs varie d’une figure à l'autre et quelquefois, dans la même figure, d'un quadrant à l'autre.

Parmi ces formes variées se rencontre quelquefois la disposition tournante. Eile a lieu lorsque l'un des secteurs C ou C’ est absent, auquel cas on trouve successivement, en tournant dans le même sens, les secteurs À,B et G dans le même ordre: la figure n’a pas de plan de symétrie, mais un axe quaternaire de répétition tournante.

Assimilation des diverses figures du ferrocyanure de potassium. — Toutes ces figures superficielles . ou internes sont des Combinaisons de figures élémentaires, filiformes, des cristaux simples.

D'abord les figures superficielles à quatre secteurs sem-

blent bien se former en des points de macle où quatre individus cristallins primitifs se rencontrent, donnant chacun des fibres déshydratées à 45° des cotés.

Il est à noter que les anomalies dans la direction des fibres, constatées sur Cerlains cristaux élémentaires, se retrouvent

Photographie n° 12. Grossissement : 30 diamètres. Ferrocyanure de potassium.

Figure de déshydratation interne, imprégnée d'huile du vaseline, vue par lumière transmise entre nicols croisés. dans les figures superficielles des gros cristaux.On rencoutre, en effet, de ces figures dont les quatre secteurs font un angle de 18° à 20° avec la direction ordinaire.

Pour les figures internes, il est à croire qu’elles naissent aussi en des points de macles, où des fibres de déshydratation peuvent se produire dans les différentes directions correspondantes à chaque secteur, soit qu'elles naissent sur les quatre cristaux groupés dans un même plan, soit qu’elles transparaissent les unes à travers les autres dans des plans superposés. Alors, la croix sombre des secteurs B correspondrait aux

ONE plages où les fibres des couches inférieures ne seraient pas parallèles aux fibres des couches supérieures, autrement dit, dans les secteurs B la lumière traverserait toujours des fibres croisés, ce qui expliquerait à la fois leur grande opacité et l'absence d'extinction; les secteurs À correspondraient aux fibres orientées à 45° des côtés, et les secteurs C à des fibres inclinées par rapport à cette direction principale.

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