‹ Étude des Figures de Déshydratation à la Surface des CristauxChapitre 34 sur 39 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Au cours des descriptions précédentes, les figures de déshydratation se sont classées, par des analogies frappantes, en un petit nombre de groupes bien distincts les uns des autres.

Pour essayer d'en faire une classification rationnelle, il faut réunir les traits distinctifs de chacun de ces types el montrer les rapports qui existent entre Ces caractères et les conditions dans lesquelles ils se produisent.

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le Figures polygonales dérivées d'un polyèdre de déshydratation semblable au polyédre primitif. — Ce type est très fréquent, il s'est présenté vingt-sept fois sur 5o espèces cristallines cités. Les figures sont polygonales; elles sont semblables et semblablement orientées sur une même face, mais varient d'une face à l’autre.

Ces variations sont synthétisées dans une règle simple. Si l'on imagine un petit polyèdre, appelé polyèdre de déshydratation, semblable au polyèdre cristallin primitif et sembhlablement disposé.l’intersection du polyèdre de déshydratation par la surface du cristal primitif donne un polygone semblable aux figures de déshydratation observées. Il en ressort immédiatement que les figures seront généralement semblables aux faces naturelles. Sur les arêtes, sur les sommets, sur les surfaces courbes de cassures, les figures seront des polygones gauches aux côtés droits ou courbes.

Diverses intersections parallèles du même polyèdre varient par les dimensions relatives et aussi par le nombre des côtés; de même aussi les figures ne sont pas géométriquement, mais cristallographiquement semblables entre elles ; certains cotés sont quelquefois moins développés, certains même peuvent être absents. Ces variations sont du mème ordre que celles qui se produisent entre les divers cristaux venus dans une même solution. ]

La règle du polyèdre de déshydratation s'applique surtout aux formes superficielles, aux lignes visibles du polygone qui limite la figure à sa surface. On peut se demander si elle correspond aussi au reste de la surface du solide déshydraté, c'est-à-dire si les faces de contact entre la masse déshydratée et le cristal primitif sont des faces d'indice simple du système réticulaire primitif. Il n'a pas été possible de le vérifier. Certains cas sont favorables à celte hypothèse. Dans les figures polygonales du gypse et de l'oxalate de potassium,

ER = la teinte de biréfringence de la partie déshydratée est uniforme : son épaisseur est donc la même dans loute son étendue, et alors la surface inférieure, celle qui est en contact avec le cristal primitif, est un plan réticulaire du cristal primitif comme la face supéricure, lournée vers l'extérieur.

Mais souvent, et particulièrement lorsque les fragments déshydratés sont assez nombreux, le solide déshydraté total est plus épais au centre que sur les bords de la figure, sa forme est celle d’une pyramide surbaissée, dont les faces ressemblent aux faces vicinales des figures de dissolution. Si l’on veut admettre alors l'hypothèse du polyèdre de déshydratalion, il faut supposer que les faces de contact de la masse déshydratée avec le cristal primitif sont composées de gradins parallèles aux faces théoriques.

En somme le polyèdre sans angle rentrant peut être regardé comme une limite qui est d'autant mieux atteinte que les fragments secondaires sont plus gros.

Le polygone superficiel lui-même n'est pas toujours convexe : lorsque les fragments secondaires sont nombreux, les côtés, au lieu d'être rectilignes, sont brisés en échelons quelquefois très petits jusqu’à donner l’apparence d'une courbe. La raison en est dans la diversité des orientations des fragments secondaires. Deux fragments voisins s'ils étaient identiquement orientés auraient sans doute la même vitesse d'accroissement dans une direction quelconque, mais deux fragments orientés de facons différentes doivent avoir des vilesses d'accroissement différentes pour chaque direction. Ils produisent des polygones qui ne sont pas géométriquement mais cristallographiquement semblables. Les deux polygones juxtaposés auront bien leurs éléments parallèles mais non dans le prolongement l’un de l’autre. On remarque en effet, sur les sulfates de zinc et de nickel que les angles rentrants de la figure se trouvent sur la ligne de jonction de

Le pp deux fragments contigus. (Voër les photographies n% 8 et 9).

Aussi la production des figures dans l'air est généralement défavorable à la simplicité des formes, parce que la matière déshydratée y est extrêmement morcelée. Karl Pape, qui ne produisait les figures d'efflorescence que de cette manière, n'a trouvé que des figures courbes sur le sulfate de cuivre, les aluns, le dithionate de strontium, l'hyposulfite de sodium, tandis que ces mêmes figures se rapprochent davantage des formes polygonales limites iorsqu'on les fait naître dans des conditions plus favorables. On à vu que, dans presque tous les cas, l'emploi d’un liquide surtout lorsqu'il absorbe l’eau de déshydratation aboutit à des figures plus simples, et qu’en même temps les fragments secondaires sont plus gros.

Le rôle des liquides semble être à la fois thermique et mécanique. Surtout lorsque leur emploi est accompagné d’un brassage, ils égalisent les différences de températures produites par la transformation, et neutralisent ainsi les effets de la conductivité et de la dilatation, le morcellement par clivage ou par fractures. Mais ils ont aussi un rôle purement mécanique, car leur viscosité gêne les déplacements des fragments déshydratés. On à pu remarquer l'avantage d’employer un liquide très visgneux comme la glycérine, lorsqu'il ne dissout pas le corps à déshydrater, comme c'est le cas pour le gypse. Tandis que les figures polygonales se produisent rarement sur ce corps dans l'air, elles sont fréquentes dans la glycérine.

La question se pose de savoir si les figures polygonales sont en relation avec la constitution régulière des cristaux, ou bien si elles sont dues à leurs irrégularités, à leurs défauts d’homogénéité.

Cette dernière hypothèse est moins vraisemblable. Elle pourrait S'appuyer sur deux observations que je vais critiquer

1° Des cristaux qui au premier abord paraissent homogènes Sont composés de plusieurs individus groupés parallèlement. Les figures polygonales ne feraient que mettre en évidence les lignes de séparation entre individus juxtaposés. |

2° La croissance laisse des stigmates à la surface des cristaux et jusque dans leur masse. Ces stigmates ont souvent des formes polygonales qui doivent influer sur la forme des figures,

D'abord pour examiner la question dans sa généralité, supposons que les cristaux d'apparence homogène soient compo: sés en réalité d'individus cristallins juxtaposés, et séparés par des surfaces qui sont des ruptures d'homogénéité. Ces surfaces dessinent par leur intersection avec les faces naturelles du cristal des lignes polygonales dérivées du polvèdre primitif comme les figures de déshydratation, etune figurede déshydratation prenant naissance sur l’un des individus cristallins pourra s'arrêter où au moins se ralentir dans son développement sur les bords même du contour polygonal qui le limite. Mais une telleexplication ne convient pas aux figures qui s’accroissent d’un mouvement continu en restantioujours polygonales ce qui est le cas des figures de déshydratation. Ou du moins on ne peut la conserver qu’en la compliquant, par exemple en supposant que les individus cristallins sont extrêmement petits, que chaque figure en renferme un grand nombre, de telle sorte que les échelons qu'ils dessinent sur les bords de la figure ne sont plus perceptibles.

Mais alors, si les ruptures d'homogénéité affectant des formes polygonales semblables au polyèdre cristallin total sont si fréquentes, même sur des cristaux limpides, les figures polygonales ne représentent pas un phénomène exceptionnel, elles dépendent des lois générales de la cristallogé-

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