HISTORIQUE
Sous ce titre, on ne trouvera que la marche géncrale des recherches et des théories relatives au sujet. Les relations détaillées de chaque auteur devront être reprises à propos de l'étude des cas particuliers, là où elles peuvent être utilement acceptées on disculées.
Le premier cristallographe qui ait parlé des figures de déshydratation semble êire J. Grailich. (:) Dans une Note de quelques lignes, il dit que les figures d’efflorescence se forment très régulièrement et que, très vraisemblablement, elles sont sous la dépendance du système cristallin. Il ne cite pas d'exemple.
Karl Pape (?) fut le premier qui publia des observations détaillées. Les plus précises portent sur les sulfates de fer, de zinc et de cuivre. Neuf auires corps ont été observés par lui plus sommairement. |
Son procédé de production des figures consiste à chauffer les cristaux dans une étuve maintenue à une température déterminée. Les faces cristallines se recouvrent de petites taches d’efflorescence qu'il assimile à des cercles et à des ellipses.
Sur une même face, les ellipses sont semblablément disposées et le rapport des axes est constant. Sur des faces différentes, les ellipses diffèrent, mais se comportent comme les intersections d’un même ellipsoide par les faces du cristal. Les axes de cet ellipsoïde obéissent aux lois de symétrie du cristal.
Il crut voir, dans la formation d’un ellipsoïde d’efflores-
(1) J. Gramion, Lehrbuch der Krystallographie, Wien, 1896. Cité par
K,. Pape.
(2) Karz Pars, U. d. Verwitterungsellipsoïd vasserhallig. Kryst. {Pogg. Ann. t. 124, 195, 133, 135, 1864-1868).
Re
cence, l'indication de propriétés cristallographiques nouvelles, appliquables notamment au système hexagonal et aux systèmes nonoclinique et triclinique. C’est ainsi que le système hexagonal devrait être ramené, selon lui, au système cubique, parce que les figures de déshydratations obtenues sur les cristaux hexagonaux des dithionates de plomb de strontium et de calcium dérivent d'une sphère. De même les vrais axes cristallographiques des cristaux monocliniques et tricliniques sont, à son avis, les axes trirectangulaires de l’ellipsoïde d'efflorescence qu’il appelle « axes chimiques ».
Non seulement ces conclusions relatives à la structure des cristaux ne furent pas acceptées dans la suite, mais même beaucoup de ses observations furent conteslées. Cependant, plusieurs des exemples qu'il a choisis méritent encore d’être retenus, notamment les sulfates de fer et de zinc.
Schrauf (!), en 1866, dans son Mannuel, parle aussi des ligures d’efflorescence, mais ne cile aucune expérience nouvelle. Il admet la théorie de Pape sur lellipsoïde d’efflorescence et la croit appliquable à tous les cristaux hydratés. Il émet l’idée que les faces de clivage doivent avoir pour figures d'efflorescence des cercles. Cette idée est en contradiction avec les observations de Pape lui-même. E. Blasius (?), en effet dans une allusion à l'hypothèse de Schrauf, rappelle que Pape à trouvé des ellipses sur les faces (o10) où 2! du sulfate de zinc, lesquelles sont des faces de clivage.
l'. Exner (?), en 1873, dans une étude sur la dureté des faces cristallines, critique les expériences de Pape. Beaucoup de ses observations ne concordent pas entre elles, dit-il, et,
(1) ScnRaur, Physik. Min. t. 11. Wien, 1866.
(*) Eug. Brasius, Zersetsungsfiguren an Krystallen. (Zeitschrift für Krystallograplue, t. X).
(*) Franz. ExXNER, Untersuchungen über die Harte an Krystallfläche, \WWien, 1873.
rs particulièrement pour le sulfate de cuivre, la plupart des figures sont oblongues plutôt qu’elliptiques. Elles n'en seraient pas moins régulières, selon Exner, car elles se rapprocheraient des figures de dureté. Mais il n'apporte aucune description nouvelle.
Weiss (1), en 1877, décrivit les figures d'efflorescence du gypse. Il montra qu'elles sont régulières, mais ne ressemblent pas aux ellipses de Pape.
L. Sohncke (?), en 1879, reprit et critiqua les expériences de Pape au sujet des cristaux rhombhoédriques. Il conclut que les cristaux de ce sysième comme les dithionates de plomb, de calcium et de strontium ont un ellipsoïde d’efflorescence allongé ou aplali suivant l'axe, au lieu d’une sphère comme le prétend Pape.
Devant l'insuffisance des théories de Pape, de Schrauf et d'Exner, Blasius (*) chercha de nouveaux faits et changea de méthode. Au lieu de chauffer les cristaux dans une étuve, il les soumit à l’action de l'air sec à froid, ou de l'alcool absolu à diverses températures. Il étudia l’alun de chrome, les sulfates de fer, de zinc, de magnésium, de nickel, le sulfate ammoniaco-magnésien, et il obtint des résultats remarquables sur plusieurs d’entre eux. L’efflorescence creusait à la surface du cristal des pyramides surbaissées dont les bords affectaient des formes polygonales en rapport avec la symétrie du cristal. 1l rapprocha ces figures des figures de dissolution.
L. Sohncke (*) reprit en 1895 la description des figures de déshydratation superficielles du gypse.
(*) Weiss, Uber Aetzfiguren bei Gyps. (Zeitschr. d. Deutschen Geologischen, Geselischaft, t. XXIX, 1873. Zeitschr. f. Kryst.t. IL).
(2) L. Sonnexe, Uber das Versvitterungsellipsoid rhomboedrischer Krystalle, (Z. f. KÆ. 1. IV, 1850).
()REUG. BrasIts (CZ ACL)
(f) L: Sounoxr, Zinflussder Entvasserungstemperatur Auf die Verwitterungsflecke des Gypses (Z. f. K. Lt. XNXX).
EnGe
M. A. Lacroix (!), en 1898, étudia celles qui se forment dans l'intérieur d'un cristal de gvpse par un effet prolongé de la chaleur.
H.-L. Bowman (?), en 1000,décrivit les figures de déshydratation oblongues provoquées sur le gypse en y appuyant une tige pointue et chaude. Les phénomènes normaux de la déshydratation se trouvent ici compliqués par ceux de la conductivité.
M. Gaubert (*), en 1901, chauffa des lames de gypse très minces dans un liquide inactif comme le baume de Canada, ou la glycérine. Il obtint des figures déshydratées nullement pulvérulentes mais bien transparentes. Elles avaient la forme de parallélogrammes allongés suivant le clivage vitreux. C'est le premier cas signalé d’une déshydratation figurée produite par une transformation nullement elflorescente.