‹ Étude des Figures de Déshydratation à la Surface des CristauxChapitre 7 sur 39 · AR UE · texte numérisé non relu

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depuis longtemps. Lavoisier savait déjà que le gypse, sous l'influence de la chaleur, se déshydrate en deux temps : au premier il perd les trois quarts de son eau, et au deuxiémeil devient anhydre.

Mais Karl Pape fut le premier qui attira l'attention sur les figures blanches pulvérulentes formées par le produit de la déshydratation à la surface des lames de clivage. IL voulut y retrouver l’ellipsoïde de déshydratation qu'il avait remarqué sur d’autres cristaux. Nous laisserons de côté les évaluations qu'il en donne, attendu qu’un examen concordant de tous ses successeurs contredit l'hypothèse de l’ellipsoïde de déshydratation dans le cas du gypse. Weiss, Blasius et Sohncke, notamment, disent n’avoir jamais constaté d’ellipse.]l arrive cependant que le contour des figures se rapproche vaguement d'une ellipse (voir la photographie n° 1}; mais, même alors, la distribution intérieure de la matière n’est jamais homogène comme l’exigerait la théorie de l’ellipsoïde d’efflorescence.

Figures super ficielles à quatre secteurs. — La description de Weiss est plus exacte. Il produisit les figures en chauffant une lamelle de clivage g! (010) dans du baume de Canada. Elles sont à peu près rectangulaires et divisées en quatre secteurs comme une enveloppe de lettre.

Sohncke détaille davantage cette description. Des quatre triangles qui composent la figure, deux sont plus sombres et deux plus clairs (voir la photographie n° 2).

Ceux-ci, opposés par le sommet, comprennentdans leur ou; verture la trace du clivage vitreux 2! (100) oul'arête verticale

cule qui suit le nom du corps est l’initiale de l’un des termes : Cubique, Ouadratique, Rhomboëdrique, Orthorhombique, Monoclinique, Triclinique, indiquant le système cristallin. Le chiffre qui suit indique le nombre de molécules d’eau de l’hydrate.

TUE du gypse. Ils sont striés de lignes parallèles entre elles qui font un angle variable de % ou 3 avec le clivage vitreux dans l'angle obtus que fait celui-ci avec le elivage fibreux.

Photographie n° |. Grossissement : So diamètres.

Gypse. Figures à quatre secteurs sur la face g!.

Les deux secteurs plus sombres paraissent moins simplement ordonnés; on y remarque quelques lignes profondément gravées, parallèles entre elles et au clivage fibreux et (011). Les autres se rapprochent plus ou moins de cette direction.

La température à, selon lui, une grande influence sur la forme extérieure des figures : plus leur température de for-

sU)

mation est élevée, plus elles sont allongées verticalement.

L'angle des diagonales peut varier d'une dizaine de degrés, mais les secteurs comprenant le clivage vitreux restent tou- Jours aigus avec un angle moyen de 81°. L'une des diago-

Photographie n° 2,

Gypse. Figures à quatre secteurs sur la face g'.

nales, située dans l’angle aigu des deux clivages fibreux et vitreux, fait avec celui-ci un angle d'environ 35°; l’autre diagonale, située dans l'angle obtus fait avec le même clivage un angle d'environ 45°.

Des figures tout à fait semblables à celles-ci se produisent dans l’air en chauffant le gypse au dessus de 8o°. Les figures se produisent Lrès lentement entre 8o° et 100° ot facilement

Rire entre 100° et 120°, C'est dans une éluve, vers 115° que j'ai obtenu les figures de la photographie n° 2.

A la description de Sohncke, j'ajouterai d'abord, un examen optique. La matière effleurie se prête mal à cet examen. On la rend plus transparente en l'imprégnant d'un liquide inactif assez réfringent, la nitrobenzine par exemple. On met en évidence sa biréfringence en tournant la platine du microscope polarisant jusqu’à l'extinction de la lame de gypse, et en interposant.sur la marche des rayons une lame teinte sensible. Deux secteurs opposés ont alors la même teinte. Quand on retourne la lame teinte sensible, les teintes de deux secteurs voisins s'échangent à peu de chose près, indiquant l'égalité approximative des retards, mais des orientations optiques différentes.

Des fragments de ces figures détachés montrent qu’elles sont composées de fibres extrêmement tenues, soyeuses et courbes.

Dans les secteurs striés verticalement, ces fibres sont disposées symétriquement de chaque côté des stries, leur donnant l'aspect d’une plume d'oiseau. Elles sont parallèles à leur axe au|point de contact avec lui, puis elles s’en écartent progressivement jusqu'à faire à l'extrémité de leur courbe un angle d'une trentaine de degrés. Toutes s’éteignent .parallèlement à leur allongement qui est positif, leurs réfringence et biréfringence sont supérieures à celles du gypse.

Des fibres analogues occupent les secteurs latéraux, mais elles ne sont plus groupées symétriquement de chaque côté de stries, leur direction est plus variable et se rapproche d’une manière générale du clivage fibreux.

Puisque la déshydratation du gypse conduit à deux produits différents, l'hémihydrate et l’anhydre soluble, il était utile de chercher si l’un des deux se formait exclusivement dans ces figures. IL fallait autant que possible éviter la for-

es tue

mation de figures d'espèces différentes, en particulier de celles qui naissent dans la masse du cristal. Grâce à la perfection du clivage £!, on peut tailler des lamelles, si minces que la déshydratation se produit exclusivement par des figures superficielles. En opérant sur des lamelles de ce genre, à une tempéralure voisine de 100°, il s’est formé de l'hémihydrate. Ces mémes lamelles, portées à 120°, sont devenues anhydres, sans avoir changé d'aspect extérieur.

La réversibilité et la rapidité de cette transformation sont mises en évidence par l'emploi d'un microscope à platine chauffante. On dispose entre nicols croisés une lamelle constituée par des figures semblables à celles qui viennent d'être décrites, et on observe les couleurs de biréfringence. Bientôt un trouble passe sur la préparation et, sans que les formes aient changé, les couleurs sont différentes, la biréfringence s’est accrue subitement. Alors, sans refroidir la préparation, on la couvre d’une petite cloche formée d’un anneau de verre, collé sur une lame couvre-objet, et contenant du papier d'amiante imbibé d’eau. Immédiatement, les figures reviennent à leur couleur primitive. On peut répéter cette transformation plusieurs fois sans que la forme et la distribution de la matiere en paraissent changées.

De là vient que les figures se ressemblent beaucoup dans leur forme et dans leur structure, quelle que soit la température à laquelle elles se produisent. On peut les obtenir à 80°, après plusieurs heures de séjour dans l’étuve, ou à 120°, après quelques minutes. Et dans l’un et l’autre cas, même, si l’anhydre se produit finalement, c'est l'hémihydrate qui se forme d'abord.

Les relations de l’anhydre et de lhémihydrate seront mieux précisées, à l’aide des autres figures.

Figures externes polygonales. — M. Gaubert à obtenu des

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