Comme conditions extérieures, la graine réclame
ensuite le concours de trois agents très-puissants dans la nature ; ce sont : l’eau, la chaleur et l'air.
L'eau. L'eau ramollit les tuniques et porte à la plantule ses premiers aliments. Il ne faut pas, pour les graines des plantes terrestres, que l'eau soit en trop grande quantité; elle les pourrirait et s’opposerait à leur développement. Quant aux graines des végétaux aquatiques, les unes, et c’est le plus grand nombre, germent étant plongées entièrement dans l'eau; les autres montent à la surface pour y germer à l'air.
22. La chaleur. La chaleur, ce grand stimulant des forces vitales, distend les vaisseaux, les pénètre et rend plus active l'influence des autres agents. Dans une température au-dessous de zéro, la graine reste inactive; au-dessus de 50°, elle se dessèche et perd sa force végétative. Entre ces deux limites, une chaleur de 25 à 30°, unie à une humidité convenable, est celle qui est la plus favorable à la germination.
Les graines ne germent pas à la lumière, parce que celle-ci décompose l'acide carbonique, dégage l’oxysène, fixe le carbone et endurcit toutes les parties.
23. L'air. L'air est aussi nécessaire aux graines pour germer et pour s’accroîitre qu'il est indispensable aux animaux pour respirer et pour vivre. Voilà pourquoi les graines enfoncées trop profondément dans la terre ne peuvent y donner aucun signe de vie.
Des deux gaz élémentaires dont 1l se compose, et qui sont : l'oxygène pour les 0,21 de son volume, et l'azote pour les 0,79, l'oxygène seul est propre à la germination. Des graines placées dans du gaz azote y périraient infailliblement; mais aussi l'oxygène pur et isolé ne tarderait pas à détruire les germes. Son activité trop puis-
sante a dû être tempérée par le mélange de l'azote dans la germination. L’oxygène de l'air s'empare de l'excès du carbone que contient la graine, et forme avec lui de l'acide carbonique qui est rejeté au dehors. Alors les principes laiteux ou sucrés des cotylédons et du périsperme se développent et servent de premier aliment à la jeune plante, trop délicate encore pour absorber une nourriture plus substantielle.
2%. Ces conditions une fois réunies, que l'on place la graine dans la terre, siége naturel des plantes, ou sous un abri quelconque, qui puisse, en communiquant l'humidité, intercepter la Iumière, funeste à la germination en ce qu'elle fixe tropsle carbone, et aussitôt commencera le phénomène de la germination (fgure 3).
Les tuniques dilatées se ramollissent, s’entr'ouvrent et donnent passage à la radicule(r), qu’une tendance irrésistible entraine vers le centre de la terre. La radicule s'allonge de haut en bas, soit directement de la base de l'embryon, soit après avoir préalablement rompu le tégument de cette base. Les plantes qui présentent le premier caractère se nomment exorrhizes (1), les autres se nomment endorrhizes (2). L'embryon endorrhize existe ordinairement dans les monocotylédones, comme l'embryon exorrhize dans les dicotylédones. La gemmule (g), obéissant à un instinct contraire, quelle que soit ia position de la graine, cherche l'air et le soleil, et s’élance hors du sol. Quelquefois les cotylédons restent sous terre, comme dans le pois-
De 2 be en dehors, ot t(«, racine.
De êvôoy, en dedans, pt£u, racine,
fleur : alors ils se flétrissent et finissent par disparaître; mais le plus souvent ils précèdent la gemmule dans son mouvement ascensionnel. Arrivés à la lumière, ils verdissent, se déroulent, s’étalent et commencent à puiser dans le sein de l'atmosphère une partie des fluides qui doivent être employés à l’accroissement de la jeune plante. Dès cet instant la germination est opérée.
25. Dans la germination des graines monocotylédones (fig. 4), plusieurs radicelles (r) naissent ordinairement des parties inférieures et latérales de la tigelle. Quand elles ont acquis un certain développement, la radicule principale se détruit et disparait. Aussi les plantes monocotylédones n'ont-elles jamais de racine pivotante (fig. 5). De plus, la gemmule sort le plus souvent par la partie latérale du cotylédon et non par son sommet.
26. Toutes les graines n'emploient pas le même espace de temps pour germer. Ainsi, il en est qui lèvent dans un espace de temps très-court : il ne faut au cresson alénois que deux jours; à l’épinard, au navet et au haricot que trois jours ; à la laitue que quatre; à la plupart des graminées qu’une semaine. D’autres graines, au contraire, demeurent un temps fort considérable avant de donner aucun signe de développement : ce sont celles qui ont un épisperme très-dur, comme celles du pécher, de l'amandier, qui ne germent qu'au bout d’un an; du noisetier, du cornouiller, qui ne se développent que deux années après avoir été mises en terre.
27. Tout ce que nous venons de dire sur la germination ne | évidemment qu'aux végétaux coty-
lédonés. Quant aux plantes acolylédonées, comme ciles n'ont ni fleurs, ni graines, ni embryon, elles germent d’une manière toute différente, sur laquelle les savants n’ont formé jusqu'à présent que des conjectures très-incertaines, Elles ont cependant cela de commun que leurs particules reproductives sont analogues à des graines qui ne germeraient pas dans un point fixe, mais qui reproduiraient une racine et une tige indifféremment de tous les points de leur surface.
QUESTIONNAIRE
Qu'est-ce que la germination? — Quelles sont les conditions nécessaires à la graine pour qu'elle ait lieu? — Quels agents extérieurs doivent y concourir? — Quelle est l’action propre à chacun de ces agents? — Quels sont les phénomènes qui accompagnent la germination ? — Quelle différence présentent-ils dans les plantes monocotylédonées et dans les plantes dicotylédonées? — Que faut-il entendre par plantes exorrhizes et endorrhizes? — Faut-il longtemps aux graines pour germer? — La lumière est-elle favorable à la germination? — Quelle remarque y a-t-il à faire sur les végétaux acotylédonés ?