‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 65 sur 403 · Tant que les fruits attirent les sucs, la sève s’y · texte numérisé non relu

Tant que les fruits attirent les sucs, la sève s’y

ÉLÉMENTAIRE. 99 porte et circule encore dans le végétal; mais lorsqu'ils touchent à leur maturité, son mouvement se ralentit. Peu à peu les vaisseaux s’oblitèrent ; bientôt les feuilles cessent de respirer. L'oxygène qu'elles ne peuvent plus rendre à l’atmosphère s'empare de leur tissu, et remplace le vert de leur surface par des teintes de jaune et de rouge, qui, moins riantes, sont cependant agréables encore « comme le soir d’un beau jour. » Le pétiole desséché n’est plus mobile, et sa faible articulation ne pouvant plus résister au soufile des vents d'automne, la feuille tombe emportée sur leurs ailes. La tige herbacée subsiste encore, mais les premiers froids la feront bientôt mourir. Il n’est plus que quelques arbres verts qui semblent ne survivre au deuil de la nature que pour laisser aux yeux un point qui les repose ; mais ils sont sans végétation sensible et sans mouvement de sève apparent. Tout parait mort. Où donc se cache Ja vie ?

185. Ne craignons rien! La plante, avant de mourir ou de cesser de végéter, a laissé dans ses fruits une famille nombreuse, qui transmettra d'âge en âge son nom, ses qualités et toutes les perfections de son espèce. La vie est dans la graine, et, pour se développer, elle n’a plus qu’à toucher la terre.

186. Tantôt la capsule élastique, s’entr’ouvrant brusquement, la lancera loin d’elle, ou, s’inclinant sur son pédoncule, épanchera son trésor au pied de sa tige flétrie; tantôt les graines aux légères aigrettes ou aux ailes membraneuses, enlevées en foule par les vents, iront porter ailleurs leurs nombreuses colonies ; tandis que les fruits charnus, obéissant aux lois de la pesanteur, tombent enveloppés de la pulpe qui doit fertiliser

leur terre nourricière. La pluie, les ruisseaux, les quadrupèdes, les oiseaux, et surtout l’homme, ce grand ouvrier de la nature, tout sert à leur dissémination. En vain tremblerions-nous sur leur frèle existence : quels que soient leur faiblesse, les ennemis qui les menacent et les mille dangers qui assiégent leur berceau, il en sera sauvé. Leur nombre prodigieux, leur ténuité, la facilité de leur germination, assurent leur existence, et, par-dessus tout, l’action de la Providence, qui ne permettra pas que ce qu'elle a jugé bon périsse.

187. Les plantes ne se reproduisent pas seulement par leurs graines; leurs stolons qui rampent et s’enracinent sur la terre, les tiges souterraines, les bulbes et les tubercules sont autant de moyens multipliés dont la Providence se sert pour propager les espèces. Le tissu des plantes renferme même dans toutes ses parties des germes cachés, des embryons latents, qui, lorsque ce tissu est placé dans des circonstances favorables, se développent au dehors en racines ou en bourgeons, selon la nature du milieu environnant. C’est ainsi qu’en plaçant sur une terre friable et maintenue un peu humide les feuilles charnues de certaines plantes (par exemple, des begonia), en faisant une faible incision sur les principales nervures qu’on recouvre ensuite d’un peu de terre de bruyère, on fait sortir de ces feuilles des individus semblables à ceux qui les ont portées.

188. Entre ces moyens naturels de reproduction des plantes, l’homme, instruit par l'observation, en a trouvé plusieurs artificiels, plus prompts et non moins sûrs. Ces moyens sont la greffe, la bouture et la marcotte. (Voyez au Dictionnaire chacun de ces mots.)

ÉLÉMENTAIRE. 101 189. Cependant la vie de la plante, pas plus que celle des animaux, pas plus que celle de l'homme, n'est à l'abri des dangers et des accidents. Son existence, plus ou moins précieuse, a ses ennemis, ses luttes, ses catastrophes. Son histoire donc ne serait pas complète, si nous ne parlions des maladies qui peuvent venir attaquer, altérer, abréger ou détruire sa vie. C'est ce que nous allons faire dans le chapitre suivant.

QUESTIONNAIRE

Quand arrive la dernière periode de la vie des plantes? — Quels phenomèênes offre-t-elle? — Qu'entend-on par plantes annuelles, bisannuelles et vivaces; par arbustes, arbrisseaux et arbres? — Qu'entend-on par dissémination? — Quels en sont les principaux modes et les résultats? — Quels sont les autres moyens de reproduction des végetaux ?

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