Le sol, même le meilleur et le mieux approprié
à chaque plante par sa constitution, peut devenir pour les végétaux un principe de dépérissement et de mort, s’il est vicié par des causes accidentelles. Nous avons déjà vu que les racines laissent suinter de leurs extrémités une excrétion particulière, cause des antipathies de certaines plantes les unes pour les autres. Ainsi, le chardon hémorrhoïdal nuit à l'avoine, l’érigeron âcre au froment, la scabieuse au lin, etc. Tout le monde sait que quand il faut remplacer un arbre fruitier, un poirier, un pêcher, etc., si on veut mettre le nouveau à la place de l’ancien, il faut changer entièrement la terre à une assez grande distance et à une assez grande profondeur, sinon le nouvel arbre aura toujours, malgré tous les soins du jardinier, une végétatigglanguissante, des fruits nuls ou peu abondants et de mauvaise qualité. Le terrain serait encore détérioré accidentellement par des substances vénéneuses qu'on y aurait fortuitement introduites; car les plantes peuvent être empoisonnées aussi bien que les animaux. Nous avons vu un laurier-rose perdre ses feuilles et dépérir entièrement en moins de dix jours, parce qu'un domestique, qui ne connaissait probablement pas les lois de la pathologie végétale, avait jeté sur la caisse qui le renfermait l’eau d’un mélange réfrigérant qui avait servi à faire de la glace, et dans lequel était entré de l'acide sulfurique (vitriol). Nous connaissons un jardinier, voisin d’une ancienne fabrique de papiers peints, chez lequel deux plates-bandes parallèles et séparées seulement par une allée sont plantées chaque année de reines-marguerites. L'une de ces plates-bandes porte des plantes vigoureuses qui se couvrent de magnifiques fleurs, tandis que l’autre ne produit que des
ÉLÉMENTAIRE. 109 pieds maigres, rabougris, à feuilles jaunâtres, à fleurs petites, rares et peu colorées. La cause unique de cette différence est que la seconde plate-bande a été recouverte d’une couche de terre et de débris venant de l'ancienne fabrique et imbibés autrefois (il y a plus de dix ans) de couleurs préparées avec des acides. On ne saurait done prendre trop de précautions afin de ne jamais jeter sur les terres que l’on cultive des substiances qui pourraient les rendre vénéneuses pour les plantes qu'on veut y semer.
Telles sont les principales causes des maladies des végétaux ayant pour origine la viciation des milieux.
Examinons maintenant celles qui attaquent leurs organes ou les empêchent d’exercer leurs fonctions.
QUESTIONNAIRE
Qu'est-ce que la pathologie végétale? — Que faut-il pour que les plantes vivent en bonne santé? — Quelles conditions doit offrir leur premier milieu, l'air atmosphérique? — La lumière influe-t-elle beaucoup sur la végétation? — Quel degré de chaleur demande celle-ci? — Comment l'eau agit-elle sur les plantes? — Comment leur nuitelle par excès, par défaut, par surabondance de principes nutritifs? — Qu'entend-on par milieu terrestre, et quels sont ses principaux éléments? — Les terrains sablonneux ou argileux purs conviennentils à la végétation? — La flore des localités est-elle en rapport avec leur terrain? — Quelles sont les causes accidentelles qui peuvent visier le sol, même le plus propre à la végétation ?