MILIEU TERRESTRE
200. La terre est le milieu dans lequel les plantes trouvent par leurs racines leur point d'appui et une partie de leur nourriture. Comme les racines vont y puiser les sucs destinés à former la sève, la qualité de la terre doit avoir une puissante influence sur la bonne ou la mauvaise santé des végétaux.
201. Les deux éléments principaux qui constituent la terre cultivable sont le sable et l'argile, mélangés dans des proportions excessivement variables. Le sable peut être siliceux ou calcaire. Cependant le sol végétal est très-rarement uniquement formé de sablé ou d’argile ; il renferme encore un certain nombre de substances salines, et des débris de matières organiques, désignées sous le nom d’humus ou de terreau.
202. Cela posé, on divise tous les terrains en trois classes : les terrains siliceux, formés entièrement ou principalement de sable siliceux; les terrains calcaires, où le sable calcaire domine ; les terrains argileux, composés uniquement ou au moins principalement d'argile. Il est fort peu de terrains sablonneux ou argileuæ purs; quand ils se rencontrent, ils sont entièrement défavorables à la végétation. Les premiers, trop vite desséchés, n’offrent pas aux racines des sucs suffisants, et les plantes s’y flétrissent; les seconds, trop adhérents, deviennent imperméables dès qu'ils sont humectés ; l’eau croupit à la partie supérieure sans pouvoir pénétrer dans leur intérieur; dès lors, les plantes qui s’enfoncent peu y pourrissent, et celles
qui ont des racines profondes ne tardent pas à s’y dessécher.
203. C’est un fait d'expérience de plus en plus confirmé que la constitution du sol imprime à la végétation de chaque contrée un cachet particulier ; en d’autres termes, que les différentes espèces de végétaux ont pour condition de leur existence un terrain d’une nature déterminée.
Ainsi, certaines plantes, que l’on trouve en grande abondance dans les terrains granitiques (espèce de terrain siliceux), telles que les digitalis purpurea, senecio artemisiæfolius, ranunculus hederaceus, brassica cheiranthus, etc., se retrouvent également dans les sables de dépôt ou les graviers siliceux, mais aucune d'elles ne pourrait croître dans le calcaire pur. De même, plusieurs espèces, comme l’inula montana, qui croissent de préférence dans le calcaire jurassique, se trouveront également dans les autres formations où dominent les diverses combinaisons de la chaux, mais ne se rencontreront jamais dans les terrains granitiques. Il y a cependant quelques exceptions à cette règle, c'est-à-dire qu’il est des plantes qui vivent indifféremment et également bien dans toute espèce de terrain ; mais elles sont peu nombreuses, et ne doivent être considérées que comme une exception. Cette étude de l’affinité de chaque espèce de plantes pour une espèce de sol déterminée a été trop négligée par les anciens botanistes ; la connaissance en serait d’une immense utilité, comme aussi elle influerait de la manière la plus heureuse sur le perfectionnement de la floriculture.