‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 83 sur 403 · TABLEAU SYNOPTIQUE DU SYSTEME DE LINNE · texte numérisé non relu

TABLEAU SYNOPTIQUE DU SYSTEME DE LINNE

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4 étamine...… ….. 1 Monandrie..….. Pesse.

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Moins de 20 | 5 étam...…...… B Pentandrie ….Bourrache. étamines. 6 étam. ....… ..…... Oeetinarie 1. bis. S Zétan. 4 ……… 2 Heptandrie .….Marronmier Etamines 8 étam...…..... 8 Octandrie.….. Bruyère. égales Pétain... Tao 9 Ennéandrie.…. Laurier. ka Non {entre elles. AUrétam. ..…..5.. ….…. A0 Décandrie …… OEillet. a adhérents ‘11 à 12 étam…. …. 41 Dodécandrie… Réséda. Z Ye 20 étamines { Adhérentes au calice. 42 Jcosandrie…… Rosier. a Régis \ ou plus Adhér. au réceptacle. 143 Polyandrie …. Pavot. & dans la Etamines {4 étamines, dont 2 plus longues... 14 Didynamie …. Digitale. même \ inégales. (6 étamines, dont 4 plus longues... 15 Tétradynamie. Chou. y À fleur. | Etamines / En 1 faisceau... 16 Momadelpliie... Mauve. fo | soudées | Etamines |Par les filets. ? En 2 faisceaux . 17 Diadelphie ..….. Acacia. = entre elles / soudées En plus de 2 faisceaux 18 Polyadelphie . Oranger. mm ( ouavec } entre elles. | Par les anthères ………. 49 Syngénésie …. Marguerite. FLANTES A | > le carpelle. | : j + . : yra ». LA ÉTAMINES Non | Etamines soudées avec le carpelle ............. Œ.. 20 Gynandrie.….. Orchis. ET réunis | Fleurs à anthères et fleurs à carpelles sur le même pied... …… À Monœæcie..…….. Maïs. CARPELLES dans la | Fleurs à anthères et fleurs à carpelles sur des pieds différents. 2% Diœcie.……... . Saule. méme Rss me à les ue à A me d’autres à | 23 Polygamie…. Frêne. = fleur anthères et carpelles sur un ou plusieurs pieds.........…. 2 # 7%. , : x :

os DO. silence sance retire D ……. 24 Cryplogamie.. Fougeres.

ÉLÉMENTACRE. 149 265. Ce système, aussi vaste qu'ingénieux, à fait * faire des'Pas immenses à la science, et, après plus d'un siècle d'existence, sa brillante clarté étonne encore. On ne peut néanmoins se dissimuler les graves inconvénients qu'il présente : d'abord, en assignant pour caractères distinctifs des organes qu'on distingue à peine, dont l'existence est très-fugace et accompagnée d’une foule d'anomalies ; ensuite, en dispersant les familles les plus naturelles dans plusieurs classes entièrement différentes, ou bien en réunissant ensemble Îles plantes les plus disparates. N'est-il pas étrange, par exemple, de trouver dans la même classe et presque sur la même ligne l’épine-vinette et la tulipe, la violette et le chardon, le gland et la citrouille?

266. À tous ces systèmes, qui entravaient la marche de la nature et l’asservissaient à leurs lois, succéda enfin la méthode naturelle, qui la prend pour guide, la développe et la suit. Cette méthode avait été esquissée par l’académicien Adanson ; mais elle est véritablement due à trois frères, Antoine, Bernard et Joseph DE Jussteu, et à leur neveu Antoine-Laurent, nés à Lyon vers la fin du dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième. Ils eurent l'honneur de l'exposer et d'en être les véritables fondateurs. Joseph entreprit de longs voyages et rapporta d'intéressants documents sur les fleurs orientales. Bernard, fort des observations de son frère, les joignit à celles qu'il faisait lui-même depuis quarante ans sur les plantes, et les classa par ordre de familles naturelles dans les jardins de Trianon, dont il était directeur. Ce fut alors que le grand Linné vint du fond de la Suède pour le visiter, et qu'à la vue d’une plante que les élèves avaient adroitement

composée pour l'embarrasser, il confessa son ignorance et s'écria : « Dieu seul ou Bernard de Jussieu la pourrait connaitre. »

Bernard n'’écrivit rien, il se contenta d'observer et de recueillir des matériaux. Ce fut son neveu Antoine- Laurent, qui, rassemblant ces richesses et y joignant ses propres observations, exposa la méthode des familles naturelles dans son Genera Plantarum, publié en 1780. Voici une analyse de celte méthode.

267. Méruope De Jussieu. — Bien différente des systèmes qui l'avaient précédée, cette méthode ne repose pas sur la considération d’un seul organe, elle est basée sur l’ensemble des caractères de toutes les parties des végétaux, caractères qu'elle considère sous un triple rapport : sous celui de leur valeur, sous celui de leur nombre et sous celui de leur dépendance réciproque.

Sous le rapport de leur valeur, Îes caractères ont d'autant plus d'importance qu’ils sont tirés des organes les plus essentiels des végétaux. Or, parmi ces organes, il faut placer en première ligne l'embryon, qui est touie la plante en petit, et en seconde ligne les étamines et les carpelles, dont les unes concourent à féconder l'embryon, les autres à le protéger et à le nourrir. Après l'embryon, la position relative des étamines ct des carpelles fournit les caractères les plus importants, et enfin en dernière ligne viennent la tige, les feuilles, les racines et les enveloppes florales.

Sous le rapport de leur nombre, ies caractères simples se réunissent pour former des caractères de plus en plus composés, de plus en plus généraux, qui embrassent un certain nombre de plantes sous une dénominalion commune.

Enfin, sous le rapport de leur dépendance réciproque, les caractères sont tellement unis et coordonnés, que la présence des uns suppose constamment celle de certains autres. C'est ainsi, par exemple, que l'ovaire infère nécessite constamment un calice monosépale.

268. Partant de là, Jussieu établit d’abord ses trois premières grandes divisions sur le caractère le plus important, qui est celui qu’on tire de l'embryon. Ces trois grandes divisions premières sont : les Acotylédonées, dont la graine n’a point d’embryon; les Honocotylédonées, dont l'embryon n'a qu’un seul cotylédon, et les Dicotylédonées, dont l'embryon a deux cotylédons. Les Acotylédonées forment à elles seules la première classe. Pour subdiviser les deux autres, Jussieu se sert de l'insertion des étamines, ou de la corolle monopétale qui les porte, relativement à l'ovaire. Or, cette insertion peut se faire de trois manières :

1° Les étamines, ou la corolle monopétale portant des étamines, sont insérées autour de la base de l’ovaire, qui est libre : c’est l'insertion hypogynique {sous les carpelles).

2° Les étamines, ou la corolle monopétale portant des étamines, sont insérées sur le calice à une certaine distance de la base de l'ovaire, qui est libre ou pariétal, c'est-à-dire formé de plusieurs carpelles attachés à la paroi interne d’un calice très-resserré à sa partie supérieure, comme dans la rose : c'est l'insertion périgynique (autour du carpelle). |

3° Les étamines, ou la corolle monopétale qui les porte, sont insérées sur la partie supérieure de l'ovaire, qui est toujours infère : c’est l'insertion épigynique ‘sur le carpelle).

269. Les Monocotylédonées, pouvant offrir ces trois modes d'insertion, sont subdivisées en trois classes, qui sont : 1° les Monocotylédonées à étamines hypogynes; 2° les Monocotylédonées à élamines périgynes ; 3° les Monocotylédonées à étamines épigynes.

Les Dicotylédonées étant beaucoup plus nombreuses, on a commencé par les partager préalablement en trois divisions, d’après l'absence de la corolle ou sa forme. Ces trois divisions sont : 4° les Dicotylédonées apétales; 2° les Dicotylédonées monopétales; 3° les Dicotylédonées polypétales .

D'après l'insertion des étamines, chacune de ces divisions à été ensuite subdivisée comme les Monocotylédonées : les apétales et les polypétales en trois classes, et les monopétales en quatre, parce que, dans ces dernières, les étamines épigynes sont tantôt à anthères libres, tantôt à anthères soudées.

Enfin, la quinzième et dernière classe renferme toutes les plantes auxquelles nous avons donné le nom de dioiques, et que Jussieu appelle diclines (sur des pieds différents).

Telles sont les quinze classes dans lesquelles Jussieu fit entrer toutes les famalles naturelles des plantes.

270. Pour bien comprendre ce qu’il entend par familles naturelles, il est nécessaire d'expliquer en détail quel sens il faut attacher aux mots espèce, variété et genre. Cette explication donnera en même temps la clef de toute notre Botanique descriptive.

274. On a remarqué que certaines plantes offrent constamment des caractères semblables, et se reproduisent aussi constamment avec les mêmes attributs essentiels. C’est à cette réunion d’êtres semblables et

se reproduisant toujours de la même manière qu'on a donné le nom d'espèces. C'est ainsi que toutes les violettes sans tiges, à stolons radicants, à feuilles entières, arrondies et en cœur, et à fleurs odorantes, appartiennent à une seule espèce qu'on a appelée viola odorata (violette odorante).

Il arrive cependant que des circonstances accidentelles de terrain, d'exposition, de température, apportent dans les individus de la même espèce de Iégères différences, de grandeur dans la tige, de couleur dans la fleur, de grosseur et de saveur dans le fruit; ces légères différences constituent les variétés, qui se distinguent des espèces en ce que, dans l'était de nature, elles ne se reproduisent point constamment de graines. Qu'on sème, par exemple, de la graine de violette blanche, il en sortira probablement des violettes blanches, de bleues ou même de bigarrées. Nous avons dit dans l'état de nature, parce qu'il y @ dans les plantes cultivées des variétés qui se reproduisent par le semis : par exemple, le chou-fleur, qui n’est qu'une variété du chou potager (brassica oleracea); ces variétés permanentes se nomment races.

Les hybrides sont des plantes résultant du mélange du pollen de deux espèces voisines, telles que le coqueheot et le pavot somnifère. Quoi qu'en ait pu dire Linné, il n’y a pas d'exemple démontré d'hybridation entre les plantes de deux genres différents. Cet auteur s’écarte donc de toute vraisemblance lorsqu'il fait nais ire sa saponaire hybride de la saponaire officinale et d'une gentiane. Ordinairement les plantes hybrides sont stériles ; si qulquefois elles se reproduisent, ce n’est que d’une manière citer et peu durable.

212. De nos jours s’est forméé une nouvelle école, dont M. Alexis Jordan, de Lyon, est Fun des plus ardents, des plus consciencieux, des plus savants fondateurs.

D'après elle, une multitude de formes décrites sous le nom de variétés, mais sans aucune règle bien certaine, étant soumises à une observation plus attentive, deviennent de véritables espèces, qui se reproduisent constamment de graines dans toutes sortes d'expositions. Après avoir ainsi vérifié un assez grand nombre de variétés, les maîtres de cette école les ont déjà publiées dans des monographies séparées, avec lesquelles on pourra un jour composer un ouvrage d'ensemble.

273. Les genres sont une réunion d'espèces ayant entre elles une ressemblance parfaite dans les organes de la fructification, mais distinctes les unes des autres par des caractères particuliers à chacune d'elles. Ainsi, le genre pavot a pour caractères une corolle polypétale, un calice à deux sépales caducs, des élamines en nombre indéfini, et pour fruit une capsule giobuleuse ou oblongue, à stigmates rayonnants. Toutes les espèces de pavots devront offrir ces différents caractères ; mais elles se distingueront les unes des autres par la forme de leurs feuilles, la couleur de leurs fleurs, etc.

274. Les espèces existent dans la nature, puisqu'elles se reproduisent naturellement et constamment avec les mêmes caractères; mais les genres sont des êtres collectifs et purement arbitraires.

Les caractères indiqués comme distinctifs des espèces ne sont cependant pas absolus ; ils ne sont vrais que relativement à l'état de la science et de ses observations. Pour expliquer cette pensée par un exemple

connu, quand nous disons que la véronique petit-chène (veronica chamædrys) a pour caractère distinctif deux lignes parallèles de poils sur la tige, cela est vrai pour la distinguer de toutes les véroniques décrites dans notre Flore; mais il peut se faire qu'on découvre un jour une véronique tout autre et qui offre pourtant ce même caractère.

Cette observation que nous faisons pour les espèces est vraie à plus forte raison pour les genres et pour les familles.

275. Dans la nomenclature, le genre est toujours désigné par un substantif, et l'espèce par un adjectif. Ainsi, v10la odorata indique que la plante ainsi nommée appartient au” genre viola et à l'espèce odorata. C’est ainsi que le langage botanique a été réduit à sa plus simple expression, comme Linné en avait déjà mule

216. Les genres, réunis ensemble de la même manière que les espèces, ont formé enfin ce que nous avons appelé les familles naturelles. Ce n’est pas sur l'identité d’un seul caractère que Jussieu a établi ses familles, c’est sur un ensemble de rapports dans les mœurs, la physionomie, l'attitude; c’est sur des traits bien caractérisés de ressemblance dans la nature des racines, la disposition des feuilles, la forme de la tige, le mode d'inflorescence, l’état du fruit, la disposition des graines, et surtout dans l’embryon, qui est à lui seul toute la plante en miniature.

271. Il est aisé de voir par là que toutes les plantes d'une même famille naturelle ont entre elles des traits de ressemblance, des airs de famille, et comme des rapports de parenté, ce qui fait qu’on pourrait dire de

156 BOTANIQUE ces groupes fleuris ce qu'a dit Ovide d'une réunion de jeunes nymphes :

Nomine quæque suo, facies non omnibus una, Nec diversa tamen, quales decet esse sorores. Fa

Chaque fleur à son nom, chacune a ses couleurs; Mais sous leurs traits épars on reconnaît des sœurs.

218. Le tableau synoptique ci-contre donne la clef de la méthode naturelle de Jussieu; nous n’y mettons que les classes, réservant l'énumération des familles pour notre Botanique descriptive.

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279. Auguste-Pyrame DE CANDOLLE, professeur de botanique à Genève au commencement de ce siècle, à modifié la méthode de Jussieu tout en en conservant les principes fondamentaux. Son immortel ouvrage de la Flore française, chef-d'œuvre d'élégance et dérsimplicité, par lequel il préluda au Prodrome ou Flore untverselle, fut reçu avec enthousiasme, et est encore peutêtre ce qui à paru de mieux en Botanique.

280. Le tableau ci-contre donnera une idée suffisante de la marche que de Candolle a adoptée.

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281. Quelque méthodique que füt cette 4 il fallait, pour pénétrer dans cet immense dédale, un chemin plus facile à suivre, qui, par des indications successives, püt ouvrir le sanctuaire de Flore à ses amis avides d’y pénétrer. C’est ce que fit pe Lamarck par la publication de ses clefs analytiques ou tableaux synoptiques. La marche dichotomique qu'il y emploic consiste dans le choix de deux caractères opposés, faciles à reconnaître, et se donnant exclusion l’un à l’autre, de sorte que l'individu dont on cherche le nom doit forcément se ranger sous l’étendard de l’un des deux. Le poursuivant ainsi par des caractères de plus en plus précis, on parvient à l'isoler de tous les autres, et on arrive à une description qui ne convient qu'à lui; cette marche, longue en apparence, est, en réalité, la plus commode et la plus courte, parce qu'avec une clef bien faite, elle est infaillible.

282. Dans notre Botanique descriptive, nous suivrons la méthode de Jussieu modifiée par de Candolle, et nous nous servirons d’une clef analytique analogue à celle inventée par de Lamarck, pour arriver au nom des familles, des genres et des espèces. C'est ainsi que sans peine nos jeunes et ardents lecteurs arriveront d'une manière plus ou moins prompte, mais toujours sûre, au véritable nom de chaque plante, tantôt en admirant les brillantes couleurs de sa corolle, tantôt en respirant le délicieux arôme de son parfum, toujours en considérant attentivement les grâces de son port, de sa taille et de son attitude. Toute notre ambition est de rendre la Botanique aimable et facile, et de justifier ainsi l’épigraphe que nous ayons choisie pour dédier notre ou-

vrage à celle que l'Eglise salue du nom de ROSE sans ÉPINES :

TOTA SPINIS CARENS, ROSA, Ven |.

QUESTIONNAIRE

Quel a été l'état de la Botanique 1° chez les anciens, 2° dans le moyen âge jusqu'à la Renaissance, 3° depuis la Renaissance jusqu'a Tournefort? — Eïxposer le système de Tournefort, celui de Linne. — Les apprécier. — En quoi consiste la méthode de Jussieu? — Que faut-il entendre par espèces, variétés, genres, familles? — Quel est l'objet des travaux de l’école moderne? — Quelle valeur faut-il donner aux caractères distinctifs des espèces, des genres, des familles? — Comment la méthode de Jussieu a-t-elle été modifiée par de Candolle? — À quoi ont servi les clefs analytiques inventées par de Lamarck? — Quelle méthode suivrons-nous dans notre Flore ?

FIN DE LA BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE

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