‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 48 sur 389 · D. — ANOMALIES D£S FLEURS · texte numérisé non relu

D. — ANOMALIES D£S FLEURS

154. Le plus souvent chaque fleur contient réunis ensemble les dfamines et les carpelles ; mais il arrive aussi que ces organes sont enferinés dans des fleurs différentes. Dans ce dernier cas, trois combinaisons peuvent se présenter :

(1) De VÉXTAD, nectar, à cause de la liqueur ordinairement miellcuse qu'ils contiennent.

1° Les fleurs staminifères et les fleurs carpellées peuvent se trouver réunies sur la même plante; c’est ce qui constitue les végétaux monoïques (1) : le melon, le châtaignier, le noisetier, sont de ce nombre.

2° Les fleurs staminifères et les fleurs carpellées peuvent se trouver séparées sur des pieds différents ; ce sont alors des plantes dioîiques (2) : le chanvre, la mercuriale qui infeste nos champs, le müûürier à papier de nos bois anglais, présentent une semblable disposition.

3° Enfin, d’autres fois, sur la même plante, il y a tout à la fois des fleurs staminifères, des fleurs carpellées et des fleurs munies en même temps d’étamines et de carpelles : telles sont la pariétaire qui tapisse nos vieux murs, et la croisette qui, au printemps, montre dans nos haies ses verticilles de petites fleurs jaunes.

155. Le plus souvent, dans les plantes monoîques, les fleurs staminifères sont situées vers la partie supérieure du végétal, en sorte que le pollen, en s’échappant des loges de l’anthère, tombe naturellement et par son propre poids sur les fleurs carpellées placées au-dessous. Dans les végétaux déoiques, les pieds à étamines sont souvent séparés par de grandes distances des pieds à carpelles. Comment donc le pollen de celles-là pourra-t-1il être transporté sur ceux-ci? Qu'on se rassure : la Providence, en voulant la fin, a su multiplier les moyens. Dans les fleurs à étamines, celles-ci seront très-nombreuses et n’auront ni calice ni corolle qui puisse gêner l’action des vents sur le pollen. Dans les plantes à fleurs carpelpellées, même rapport : calice et corolle presque nuls, et seulement quelques écailles propres à retenir la poussière pollinique sur les nombreux stigmates. Le temps de leur épanouissement mutuel sera combiné. Fussent-elles au fond des eaux, comme la vallisneria, leurs pédoncules dérouleront leurs longues spirales pour porter leurs fleurs à la surface ; et quand,

(1) De pzovoc, seul, oixoç, maison.

(2) De Ôtç, deux, et ofx0ç, maison.

de part et d'autre, tout sera disposé, Panthère, s'ouvrant avec élasticité, chassera bien loin son pollen, comme une légère poussière que dissémineront les vents ; ou bien de faibles insectes, se roulant dans le fond des fleurs, se chargeront de porter sur leurs ailes la poussière germinatrice aux cCarpelles qui sans elle demeureraient stériles. (7. D., article Figuier.)

156. Certaines plantes fleurissent et fructifient sous l’eau. L'observation a démontré que leur corolle est alors remplie d’une bulle d’air qui forme autour d’elle une petite voûte sous laquelle l’émission du pollen peut s’opérer sans obstaele. S’il est d’autres plantes aquatiques chez lesquelles cette bulle d’air n’a pas été constatée, on peut penser que le pollen de leurs étamnines est d’une nature particulière et peut facilement être porté par les eaux sur les carpelles.

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