‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 64 sur 389 · AIR ATMOSPHÉRIQUE, LUMIÈRE, CHALEUR · texte numérisé non relu

AIR ATMOSPHÉRIQUE, LUMIÈRE, CHALEUR

193. Nous avons vu que, pour végéter, les plantes prennent à l'air son acide carbonique, dont elles s’assimilent le carbone, et le remplacent par l’oxygène, qui est impropre à leur vie. Les animaux, de leur côté, retiennent l'oxygène de l’air, et laissent échapper son azote, qui seul ne peut entretenir ni leur vie ni celle des végétaux. Il suit de là que des plantes fermées ensemble dans une serre, dans une orangerie, ne tarderaient pas à tomber malades, et finiraient par périr, si on n'avait pas soin de renouveler l'air de temps en temps, en ouvrant les portes et les fenêtres. Autrement, l'air

respiré trop longtemps par ces plantes ne contiendrait plus acide carbonique auquel elles doivent emprunter le carbone qui leur est nécessaire; elles étoufferaient véritablement, comme étoufferaient des personnes qui, placées dans un appartement hermétiquement fermé, auraient fini par en absorber tout l’oxygène.

194. La lumière est également nécessaire à la végétation de la plante, puisque c’est elle qui favorise la décomposition de l'acide carbonique et la fixation de son carbone. La lumière active d’une manière si frappante la vie des végétaux, que les plantes alpines, éclairées beaucoup plus et plus longtemps que celles de la plaine, opèrent promptement leur floraison et leur fructification, malgré la fraicheur de ces hautes régions. Voilà pourquoi ces filles des Alpes, transplanteés dans nos jardins, y réussissent si difficilement, parce que nous ne pouvons leur donner la grande lumière qui leur est indispensable sans leur communiquer une chaleur plus grande que celle de leur pays natal. La maladie qui résulte pour les plantes de la privation de la lumière se nomme éfiolement. On ne les en guérit qu’en leur rendant la lumière par degrés et en les accoutumant peu à peu au grand jour.

495. Le calorique est aussi essentiel que la lumière à la végétation ; mais la quantité nécessaire est très-variable pour les différentes plantes, puisque la so/danelle des Alpes fleurit sous ja neige, tandis que les ananas demandent 60 à 70 degrés. Trop et trop peu de calorique nuisent également à la végétation. Trop de chaleur produit une évaporation dont l’absorption des racines ne peut réparer les pertes : alors la plante se fane et se dessèche ; trop de froid, surtout s’il est uni à l’humidité, gèle la plante et la fait absolument périr.

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