‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 65 sur 389 · Le second milieu dans lequel vivent les plantes est · texte numérisé non relu

Le second milieu dans lequel vivent les plantes est

l’eau, qui est l’un des agents les plus importants de la végétation.

L’eau agit sur les plantes de deux manières : comme corps humectant, et comme véhicule des matières nutritives qu’elle peut dissoudre.

197. L’eau sert comme corps humectant, mais il ne faut pas qu’elle soit trop abondante et séjourne trop longtemps dans les plantes. Autrement, elle relàche et distend leurs tissus, et elles périssent bientôt par la pourriture, si la lumière et le calorique ne viennent établir dans la sève un mouvement réparateur.

Cest surtout pendant l’hiver que la trop g'ante srrantité d’eau peut faire beaucoup de mal aux arbres : elie se gèle dans les cellules, les brise en se dilatant, et lorsqu'une grande quantité de ces petites cellules ont été rompues, leur destruction partielle entraîne bientôt la mort générale. L'expérience prouve en effet que nos arbres supportent plus de degrés de froid quand lautomne a été sec que lorsqu'il a été très-pluvieux.

198. Le manque d’eau retarde aussi la végétation. Si ce manque est uni à une vive lumière et à une grande chaleur prolongée, la plante se fane, se dessèche ; la vie s'éteint d’abord dans les parties les plus faibles et disparaît bientôt.

La quantité d’eau nécessaire à chaque plante est très-variable : elle est en rapport avec la quantité de sfomates qu’elle présente. Plus une plante en a, plus l’eau lui est nécessaire. Ainsi, les plantes grasses, les beaux cactus de nos serres, étant à peu près entièrement privés de ces organes, Suppurtent une très-grande chaleur sans se faner; les arrosements un peu fréquents, et même l'air humide, les font infailliblement pourrir; tandis que les plantes aquatiques, comme le nymphæa, ont besoin d’être continuellement plongées dans Peau, et se dessèchent promptement quand elles en sont sorties.

199. L’eau sert, en second lieu, comme véhicule, dans l’intérieur de la plante, des substances nutrilives qu’elle tient en dissolution. Il faut pour cela qu’elle en contienne une petite quantité. Si elle était trop épaisse, elle ne pourrait pénétrer

dans les stomates étroits par lesquels les extrémités des racines pompent les sucs nourriciers. C’est ainsi que, selon Pexpression énergique des agriculteurs, le fumier brule les plantes quand il est trop abondant, c’est-à-dire que les pores des extrémités de la racine sont bouchés et encroûtés par ce liquide trop épais, et ne laissent plus rien passer.

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