‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 79 sur 389 · TOME 1. G · texte numérisé non relu

TOME 1. G

son Genera Plantarum, publié en 1780. Voici une analyse de cette méthode.

267. MÉTHODE DE Jussreu. — Bien différente des systèmes qui l'avaient précédée, celte méthode ne repose pas sur la considération d’un seul organe ; elle est basée sur l’ensemble des caractères de toutes les parties des végétaux, caractères qu’elle considère sous un triple rapport : sous celui de leur valeur, sous celui de leur nombre et sous celui de leur dépendance réciproque.

Sous le rapport de leur valeur, les caractères ont d'autant plus d'importance qu'ils sont tirés des organes les plus essentiels des végétaux. Or, parmi ces organes, il faut placer en première ligne l'embryon, qui est toute la plante en petit, et en seconde ligne les étamines et les carpelles, dont les unes concourent à féconder l'embryon, les autres à le protéger et à le nourrir. Après l’embryon, la position relative des étamines et des carpelles fournit les caractères les plus importants, et enfin en dernière ligne viennent la tige, les feuilles, les racines et les enveloppes florales.

Sous le rapport de leur nombre, les caractères simples se réunissent pour former des caractères de plus en plus composés, de plus en plus généraux, qui embrassent un certain nombre de plantes sous une dénomination commune.

Enfin, sous le rapport de leur dépendance réciproque, les caractères sont tellement unis et coordonnés, que la présence des uns suppose constamment celle de certains autres. C’est ainsi, par exemple, que Povaire infère nécessite constamment un calice monosépale.

268. Partant de là, Jussieu établit d’abord ses trois premières grandes divisions sur le caractère le plus important, qui est celui qu’on tire de l'embryon. Ces trois grandes divisions premières sont : les Acotylédonées, dont la graine n’a point d’embryon ; les Monocotylédonées, dont Pembryon n’a qu’un seul cotylédon, et les Dicotylédonées, dont l’embryon a deux cotylédons. Les Acotylédonées forment àelles seules la première classe. Pour subdiviser les deux autres, Jussieu se

ÉLÉMENTAIRE. 123 sert de l'insertion des étamines, ou de la corolle monopétaie qui les porte, relativement à l'ovaire. Or, cette insertion peut se faire de trois manières : |

4° Les étamines, ou la corolie monopétale portant des étamines, sont insérées autour de la base de l'ovaire, qui est libre : c’est l'insertion hypogynique (sous les carpelles).

20 Les étamines, ou la corolle monopétale portant des étamines, sont insérées sur le calice à une certaine distance de la base de l'ovaire, qui est libre ou partétal, c'est-à-dire, formé de plusieurs carpelles attachés à la paroi interne d’un calice très-resserré à sa partie supérieure, comme dans la rose : c’est l’insertion périgynique (autour du carpelle).

3° Les étamines, ou la corolle monopétale qui les porte, sont insérées sur la partie supérieure de l’ovaire, qui est toujours infère : c’est l'insertion épigynique (sur le carpelle).

269. Les Monocotylédonées, pouvant offrir ces trois modes d'insertion, sont subdivisées en trois classes, qui sont : 4° les Monocotylédonées à étamines hypogynes ; 2° les Monocotylédonées à étamines périgynes ; 3° les Monocotylédonées à étamines épigynes.

Les Dicotylédonées étant beaucoup plus nombreuses, on a commencé par les partager préalablement en trois divisions, d’après l'absence de la corolle ou sa forme. Ces trois divisions sont : 1° les Dicotylédonées apétales; 2° les Dicotylédonées monopétales ; 3° les Dicotylédonées polypétales.

D’après l'insertion des étamines, chacune de ces divisions a été ensuite subdivisée comme les Monocotylédonées : les apétales et les polypétales en trois classes, et les monopétales en quatre, parce que, dans ces dernières, les étamines épigynes sont tantôt à anthères libres, tantôt à anthères soudées.

Enfin, la quinzième et dernière classe renferme toutes les plantes auxquelles nous avons donné le nom de dioiques, et que Jussieu appelle diclines (sur des pieds différents).

Telles sont les quinze classes dans lesquelles Jussieu fit entrer toutes les familles naturelles des plantes.

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