G. coRpIFOLIA (L.). G. À FEUILLES EN CŒUR
Tiges sous-ligneuses, rampantes, formant des gazons solides ; pédoncules de 3-10 cent., sans feuilles, offrant quelquefois 1-2 écailles écartées; f. en rosette, atténuées en pétiole, obovales-cunéiformes, ordinairement échancrées en cœur au sommet, avec une petite dent au milieu de l’échancrure, mais souvent aussi entières et simplement tronquées; calice velu et à dents ciliées ; f. d’un bleu cendré. %. Mai-juillet.
Pelouses, rocailles, rochers des hautes montagnes. — Ain. Chemin de Trébillet à Montange ; le Poizat; le Colombier du Bugey ; toute la chaîne du Jura.
Pour bien comprendre la signification du nom donné à cette immense famille, prenez une de ces grandes Marguerites qui portent avec lant de grâce leurs blanches couronnes au milieu de nos prairies. Si vous étiez novice encore et inexpérimenté, vous pourriez croire que les parties dont la fleur est formée sont des pétales ordinaires; mais, en les examinant avec plus d'attention, vous verriez que chacune d'elles est une véritable petite fleur ayant généralement ses étamines et son fruit. Il y a donc ici, comme dans les deux familles précédentes, des fleuréttes nombreuses, enveloppées dans un calice général, nommé involucre ; et voilà pourquoi on appelle cette famille la famille des Composées. Le réceptacle commun, sur lequel les fleurettes sont insérées, est tantôt muni de paillettes, tantôt hérissé de poils, d’autres fois creusé de petites fossettes, le plus souvent entièrement nu.
Les petites fleurs de notre Marguerite n’ont pas toutes la même forme ; les jaunes, qui sont placées au centre, ont un limbe régulier, ouvert en entonnoir et terminé par 5 dents: on les nomme fleurons ; les autres, les blanches qui, formant une couronne rayonnante à la circonférence, sont déjetées en languelte unilatérale plane et allongée : ce sont les demi-fleurons. Les élamines au nombre de 5, insérées sur le tube de la corolle, ont leurs filets articulés au milieu et libres ; mais leurs anthéres, soudées entre elles, forment un tube engaïnant, au milieu duquel passe le style bifide : c’est pour cette raison qu’on appelle encore cette famille celle des Synanthérées, c’est-à-dire à anthères soudées. Au-dessous de chaque petite fleur est une akéne, c’est-à-dire un fruit sec, monosperme ct indéhiscent. I n’a point de calice apparent; mais les petites dents, l’aigrette sessile ou pétiolée, à poils simples, plumeux ou rameux, dont il est couronné, peuvent être considérées comme le limbe d’un calice étiolé par la pression des autres fleurs. La destination de ces aigrettes, qui se développent avec les fruits, est de favoriser leur dissémination en les rendant le jouet des vents.
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On nomme flosculeuses les Composées qui n’ont que des feurons, semi-flosculeuses celles qui n’offrent que des demi-fleurons, et radiées celles qui nous présentent des fleurons au centre et des demi-fleurons à la circotférence. Le Bluet de nos moissons est une floseuleuse ; la Chicorée de nos jardins est une semi-flosculeuse ; la grande Marguerite est une radiée. C’est, en grande partie, d’après ce caractère que nous diviserons les Composées en trois grandes tribus, celle des Cynarocéphalées, celle des Corymbiféres, et celle des Chicoracées. La présence ou l’absence, la nature et le mode d’insertion des aigrettes nous serviront à établir des subdivisions dans chacune de ces tribus.
1e TRIBU : CYNAROCÉPHALÉES. — Toutes les flosculeuses à stigmate articulé sur le style. Feuilles et involucre souvent epineux.
Jre Sous-Trigu : CIRSINÉES. — Graines toules à aigrettes plumeuses.