‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelleChapitre 458 sur 734 · FAMILLE. — COMPOSÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE. — COMPOSÉES

Pour bien comprendre la signification du nom donné à cette immense famille, prenez unie de €ees grandes Marguerites qui portent avec tant de grâce leurs blanches couronnes au milieu de nos prairies. Si vous étiez novice encore et inexpérimenté, vous pourriez croire que les parties dont la fleur est formée sont des pétales ordinaires; mais, en les examinant avec plus d’attention, vous verriez que chacune d'elles est une véritable petite fleur ayant généralement ses étamines et son fruit. Il y a donc ici, comme dans les deux familles précédentes, des fleurettes nombreuses, enveloppées dans un calice général, nommé énvolucre ; et voilà pourquoi on appelle cette famille la famille des Composées. Le réceptacle commun, sur lequel les fleurettes sont insérées, est tantôt muni de paillettes, tantôt hérissé de poils, d’autres fois creusé de petites fossettes, le plus souvent entièrement nu.

Les petites fleurs de notre Marguerite n’ont pas toutes la même forme ; les jaunes, qui sont placées au centre, ont un limbe régulier, ouvert en entonnoir et terminé par 5 dents : on les nomme fleurons; les autres, les blanches qui, formant

COMPOSÉES-CYNAROCÉPHALES. 2925 une couronne rayonnante à la circonférence, sont déjetées en languette unilatérale plane et allongée : ce sont les demifleurons. Les étamines, au nombre de 5, insérées sur le tube de la corolle, ont leurs filets articulés au milieu et libres, mais leurs anthéres, soudées entre elles, forment un tube engaînant, au milieu duquel passe le style bifide : c’est pour cette raison qu’on appelle encore cette famille celle des Synanthérées, c’est-à-dire à anthères soudées. Au dessous de chaque petite fleur est une akéne, c’est-à-dire un fruit sec, monosperme et indéhiscent. Y n’a point de calice apparent ; mais les petites dents, l’aigrette sessile ou pétiolée, à poils simples, plumeux ou rameux, dont il est couronné, peuvent être considérées comme le limbe d’un calice étiolé par. la pression des autres fleurs. La destination de ces aigrettes, qui se développent avec les fruits, est de favoriser leur dissémination en les rendant le jouet des vents.

On nomme flosculeuses les Composées qui n’ont que des fleurons, semi-flosculeuses celles qui n’offrent que des dernifleurons, et radiées celles qui nous présentent des fleurons au centre et des demi-fleurons à la circonférence. Le Bluet de nos moissons et une flosculeuse ; la Chicorée de nos Jardins est une semi-flosculeuse ; la grande Marguerite est une radiée. C’est, en grande partie, d’après ce caractère que nous diviserons les Composées en trois grandes tribus, celle des Cynarocéphales, celle des Corymbiféres, et celle des Chicoracées. La présence ou l’absence, la nature et le mode d'insertion des aigrettes nous serviront à établir des subdivisions dans chacune de ces tribus.

ire Trinu : CYNAROCÉPHALES. — Toutes les flosculeuses à stigmate articulé sur le style, Feuilles et involucre souvent épineux.

Jre Sous-Trieu : CIRSIÉES. — Graines toutes à aigrettes plumeuses.

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