CCCCXXX. Sarix (Tournef.). SAULE
Chatons cylindriques, formés d’écailles entières; étamines et ovaire insérés immédiatement sur les écailles, accompagnés seulement de 1-2 glandes à la base; 2-3 étamines (rarement 5-10) à filets libres ou soudés ; 2 stigmates échancrés ou bifides, rarement entiers; chatons précédant les feuilles, paraissant en même temps ou un peu après (1).
+ Hcailles des chatons d’un jaune verdâtre dans toute leur étendue. + Écailles tombant avant la maturité des capsules. 1399, S. PENTANDRA (L.). S. A CINQ ÉTAMINES. Arbre à rameaux lisses et luisants; f. grandes, glabres,
(:) Les chatons sont appelés précoces, quand ils précèdent les feuilles; contemporains, quand ils viennent en même temps; tardifs, lorsqu'ils ne se développent qu'après elles. Lorsque, dans nos descriptions, nous appliquons ces dénominations, il s'agit ordinairement des chatons à élamines. ;
AMENTACÉES. 439
d’un vert clair et brillant, ovales-elliptiques où ovales-lancéolées, acuminées, bordées de dents glanduleuses très-fines et très-serrées ; séipules ovales et dressées (1); 5-10 éfamines à anthères d’un beau jaune d’or; capsules glabres; chatons tardifs. b. Mai-juin.
Bord des eaux, tourbières et marais des hautes montagnes : Picrre-sur- Haute; la Grande-Chartreuse; le Haut-Jura. R.
1400. S. aALBA (L.). S. BLanc.
Arbre à rameaux dressés; f. oblongues-lancéolées, acuminées, finement denticulées, à dents ascendantes, blanchütres-soyeuses surtout en dessous et pendant leur jeunesse; stipules lancéolées; 2 éfamines libres, à anthères jaunes ; capsules glabres, à pédicelle égalant à peine la glande qui Paccompagne ; chatons contemporains. b. Avril-mai. (V. D.
Bord des eaux, prairies humides. C. C. C.
b. S. vitellina (L.). Ecorce d’un beau jaune sur les rameaux; f. à peu près glabres quand elles sont vieilles.—Cultivé sous le ñom d’Osier jaune.
1401. S. FrAGILIS (L.). S. FRAGILE.
Arbre à rameaux fragiles quand ils sont bien développés : f. oblongues-lancéolées, longuement acuminées, finement denticulées, à dents un peu recourbées, légèrement soyeuses en dessous dans leur jeunesse, mais ensuite glabres sur leurs deux faces; stipules en demi-cœur ; ® étamines libres, à anthères jaunes; capsules glabres, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui l'accompagne; chatons contemporains. +. Avril-mai. (V. D.)
Endroits humides : Francheville; Pierre-Bénite, Bonnand; bords de la Saône à Trévoux; le Jura. P. C
++ Écailles des chatons persistant encore à la maturité des capsules:
1402. S. Triaxpra (L.). S. A rRoIS ÉTAMINES.—S. amygdalina (L.). (Vulz Osier brun.)
Arbrisseau à jeunes rameaux d’un vert foncé ou jaunâtre ; f. lancéolées, acuminées, dentées en scie, très-glabres, souvent 2lauques en dessous, à fibres peu saillantes; stipules en demi-cœur ; 3 étamines à anthères jaunes; capsules glabres, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui Paccompagne ; chatons contemporains. 5. Avril-mai.
Iles du Rhône; la Tête-d'Or; bords de la Loire; environs de Nantua. A. C
(1) Comme les stipules des Saules sont en général très-caduques, il faut ies. observer sur les rameaux stériles.et vigoureux, où elles persistent davantage.
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*# Écailles des chatons brunes ou noires au moins au sommet.
+ Anthères d’un beau rouge avant l'émission du pollen, devenant ensuite brunes ou noires.
1403. S. moxanpra (Hoffm.). S. A UNE ÉTAMINE.—S. purpurea (L.). Arbrisseau à écorce olivâtre ou rougeâtre; f. oblongueslancéolées, acuminées, élargies au sommet, planes sur les bords, glabres, glauques en dessous; 1 seule étamine, formée de 2 à filets et anthères soudés dans toute leur longueur; style trés-court; capsules tomenteuses; chatons précoces et contemporains. b. Mars-avril. (V. D.) b. S. helix (L.). Rameaux très-effilés, ordinairement rouges, f. très-étroiles et très-allongées.
Iles et bords du Rhône; Rufieu, le long des ruisseaux, etc.—La variété b cultivée sous le nom d'Osier rouge.
1404. S. ruBRA (Huds.). S. rouGe.—<. fissa (Ehrh.).—S. virescens (Vill.). Arbuste à rameaux rougeûtres ; f. lancéolées, acuminées,
un peu roulées sous les bords, d’abord pubescentes en dessous,
puis glabres quand elles sont adultes ; 2 étamines à filets soudés
dans leur moitié inférieure; style allongé; capsules tomen-
teuses; chatons précoces et contemporains. &. Mars-avril. Bords de la Saône et du Rhône. P. C.
++ Anthères jaunes avant et après l'émission du pollen.
1405. S. DAPHNOIDES (Vill.). S. FAUX DAPHAÉ. +
Arbre élevé, à rameaux souvent couverts d’une poussière trés-fine, d’un blanc bleuätre ou cendré ; f. très-grandes, fermes, elliptiques ou oblongues-lancéolées, acuminées, bordées de petites dents glanduleuses, un peu velues dans leur Jeunesse, mais ensuite glabres, luisantes el d’un beau vert en dessus, glaucescentes en dessous ; stipules en demi-cœur oblique, bordées, comme les feuilles, de dents glanduleuses ; 2 étamines libres, longuement saillantes; style allongé ; capsules glabres, d’un blanc luisant ; chatons précoces, couverts d'un duvet soyeux et giisätre, d’abord ovoïdes et dressés, puis à la fin obtongs et arqués. &. Mars-avril.
Iles du Rhône, à Peyrieu, près Belley, et à Villette-d’Anton ; Châtillon-les- Dombes, à Bissieu. R.
1406. S. viminaLts (L.). S. DES vANNIERS. (Vulg. Osier vert.)
Arbrisseau à rameaux bruns ou verdàtres; f. lancéoléeslinéaires, très-allongées, frés-entières, soyeuses-argentées en dessous, à bords enroulés pendant leur jeunesse; sipules lineaires-lancéolées ; 2 élamines libres; capsules tomenteuses ; chatons, les uns précoces, les autres contempora’ns. 4. Marsavril. (V. D.)
Terrains humides ; îles et bords du Rhône, C. — Cultivé.
AMENTACÉES. A4 1407. S. iNcana (Schk.). S. À FEUILLES BLANCHATRES. — S,. riparia (W ild.}. — S, lavandulæfolia (Lapeyr.). — S. rosmarinifolia (Gouan). Arbrisseau à rameaux verdàtres ou rougeûtres; f. lancéolées-linéaires, acuminées, denticulées, roulées sur leurs bords, blanches-cotonneuses en dessous , quelquefois même en dessus ; écailles des chatons membraneuses et ridées en travers ; 2 élamines à filets plus ou moins soudés; capsules glabres, & pédicelle 2 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons contemporains. b. Avril-mai.
Graviers et sables du Rhône et de l'Ain, lac Silans, etc. À. C.
1408. (Fries, Koch). S. NorRcISSANT. — S. appendiculata ll). dé
Arbuste atteignant 3-4 mètres, à jeunes rameaux velus et roussâtres; f. notrcissant par la dessication, ovales, elliptiques ou lancéolées, dentées, velues-grisätres en dessous; stipules en demi-cœur acuminé, à sommet droit; 2 éfamines à filets libres ; style trés-long, à stigmates rayonnants ; capsules tantôt velues, tantôt glabres ou presque glabres, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons contemporains. b. Avril-mai.
a. S. nigricans (Smith). Capsules velues-tomenteuses. b. S. amaniana (Wild.). — S. myrsinites (Hofm. non L.). Capsules
glabres ou presque glabres.
Bois à la Grande-Chartreuse (Villars).
1409. S. ciNEREA (L.). S. ceNDRÉ. — S. acuminata (Hofin ).
Arbrisseau à bourgeons et à jeunes rameaux couverts d’une pubescence cendrée ; f. elliptiques ou obovales-lancéolées, ondulées-dentées sur les bords ou entières, d’un vert cendré, pubescentes en dessus, tomenteuses en dessous; stipules réniformes ; 2? étamines libres; sfyle trés-court, à stigmates écartés en forme de V et souvent bifides; capsules tomenteuses, à pédicelle 4 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons oblongs, précoces. &. Mars-avril.
Mares entre Charbonnières et Tassin. A. R.
1410. S. cRanprroLiA (Seringe). S. À GRANDES FEUILLES. — S, CinerasCctns (Wild. ex Dub).
Arbre à bourgeons et à rameaux à la fin glabres; f. trèsgrandes, oblongues-lancéolées, acuminées, glabres et vertes en dessus, d’un glauque cendré et fortement veinées en dessous; stipules en demi-cœur, dentées, très-développées sur les pousses jeunes et vigoureuses ; 2 étamines libres ; style fréscourt, à 4 stigmates peu développés; capsules tomenteuses, dt pédicelle G fois plus long que la glande qui l'accompagne ;
442 AMENTACÉES.
chatons précoces, presque contemporains, d’abord ovales, puis s’allongeant et devenant oblongs. &. Mars-avril.
Bois dans le Jura, au dessus d'Allemogne et de Thoiry; la Faucille. R.
1411. S. caprÆA (L.). S. Des cHÈvres. (Vulg. Saule-Marseau.)
Arbre ou arbrisseau à bourgeons glabres et à rameaux d’un brun luisant, pubescents seulement au sommet; f. obovales, obtuses, terminées par une petite pointe oblique , obscurément ridées, fomenteuses et d'un glauque cendré en dessous, d’abord finement pubescentes et à la fin glabres en dessus; stipules réniformes, très-caduques ; 2 étamines libres; sfyle tréscourt, à stigmates bifides ; cay sules pubescentes-tomenteuses, à pédicelle 4-6 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons précoces, très-velus, d’abord ovoïdes, puis oblongs. b. Mars-avril. (V. D.)
Haies et bois. C.
1412. S. auRITA (L.). S. A OREILLETTES.
Arbrisseau à bourgeons glabres et à rameaux grisätres ou brunätres ; f. obovales, terminées par une petite pointe oblique, fortement ridées, tomenteuses et d’un glauque cendré en dessous, finement pubescentes et d’un vert grisètre en dessus ; stipules réniformes, assez longuement persistantes ; 2 étamines à peine soudées à la base; séyle trés-court, à stigmates gros et échancrés ; capsules tomenteuses, à pédicelle 3-4 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons précoces, trèsvelus, de moitié plus petits que dans Fespèce précédente. b. Avril-mai.
Haies et bois humides: Yvour; Yzeron; Charbonnières, dans une mare entre le bois de l'Etoile et Tassin. P. C.
— Ces cinq dernières espèces offrent entre elles beauconp de ressemblance, et sont confondues par les botanistes peu exercés avec le Salix capræa, qui estle plus commun et le plus connu. On distinguera le S. nigricans à ses feuilles, qui noircissent en tachant le papier quand on les dessèclie, et à ses styles très-allongés ; le S. cinerea à ses bourgeons pubescents; le S. grandifolia à ses feuilles très-grandes, oblongues-lancéolées, vertes et très-glabres en dessus, glauques, mais non tomenteuses en dessous; le S. capræa à ses rameaux d'un brun luisant et à ses feuilles cotonneuses en dessous, et le S. aurita à ses feuilles fortement ridées et à ses stipules assez longuement persistantes , surtout sur les rameaux stériles. Ce dernier a beaucoup de rapports avec le S. cinerea; il en diffère par ses bourgeons glabres et parce qu'il est plus petit dans toutes ses parties.
1413. S.nerexs (L).S. RaMpANT. — S, depressa (Hofm.). — S. polymorpha (Ehrh.).
Sous-arbrisseau de 4-6 déc., à racine longuement traçante et à rameaux trés-minces, ordinairement rampants, quelquefois redressés ; f. communément elliptiques ou oblongueslancéolées, mais variant de la forme ovale-arrondie à la forme linéaire, terminées par une petite pointe oblique, à
CONIFÈRES. 443 bords un peu roulés en dessous et à fibres saillantes des deux côtés quand elles sont sèches, tantôt presque glabres sur les deux faces, tantôt pubescentes-soyeuses en dessous et même en dessus; stipules lancéolées, très-caduques; 2 étamines libres ; style médiocre, à stigmates bifides; capsules tomenteuses ou glabrescentes, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons précoces, ovales, trèspetits. b. Avril.
Prairies marécageuses des hautes montagnes : Pilat, au pré Lager ; et dans PAin, marais de Colliard et de Malbroude. R.
1414. S. ReTUSA (L.). S. À FEUILLES RÉTUSES.
Trés-petit arbuste à rameaux étalés sur le sol, où ils forment comme des gazons; f. trés-glabres, à nervures secondaires simples et à peu prés parallèles, obovales ou oblonques-cunéiformes, ordinairement arrondies et souvent mème légèrement échancrées au sommet, quelquefois cependant terminées en pointe; 2 étamines libres; capsules glabres ; chatons contemporains, placés à l'extrémité des ramuscules. 5. Juillet-août.
b. S. serpyllifolia (Scop.). F. beaucoup plus étroites que dans le type, ayant à peu près la forme et à peine la grandeur de celles du Thymus serpyllum.
- Rocailles humides des très-hautes montagnes : le Grand-Som, à la Grande- Chartreuse; le Reculet et le Sorgiaz, dans la chaîne du Jura.