PONT A
flexion; l'examen montre que le trochanter est postérieur par rapport à l’axe vertical qui doit passer par de cotyle et le fémur. A la marche, le tronc a une bascule postérieure, il n’y a pas de vrai Trendelenburg.
Cette observation corrobore donc l'opinion que nous avons exposée sur le déséquilibre antéro-postérieur lié à la mise en place trop postérieure de la tête par rapport à l’axe que nous avons précisé.
Ce qui rend cette observation plus intéressante encore à nos yeux, c’est qu’une radiographie toute récente montre que les arcs-boutants greffés se sont fragmentés et qu’en fait, le malade est porteur d’une butée sus-cotyloïdienne.
Ainsi donc, la par. He d’une butée pour une hanche luxée, est une opération parfaitement logique, et si nous en voulions une autre preuve, nous la trouverions inscrite dans les clichés radiographiques de certaines subluxations où l’on voit qu’au-dessus de ia tête subluxée est apparue spontanément une ébauche de butée osseuse : elle se traduit de face par un véritable bec osseux prolongeant horizontalement en dehors le toit du cotyle.
‘On comprend dès lors, que cette opération idéale donne des résultats particulièrement satisfaisants dans les luxations réductibles et les subluxations pour lesquelles on peut parler de guérison
— le sujet peut rester en équilibre en portant tout le poids du tronc sur son seul membre opéré ;
— Jes douleurs disparaissent, de même que la fatigue à la marche et le Trendelenburg ;
— le raccourcissement est diminué, et ce qui en per-
AL Aer
siste dans le cas d’une tête et d’un col déformés peut être compensé par une talonnette.
Dans les luxations irréductibles intermédiaires ou antérieures, le bénéfice tiré de l’intervention est encore considérable : disparition des douleurs rendant la marche plus facile, résistance plus grande à la fatigue, le port d’une chaussure surélevée devient possible (puisque la tête est appuyée), et peut atténuer le raccourcissement.
En définitive :
le membre opéré devient portant, récupère ses mouvements ;
les douleurs sont supprimées ;
seule la boîterie peut persister : et on ne pourra guère promettre sa disparition que quand il s'agira d'enfants jeunes chez qui l’on aura supprimé ou considérablement atténué lle raccourcissement, et surtout chez qui le groupe des fessiers profonds aura gardé sa valeur physiologique. ;
Il peut arriver d’ailleurs, dans le cas d’une luxation intermédiaire, que l’on ait à parachever l’œuvre entreprise, et à pratiquer après butée, soit une ostéotomie si le membre a tendance à se remettre en adduction ou garde en partie son attitude vicieuse primitive, soit une transposition des fessiers si le Trendelenburg persiste, réimplantation basse conseillée par Veau et Lamy.