LES
OBSERVATION XIV
Luxation réduite ne tenant pas.
Butée ostéoplastique avee greffon diaphysotrochantérien Fracture sous-trochantérienne au moment de la mobilisation passive.
W... Raymond (3 ans 1/2).
Enfant qui présentait une luxation double postérieure, traitée:
en mai 1925. Malgré des plâtres successifs en 1926, le côté gauche
ne tient pas.
RO
Le 13 janvier 1927, confection d’une butée ostéoplastique.
On ne prélève pas de greffon sur de tibia.
L'enfant ayant été fixé en première position de Lorenz sur le pelvisupport, on se porte d'emblée sur la hanche. Incision suivant le tiers antérieur de la crête iliaque et descendant verticalement en arrière du tenseur.
Le trochanter est très postérieur, et difficilement accessible : un aide exécute une rotation interne du membre, qui porte le trochanter en avant : on y accède par section longitudinale du fascia lata, et sur son bord antérieur, en descendant un peu sur la diaphyse, on prélève le greffon au ciseau et au marteau.
Puis, on repasse entre tenseur et couturier, on désinsère le ten-, seur et le tiers antérieur du moyen fessier, qui sont rejetés en arrière et découvrent la partie antérieure de la fosse iliaque externe, au-dessus de l’insertion capsulaire. Juste au ras de cette insertion, le ciseau mène le trait qui permet de détacher le toit du cotyle. ! .
L'aide préposé à la manœuvre du membre le porte en abduction : la tête réduite est abaissée dans le cotyle : on peut alors abattre au contact de la tête le toit du cotyle. Dans l’angle dièdre cruenté, on encastre le greffon, faconné en arceau : mis en place, il apparaît grêle.
Réfection des plans musculaires et aponévrotiques. Surjet cutané au fil de lin.
Immobilisation, en première position de Lorenz, dans un appareil plâtré fenêtré au niveau de la plaie.
Suites opératoires satisfaisantes, malgré l’apparition d’un gros hématome avec très légère suppuration en un point. Les fils sont enlevés de 10° jour.
Le plâtre est retiré le 3 février. Mais le membre garde la position de Lorenz, les mouvements sont extrêmement limités. Une mobilisation sous-anesthésie est décidée. A peine est-elle tentée, avec douceur, sous éther, qu’il se produit une fracture : fracture sous-trochantérienne. Cette fracture est réduite ligne à linge, comme en font foi deux radios successives, mais nécessite une nouvelle immobilisation plâtrée avec abduction extrême.
Une fois consolidation obtenue, on ramène le membre en bonne position à l’aide d’une extension continue. La mobilisation ultérieure se fait dans de bonnes conditions.
L'enfant sort en mai, pouvant marcher, la flexion et l’abduction sont limitées.