PI. VII
D’après Jacquin (Rar. plant.).
PSYCHOTRIA UNDATA
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et venenis valdissime résistât, æque pueris ac gravidis exhibetur.
I>e P. Labat parle également de cette sorte d’ipéca; nous avons cité dans notre historique général la description qu’il en donne. Lorsqu’on essaya d’identifier l’Ipécacuanha blanc, on le considéra comme fourni par une sorte de Violette. L’espèce analysée par Pelletier sous le nom d’ipéca blanc n’est pas celle-ci, au dire deMérat. Ce dernier auteur décrit d'une façon très précise la sorte qui nous occupe sous le nom d’Ipécacuanha amylacé. Toutefois, il ajoute qu’on suppose qu’elle appartient au Viola Jpecacuanha ; pour lui, il n’est pas disposé à le croire, d’après l’examen de la racine de cette espèce figurée par Vandellé. 11 dit n’avoir jamais rencontré cette racine dans Tlpécacuanha ordinaire, mais seulement dans les droguiers. Virey est le premier (1820) qui ait identifié l’Ipécacuanha ondulé mineur. Il a pu examiner les racines du Viola Ipecacuanha et aucun de ses caractères ne lui a semblé se rapporter à l’Ipéca amylacé. Il a reconnu que cette sorte était identique aux racines encore adhérentes à la plante que Gomez lui avait adressée et que celui-ci avait décrite en 1801 sous le nom de Richa7’'dia brasiliensis .
Richardia scabra L. (Richardsonia brasiliensis Gomez). — C’est une petite plante velue couchée très commune au Brésil et dans l’Amérique centrale, croissant dans les champs, au bord des routes et jusque dans les rues peu fréquentées. Rhizome épais et traçant, rameaux aériens nombreux, herbacés, rampants, velus. Feuilles ovales, lancéolées, opposées, à stipules intrapétiolaires unis deux à deux en une gaine laciniée. Fleurs blanches ou teintées de violet, disposées en cymes contractées simulant
des capitules, à la base desquels 4 'grandes bractées forment une sorte d’in volucre. Galice gamosépale à 3-6 divisions. Corolle tubuleuse à 3-6 divisions étalées. Etamines en même nombre que les pétales, alternes avec eux, à filets connés avec le tube de la corolle. Ovaire adné à 3 ou 4 loges uniovulées. Style long, 3-4-lobé ; disque glanduleux recouvrant le sommet de l’ovaire. Ovules amphitropes, ascendants ; fruit capsulaire à 3 ou 4 coques monospermes pouvant s’ouvrir supérieurement, à calice souvent persistant. Oraine albuminée.
Examen macroscopique. — La racine d’Ipécacuanha ondulé mineur est grosse comme umî plume d’oie, d’un grisl)lancbâtre en dehors, flexueuse et comme aiinelée. Cette forme est due à ce que sur des points quelconques de son pourtour l’écorce est brusquement plissée ou fissurée et que ces fissures ou plis correspondent toujours à un renflement situé sur le côté opposé de l’axe. Les anses que décrit cette racine sont très irrégulières, tantôt larges et très espacées, tantôt rapprochées les unes des autres de façon à simuler une succession d’anneaux incomplets ou de demi -bourrelets alternant assez régulièrement. La surface est rugueuse, terne et s’entame sous l’ongle. Elle porte de fines stries longitudinales produites par la dessiccation.
La cassure est compacte, faiineuse, blanche, parfois légèrement bleutée. Sur la section transversale on trouve un méditullium jaunâtre très grêle, très poreux, entouré d'une écorce fort épaisse, pulvérulente sous le doigt et [)résentant des points brillants et micacés, constitués par des amas de granules d’amiduii.
Cette racine, assez rare dans le commerce, est quelquefois mais rarement mêlée à l’Ipéca ordinaire. Nous en
IPECACUANHA ONDULÉ MINEUR
avons trouvé une certaine quantité dans un lot d’Ipécacuanha blanc du Brésil (lonidium) que nous avons reçu de la Pharmacie centrale.
Examen histologique. — Au microscope, cette I acine offre la structure suivante :
1" S>uher constitué par des cellules aplaties dans le sens radial, brunes à la surface, incolores dès la troisième couche. Ges cellules, allongées tangentiellement, présentent un alignement radial.
2“ Un 'parenchyme cortical, constitué par des cellules larges polygonales, à parois minces. Ges éléments sont gorgés de grains d’amidon et renferment souvent des paquets de raphides. Les grains d’amidon sont très volumineux (voir planche VIll), le hile est excentrique, les stries assez nettes et souvent à l’un des pôles se trouve fixé un second grain de plus petite dimension.
3“ Un liber contenant aussi de l’amidon mais en moindre quantité. (Nous l’avons présenté vide sur la figure pour en faciliter l’examen.) Ses éléments ne diffèrent des cellules du parenchyme cortical que par leurs moindres dimensions et par leur allongement tangentiel.
4° Les limites du cambium sont mal définies.
.5" Un boi& dense et parcouru par de nombreux rayons médullaires qui tantôt sont unisériés, tantôt, comme dans notre dessin, sont constitués par deux ou trois rangées de cellules peu distantes les unes des autres et formant des sortes de golfes divisant ainsi le bois ou de nombreux faisceaux. Les fibres ont une paroi épaisse, un contour presque quadr angulaire et renferment de nombreux grains d’amidon. Des vaisseaux ponctués d’un calibre considérable, dont souvent un seul occupe la largeur d’un faisceau du
bois, criblent la coupe et donnent au cylindre central un aspect très caractéristique.
Examen chimique. — L’étude chimique de cet Ipéca n’apas, à notre connaissance été faite avant Flückiger, car, ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’espèce analysée par Pelletier n’est certainement pas Tlpécacuanha ondulé. Flückiger n’a pu constater dans cette racine la présence de l’émétine. Il pense que cette substance doit être exclue de la pratique médicale. On ne peut douter cependant qu’il ne possède des propriétés vomitives démontrées par son usage médical ordinaire des Brésiliens. Si donc on ne doit pas le substituer à l’Ipéca officinal, au moins, dit M. Gauvet, peut-on l’employer à défaut d’autre.
Nous venons de décrire les différentes sortes d’ipécacuanhas que fournit la famille des Rubiacées. Ainsi qu’on a pu le voir par cette étude, aucune d’elles ne doit remplacer ripécacuanha officinal, et si quelques-unes, douées de propriétés vomitives assez énergiques, peuvent lui être substituées, encore ne pourrait-on le faire que si l’Ipéca officinal venait à manquer.
GHAFITRE IX