II. FALSIFICATIONS DK LA POUDRE
La poudre d’ipécacuanha annelé est falsifiée de bien des manières; nous décrirons brièvement ses principales adultérations :
1° Poudres d’autres sortes d l'pècacuanhas . — Nous empruntons à la Matière médicale de M, le professeur C AU VET les figures que nous donnons de ces poudres.
Celle d’ipéca annelé mineur montre un grand nombre de grains d’amidon assez petits, rarement libres, plus souvent agrégés par trois ou deux ; on y trouve encore quelques raphides. — Celle d’ipéca annelé majeur contient aussi de l’amidon, mais plus gros que celui de l’espèce précédente; elle renferme des raphides. — L’Ipéca strié noir fournit une poudre contenant des grains d’amidon assez gros, arrondis, toujours simples, de nombreuses gouttes d’huile et quelques raphides. — La poudre d’ipéca strié violet ne contient pas de fécule mais beaucoup de raphides. Elle est très hygrométrique et sa présence dans la poudre d’ipéca officinal porterait celle-ci à se peloton-
lier. — Quant à la poudre d’ipéca ondulé, elle se distingue par son amidon très volumineux.
2“ Son d'amandes. — M™® Reed Stowell a signalé cette falsification. On décèle cette substance en traitant les échantillons suspects par l’eau bouillante et en produisant ainsi de l’acide prussique facile à caractériser. On peut aussi reconnaître au microcospe cette falsification, caria partie centrale des cotylédons de l’amande est constituée par des cellules hexagonales à parois très minces et qui sont plus petites que celles de la racine d’ipéca. Ces cellules renferment en outre de l’aleurone, que l’on reconnaît facilement au moyen de l’huile iodée.
3“ Poudre de réglisse. — La falsification par cette poudre est plus fréquente que la précédente, l’odeur et la saveur de la réglisse permettent de la carectériser nettement, surtout si on n’a pas constaté l’existence de poudre d’ipéca strié.
4“ Fibres ligneuses de diverses sortes. — C’est au dire de la Commission sanitaire de Londres (The Lancet, 1853) la falsification qu’elle a constatée le plus fréquemment chez les droguistes de cette ville. Ce sont, dit-elle, les mêmes filtres ligneuses qu’on trouve mêlées, également d'une manière frauduleuse, à la poudre de Jalap. Sa conviction est que, pour pulvériser des matières ligneuses en n’importe quelle quantité, il faut des machines de grande force, et que ceux qui font ce commerce sont ceux qui pratiquent la falsification. Cé seraient donc les minotiers qui seraient les coupables.
N’y aurait-il pas là confusion? Le Codex fait rejeter le dernier quart du produit de la pulvérisation de l’Ipéca : c’est celui qui contient les fibres ligneuses de la racine.
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l-'i,:/. I. — Ipôcaouniiha nimolô rninouc.
ROUDRF.S D’IPECAGUANH AS ANNELES
Elles ne sont ainsi mêlées qu’en très petite quantité à la poudre officinale. Avec les pileries mécaniques de nos dro- P'ueries modernes il est impossible de faire une pareille séparation.En sorte que fibres ligneuses et écorce, tout est pulvérisé en même temps, d’où la présence de ces fibres dans la poudre. C’est une altération mais non une falsification.
5“ Far-ines et fécules. — Une des falsifications les plus fréquentes est certainement l’introduction de farine de seigle et de blé, d’amidon de blé et de fécule de pomme de terre ; celles de fécules de légumineuses est beaucoup plus rare. Il est excessivement facile de distinguer ces falsifications au microscope.
6° Substances minérales. — Une simple énumératiun et une analyse qualitative et quantitative des cendres révélera très facilement ces grossières fasilfications. L’addition la plus commune est celle de craie; elle se décéléra facilement à l’aide de l’acide chlorhydrique, qui produira de l’effervescence ; dans la solution on caractérisera les sels de calcium par l’oxalate d’ammoniaque et l’amoniaque.
On a signalé très fréquemment la vente de poudre d’ipéca formée exclusivement de substances amylacées additionnées d’une poudre inerte pour la colorer et d’une quantité convenable pour lui donner les propriétés vomitives de la substance ordinaire. Le pins souvent cette falsification n’est que partielle. Pour la reconnaître on traite par l’eau, qui dissout l’émétine que l’on caractérise par ébullition avec une solution d’hyposulfite de soude. On obtient ainsi un précipité rouge intense de sulfure d’antimoine. On peut aussi traiter la solution acidulée par l’bydrogène sulfuré qui donne un précipité rouge-orange.
On comprend qu’en face d’une quantité si considérable
de falsifications on peut considérer comme de peu de valeur les recherches des chimistes et des physiologistes qui n’ont pas eu soin d’examiner, même au microscope, les échantillons qu’ils ont expérimentés. D’autre part, si certaines substances, après avoir joui d'une grande vogue, sont complètement tombées dans l’oubli, c’est qu’elles avaient été largement falsifiées et qu’on n’en pouvait plus obtenir les effets attendus. Nous pouvons citer à ce sujet le Winter et l’Angusture.