‹ Étude des ipécacuanhas (volume 2)Chapitre 34 sur 44 · I. CRA'PTOGAMES · texte numérisé non relu

I. CRA'PTOGAMES

Nous ne connaissons point, parmi les Cryptogames, de végétaux pouvant, avec certitude, être employés comme émétiques. Il faut pourtant faire exception pour une Lycopodiacée : le Lycopodium saururus. — Cette plante croit dans l’Amérique du Sud où elle est vulgairement désignée sous le nom de Piligan ou Pilijan. On l’emploie empiriquement en infusion comme émélo-catartliique dans les états gastriques d’origine diverse, mais on le redoute en raison de son énergie excessive. En 1886 Adrian et Bardel ont constaté dans cette plante la présence de sucre, d’une résine particulière et d’un alcaloïde qu’ils ont nommé Piliganine.

Voici le résultat des expériences physiologiques faites par Bardel sur des chiens, des lapins et des grenouilles.

1“ Chien. — Une dose de 0»'', 15 injectée en solution produit au bout de cinq minutes des effets vomitifs violents. Puis il se manifeste une contracture du train postérieur, se généralisant peu à' peu; la pupille se contracte, l’animal est pris de tremblement, les réflexes sont considérablement augmentés. Iles convulsions vio •

lentes se manifestent, enfin l’animal meurt. Il est à noter que la sensibilité est conservée jusqu’à la période asphyxique qui emporte l’animal.

2° Lapin. — Mêmes phénomènes. Les tracés cardiographiques et pneumographiques montrent que le poison agit d’abord et très rapidement sur la respiration, dont les mouvements s’affaiblissent en amplitude, tandis que le nombre augmente. Les battements du cœur sont d'abord très irréguliers, puis cessent peu à peu. L’animal meurt asphyxié, comme le prouvent d’ailleurs les lésions cons tâtées à l’autopsie.

3° Grenouille. — On constate une augmentation très grande de l’excitation réflexe. Les tracés cardiographiques montrent que dès l’introduction du poison, la fonction cardiaque est troublée et que peu à peu le nombre et l’amplitude des contractions diminuent jusqu’à ce qu'il y ait arrêt.

La piliganine est donc un poison, dont l’action prédominante se manifeste sur les centres nerveux et particulièrement sur le bulbe et sur les pneumogastriques.

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