III. DICOTYLÉDONES
JuGLANDBBS. — Juglans regia L. (Noyer). — Les anciens auteurs considéraient l’écorce interne du Noyer comme êmélique; aujourd’hui onia regarde plutôt comme un purgatif. L’écorce du Juglans nigra L. passe pour avoir les mêmes propriétés.
Euphorbi AGEES. — Euphorbia Ipecacuanha L.
(Wild Ipecac, Ipecac S>pur g e, American Ipecacuanha, Radix Ipecacuanhæ f^puriæ albæ). — Cette plante croît dans les lieux sablonneux des États du centre et du nord de l’Amérique septentrionale. La racine est de forme irrégulière, charnue, très volumineuse proportionnellement à la plante, Balfour dit qu’elle s’enfonce parfois dans le sol à une profondeur de 6 pieds anglais. La tige se divise dichotomiquement en un grand nombre de rameaux à la surface du sol. La racine doit ses propriétés à une résine contenue dans son écorce ; elle est réputée émétique, expectorante et cathartique. Cette substance a été examinée par Christopher Pozelt dans une thèse inaugurale de Philadelphie. Les propriétés émétiques et cathartiques sont dues à la résine qu’elle contient. Pour l’obtenir on épuise par l’alcool la poudre à' Euphorbe Ipecacuanha. On distille, on ajoute de l’eau pour laver le précipité et on le sèche. Cette résine est couleur jaunâtre, elle aune saveur douce. En solution acide, elle ne donne pas de précipité avec l’iodomercurate de potassium. Mais si onia redissout dans l’alcool, elle précipite abondamment après addition de sous-acétate de plomb. Cette résine est purgative à la dose de 3 conti-
g'rammes, et produit alors des selles liquides. 10 à 12 grammes produisent des nausées et des vomisse ments.
Outre la résine, on trouve encore dans la racine d’Æ’w- 'pliorhia Ipecaciianha de la cire, de l’amidon, du giycose et des sels minéraux.
On l’emploie surtout comme hydragogue, dans les afTections hydro})iques, à la dose de 10 à 15 grains (7 à 10 décigrammes).
Euphorbia corollata ( Radix Euphoî^hiæ corollaiæ, Large (lotoering Rpurge, Blooming Spurge, Milk Weed). — Sa racine est également usitée comme émétique,dxx Etats-Unis. On l'administre à la dose de 15 à 20 grains (10 à 13 décigrammes) et elle agit sans déterminer de nausées; mais son action est incertaine. Donnée dans du vinaigre, elle est purgative. Cette racine est inscrite sur la liste secondaire des [)lantes officinales de la Pharmacopée des Etats-Unis.
Euphorbia Tirucali. — Le suc est un purgatif tique usité aux Indes.
Euphorbia Gyparissias L. L — Cette espèce et les suivantes ont été étudiées avec soin, en 1811, par Loiseleur-Desloxgchamps, qui en a conclu qu’elles peuvent complètement remplacer Y Ipécacuanha. IVous allons rapidement donner les caractères de cet Euphorbe, et indiquer les expériences 'et les recherches dont il a été l’objet. *
La racine de VE. est très ramifiée, comme
traçante; son écorce est d’un brun jaunâtre. De cette racine partent une ou plusieurs tiges simples inférieurement et garnies supérieurement de nombreux rameaux, dont
beaucoup sont stériles. Les ombelles sont à rayons nombreux, soit simples, soit deux fois dichotomes ; les bractées sont cordiformes-triangulairos, obtuses, non mucronées; glandes pétaloïdes, à cornes courtes, courbées en dedans; fleurs d’un vert jaunâtre. Cette plante est très commune dans notre région ; elle pousse au bord des chemins et dans les lieux stériles. Elle est souvent déformée par un petit Champignon parasite, qui la fait s’étioler et l'empêche alors de fleurir.
Loiseleur -Delsongchamps considère cette plante comme le plus émétique de nos Euphorbes indigènes. 11 fixe à 18 grains (l®'',!?) la dose qu’il faudra rarement dépasser en l’administrant, excepté dans les cas où l’on aurait besoin de produire une violente secousse.
Cet Euphorbe a été l’objet de plusieurs analyses. John le premier a étudié sa composition et a trouvé comm^ résultat : eau, 77; résine, 13,80; gomme, 2,75; extractif, 2,75; albumine, 1,37; caoutchouc, 2,75; acide tantrique et huile grasse en quantité variable. Riegel crut trouver dans cette plante un alcaloïde qu’il nomma Euphorbine, mais Hesse ne parvint pas à le retrouver dans les plantes en fleurs; quant à X acide Èupliorbique de Riegel il était semblable à l’acide malique impur, — Stickbl trouva dans la plante une sorte de résine, de l’acide gallique et des substances analogues; un corps blanc cristallisable, ayant une saveur brûlante de camphre, et une substance jaune se combinant avec le chlorure de zinc et les sels de plomb. Avec l’éther de pétrole, il retirade la plante en fleur un corps blanchâtre, qui, repris par l’alcool, cristallisait en petites aiguilles, fusibles à 82° et contenant 82 pour 100 de carbone et 13,88 pour
100 d’hydrog-ène. — Hohn trouva, dans les fleurs de V Euplioi'bia Cyparissias une substance jaune, Y acide Luiéique, corpsqui paraît avoir déjà étéobtenupar Stickel. 5 kilog’rannnes de fleurs fraîches lui fournirent 3 grammes de cet acide. Enfin, en 1887, Rechtmann (Thèse de Greifswald) résuma les travaux de ses devanciers et fit une étude comparée do Y E uphorbium et de l’extrait YY Euphorbia Cyparissias. 11 conclut d’ex})ériences faites sur des lapins, que cet extrait est un purgatif énergique, mais qu’il n’est cependant pas aussi actif que Y Euphorhiiirn. 11 pense que le latex frais de l’Euphorbe que nous étudions doit être beaucoup plus violent que ne l’est la plante sèche.
L’activité du latex de l’Euphorbe a d’ailleurs été connue dès la plus haute antiquité et est citée par tous les anciens médecins. Placé sur les paupières fermées, il peut produire une conjonctivite et même une ophthalmie très grave, pouvant aller jusqu’à la perte de la vue. Pris à haute dose à l’intérieur, il produit une inflammation vive de la muqueuse stomacale et intestinale, et provoque des selles sanglantes. Palladius rapporte même que le fromage fait avec le lait des brebis qui se sont nourries de cette plante est très dangereux; d’autres auteurs ont raconté une foule de légendes à ce sujet.
Euphorbia Gerardiana Jacq.^ . — Plante vivace, dont la racine simple, grosse au plus comme le petit doigt, est couverte d’une écorce brunâtre. Cette racine donne
i Synonymie : E. Gerardiana Jacq. Fl. Ausl. lab. 43J; WiLo.Sp. 2, p.920; Lois. Fl. üall., p. 281. — E. linaria faria Lasn. Dict. 2, p. 437. — Tithymalas umbella multifida, bifida inoolucellis, triangulari-cordatis, folii superioribus latioribus. Ger., Flor. Prov., 540.
naissance à six ou huit et même à un plus grand nombre de tiges, hautes d’environ 2 à 5 décimètres. Les feuilles sont sessiles, éparses, assez rapprochées les unes des autres, linéaires -lancéolées, glauques, très glabres et très entières. Les ombelles ont des rayons nombreux, dressés, ordinairement dichotomes, rarement simples; fleurs à bractées jaunes, ovales, mucronées; glandes pétaloïdes arrondies et non échancrées en croissant ; graines blanchâtres et lisses.
Cette espèce croît dans une grande partie de la France ; 011 la trouve aussi en Allemagne, en Autriche et en Italie, dans les lieux secs et sablonneux.
Cette plante est, après YE. Cyparissias, la plus active de nos Euphorbes indigènes; sa racine pourrait être un bon succédané de l’Ipécacuanha.
La poudre de cette racine peut se prescrire avec assurance ; elle n’a aucune saveur désagréable et procure facilement le vomissement acconapagné à' évacuations alvines sans coliques. Il est vraiment regrettable qu’elle ne Soit point entrée dans notre thérapeutique.
Euphorbia sylvatica L.L — La racine de cette espece est presque simple, pivotante, petite relativement à la grandeur de la plante et recouverte d’une écorce brunâtre; elle donne naissance à trois ou quatre tiges, quelquefois plus, redressées, cylindriques, plus ou moins velues, souvent nues dans leur partie inférieure. Chaque tige porte un peu plus bas que sa partie moyenne un groupe de feuilles lancéolées, pétiolées, glabres, souvent rougeâ -
1 Synonymie : E. syloatica Linn. Sp. 663; Jacq. Fl. Aust. tal., 375; All. Fl.ped., n“ 1043; Roth. Fl. Germ., p. 203; Lois. Fl. Gall. 282. — E. amygdaloides WiLD. sp. 2, p. 291.
très en dessous. Les feuilles qui garnissent le reste de la tige sont plus éloignées les unes des autres, tout à fait sessiles et sensiblement plus petites. Ombelle à 5-8 rayons 1-2 fois bifurqués ; bractées soudées à la base; glandes petaloïdes échancréesen croissant, à cornes assez allongées; Heurs à bractées d’un vert jaunâtre ; capsule glabre.
Cette j)lante est vivace, se trouve dans les bois en France, en Allemagne, en Autriche et en Italie. Sa racine, quoique douée de propriétés moins énergiques que celles des précédentes espèces, peut être parfaitement employée comme émétique.
Quant aux autres Euphorbes indigènes, ils sont plutôt purgatifs; toutefois, l’E. Lathyris (Epurge) produit aussi le vomissement, mais moins souvent que la purgation ; il en est de même de l’E. pithyusa.
Pedilanthus tithymaloides Poit. — Cette espèce est employée comme éinétique sous le nom à' Ipêcacuanha bâtard. Il en est de même d’a[>rès H. Bâillon du Pedilanthus anacampseroides.
Hura crepitans (Sablier élastique). — Les graines sont éméto-cathartiques . Les Galibis les nomment Maman Cacao et les habitants de Cayenne, Amande à purger. L’émulsion de ces graines est un purgatif très violent, qui, à haute dose, peut amener la mort. La propriété émétique semble résister seulement dans l’embryon.
Myristigées. — Myristica sapida Wall. (Myrica sapida V). — Les graines, connues sous le nom de Noix
1 On trouve dans Steudel (Nomenclator botanicusj les deux noms avec la même d-lsign itioii d'auteurs et les mêmes synonymes.
émétiques, Kaiphul, ressemblent assez extérieurement à celles de la noix muscade. Nous en ferons la description d’après les nombreux échantillons que possède le droguier de la Faculté (voir planche XV).
La longueur de cette graine est de 4 ou 5 centimètres et son épaisseur de 20 à 25 millimètres ; elle est sillonnée de nombreuses stiies incomplètes et rugueuses; sa surface offre, outre les sillons longitudinaux, qui sont larges et profonds, de fins sillons anastomosés, rappelant un peu les impressions que l’on trouve sur les os plats au niveau des vaisseaux. Sa couleur est noire ; toutefois, la couche la plus extérieure du tégument se détruisant facicilement, la graine présente souvent alors une teinte bistre clair et un aspect brillant. La manière dont sont disposées les stries permet de supposer l’existence d’un arille assez semblable au macis de la noix muscade. Le testa est excessivement mince ; le tegmen est très épais, et présente une grande résistance, ce qui donne aux téguments la consistanced’une coque. A l’intérieur, se trouve une amande à albumen ruminé; son tissu semble contenir beaucoup de résine. La coloration extérieure de cette amande est d’un fauve clair.
L’écorce de cette plante est rubéfiante et ne s’emploie que pour l’usage externe.
Thymélées. — L’écorce des tiges et celle des racines des Daphné mezereum L. (Bois gentil) et D. laureola L. provoquent le vomissement.
Aristolochi AGEES. — Cette famille nous donne deux succédanés de l’Ipéca, qui seront étudiés en détail, dans un chapitre particulier.
Datisgées. — Datisca cannabina L. — Cette es-
pèce, à fleurs dioïques, est amère, nauséeuse, laxative et vomitive. Elle est recommandée, en Italie, contre la flèvre intermittente, la scrofule, etc. Sa racine renferme une fécule particulière, nommée datiscine, fort analogue à l’inuline.
PoLYGONÉES. — Plusieurs Polygonum (Renou&es) sont irritants ou émétiques.
Nyctaginées. — Boerhaavia diandra — Burm. Sa acine e^t émétique et purgative; les habitants de la Guyane l'appellent, par analogie, Ipécacuanha.
Boerhaavia diffusa L. (B. pî'ocumhens Roxb.; B. msularis Boj.). — La plante tout entière est employée aux Indes, comme expectorante et diurétique, sous le nom de de Punanarva. Elle est émétique à haute dose.
Garyophyllacées. — Silene viscosa. — Cette espèce est considérée, en Orient, comme émétique.
Ghénopodées. — Atriplex hortensia L. (Arroche-Epinard, Bonne Dame, Erode, Arrode, Irrihle Folette, Prude Femme). — Les graines sont émétiques et purgatives, tandis que la plante entière est diurétique, émolliente et tinctoriale.
ViOLARiEiES. — Cette famille fournit un grand nombre de succédanés de l’Ipécacuanha, qui seront étudiés dans un chapitre spécial.
Bixagées. — Gynocardia odorata R. Br. (vulg.
Chaulmoogra, Pelarkura). — Grand arbre des forêts de l’Inde et de la péninsule Malaise, dont les graines sont employées, dans le pays, contre les maladies de la peau. Ces graines sont émétiques et on en retire une huile vomitive. Bien qu’elles ne soient pas usitées pour cet usage, nous devions signaler leur action, car elles commencent déjà à être employées dans la thérapeutique européenne.
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SUBSTANCES ÉMÉTIQUES
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Les graines de Gynocardia sont anguleuses, longues de 2 à 3 centimètres et ressemblent un pen, comme forme, à la fève de Saint-Ignace. Elles sont pourvues d’un tégument gris jaunâtre, de teinte claire, dont la couleur rappelle un peu celle de la terre glaise. Ce tégument est corné, mince et très cassant. A l’intérieur, se trouve un embryon droit, à cotylédons foliacés et à radicule volumineuse, inclus dans un albumen huileux, abondant et d’un brun rougeâtre. On a retiré de ces graines une huile abondante, épaisse, en partie solide à la température ordinaire, et de, couleur fauve (Chalmoogra OU).
Papavéracébs. . — Sanguinaria canadensis L.
C’est une petite herbe vivace, croisssant dans les terres riches, sur les coteaux et la lisière des bois, au Canada et dans quelques portions des Etats-Unis. Toutes ses parties contiennent un latex rouge de sang, extrêmement âcre, pouvant déterminer de véritables eschares, sur la peau et les muqueuses. Ce suc est inclus dans des cellules disposées en séries et reliées en réseau par d’autres séries de cellules de même nature.
Son rhizome (racine de Sanguinaire , Blood, Root, Red Puccoon, Turmerick) est plus ou moins renflé, gros comme le doigt, tordu et contracté par places, de couleur rouge brun et pourvu de radicelles, ayant d’ordinaire la même couleur. Sa cassure, d’abord orangée, brunit peu à peu à l’air elle présente une écorce mince et brune, à la partie interne de laquelle se montre une ligne concentrique de points noirs. Le reste de la section est parsemé de ponctuations orangées plus ou moins foncées. Il fournit une poudre jaune-orange, décolorée
par l’eau, et possède une odeur narcotique avec une saveur âci’e, amère.
Au microscope, il offre la structure suivante :
1" Parenchyme cortical composé de cellules irrégulières aplaties radicalement, à grand allongement tangentiel. Les plus extérieures sont brunes, dépourvues d’amidon, légèrement épaissies et souvent déchirées. Les plus internes augmentent de diamètre, deviennent peu à peu rectangulaires puis polygonales et finissent par se confondre insensiblement avec le parenchyme du cylindre central. Elles sont gorgées d’amidon. — 2“ Au niveau du contact de ces deux parenchymes, se trouve une rangée unique de petits faisceaux hbéro-ligneux. Ces faisceaux sont constitués par un liber peu épais situé en dehors, et dont les éléments peu épaissis, allongés tangentiellemeiit suivant la courbe particulière des faisceaux, sont beaucoup plus petits que les cellules du parenchyme environnant. En dedans de ce liber se trouve le bois composé surtout de vaisseaux sensiblement égaux, ponctués à la coupe longitudinale, et séparés par très peu de parenchyme intercalaire. Celui-ci est composé de petites cellules polygonales à }tarois minces; elles contiennent de ramidon. — 3° Tout le reste du cylindre central est constitué par de grandes cellules isodiarnétriques polygonales gorgées d’amidon à grains arrondis. Au milieu de ce parenchyme se trouvent disséminés sans ordre un grand nombre de vaisseaux laticifères contenant un latex orangé, abandonnant peu à peu sa coloration.
La racine de Sanguinaire est inscrite comme officielle dans la Pharmacopée des Etats-Unis. On l’emploie, à petite dose, comme un stimulant du foie et aussi comme un
altérant, à la dose de 5 à 10 grammes. Sa poudre est émétique ; à dose élevée, elle agit à la manière des poisons narcotico-âcres. On l’utilise à l’extérieur en application contre les excroissances fongueuses et contre le cancer. Wood (Materia medica, 1877) trouve que de tous les emplois thérapeutiques de cette substance, il ne faut retenir que ceux de stimulant et d’ expectorant dans la bronchite chronique, et même avec un avantage douteux.
La dose émétique de la poudre est de 10 à 16 grains (de 7 dgr. à 1 1 gr.) ; la dose expectorante de la teinture de Sanguinaire est de 20 à 40 gouttes, aux États-Unis.
La ^anguinarin&{QjP Az 0^), découverte par Dana, paraît être le principe actif de cette substance. Elle présente uvecla morphine une analogie de composition, qui permet de prévoir que des recherches nouvelles amèneront, peut être, à l’identifier avec V apomorphine, alcaloïde nouveau retiré de l’opium. Les propriétés physiologiques de la racine de Sanguinaire ont de grandes analogies, d’ailleurs, avec celles de cet alcaloïde.
La Sanguinarine se présente soit sous forme d’étoiles incolores ou en groupes de cristaux fins en aiguilles, soit sous forme d’une poudre blanche et amorphe; elle est insipide à l’état sec, d’un goût légèrement brûlant quand elle est humectée par l’alcool; elle irrite beaucoup la muqueuse nasale et provoque l’éternuement. La sanguinarine forme, avec les acides, des sels cristallisables, de couleur orangée, très amers et très solubles dans l’eau., Ges sels sont vénéneux, même à petites doses. Outre cet alcaloïde, la racine de Sanguinaire en contient deux autres, la puccine et \2t. porphyroxine . Thomas conclut des expé-
riences qu’il a faites avec la saug-uinarine sur lui et sur d’autres qu’à dose de 1/8 à 1/1^6 de grain (de 8 mmgr. à 4 nimgr.), elleagit comme expectorant, sans troubler l’estomac; 1/6 à 1/4 de grain (de 1 centigr. à l'®”,75), donnés toutes les deux ou trois heures, amènent généralement des nausées; la dose émétique étant de 2 grains (35 mmgr.), répétée toutes les dix minutes.
Aetion physiologique. — Tully, en 1830, a observé qu’en donnant la Sanguinaire à petites doses répétées, elle agit comme un cholagogue direct, et il a affirmé plus récemment qu’elle a aussi une action stimulante expectorante.
A hautes doses, elle est certainement un puissant émétique, et à doses massives elle produit, outre le vomissement, des brûlures de l’estomac, de la faiblesse, du vertige, une diminution de la vision, une insensibilité générale, du refroidissement, une extrême réduction de la force et de la fréquence du pouls. Elle produit encore une grande irrégularité du cœur, souvent des palpitations, une grande prostration delà force musculaire, une rigidité convulsive des membres.
Mothershead, d’Indianapolis, la considère comme un bon stimulant du foie quand elle est donnée à dose altérante (2 à 7 centigrammes). Enfin Rutherford en 1879 a conclu de nombreuses expériences faites sur le chien, que la sanguinarine possède une action très nette sur la sécrétion hépatique.
Harnack a étudié l’action de la sanguinarine sur les muscles striés. Il a suffi de 5 milligrammes de cette substance (préparation de Merck) poui‘ paralyser complètement une grenouille eu quelques heures. L’irritabilité
des muscles n’est que diminuée^ sans disparaître complèjuent, par l’injection de petites doses.
De nombreux cas d’empoisonnement par cette substance ont été observés à l’hôpital de Bellevue. Les seuls symp tômes à retenir sont : la faiblesse, la sensation de brûleur et une soif horrible.
Argemone mexicana L. — Ses graines sont réputées vomitives et prescrites à la place de l’Ipécacuanha à la dose de 8 grammes pour un adulte. Elles fournissent une huile qui purge à la dose de 15 à 30 gouttes. Cette huile a été recommandée dans la première période du choléra. A Névis, .on l’emploie aux mêmes usages que l’huile de Ricin.
Les graines de VA. mexicana sont très petites, noires, presque arrondies, anatropes, à raphé saillant. Le tégument paraît, à la loupe, creusé d’un réseau de petits alvéoles polygonaux, presque quadrilatères, alignés dans le sens] longitudinal et donnant à la surface de la graine, l'aspect d’une ruche. L’embryon est ti'ès petit, droit, de couleur blanche et situé près du micropyle; l’albumen huileux, très abondant et d’un blanc grisâtre.
Papaver somniferum L. — Cette plante fournit l’opium, qui contient un principe important, la morphine. On a, en décomposant cette dernière substance, obtenu un alcaloïde émétique puissant, V Apomor phine . Cet alcaloïde ne préexistant pas dans la plante, il serait hors de notre sujet de le décrire.
Anon ÂGÉES. — Anona muricata f^(7orosso/ épineux, Cachimans,8appadiller). — Les graines sont considérées comme émétiques à la Martinique ; H. Bâillon dit cependant qu’elles sont astringentes. Ces graines sont
brunes, pourvues d’uii léger arille microjjjlaire et un peu aplaties dans le plan perpendiculaire au raplié. Celui- ci est peu saillant, les bords au contraire forment une ligne très marquée sur le pourtour de la gi’aine. Les téguments sont résistants et présentent, à la face interne, de nombreuses lames qui pénètrent dans l’amande. Celle-ci est constituée par un albumen jaunâtre, ruminé et par un tout petit embryon situé au sommet. Le degré d’aplatissement de ces graines est très variable ; il en est même quelques-unes qui sont presque globuleuses.
Camelliacées. — Wiickstrœmia Forsteri (Oovao). — On emjâoie, à Tahiti, l’écorce de cette plante, pour les adultes et les feuilles pour les enfants. C’est un purgatif et vomitif énergique.
Berbéridées. — Podophyllum peltatum h.(May~ Apple, Wild Lemon, Black Cohosh, Racoon Berry, American Mandrake Root). — ’C’est une plante vivace qui habite les côtes orientales du Canada et des Etats-Unis. On emploie en Angleterre et eu Amérique son rhizome comme purgatif et émétique .Gelie derniere propriété, que beaucoup d’auteurs actuels ne signalent plus, on ne sait pourquoi, est pourtant la seule que remarquaient les anciens, et elle a valu à cette substance le nom A Ipécacuanka delà Caroline. hdi racine de Podopliylle étant surtout employée comme purgative, nous ne nous arrêterons pas à la décrire.
Ménispermées. — On emploie au Sénégal comme émétique et amer, sous le nom de Bangol, uin; plante de cette famille.
Méliacées. — Trichilia emetica Valu. (Flkaja des Arabes) — Cette [dante, qui sert aux Arabes à
abriter les plantations de caféiers, a des propriétés vomitives.
Guarea purgans A. Juss. — Cette plante du Brésil est employée comme purgative, et abortive ; c’est
un évacuant dangereux. Il eu est de même du G. Aubletii A. Juss., qui, à la Guyanne, porte le nom de Boisballe. L’écorce de sa racine a d’énergiques propriétés émétiques et purgatives. Enfin, on trouve, en Colombie, un Guarea qui passe pour un excellent succédané de l’Ipécacuanha; c’est peut-être le G. apiodora H.Bn., espèce dont toutes les parties, notamment l’écorce, ont une odeur très intense de Céleri.
Azadirachta indica {Margosier, Kohombé-etté) . — Les graines sont considérées, aux Indes, comme émétiques, stimulantes, toniques, antispasmodiques. Elles sont usitées contre la fièvre et le choléra.
PoLYGALÉES. — Polygala Senega L. (Pohjgala de Virginie). — plante fournit à la matière médicale sa racine, généralement désignée sous le nom demcine de Pohjgala. Cette racine varie de la grosseur d’une plume à écrire à celle du petit doigt; elle est surmontée d’une sorte de tête arr.judie, offrant de nombreuses nodosités, restes des précédentes végétations aériennes. Elle est d’un gris jaunâtre, tortueuse, ridée, plus ou moins ramifiée et munie, dans toute sa longueur, d’une sorte de crête ou de côte saillante, qui occupe toujours la partie concave des sinuosités. Sur la portion convexe, se voient souvent des épaississements semi-annulaires, séparés par des étranglements, qui souvent atteignent le bois.
La racine du Polygala de Virginie a une odeur un peu nauséabonde et une saveur fade, mucilagineuse, puis âcre
et amère, aug-iueiitarit la salivation. A haute dose, elle est vomi/ire et purgative. Elle renferme plusieurs principes : la Sénégine, V acide Yirginêique^ et une matière jaune très amère. Le Polggala Senega est une plante de l’Amérique du Nord, où elle halûteles plaines et les bois rocheux de l’Amérique anglaise.
Polygala Poaya Mart. — Sa racine est usitée comme vomitive, au Brésil.
C’est un rhizome perpendiculaire ou légèrement oblique, de 3 à 5 pouces de longueur, de la grosseur d’une plume d’oie au sommet, aminci en bas et donnant naissance à \c base à un grand nombre de racines annelées en certains points et marquées de cicatrices. Ce rhizome est extérieurement d’une couleur ocracée pâle; la section en est blanchâtre. La racine de Polggala Poaya a une saveur d’abord douceâtre, mais devenant rapidement amère.
Polygala vulgaris L. — Plante de nos pays, quelque peu émétique. Elle ne fait presque plus partie de notre matière médicale. Nous donnons sa description en peu de mots, en n’insistant que sur les caractères qui lui sont propres : 'fige ascendante, un peu sous -ligneuse à la base ;
V feuilles supérieures lancéolées, les inférieures plus courtes et plus obtuses; bractéoles ne dépassant jamais les fleurs; fleurs bleues, roses ou mrement blanches. Cette plante est très commune dans les bois, les prés et les pelouses; elle fleurit on mai et juin.
Polygala amaraL. — Mêmes propriétés avec une plusgrand(3 intensité. Cette petite plante croît, comme la précédente, assez abondamment dans notre région. Voici, en ([uelques lignes, sa description : tiges étalées, redressées; feuilles inférieures étalées en rosace, obovales, ob-
tuses, celles des rameaux fleuris, oblongues, cunéiformes; fleurs d’un joli bleu, en grappes raides.
Cette plante a une saveur amère très marquée, même quand elle est sèche; elle poussse dans les prés humides et tourbeux des montagnes. Elle n’est presque plus employée en médecine. L’Amérique possède un grand nombre d’espèces de Polygala, qui jouissent des propriétés du Polygala de Virginie. Ce sont : le P. caracasana H. B. K., le P. formosa H. B. K. et le P. monticola H. B. K. de Gumana, le P. purpurea Nutt., le P. sanguinea. L. et le P. paucifolia. W. des Etats- Unis, les P. glandulosa H. B. K. et P. scoparia H. B. K. du Mexique. Aux Antilles, on trouve le P. paniculata. L. — Toutes ces espèces sont plus ou moins évacuantes et vomitives.
En Australie, on emploie aux mêmes usages le P. veronicea F. Muell; dans l’Inde, les P. arvensis W. et P. crotalarioides Bqghan; au Gap, enfln, le P. serpentaria Eckl et Zeyh.
Sterguli ÂGÉES. — L’écorce du Bombax Geiba L. et celle du Salmalia Wightii Endl. sont usitées comme vomitives, la première en Amérique et la seconde en Asie.
Guttipèrbs. — Galophyllum inophyllum L. —
Cette espèce, qui est commune dans l’Asie, l’Océanie et l’Afrique, a un suc purgatif et vomitif. L’écorce du même arbre est vantée comme diurétique. On attribue, avec doute, à cette plante le tacam'iqiæ des Indes orientales .
Passifloragées. — Passiflora quadrangularis L. (Barbadine) . — Plante très dangereuse. Sa racine fraiche est extrêmement vénéneuse ; elle est usitée comme vomi-
üve à Bourbon, et ou l’a recommandée, mais avec doute, comme téiiicide.
CuGURBiTACÉES. — Gucumis Melo. — Héberger, en décrivant le principe amer des Gucurbitacées , attribuait déjà des propriétés émétiques et purgatives à la racine du Melon. Jorosiewigz assure que ce principe émétique est une substance amère qu’on peut retirer par l’alcool de l’extrait aqueux do la racine du Melon. 11 lui donne le nom du Melon. C’est une masse
compacte, brunâtre, d’une cassure luisante; elle est très déliquescente. Sa solution aqueuse a une saveur légèrement piquante, amère ; elle est sans action sur les acides et les alcalis; elle colore l’étlier. L’alcool la dissout instantanément; elle est précipitée de cette solution par l’acétate de plomb et par l’infusion de noix de galle. L’ammoniaque liquide et la potasse caustique la dissolvent facilement; les acides produisent dans cette solution un précipité gris brunâtre difiicilement soluble dans l'eau.
Un très grand nombre d’expériences ont été faites sur des animaux pour prouver les propriétés vomitives de l’émétine du Melon, et récemment des expériences plus concluantes ont été faites à l’hôpital militaire de Lemberg. On a cru pouvoir en conclure que, pour un adulte, on ne pourrait sans grands dangers dépasser la dose de 25 grammes de poudre de racine. Une solution de 9 centigrammes d'émétine du Melon provoque des vomissements. Les racines qui ont servi à faire ces expériences provenaient de plantes cultivées; les plantes sauvages sont beaucoup plui actives. D’après Lxngewigz, celles-ci constituent un vomitif infaillible à la dose de 50 à 75 centigrammes.
K Bryonia dioica. — La racine de Bryone est usitée généralement comme purgatif; si à une certaine époque elle a reçu le nom d’ Ipécacuanha français^ c’est, croyonsnous, parce qu’on s’occupait beaucoup plus à ce moment des vertus purgatives de la racine d’ipéca que de ses propriétés vomitives. Le principe actif de la racine de Bryone a reçu le nom de bryonine.
Iliginkes. — Ilex vomitoria Ait. (Thê des Apalaches). — C’est un arbrisseau des lieux abrités de la Caroline, de la Floride et de la Virginie. Les Indiens en font griller les feuilles qu’ils emploient comme diurétiques, excitantes et même enivrantes. A doses élevées, ces feuilles sont émétiques et purgatives.
Ilex paraguayensis Lamb. (Thé du Paraguay ou Maté). — Les feuilles de cet arbuste, qui, à dose faible, sont réputées stimulantes et digestives, doivent leurs propriétés à la caféine, dont elles contiennent environ 1, 2 pour 100. A dose un peu élevée, elles déterminent le vomissement.
Ilex aquifolium L. — Les baies de cet arbuste, si commun dans nos pays, sont réputées purgatives et même émétiques.
Prinos verticillatus L. (Black Aider, Winter Berry des Anglo-Américains). — Ses baies sont toniques et vomitives.
Célastragées, — Gelastrus scandens L. —
L’écorce de cette espèce est usitée depuis longtemps, dans l’Amérique du Nord, comme émétique, évacuante èt narcotique.
Evonymus europæus L. (Fusain d'Europe). — Ses graines provoquent les nausées et le vomissement.
Ou reconnaît les mêmes pr(t[)riétés aux : E. latifolius Scop. et E. verrucosus Sgop., d’Europe, ainsi qu’aux E. americanus L., E. obovatus Nuit, et E. atropurpureus Jacq., espèces des Etats-Unis.
Hippocratea obcordata Lamk. — S’emploie comme expectorant, en Colombie.
Crassulacki'.s. — Sedum acre (Oy'pin acre, Yermiculaire brûlante). — Cette plante, très commune dans notre région, où elle croît sur les murs, dans les décombres et les endroits arides, a un suc éniélique et purgatif, sa saveur est presque caustique.
Connaracées. — Agelæa emetica H. Bn. — Les feuilles de cette })lante, nommée Vahé-maïnii par les Malgaches, sont employées comme vomitives, dans le pays d’origine.
Lkgumineuses-Papilionacées. — Glitoria ternatea. — Les racines (t les graines de cette plante sont considérées comme vomitives et diurétiques dans l'Inde. Elles sont réputées emménagogues aux Antilles.
Gytisus Laburnum L. — Les fruits et les graines de cette espèce sont vomitives. C’est un arbre de 3 à 6 mètres qui croit dans les bois des terrains calcaires de la Lorraine, de la Côte-d’Or, de la Bresse, du Lyonnais. Voici ses caractères spécifiques : Fleurs grandes, jaunes, en grappes lâches, latérales, pendantes, entourées de feuilles à leur base ; pédicelles 1-3 fois plus longs que le calice, munis vers le sommet de trois petites bractéoles très caduques. Calice couvert de poils appliqués, ainsi que toute la grappe, ombiliqué, à lèvres tellement écartées que le calice paraît tronqué. Etendard glabre, une fois plus long que la carène; celle-ci glabre, fortement cour-
bée au bord inférieur, rostrée, aiguë. Stigmate oblique en avant. Gousse de 50 à 60 millimètres sur 8, d’abord veluesoyeuse, puis glabrescente, comprimée, bosselée, à bord supérieur /rds djmîs, caréné, mais non ailé. Graines orbiculaires réniformes, comprimées, brunes, munies à leur surface de petites, fossettes irrégulières. Feuilles longuement pétiolées, alternes sur les jeunes rameaux, fasciculées sur les anciens, trifoliolées; folioles pétiolulées, 'pâles en dessous, elliptiques apiculées. Tige dressée, à écorce lisse et verte.
hdi cytisine 2i èië découverte en 1866 par Husmann et Marsué dans les graines mûres de Cylisus Lahurnwm, et se rencontre dans la plupart des espèces du genre. Elle se présente sous forme de cristaux non déliquescents; leur saveur est arnère, puis caustique; ils fondent à 154°,5 et se subliment en longues aiguilles. La cytisine est soluble dans l’eau et dans l’alcool étendu, presque insoluble cans la benzine, le chloroforme, le sulfure de carbone et l’éther. Le chlorhydrate et l’azotate de cytisine sont seuls cristallisables. Cette substance est vénéneuse et provoque des vomissements à la suite desquels la mort survient par asphyxie. — Chevallier et Lassaiqne avaient donné le même nom à une matière amorphe qu’ils avaient retirée des semences de C. Laburuum. C’est une substance jaune verdâtre, amère, soluble dans l’eau et l’alcool, précipitable par le sous-acétate de plomb et le nitrate d’argent. Prise à l’intérieur, elle produit des étourdissements, des spasmes et des vomissements.
La Laburnine s’extrait des graines non mûres et des gousses du même végétal. Elle se présente sous forme de gros prisme rhomboïdaux solubles dans l’eau et beaucoup
moins dans l’alcool absolu, presque insolubles dans l’éther. Elle paraît être une aniide et non une base.
Psoralea glandulosa L. — Cette plante est employée comme émétique sous le nom (\! Ipêcacuanha cV Amérique.
Légumineuses mimosées. — Mimosa pudica. — Les graines de la Semiiive ?-owi considérées comme émétiques.
Entada scandons. — Les graines sont employées comme vomitif dans l’Inde et à Java.
Rosacées. — Gillenia stipulacea Spreng can Jpecacuanha, Indian Physic). — Plante des États de l’ouest des États-Unis. Sa racine est inscrite dans la liste secondaire de la Pharmacopée des États- Unis, comme succédané de Llpécacuanha.
Gillenia trifoîiata Monch (Boiomans Root, Dropwort). — Cette plante, qui habite les bois à sol léger des États de l’Est, ne figure pas sur la liste des substances officinales de la Pharmacopée des Étas-Unis. H. Bâillon la regarde comme l’espèce vraiment officinale ; c’est à elle aussi que Guibourt attribue l’un des faux Ipécacuanhas d’Amérique. Nous empruntons la description de cette substance à la Matière médicale de M. Cauvet:
Le Gillenia trifoîiata est une plante vivace, dont la souche émet des tiges à feuilles trifoliolées, accompagnées de stipules peu développées ; ces tiges sont terminées par des cymes en grappes pauciflores. Son rhizome, improprement appelé racine (Booioman s Root, et Dropwort des Anglo-Américains), se compose de souches brunes, horizontales ou obliques, très noueuses, et pouvant atteindre la grosseur du pouce. La face supérieure de ce rhizome offre les restes des tiges aériennes, et sa face inférieure
donne attache à de nombreuses racines, dont la longueur atteint parfois 15 à 20 centimètres.
Ces racines sont plus ou moins tortueuses, simples, et pourvues de quelcpies radicelles Leur grosseur varie depuis celle d’une plume d’oie à celle des fibrilles radicellaires. Elles sont fortement striées en long, d’un brun rougeâtre, et composées d’une écorce mince, adhérente, mais qui se détache par places : on les voit alors formées par un méditullium gris jaunâtre, à peine aussi épais que l’écorce, entourant une moelle jaune rosé, très grande.
La racine de ce Gillenia a été comparée à l’ipécacuanha ondulé; elle nous semble se rapprocher mieux du Ratanhia officinal, dont elle diffère surtout par ses dimensions plus petites et par le développement de sa moelle. Elle a une saveur amère et une odeur faible, mal définie, légèrement musquée.
On l’emploie comme émétique, à la dose de 15 décigrammes ; son action est incertaine.
Rubus villosus Ait. — L’écorce de la racine de cette plante, très employée en Amérique comme un médicament astringent énergique, est vomitive à haute dose.
Sanguisorba. — Plusieurs espèces de ce genre sont considérées comme émétiques et purgatives. •
Primulagées. — Cyclamen europæum. — Cette plante vivace, à laquelle on a donné le nom vulgaire de Pain de loourceau, croît spontanément dans les lieux ombragés de l’Europe méridionale. Elle n’est pas très rare même dans d’autres régions. En voici une rapide description :
Feuilles pétiolées, un peu épaisses et charnues, ovales ou arrondies en cœur à la base, sinuées-crénelées, vertes
et souvent marbrées de blanc en dessus, ordinairenieut roug’es on dessous ; calice à 5 lobes; corolle à tube court, à gorg’e entière, très ouverte, d’une couleur plus foncée que les 5 segunents relevés qui la surinontent : ceux-ci ne sont ({ue 1 à 2 fois plus longs que larges ; 5 étamines à anthères eonnées ; style filiforme. Fleurs rouges, quelquefois roses, rarement blanches, exhalant une odeur suave, soutenues par des ham|)es nues, rougeâtres et contournées en spirales. Son rhizome tuberculeux, administré à l’état frais, est vomitif. La plante a eu une grande vogue autrefois, comme purgative, stimulante, antirliumatismale; elle passait pour provoquer la menstruation, guérir les obstructions intestinales, las scrofules, l liydro[)isie, etc. On em[)loyait surtout à cet usage le suc exprimé de la plante fraîche.
Trientalis europæa, L. — Cette Primulacée, dont les racines sont émétifiues, porte le nom à' Ipécaciianha d' E urope.
AsGLÉm.vnbrss. — Celte famille contient un assez grand nombre de succédanés importants del’lpécacuanha; elle sera étudiée dans un chapitre spécial.
Apogynées. — • Apocynum cannabinumL.
Eemp, Chanvre indien). — Cette plante croit aux Etats- Unis ; elle fournit la racine de Chanvre indien du Canada. Cette racine figure dans la liste secondaire de la Pharmacopée des Etats-Unis. On la prescrit en décoction, comme diurétique et diaphorétique, contre l’hydropisie et les congestions de P utérus. Son emploi doit être surveillé ; à haute dose elle est fortement émétique et cathartique.
Elle se présente en morceaux longs de 10 à 11 centi-
mètres, gros comme une plume d’oie, de couleur gris rougeâtre et marqués de stries longitudinales prononcées. Son odeur est forte, nauséeuse et sa saveur âcre et amère. Elle a une écorce assez épaisse et un bois blanc jaunâtre.
Apocynum androsæmifolium L. (Dog's bane, Bitter-root, Milkweed). — Sa racine amère est inscrite sur la liste secondaire de la Pharmacopée des Etats-Unis. Elle est usitée comme émétique et tonique, dans les affections chroniques du foie.
Cette racine se présente dans le commerce sous forme de fragments longs de 5 à 10 centimètres, d’un diamètre moyen de 10 millimètres. Ce sont surtout des souches et des bases de tiges plutôt que des racines véritables. Elles sont tortueuses, plus ou moins ramifiées, présentant des grosses rides longitudinales par le fait de la dessiccation et de nombreuses cicatrices provenant de la chute de racines de ramifications aériennes. Sur certains de ces fragments on trouve même des sortes de lenticelles qui indiquent nettement leur nature caulinaire. De distance en distance quelques stries circulaires, nombreuses surtout à la base des tiges. La couleur de l’écorce est d’un brun rosé. La section montre nettement une écorce peu épaisse, brune, un bois poreux, d’un blanc jaunâtre et une moelle parfois très abondante.
Cette substance a une odeur aromatique agréable, légèrement vineuse et une saveur très amère, rappelant assez celle de la gentiane.
Au microscope on remarque la structure suivante : 1“ sMÔer composé de 8 à 10 rangées de cellules aplaties, allongées tangentielleinent et à alignement radial, de coloration brune ; 2° un parenchyme cortical formé de
cellulles ovales, à parois relativemant épaisses, laissant souvent entre elles des méats triangulaires, A l’intérieur de ce parenchyme on remarque quelques sclérules à lumen large et de petits amas de tibres qui sont peu allongées à la coupe longitudinale et dont le canal central est très étroit. A la partie extérieure du parenchyme se voient de nombreux laticiféres remplis d’une substance blanche réfringente. Toute cette partie est gorgée d’amidon. 3“ Le liber constitué par des cellules polygonales, alignées radialenient et plus petites que celles du parenchyme. Elles sont également remplies à' amidon; celui-ci se présente sous la forme de gros grains arrondis. 4“ Le bois est composé d’éléments à parois peu épaisses et à grandes cavités, })olygonaux et à alignement radial. Il est divisé en plusieurs couches par des bandes d’éléments tangentiels aplatis. Les vaisseaux sont grands et présentent deux dispositions différentes. Les plus externes sont groupés tangentiellement et sont très nombreux, les autres sont en groupes radiaux et en plus petit nombre. Nombreux rayons médullaires unisériés, formés de cellules étroites et allongées radialenient. 5” Une moelle abondante à cellules polygonales remplies d’amidon, La structure rappelle donc complètement celle d’une tige.
Loganiacées. — Strychnos potatorum (Titancotte). — Les graines sont employées, dans l’Inde, pour clarifier l’eau; les racines sont émétiques.
SoL.\NÉES. — Nicotiana Tabacum. — Outre les usages bien connus de la plante, il faut citer encore son action émétique, que l’on vantait beaucoup dans le siècle dernier. D’après Venel (1787) « la plus petite dose de tabac prise intérieurement fait vomir jusqu’au sang. La
décoction de ses feuilles appliquée sur le bas-ventre, la même décoction en lavements, la fumée avalée imprudemment, font vomir ; les huiles par décoction de cette plante sont empyreumatiques ; si on en frotte le bas-ventre et surtout le nombril, elles produisent le même effet. » Malgré le peu de confiance que nous avons dans ces divers moyens, nous avons cru devoir les citer, au moins à titre de pure curiosité.
Aganthagées. — Dipteracanthus patulus (Ruellie). — La racine est émétique et préférée à l’Ipéca par les habitants de la Martinique.
Ruellia tuberosa — Les racines et les
feuilles de cette plante sont employées à la Martinique, comme purgatives et émétiques.
Adhatoda vasica. — Les feuilles sont employées dans l’Inde, comme toniques et vomitives.
Gendarussa vulgaris — Est em-
ployé aussi, comme émétique et résolutif, dans les Indes et à la Réunion.
Bignoniagées. — Bignonia copaia (Caroba). — L’écorce de cette espèce brésilienne est émétique et purgative.
Sgropularinbes. — Gratiola officinalis L. (Herbe au pauvre homme). — C’est une plante des marais et du bord des rivières. Rhizome vivace, traçant; tige haute de 2à5 décimètres, dressée, glabre; feuilles sessiles, opposées, ovales-lancéolées, denticulées vers le sommet et marquées de trois nervures à la face inférieure ; fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles, blanches, nuancées de rose, de lilas et de jaune, à pédoncule muni de deux bractées lancéolées, plus grandes que le calice; segments calicinaux
linéaires- lancéolés, aigus, un peu inégaux; corolle tubuleuse à 2 lèvres : la supérieure à 2 lobes distincts, l’inférieure à 3 lobes égaux, obtus, arrondis ; 4 étamines dont les
2 antérieures réduites à leurs filets ; ovaire ovoïde ; style un peu oblique, cylindracé, épaissi au sommet; stigmate bilamellé; capsule à déhiscence septicide , graines très petites, oblongues et rugueuses. M. le professeur Gauvet, à qui nous empruntons cette description, ajoute :
« La Gratiole a une saveur amère et nauséabonde ; on l’administre dans la médecine populaire comme purgative. C’est une plante très énergique, qu’il faut employer avec la plus grande prudence et dont la vente ne devrait pas être permise aux herboristes. »
On prescrit cette plante en poudre comme émétique à la dose de 5 à 10 décigrammes. L’infusion faite avec 2 à
3 grammes de la plante est purgative. La Gratiole a occasionné parfois des empoisonnements et on cite plusieurs cas de nymphomanie détenninés par des lavements terminés avec la plante fraîche. Marchand a extrait de la Gratiole une substance neutre, la Graiioline, à laquelle il attribue les propriétés de la plante. Walzy en a retiré deux glucosides, une huile grasse, une résine brune, du tannin et un acide particulier.
Vandella diffusa L. (Herbe du Paraguay). — C’est une petite plante herbacée, un peu semblable à la Menthe par son aspect, mais étalée sur le sol. Les tiges sont carrées et légèrement pubescentes ; les feuilles sont opposées, presque sessiles, obtuses, serrato- crénelées, glabres et d’un vert foncé à la face supérieure, un peu pubescentes, et violacées en dessous. Leur longueur est de 20 millimétrés. Les fleurs sont axillaires, solitaires, plus
petites que les feuilles et d’un blanc rose. Le fruit est une capsule oblongue, de 10 millimètres de longueur, composée de deux loges polysperrnées, s'ouvrant par deux valves parallèles; les graines sont petites et jaunâtres. Cette plante croit spontanément dans les climats chauds et tempérés de la Colombie, dans toute l’Amérique tropicale, à la Martinique, à la Jamaïque, à la Guyane anglaise, au Brésil et aussi à Madagascar. Cette plante est, à Médellin, le vomitif àe?, gens de la campagne; ils prennent, à cet effet, une bonne poignée de la plante fraîche, qu’ils font bouillir dans 1/2 litre d’eau et boivent ensuite une petite tasse de cette décoction toutes les dix minutes, jusqu’à ce qu’ils aient obtenu l’effet demandé. C’est un succédané sur de Y Ipéca; il n’occasionne ni superpurgation, ni vomissement incoercible, mais il est très amer.
Posada-Arango a fait l’étude chimique de cette substance. 11 y a trouvé : 1® une matière grasse colorée en vert parla chlorophylle, visqueuse, d’une odeur et d’une saveur nauséeuses, très soluble dans l’éther, insoluble dans l’alcool ; 2® une matière extractive amère, peu abondante, soluble dans l’eau à toutes les températures et dans l’alcool chaud, mais insoluble dans ce dernier lifjuide à froid ; 3® enfin, un résidu, en beaucoup plus grande quantité que les autres principes, d’apparence gommeuse, exclusivement soluble dans l’eau. Cette dernière partie est tout à fait insipide et inerte ; la substance amère n’exerce aucune action marquée sur notre organisme, en sorte que la matière grasse est le principe actif de la plante. L’extrait est incomparablement moins actif que la plante fraîche. Pris à l’intérieur, sous forme de pilules, il purge avec de légères coliques, à la dose de 1 gramme. Pour provoquer l’action émé ■
tique, il faut le portera 1^‘,50 et l’administrer en solution. La matière grasse, incorporée dans des pilules de mie de pain, purge suffisamment, à la dose de mais elle provoque des excitations très désagréables et de fortes nausées, de sorte qu’en l’administrant à 0=‘’,20 ou 0°‘,25 et ordonnant au malade de boire après l’ingestion du médicament, l’effet vomitif est sûr.
Le sirop fait avec son suc, une teinture étliérée assez concentrée ou bien la plante sèche et réduite en poudr*e, seraient les meilleurs })réparations phamaceutiques. Nous empruntons cet extrait à V Histoire des nouveaux agents médicamenteux de IIegkbl (1874).
Rubiacées. — Nous avons déjà étudié, dans la première partie de ce travail, les diverses espèces d’Ipécacuanhas vrais; il ne nous reste plus qu’à passer en revue et à décrire ra[)idenient les autres substances émétiques fournies par cette famille.
Manettia cordifolia Martius. — Cette plante croît au Brésil près de l’Arroyo de la China, ruisseau qui sépare rUruguay et le Rio. On la trouve en abondance dans la province de Minas Geraes. L’écorce de la racine est regardée au Rrésil comme un excellent remède dans la dysenterie. Elle est aussi employée comme émétique.
Borreria ferruginea DC. (Spermacoce ferruginea Saint-Hilaire). — Cette plante ainsi que le Borreria Poaya DC. (Spermacoce Poaya, var. a, Saint- Hilaire) ont des propriétés vomitives qui les ont fait considérer comme des succédanés de l’Ipécacuanha.
Randia dumetorum (Gelaphul). — Arbre commun dans les jungles de l’Inde ; les fruits sont très émétiques et employés comme tels par les Indiens.
Lobbliacées. — Lobelia inflata L. (Indian lobacco, Herbe à F asthme. Herbe émétique). — Plante annuelle ou bisanuelle, à tige dressée, simple ou rameuse au sommet, haute de 2 à 6 décimètres et à feuilles subentières ; les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles, ovalesoblongues aiguës. Fleurs lilas clair, en grappe -terminale et à réceptacle ovoïde, 10-nervié; calice à 5 sépales libres, triangulaires-subulés; corolle bilabiée, fendue jus qu’à la base et dont le tube offre vers son milieu deux taches jaune clair, au-dessus desquelles s’en trouvent deux autres, répondant à une fossette extérieure ; étamines à filets aplatis, libres et à anthères grises, obtuses, dont 2 sont pénicillées au sommet; ovaires à 2 loges multiovulées.
La Lobélie enflée habite le nord de l’Amérique, elle s’étend du Mississipi à la baie d’Hudson et au Kamtschatka. Les sommités et les semences de cette plante sont très employées aux Etat-Unis par les médecins éclectiques comme émétiques et expectorantes.
1" Sommités. — Elles sont récoltées parles quakers de New Lebanon qui les expédient en Angleterre sous forme de paquets rectangulaires fortement comprimés avec cachet et signature sur le papier servant d’enveloppe. Ces sommités ont une couleur vert jaunâtre, une odeur herbacée, irritante et une saveur âcre, brûlante, analogue à celle du tabac; quand on les mâche, elles provoquent une salivation abondante. Leur poudre est verdâdre.
2“ Les semences de la Lobélie enflée sont petites, brunes, ovales ou en forme d'amandes; elles sont marquées de rides longitudinales et transversales, obliques, interceptant de nombreuses fossettes ovales.
Gapripoli AGEES. — Triostum perfoliatum L, — Cette plante est utilisée comme émétique sous le nom à' J pécacuanha de Yirginie.
Synantiiérées. — Senecio vulgaris L. — Tige de 1 à 5 décimètres, dressée -rameuse, glabre ou parsemée de quelques poils aranéeux ; feuilles un peu épaisses, pennatilides ou pennatipartites, à divisions inégalement sinuées-dentées : les inférieures atténuées en pétiole, les caulinaires amplexicaules ; involucre cylindrique à calicule formé d’une dizaine de })etites écailles fortement tachées de noir au sommet, ainsi que les folioles; graines pubescentes; fleurs composées, jaunes, en petits corymbes irréguliers. Cette plante, commune partout, fleurit toute l’année. Elle serait, suivant Quincy et Poidevin, un vomitif bon et sûr dont on pourrait certainement tirer de grands avantages.
Eupatorium cannabinum L. — La racine d’Eupa toire cet fibreuse est blanchâtre ; à l’état frais elle exhale une odeur aromatique assez analogue à celle du Panais, et exhale une saveur amère, aromatique et piquante. Elle agit comme un éméto-catharti([ue assez violent. 11 paraît toutefois qu’elle perd une partie de ses propriétés si on la récolte au moment delà fortiflcation.
Eupatorium perfoliatum L.^ [Boneset, Thoroughvoori^ Crosaiüort, Indian Weed, Ague Weed, Berheà la fièvre). — Cette ])lante croît abondamment dans les lieux marécageux, le long des cours d’eau de l’Amérique du Nord, où elle s’étend depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu’à la Floride. C’est une herbe vivace, à tige vigoureuse, dres-
1 Synonymie ; E«j)aforù<m conno.tum IsIkciw. — E. salvixfolium Sims.
sée, cylindrique, rameuse à son extrémité supérieure. Ses feuilles sont opposées-counées par leur base, qui est sagittée, aiguës au sommet ; ses capitules sont blancs, très nombreux, et disposés en cymes corymbiformes, portées à l’extrémité des rameaux supérieurs qui sont opposés-croisés. Les fleurs s’épanouissent de juillet en septembre.
Les indigènes d’Amérique employaient de toute antiquité cette substance dans le traitement des fièvres intermittentes. Les fleurs et les feuilles mâchées développent un goiit amer, d’une saveur particulière et dépourvue d’àcreté et d’astringence : ce sont ces parties qui sont officinales aux États- Unis. Vers le commencement de ce siècle, il apparut en Pensylvanie une épidémie particulière de fièvre qui fut dénommée break-bones fever (fièvre qui brise les os) à cause des vives douleurs ostéocopes qui en étaient le symptôme dominant ; cette fièvre fut arrêtée par l’eupa torium qui eu reçut le nom de Boneset calme les os). De cette époque date sa vogue eiixé.mérique. Smith Barton vantait déjà à cette époque ses propriétés émétiques.
Peterson y a trouvé m\ principe amer., \\i\q résine, une matière cristalline, de la gomme, du tannin, etc. — Bbgkley en a retiré des traces d’une huile volatile et de V acide gallique. Il a proposé le nom éé Eupatorine pour en désigner le principe amer, principe qu’il ne faut pas confondre avec la substance complexe que les médecins éclectiques des États-Unis appellent aussi Eupatorine. Selon Rapines Y Eupatorine est une matière résiniforme brune, amère, soluble dans l’eau et dans les acides, avec lesquels elle forme des sels .
Le Boneset est inusité en Europe ; mais il est très ré-
puté aux États-Unis comme tonique et diaphorétique ; il est vomitif k hautes doses. Les Indiens l’emploient contre les fièvres intermittentes. Eu infusion chaude, il détermine de larges vomissements, suivis de sueurs profuses et, ensuite, d’une action apéritive. On le recommande, à cet effet contre la grippe et le rhumatisme aigu. En substance (1 gramme à U',50) ou en infusion froide (30 grammes d’infusé) souvent répétée, il agit comme tonique dans la dyspepsie et dans tous les états où les amers sont recommandés. Enfin on les prescrit comme éméto-cathartique sous forme de décocté (30 pour 1000) que l’on donne à la dose de 250 à 500 grammes et même plus.
Nous avons décrit dans ce chapitre un grand nombre de substances émétiques ; nous ne prétendons pas que toutes puissent être des succédanés de Tlpécacuanha, mais nous pensons qu’elles peuvent rendre de réels services à titre de vomitif quand on n’a pas sous la main des émétiques d’une efficacité reconnue.