PI. XI
r'i.ï'. I. — Bulbe de Colcliique.
l-'ig. a. — Rhizome d'Elléboia blanc.
l’ig. 'i - Bulbo de Scille.
l’ig-, S. — Rhizome i:17rh'! VPrsicolor.
SUBSTANCES EMÉTIQUES
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presque insoluble clans l’eau, mais soluble dans 1 alcool. Elle forme, avec les acides, des sels très peu solubles.
Vèratralhine KiQr’). — Cet alcaloïde a été
découvert par Wright et LuFPen 1879. C’est une matière amorphe, qui ne paraît pas avoir été étudiée.
De tous ces alcaloïdes, la vératrine seule a été étudiée au point de vue physiologicjue : introduite en très petite quantité dans lés fosses nasales, elle produit des éternuements extrêmement violents, accompagnés de maux de tête. •Elle est âcre et vénéneuse; ingérée à l’intérieur, elle purge et provoque des uoncïssemenifs/ 3 milligammes tuent un petit chat en dix minutes. Wood a fait connaître les propriétés des deux bases qui, selon Budlock, existent dans la vératrine. La viridine a une action sédative; et la vératroïdine agirait comme vomitif ÎYv’ûTxwi et purgatif faible.
Avant la découverte de l’Ipécacuanlia, la racine d’Ellébore blanc était préconisée comme vomitive et purgative. On l’employait aussi contre la manie, l’épilepsie, la fièvre quarte, la gale et le pityriasis; toutefois, elle était beaucoup plus usitée dans la médecine vétérinaire, que dans notre thérapeutique.
Veratrum nigrum L. — Son rhizome, aussi énergique que celui de l’Ellébore blanc, lui est souvent substitué.
Veratrum viride L. (Ellébore d' Amérique, Ellébore vert). — Le rhizome est très employé aux Etats- Unis et au Canada, comme sédatif artériel. Nous relevons, parmi ses propriétés physiologiques, celle de procurer des nausées et des vomissements.
Veratrum officinale Sghlecht (Cévadille). — Ses
■semonces contenant l)eaucoup de vératrine possèdent les propriétés de cet alcaloïde.
Liliacées. — Drimia ciliaris Jacq. (Hyacinthus Poir.). — Le bulbe de cette plante, qui croît au Gap, est ■énictique, expectorant et diurétique. Le suc en est tellement irritant, que les habitants appellent la plante Jeuhbol (bulbe à gratter).
Grinum toxicarium Roxb. ( C . asiaticurn, var. toxicarium, Herbert). — Plante de l’Inde et de ses îles; y est cultivée pour son feuillage et ses belles fleurs blanches.- Son bulbe est employé, comme émétique, par îles indigènes.
Scilla maritimaL. — Son bulbe, très vénéneux, est, à faible dose, utilisé en médecine comme diurétique puissant. Ce paraît être un poison cardiaque comme la Digitale ; nous ne le citons que pour ses propriétés émétiques, qui étaient utilisées dansrancienne thérapeutique. Le principe actif de cette substance est la Scillitine.
Smilagées. — Polygonatum vulgare (Sceau de Salomon). — Ses baies sont nauséeuses, émétiques et purgatives.
Paridées. — Trillium pendulum Willd. — La
racine de Trillium est connue en Amérique sous les noms de Beth Root, Wake Robin, Bert Root, Indian Balm, Lamb's Quarter, Ground Lily. Elle ne figure pas sur la liste officielle de la Pharmacopée des États- Unis. C’est un émétique puissant. Cette substance contient un principe analogue à la saponine. Nous la décrivons d’après les échantillons que possède le droguier de la Faculté de médecine de Lyon et qui proviennent de la collection de M. Chantre.
Cette substance se présente sous la forme de petite» souches jaunâtres,- renflées, quelquefois contournées en croissant, longues de 2 à 3 centimètres, épaisses de 1 à 2 centimètres et présentant, à l’une de ses extrémités^ les débris de la base des feuilles. De la portion inférieure de ce rhizome naissent une grande quantité de petites racines enchevêtrées, grêles, d’une couleur fauve, plus claires que celle de la souche. Ces racines présentent de nombreuses rides transversales ; elles ont une longueur au moins deux fois plus considérable que celle de la souche. L’odeur de la racine de Trillium est faible ; sa saveur est, au contraire, très âcre.
Amaryllidées. — Narcissus Pseudo-Narcissus L. et N. poeticus. — Nous étudierons ces plantes dans un chapitre spécial.
Iridées. — Iris versicolor L. (Glaïeul bleu). Son rhizome est employé, en Amérique, comme tique^ sous le nom de Blue Flag Root. Nous en donnons la description d’après les échantillons du droguier de la Faculté.
Ce rhizome est aplati, long de 5 à 6 centimètres, large en moyenne de lOà 11 millimètres. Sa couleur est rougeâtre; il présente sur l’une de ses faces et quelquefois, mais rarement, sur les deux, un grand nombre de ponctuations, seul reste de radicelles. 11 est séparé par des saillies circulaires en anneaux réguliers, ressemblant assez à ceux du Galanga, et sillonné de nombreuses rides longitudinales, dues à la dessiccation. 11 a une odeur très nauséeuse et une saveur âcre.
Cette substance occasionne des nausées analogues à celles que (l'jnne le mal de mer et détermine la prostration des for- ,
ces. A Taible dose, elle agit comme diurétique. Quoique comprise parmi les substances officinales de la Pharmacopée des Etats-Unis, elle n’est guère employée que par les médecins éclectiques. Ceux-ci en préparent une sorte d’oléo -résine appelée Iridine ou Iriûne, qui à faible dose, parait être un stimulant de tout le système glandulaire.
L’iridine a été considérée par Wood et Bâche comme émétique, cathartique et diurétique. Elle a été admiuistrée comme purgatif à la dose de 6 à 30 centigrammes; son action purgative est incontestable et assez })rononcée. Elle irrite moins le tube digestif que le podophyllin. Rutherford a fait sur rhomme de nombreux essais de l’emploi de l’iridine, et il la regarde comme un modificateur très puissant des troubles de la fonction hépatique, désignés sous le nom d’état bilieux. 24 centigrammes d’iridine mêlés à de la conserve de roses composent une pilule qu’on administre à l’heure du coucher. Elle ne produit aucune sensation désagréable et le malade se réveille le matin la langue nettoyée et la tête dégagée. Mais quand on répète cette dose plusieurs jours de suite, elle produit de la dépression, aussi ne doit-on pas l’administrer plus d’une fois par semaine. L’iridine irrite la prostate et on ne devra pas la prescrire lorsque cet organe est malade ou irritable. Guéneau de Mussy a également étudié cette substance, ses conclusions sont les mêmes que celles de Rutherford.
L’Iris versicolor commence à être usité dans la thérapeutique européenne.