FAMILLE DES A R I S TO L 0 C H I AC É ES
La famille des Aristolochiacées fournit à la matière médicale trois succédanés de Tlpéca appartenant tous trois au genre A sur MUi. Ce A. canadense^ VA. arifoliam
AV A.europæum. Des deux premiers nous ne dirons que quelques mots, nous réservant d’étudier d’une façon aussi complète que possible la troisième espèce au point de vue de la matière médicale, de la composition chimique, de la physiologie et de la thérapeutique.
ASARUM CANADENSE
On emploie aux Etats-Unis le rhizome de cette plante, que les Anglais et les Américains nomment Canada Sn ake Root, Calf'sFool ou Wild Ginger L II a une saveur aro-
1 Synonymie : Asarum canadense L.; A. vîllosum Michx.; A. latifoliun Salisb.; a. carolinianum Walt.; Asaron canadense Corn.
matique poivrée ; il est réputé stimulant, expectorant etcarminatif. Il est inscrit comme officinal dans la Pharmacopée. Cette substance, faiblement émétique, a été préconisée par Firth contre le tétanos, et par Bond,* de Philadelphie, comme utilecontre les vers intestinaux. Pour cet usage elle peut être donnée en infusion, en sirop; on peut même la faire mâcher aux enfants.
ASARUM ARIFOLIUM
C’est une plante^ de l’Amérique boréale qui diffère des deux autres espèces que nous étudions par son ovaire semi-infère, ses étamines adnées à la base du gynécée et surmontées d’un prolongement court et obtus du connectif. Elle a des tiges dressées et des feuilles cordées et hastées. Suivant Ach. Richard, ses propriétés sont analogues à celles de VA . europæum et l’on en fait le même usage dans l’Amérique du Nord.
ASARUM EUROPÆUM L.
C’est une petite plante ^ vivace qui croit dans les lieux ombragés et les bois montagneux de la Sibérie et d’une grande partie de l’Europe, dans les Vosges et en Lor-
i Synonymie ; Xsttrwm arifoliumM\cny.\\ A. virgînicum Walt.; A. grandiflorum Kl.; Heterotroqa arifolia .
* Synonymie ; A. officinale Mœnch. — Cabaret d'Europe, Asarabacca, Asara, Bacchara vulgago. — Nard commun, Nard sauvage, à cause de son odeur. — Nœud sauvage, Rondelle, Rondelette, Oreille d'homme, Oreillette, à cause de la forme de ses feuilles. — Girard-Roussin, Panacée des fièvres quartes, etv'.
raine, dans les Pyrénées, sur le Puj de Dôme, dans la Loire, la Côte-d’Or, dans toute la chaîne jurassique, dans le Dauphiné, au-dessus de la région des Vignes et prin-cipalernent dans celle des Sapins.
De sa souche horizontale grosse comme une plume de corbeau, partent des sortes de hampes assez courtes terminées par une tieur et par deux feuilles géminées longuement pétiolées, réniformes, fermes, et persistantes. Leur parenchyme est peu résistant, légèrement charnu. D’un vert sombre en dessus, elles sont plus pâles en dessous, glabres, avec 5-G nervures digitées à la base du limbe, et un réseau formé par les veinules anastomosées qui proéminent à la face inférieure du limbe. La coloration de la fleur est d’un vert plus ou moins vineux, lavé et tacheté de pourpre brunâtre, surtout en dedans du périanthe, dont les trois pièces triangulaires aiguës ou légèrement acuminées sont unies inférieurement dans une étendue variable. Leur préfloraison est valvaire. Dans l’intervalle des divisions du calice sont trois petites languettes aiguës et subulées, alternes avec les sépales et qui tiennent la place de pétales. Peut-être représentent-elles des slaminodes. Les étamines fertiles, épigynes et au nombre de douze sont formées chacune d’im fllet court, et d’une anthère à deux loges allongées, extrorses, surmontées d’un prolongement subulé du connectif, égal au moins à la longueur des loges. L’ovaire, obconique, porte six arêtes longitudinales peu saillantes, équidistantes. Le fruit, dont le pédoncule se recourbe plus ou moins vers le sol, est une petite capsule coriace surmontée des restes du périanthe et s’ouvrant irrégulièrement. Ses graines nombreuses sont ovoïdes, un peu allongées, arquées, de cou-